29 novembre 2011

à Châteauneuf-du-Pape, le domaine Eddie FERAUD : la relève de la tradition.

by Patrick Maclart

Le jeune Yannick FERAUD représente seulement la deuxième génération de ce petit domaine. A 25 ans, son parcours scolaire est déjà bien riche, avec en poche une licence de chimie et un DNO obtenu à Montpellier. Son stage s’effectuera dans le joli domaine CANARELLI à Figari.

Yannick Féraud est non seulement un jeune homme attachant et sympathique, il est aussi bourré de talent, d’idées. Il ira loin, et comme je n’ai pas 50 ans, je ne peux pas parier ma Rolex.

Cet homme humble, réfléchi et volontaire ira loin, j’en suis persuadé. Il s’installe déjà à la suite de son père même si ce dernier reste à la tête du domaine. Nul doute que ce fils apportera une vision à la fois qualitative et progressive, même si aujourd’hui la propriété ne permet pas de l’employer à temps plein. En effet, elle ne s’étend que sur 5 hectares et produit environ 15.000 bouteilles. Les rendements sont vraiment réduits de par l’âge des vignes. Celles-ci sont en grande partie du grenache, mais il y a beaucoup de mourvèdre. Un peu de syrah, un peu de cinsault « mais je n’ai pas l’intention de garder la syrah, ce n’est pas forcément beau ici à Châteauneuf » dit gentiment Yannick, mais ces propos sont bien décidés. Peut-être replanteront-ils du vaccarèse, on verra… Une nouvelle parcelle de 30 ares est venue récemment enrichir le patrimoine de la propriété et qui donnera là encore, peut-être, une cuvée séparée.

A la vigne, le travail est raisonné. Le sol est travaillé, griffé, l’intercep désherbé… « On ne peut pas faire de labour intercep, car les pieds sont très vieux, et pas forcément plantés bien droits. On aurait trop de casse, mais j’aimerai bien. Mais on travaille avec un désherbant systémique, jamais pénétrant. » me dit  Yannick avec justesse. Et certain qu’il aimerait faire autrement.

Au chai, les vendanges sont toujours manuelles, comme l’impose le décret de l’appellation. Tous les cépages fermentent ensemble, et le domaine n’élabore qu’une cuvée. Les fermentations se font en cuves ciment, et les malos dans les mêmes cuves. Soutirage pour mises en foudre pour l’élevage qui durera 18 mois. Mise en masse puis retour dans les foudres car les mises sont successives, et s’effectuent en plusieurs fois. Il n’y a pas de marché à l’export, la quasi-totalité de la production est vendue à une clientèle particulière, fidèle depuis des années aux vins de la propriété.

La vigne du Pointu est adjacente au Château Rayas. On y trouve des pierres de safre, soit des pierres de sable dans lesquelles on trouve plein de petits fossiles. En arrière-plan, le majestueux Ventoux et les dentelles de Montmirail, plus à gauche.

Les vins du domaine Eddie FERAUD sont stables, sapides, et de bonne tenue. Un millésime 1998 dégusté récemment avait une vigueur d’enfer, et des flaveurs encore bien fraîches. Les prix sont hyper-doux. En achetant les vins du domaine, vous allez acquérir de bien beaux soldats pour votre cave. Au garde-à-vous, ils assureront la défense de votre fierté oenophilique !

ENSEIGNE

domaine Eddie FERAUD
Yannick & Eddie FERAUD

9  rue du Général de Gaulle
F-84230  CHATEAUNEUF-DU-PAPE

tél. +33 (0)4 90 83 50 98
adresse mail : eddie.feraud@sfr.fr

 

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ, mais quelques vieux millésimes ont été dégustés auparavant. Merci Yannick pour ce beau moment partagé.

Châteauneuf-du-Pape 2008
constitué de 80 % de grenache, 15 % de mourvèdre, le solde en différents cépages. Le nez part sur les douces épices, la cerise et les fruits noirs; une certaine fraîcheur, un côté kirsché en fond de nez. La bouche est fine, harmonieuse, qui terroite doucement mais sûrement. Si les arômes doivent encore se fixer (présence de notes de poivre), l’ensemble est harmonieux, fin, et de bonne tenue. Belles finale et longueur.

Châteauneuf-du-Pape 2009
nez plus opulent, plus riche, un peu violette (alors qu’il n’y a quasiment pas de syrah !), myrtille, mûre, joli fruit. Bouche ronde, structurée, fruitée, et il y a une jolie trame acide qui apporte tension et fraîcheur. Belle longueur.

Chez les Féraud, on ne se complique pas la vie : une AOC, un vin, et du bon ! A déguster, pas cher et de bonne tenue… Elle est pas belle la vie ?

Châteauneuf-du-Pape 2010 (brut de foudre)
nez très parfumé, poivre, raisin, cerise, droit, propre. Bouche à la pointe de gaz, joli fruité caressant qui revient à la finale et à la rétro. Plus que prometteur.

Châteauneuf-du-Pape 1998
nez aux évocations viandées, réglissées, goudronnées, mais restant fines. Des parfums de muscade, de girofle, une pointe de curry. La bouche est complexe, dotée d’un velouté à l’attaque, mais une pointe acide est toujours présente et vivifie le palais. Ample, fin, personnel, le tout se dirige vers la finale qui est équilibrée et présente. Belle émotion.

3 Responses to “à Châteauneuf-du-Pape, le domaine Eddie FERAUD : la relève de la tradition.”

  • Michel

    Je possède une bouteille Chateauneuf du Pape Eddie Feraud de 1995.
    A combien sa cote pourrait être estimée ?.

    • Commençons par le commencement.

      Bonjour Michel. Merci de la formule de politesse, d’un merci et d’un bonjour.

      La cote d’un CDP d’Eddie Féraud 1995 ? Celui de le partager avec de bons amis, autour d’une table. Ce ne sont pas des vins de « cote », mais des vins d’amitié, de partage et de plaisir. Voilà la destination de cette bouteille.

      Amitiés, gourmandes salutations.
      Patrick.

      • Jef

        J’apprécie les vins du domaine Eddie Féraud depuis plus de dix ans en commençant par le 2003.

        Les vins sont forts, de grande garde mais aussi fins et honnêtes.

        Voilà un des domaines digne de son appellation : pas de « marketing », pas d’augmentation des prix à cause d’un bon commentaire dans une revue française ou américaine….

        Jef Peeters

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