6 septembre 2019

à Condrieu, Christophe PICHON du domaine PICHON : l’évolution

by Patrick Maclart

Christophe PICHON, 52 ans, est à la tête du domaine depuis 1993… « j’ai commencé comme aide familial chez mes parents, et en 1993, mon père a cédé une partie de ses vignes et quelques locations. On a démarré avec mon épouse Isabelle (qui s’occupe de la paperasse avec sérieux et lucidité) avec 2 hectares de Condrieu et mille mètres carrés de Saint-Joseph ! » me dit Christophe en rigolant… « et en plus, on ne vivait pas trop mal ».

le regard admiratif d’Isabelle pour son époux Christophe PICHON n’est pas vain. Cet homme de raison a toujours su mener son domaine avec intelligence, et dans l’évolution. Et son épouse toujours là pour l’épauler, et faire de ce couple une vraie force.

Christophe part directement avec l’idée d’élever son Condrieu sur fûts, ça se faisait peu, ou alors avec de vieux demi-muids; « j’ai été formé à Davayé en Bourgogne, ça a probablement influencé. Et mes vins pouvaient de toute façon l’encaisser ». Par la suite, Christophe reprend le travail du sol sur un tiers de l’exploitation, car ailleurs ce n’est hélas pas possible, soit par la petitesse des parcelles, soit à cause de la pente. Mais de toute façon l’intention y est. Il va aussi augmenter la taille du domaine avec 3 hectares supplémentaires en Condrieu, 2 de Saint-Joseph rouge, 1 de blanc et 3,5 hectares de Côte-Rôtie, mais essentiellement en location, sauf les Condrieu.

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18 juillet 2019

dans les Pouilles, à Manduria : Giuseppe ATTANASIO : la prise du bon virage

by Patrick Maclart

La cantina existe depuis les années 30, mais en tant que négoce, et élaborait déjà et aussi des olives… « on a vinifié jusque 5.000 hectolitres par le passé ! » me déclare Alessandro, le propriétaire. Les choses étaient différentes, le vin se vendait en vrac. C’est en 2000 que lui et son frère, voyant les difficultés et la grosse crise des années 90, des citernes invendues, des imbroglio et des scandales, décident de mettre leur production en bouteilles. Les millésimes 97 et 98 étaient énormes; il fallait pour la survie du domaine trouver une solution.

Alessandro ATTANASIO, un homme qui parle peu mais écoute beaucoup. Très attentif à la demande de ses clients, il élabore des vins, mais qui se doivent d’être identitaires et respectueux du terroir.

Ils ont pris contact avec un oenologue, mais ils ne voulaient pas élaborer un vin « travaillé » (sic), mais le vin le plus identitaire possible. Des débats et des inspirations d’autres régions (Toscane, Piémont, …) vont affiner le travail et le rendre plus précis. Notre famille n’ayant pas de base purement technique, leur enseignement s’est fait à la vigne.

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5 juillet 2019

dans le Roussillon, au château de l’Ou, Philippe & Séverine BOURRIER : duo eurythmique

by Patrick Maclart

Le domaine viticole a été créé ex nihilo. Philippe BOURRIER, 57 ans, est agronome de formation, il travaille pour un grand groupe manufacturier de pneus au Brésil. Il s’exprime avec un certain plaisir là-bas.. « j’ai même planté du soja en culture bio. J’ai toujours cru en cette méthode culturale. Il fallait nourrir les ouvriers, on pouvait le faire, on l’a fait ». Cet homme est non seulement doté de credo, mais aussi de ressources.

en général je ne me mets jamais sur la photo qui illustre un article. Mais là, l’harmonie était tellement présente que cette photo représente pour moi ce qu’est le domaine. Harmonie d’un couple qui s’est trouvé, et le sourire pour ceux qui sont reçus. Du bonheur

Ses racines sont ce qu’elles sont, et la vigne a toujours fait partie de la culture catalane. Et la possibilité de créer son vin le démange, le titille. Il prend connaissance d’un domaine en état de désuétude, et l’achète en 1998. La vigne est en mauvais état, il va tout remettre en ordre, et surtout que celle-ci corresponde aux canons, à la volonté de notre vigneron. Dès le début, il va ordonner replantation, repalissage, arrachage des pieds malades. Mais il faudra surtout adapter l’orientation des plantations par rapport aux vents, un facteur très important dans les plaines du Roussillon… « c’est une plaie, précise Philippe. Si on plante mal, les sarments cassent et il faut tout remettre en place ». Le bio est immédiatement engagé au domaine dès 2001, car tout comme au Brésil avec le soja, c’est possible. Et le vent, s’il peut être un facteur de casse des sarments, est aussi une bénédiction pour se protéger des maladies. Les pinèdes à l’entour du domaine seront entretenues afin d’accueillir les chauves-souris, insecticide naturel et destructeur des nuisibles, dont notamment l’endémis.

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20 juin 2019

en Champagne, à Avenay, Marc AUGUSTIN : la vidéo !!

by Patrick Maclart

Marc AUGUSTIN, qui aime à s’appeler « coeur-viculteur » tellement son travail lui est viscéral, ne peut laisser indifférent. Vigneron atypique à Avenay, ayant fait de sa biodynamie une évolution, son travail créera admiration ou agacement. En tout cas, il ne laissera pas indifférent.

Pourtant, ses intentions sont plus que louables. Il veut non seulement revenir aux sources de la culture originelle, mais aussi faire progresser la viticulture sans céder aux chants des sirènes du modernisme. Tout l’intéresse, le travail des sols, de la vigne, la gemmologie, le nombre d’or, le tableau des éléments, et j’en oublie.

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17 mai 2019

à Condrieu, le domaine PICHON, Christophe PICHON : la vidéo !!

by Patrick Maclart

Depuis que je connais Christophe PICHON, je n’ai constaté qu’une chose en son domaine : l’évolution. Chaque fois les vins évoluaient vers le haut. Lors d’une dégustation à l’aveugle de Condrieu, seul « la Doriane » de chez GUIGAL supplantait le sien, et d’un poil; sachant que cette bouteille vaut à peu près le triple du prix du vin de Christophe…

En plus de beaux vins, le bonhomme est franc du collier, juste dans ses paroles, intelligent, réfléchi. Elu président de l’AOC Condrieu, je suis certain de sa réussite. Son bon sens fera avancer cette belle appellation dans la bonne direction.

Quoi d’autre ? Que l’accueil est toujours au top, que sa charmante épouse s’évertue toujours à recevoir ses visiteurs avec son sourire qui la quitte rarement. Bref, des gens qui ont la gueule de leurs vins : sincérité, sympathie et franchise.

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10 mai 2019

en Sardaigne, le domaine CONTINI, Mauro CONTINI : étape par étape

by Patrick Maclart

Mauro CONTINI, 41 ans, est le responsable de production du domaine. Il s’occupe de la partie technique… « c’est une entreprise familiale ici, et les décisions se prennent en famille. Mais je m’occupe de tout ce qui est vin. Chez nous, il y a une parfaite interaction entre le commercial et la production », affirme cet homme humble, qui est la qualité première de toute cette famille, comme si cette valeur était inscrite dans leurs gênes.

Mauro CONTINI est le responsable de la production. Pragmatique, aimable, il cultive tout comme sa famille la vigne, l’humilité et la qualité de l’accueil.

La propriété existe depuis 1898. C’est la plus ancienne propriété de Sardaigne. Salvatore est le fondateur, mais Attilio son fils qui est le grand-père de Mauro, est celui qui a vraiment développé le domaine.

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5 avril 2019

à Santenay, chez Jean-Marc VINCENT : l’esprit en perpétuel mouvement.

by Patrick Maclart

Un journaliste anglais avait écrit un jour : « life is too short to drink Santenay ». Laissons à cet enfant mal élevé de la perfide Albion la totale responsabilité de ses propos. Santenay a des terroirs sublimes qu’il suffit de savoir glorifier avec talent. Après le portrait d’Antoine OLIVIER, je vous emmène auprès d’un autre immense talent de ce village du sud de la côte de Beaune.

Jean-Marc VINCENT, la quarantaine, a repris le domaine il y a 17 ans maintenant…  » le domaine était en sommeil depuis 30 ans. Je suis né quand mon grand-père prenait sa retraite. Les vignes étaient louées. C’est par affection pour mon grand-père que je suis devenu vigneron. J’aime ce côté artisan » me dit Jean-Marc avec cette émotion qui lui appartient. Dans le discours déjà, il est clair que l’affectif compte chez lui.

Anne-Marie et Jean-Marc VINCENT, un couple dédié à son domaine, où la qualité n’est ni plus ni moins que le quotidien.

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15 mars 2019

dans le Roussillon, au château de l’Ou, avec Séverine & Philippe BOURRIER : la vidéo !!

by Patrick Maclart

Je n’ai pas pensé au destin, mais je crois aux rencontres. Et ici ma croyance est preuve vivante (plutôt rare en la matière !). Séverine grandit en Afrique, Philippe BOURRIER lui vit au Brésil. Agronome de formation, il s’occupe de plantations d’hévéas pour un manufacturier français qu’il n’est plus nécessaire de citer. Et en plus, il cultive du soja pour nourrir les ouvriers, mais déjà en bio. Car Philippe est un terrien, un vrai, et il aime la terre.

Le mal du pays le ronge, il rentre et achète un domaine tombé en désuétude… Et dans un salon de vins, il rencontre Séverine qui, rentrée d’Afrique, a elle aussi fait une rencontre. Un manager la convainc de rejoindre son école du vin.

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1 mars 2019

en Alsace, à Wolxheim, Nicolas SCHARSCH du domaine Joseph SCHARSCH : plus penser à léguer qu’être légataire

by Patrick Maclart

Nicolas SCHARSCH, 39 ans, est à la tête du domaine depuis 2011, suite au décès de son père… « on était associés, il était la 8ème génération du domaine. Mais la famille est installée depuis 1755 » dit Nicolas avec cette pudeur qui le caractérise. Car notre homme n’est pas un orateur, quelqu’un qui va se faire mousser. Il reste en retrait, et préfère laisser ses vins parler à sa place. Son père avait repris le domaine en 1972 avec presque rien, 2 hectares et quelques vaches, on peut le considérer comme le fondateur moderne du domaine.

Nicolas SCHARSCH, un pudique, pas un orateur, pas un type qui vous en mettra plein la vue. Mais dégustez donc ses vins, et vous comprendrez toute la richesse intérieure de cet homme.

« Etre vigneron, c’était une évidence pour moi, me raconte Nicolas, j’ai obtenu mon BTA et BTS à Rouffach, et le domaine est désormais à moi ». Aucune possessivité chez notre homme, juste le sens des responsabilités. De nombreux stages en Bourgogne à Saint-Aubin auprès de la belle famille Thomas, mais aussi en Australie, vont compléter le cursus de notre vigneron.

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7 février 2019

à Chinon, Wilfrid ROUSSE : des vins bio et bien rabelaisiens

by Patrick Maclart

Wilfrid ROUSSE, 52 ans, a créé son domaine ex-nihilo en 1987, à 22 ans… « Je voulais être vigneron, j’avais travaillé dans une plantation de kiwis. Mes parents ne sont pas de la vigne. » Le grand-père d’un copain lui laisse un hectare et demi… « ma première déclaration de récolte, je m’en souviens comme si c’était hier : 57 hectos ! » me clame-t-il avec amusement, car l’homme est un rabelaisien, et pas que de sol. Il continue amusé « et en plus, je vinifiais dans une grange ! ».

gourmand de vie, de rires, de plaisirs, de joies. Voilà Wilfrid ROUSSE. Et tout cela se ressent dans les vins, sans oublier tout le boulot qu’il préfère occulter, par pudeur.

2 hectares et demi vont se libérer en 1998, le propriétaire ayant envie d’aider un jeune qui démarrait… « c’était de la vieille vigne. Il fallait replanter un hectare, ça faisait partie du deal. Ca donne aujourd’hui ma cuvée Galuches ». Puis il a acheté le bâtiment actuel en 1994, tout en reprenant les vignes de vignerons partant à la retraite, car la plupart d’entre eux appréciaient son boulot.

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