16 janvier 2012

à Châteauneuf-du-Pape : le domaine la Barroche, Julien BARROT : talents.

by Patrick Maclart

Julien BARROT, 31 ans, est à la tête du domaine la Barroche, bien que son père soit toujours là et que ce fils talentueux aime à sentir près de lui. « C’est une famille installée dans le pays châteauneuvois depuis 14 générations, et même depuis le XIVème siècle par ma mère ! » dit fièrement Julien. En effet, ce jeune homme est doué. Doué pour la facture de ses vins, très doué pour en parler, et très certainement encore plus doué pour les vendre. En voilà un qui a eu bien des fées autour de son berceau de bébé… Et c’est un compliment sincère que je lui fais. L’amour du mourvèdre est un autre point commun que nous partageons.

Son parcours scolaire est éloquent, avec un BTS viti-oeno, et une école d’ingénieur commercial à Bordeaux, « c’est important de savoir valoriser ses vins, car en faire de bons sans les vendre, c’est bête. » avoue ce jeune homme pragmatique, et je le rejoins totalement. Ensuite, un parcours éclectique et aventureux : commercial chez Borie-Manoux à Bordeaux, sommelier à Newcastle, dans la Clare Valley en Australie  pour vinifier, ces expériences ont forgé son talent et sa personnalité.

Aujourd’hui, le domaine s’étend sur 12 hectares, dont une grande partie se trouve sur des terroirs de sables limoneux, ça donnera des vins de fruit… « Normal, dit avec malice Julien, on utilise du raisin. ». Le sens de la formule…

A la vigne, le travail est plus que raisonné. Un labour en début de saison, plusieurs griffages, des labours interceps, « y compris les vieilles vignes » précise Julien, car les vieilles vignes peuvent casser au passage des machines. Plus de désherbant, pas de pénétrant, que du contact, travail en confusion sexuelle contre les insectes…

On retrouve dans les grenaches de bien vieilles vignes…

Au chai, les vendanges sont manuelles, comme l’exige le décret d’appellation. Ici, la table de tri est à la vigne, au-dessus d’une petite remorque. Eraflage, mais les rafles sont triées et celles qui sont mures sont intégrées pour apporter fraîcheur et complexité d’arômes. Les fermentations alcooliques se font en cuves, mais les vinifications se font par parcelle ET par cépage. « Je peux changer toutefois d’avis à la dernière minute. » m’avoue Julien. « C’est juste une ligne directrice ». Le mourvèdre fera ses malos en fûts de Bourgogne, sera élevé durant 14 à 18 mois, et sans soutirage. Mais les grenaches eux feront ces fermentations en cuve. Ils passeront ensuite en foudres. Les cinsaults resteront en cuve.

A la fin de l’élevage, une mise en masse durant 3 mois sera exécutée, pour avoir une bonne homogénéité, ainsi que pour la décantation des plus grosses particules. Du coup, pas de filtration, ni collage. La cuvée « Pure » peut parfois être exclusivement élevée sur cuve.

Les marchés export sont importants, avec 85 % de la production qui part sur tous les pays majeurs. « Avant, j’exportais tout. Mais depuis que ma soeur m’a rejoint au domaine,  j’ai le temps de m’occuper du marché français », me lâche ce jeune vigneron qui dispose autant d’armes que de talents. Il est déjà loin, et il avancera encore… Bonne route.

une bien jolie vue depuis le vignoble de la Barroche…

Allez découvrir ce domaine accueillant soit lorsque vous serez de passage, ou par votre caviste. Les vins sont de totale confiance, et le talent de Julien tant inné qu’acquis coulera dans votre verre.

Domaine la Barroche
Julien & Christian BARROT

19  rue des Bosquets
F-84230  CHATEAUNEUF-DU-PAPE

tél. +33 490 837 194
site internet : cliquez ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci mon bon Julien pour le temps consacré, malgré ton rendez-vous. Pour voir la vidéo réalisée dans la vigne, cliquez ICI.

une pipette, des petits fûts… En voilà une ambiance bien burgonde. Et pourtant, on est à Châteauneuf… Julien élève une bonne partie de ses vins en pièces bourguignonnes, le bienheureux.

mourvèdre 2010
brut de fût prélevé sur une pièce bourguignonne. En fin de prise de bois, le nez part sur la myrtille, la fumée; quelle personnalité, quelle vie ! La bouche est sur la mûre, un côté tellurique, flamboyant, végétal, épicé. Superbe, grand moment.

grenache 2010
brut de cuve nez fin de prune fraîche, épices, cacao, buisson. Petite pointe de gaz à l’attaque de bouche, c’est soyeux, épicé, réglissé, c’est gourmand et classe; jus chic !

grenache 2010
brut de cuve provenant des terroirs de grès roux, qui entre dans la cuvée « Pure ». Frais, fruit frais, floral, pivoine. Fond de nez graphité. Bouche vive, tonique, épicée, avec de la dimension. De la finesse dans le volume, bien joué.

Châteauneuf-du-Pape « Signature » 2009
65 % de grenache, 13 % syrah, 13 % cinsault, 9 % mourvèdre. Nez propre, du vin, c’est net, ça part sur la prune, le tabac, le beurre et la myrtille. La bouche est fine, veloutée, les arômes doivent encore se mettre en place, car la mise est récente. Mais la finale est bien épicée et les tanins soyeux rassurent. C’est long.

Ici, le premier Châteauneuf s’appelle « Signature », qu’on retrouve sur l’étiquette. On signe, on s’engage, on est fier de son travail. Voilà la philosophie du domaine.

Châteauneuf-du-Pape « Signature » 2008
nez très élégant, classe, réglisse, Havane, mûre. En bouche, c’est vineux, c’est causant, du fruit (prune), du vin, des épices et des herbes. Grande buvabilité, belle longueur, l’élégance est le maître-mot de cette bouteille.

Châteauneuf-du-Pape « Pure » 2004
C’est une sélection de grenaches issus d’une parcelle qui jouxte Rayas. Nez complexe de prune, d’épices, de noix de muscade fraîche. La bouche est superbement structurée. Belle harmonie, et aucune trace d’évolution vu l’âge. Finale ample, joliment corsée. Très beau grain de tanin.

5 Responses to “à Châteauneuf-du-Pape : le domaine la Barroche, Julien BARROT : talents.”

  • guillaume IBANEZ

    J’ai découvert ce domaine au salon du printemps des chateauneufs ce week end…
    Accueil super sympa et vins de grandes classes!*
    La cuvée Pure 2009 pourrait se résumer par « PuRE Merveille » dans le top 3 des vins goutés ce week end!

    • Mon bon Guillaume,

      C’est toujours un plaisir de te savoir proche de mon blog et de mes écrits. Julien BARROT a compris bien des choses, et j’aime à déguster ses mourvèdres sur fûts. Il maîtrise à la perfection cet art difficile.

      Dis-moi, une déguste de Bourgogne par chez toi un de ces quatre, ça te tente toujours ? Tiens-moi au courant.
      Gourmandes salutations.

      Patrick.

      • guillaume IBANEZ

        Pour la soirée dans le sud, ça sera compliqué, j’ai déjà investi l’argent de mon CE !!!
        Pourquoi pas une petite soirée quand je monte à la fin du mois pour mes amis et moi si tu es dispo autour de bonnes charcuteries du plateau ardéchois ???

        • J’entendais que c’est moi qui venais chez vous avec des bonnes bouteilles ! Il n’y a rien à investir, vous prévoyez juste le truc à grignoter. Je ramène les quilles, et éventuellement un ou deux puants de Burgondie !
          Tiens-moi au courant, pas de souci ni urgence.
          Gourmandes salutations.

          Patrick.

  • guillaume IBANEZ

    Je suis ouvert totalement à ce genre de propositions..
    ça depend surtout de ton emploi du temps à toi, après moi je m’arrangerai.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*