26 février 2013

à Châteauneuf-du-Pape, le domaine BERTHET-RAYNE, Laure BERTHET : la belle et le bio.

by Patrick Maclart

La jeune Laure BERTHET-RAYNE, 34 ans, est à la tête du domaine éponyme. Elle représente la cinquième génération, mais c’est surtout son père et son grand-père qui ont développé le domaine pour l’amener à une superfice actuelle de 26 hectares, dont du fermage. Les vignes en appellation Châteauneuf s’étendent elles sur 16 hectares, car il y a aussi 8 hectares de côtes-du-Rhône et 2 de vin de table. Le domaine s’appellait à l’origine « les Cigalons », et une partie des vignes fut donnée à Christian, le père de Laure, pour construire le domaine BERTHET-RAYNE.

Laure BERTHET-RAYNE, c’est tout, sauf une diva des vignes. Elle va y travailler, elle participe à tous les travaux exigeants, et n’hésite pas à aller à la rencontre de ses clients. Une femme courageuse au sourire ineffaçable. Une bien belle rencontre.

Le domaine est en bio depuis 2007, mais était déjà en culture raisonnée depuis bien des années. Le passage au bio est dû comme bien souvent suite à une tragédie familiale, là où le grand-père décède d’un cancer des poumons. Certes, mais de nombreux cancers commencent à décimer l’entourage de la famille, et c’est le père de Laure qui va fortement diminuer les doses de produits phyto. On compensera cette diminution par un travail des sols accentué, notamment le cavaillonnage.

Donc, le travail à la vigne est bio et certifié. 4 à 5 labours, cavaillonnages, griffages, et de la confusion sexuelle pour se protéger des insectes. Un travail l’été pour éviter l’évaporation des sols.

Parcelle d’argiles calcaires et de galets roulés, près de Beaucastel, entrant dans la cuvée « Elixir »… Si ça n’est pas un beau terroir, je n’y connais rien ! Et quel travail, admirez le sol.

Les vendanges sont manuelles, comme l’exige le décret d’appellation. Le tri est une immense exigence du domaine, on s’y met à plusieurs sur chacune des caisses, sans ne rien laisser passer. Les différentes variétés de raisins fermentent ensemble, sauf la syrah et la parcelle dite « Cadiac ». Egrappage, prémacération à froid de 3 à 4 jours. Remontages, la fermentation alcoolique se fait en cuves béton émaillées et passeront l’hiver dans ces mêmes cuves où les malolactiques se feront. En avril, transfert dans la cuverie d’élevage, en cuves inox. Une partie ira en fûts de chêne pour la cuvée éponyme, mais de plus en plus les demi-muids de 500 litres sont utilisés.

Pour les blancs, pressurage pneumatique de 2 à 3 heures, débourbage statique à froid en cuves thermorégulées par « drapeau ». Fermentation et vinification de 3 semaines. Les malos seront bloquées élevage de 4 mois. Collage et filtration selon les années. La production en bouteilles de l’ensemble de la production est très variable, à cause du marché des côtes-du-Rhône très volatile, et même en bio. Il pourra selon les millésimes être mis en bouteilles ou vendu en vrac. Ce seront environ 100.000 bouteilles qui sortiront chaque année des chais.

Au résultat : des vins élégants, fins, mais avec des fruités bien juteux, et une impression de gourmandise bien encadrée par son terroir. Les prix sont très raisonnables pour des vins bio, et les vins auront un joli potentiel de garde. Venez à la rencontre de cette belle vigneronne simple, souriante, et pour qui l’admiration de ses racines illumine son avenir.

domaine BERTHET-RAYNE
Laure BERTHET-RAYNE

2334  route de Caderousse
F-841350  COURTHEZON

tél. +33 (0)4 90  70 74 14
site internet : cliquez ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci Laure du moment passé ensemble, fait d’élégance et de sourires. A très bientôt j’espère. Pour voir la vidéo réalisée avec Laure, CLIQUEZ ICI.

Châteauneuf-du-Pape blanc 2011
constitué de 40 % de clairette, 40 % de bourboulenc, et le solde à parts égales de grenache blanc et de roussanne. Joli nez vineux, fond d’abricot, de noyau, pointe d’iris, c’est charmant. La bouche présente une attaque souple, le développement laisse la part belle à la vinosité, avec de très beaux amers fins qui encadrent la bouche. Ca finit bien sur de jolies notes florales charmantes.

Châteauneuf-du-Pape rouge « tradition » 2010
65 % grenache, 5 % syrah, le solde à parts égales de cinsault et mourvèdre. Nez épicé, cuir, très grenache dans son olfactif, plus spontané que complexe. La bouche est fine, disposant d’un très beau tanin fin mais surtout une jolie trame acide qui conduit le vin avec fraîcheur et caractère. Juste avant la finale, le fruit est mûr sans excès. La rétro est sudiste, sur des herbes aromatiques et du fruit rouge et noir.

Châteauneuf-du-Pape rouge « Elixir des Papes » 2010
100 % grenache noir d’une seule parcelle, près de Beaucastel, sur argiles calcaires et galets roulés. Elevé en cuves durant 12 mois. Joli nez opulent, prune, épices, pointe de muscade. Attaque ronde, milieu de bouche expressif, une complexité aromatique de fruits rouges, de végétal frais, et ce n’est pas un vin intellectuel, mais gourmand et hédoniste au possible ! La finale dispose d’un  joli petit tanin, avec des notes de tabac brun. Belle longueur, rétro sur les herbes de garrigue.

si cet élixir est celui du Pape, Dieu qu’il a dû subir bien des tentations, avec cet hédonisme présent dans chacun des centilitres de cette bouteille… Grenache à 100 %, issu d’une bien belle parcelle, et élevé uniquement en cuve. Une gourmandise.

Châteauneuf-du-Pape rouge « fûts de chêne » 2009
60 % de grenache, 30 % mourvèdre et 10 % de counoise. Elevé 15 mois en fûts de 2, 3, et 4 vins. Nez bien mûr de prune, épices, cassonnade, spéculoos. Bouche ronde, charnue, épicée, au tanin bien présent mais doux. Ca reste présent en bouche, la finale est ronde mais tonique. C’est phénoménal en longueur et persistance. Garde certaine.

souvent dans les domaines, la cuvée « fût de chêne » est celle qui sent le bois. Ici, ce n’est pas le cas. Le chêne qui n’est pas neuf apporte charpente, chair et angles à un vin d’un volume, d’une longueur inouïe. Un vin qu’il faut encaver, car bio et pas cher.

Châteauneuf-du-Pape rouge « Cadiac » 2009
élaboré à parts égale de mourvèdre et grenache, élevé en fûts neufs durant 15 à 18 mois. La parcelle est en face de celle de la cuvée « Elixir », juste à côté de Beaucastel. La robe est sombre. Le fond de nez est bien fait, épicé, muscade, café, c’est très beau et profond. Attaque ronde, souple, ça envoie quand même ! Très belle structure compacte, ronde, charnue, avec un grain de tanin qui doit encore s’imbriquer. C’est long, le boisé arrive en finale mais il se fondra avec le temps.

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