11 octobre 2011

à Châteauneuf-du-Pape, au domaine SERGUIER, raisonnable et raisonnant.

by Patrick Maclart

Daniel NURY, 38 ans, est à la tête du domaine SERGUIER depuis quelques années déjà. Le nom de SERGUIER est le nom de jeune fille de sa mère. Daniel représente la quatrième génération car durant la troisième, le vignoble était en métayage.

Daniel NURY a non seulement une gentillesse et une modestie à fleur de peau, mais s’avère être un éleveur hors du commun. Sa maîtrise du bois m’épate.

L’encépagement est à grande dominante de grenache noir (80 %), avec du mourvèdre, un peu de syrah et de cinsault. Sur les blancs (60 ares), bourboulenc, grenache blanc et clairette. L’ensemble de la production s’élève à 10.000 bouteilles. Les terroirs sont disséminés sur Châteauneuf, avec des parcelles dans les Gallimands (galets), le Pointu (apportant finesse), les Piallons (de la vieille vigne) et les Terres Blanches.

A la vigne, Daniel travaille seul. Il s’agit de méthodes conventionnelles mais raisonnées. Pas facile de travailler sur des sols avec des tailles en gobelets. Donc, certains sols sont désherbés.

Au chai, les vendanges sont manuelles en caisses, triées à la vigne, et retriées au chai. Egrappage à 90 % mais ça dépend des années. Fermentation alcoolique en cuves enterrées en partie, avec un maintien à froid 2 à 3 jours. Pas d’ajout de levures, les cépages sont vinifiés ensemble. Par contre, les parcelles sont vinifiées séparément, c’est un point important pour Daniel. Après, 40 % partira en foudres, le reste en pièces bourguignonnes d’un ou deux vins, ou des muids. L’élevage durera 12 mois sans soutirage. Ensuite, mise en masse pour décantation, réglage du CO2 et SO2. Pas de collage, filtration « light ». Le domaine exporte 40 % de sa production vers l’Allemagne et les USA.

Les vins du domaine SERGUIER sont sapides, gourmands, bien élevés et de bonne garde. Il fait partie des bonnes valeurs de l’appellation. Je mets toutefois un bémol sur le blanc qui à mon palais est perfectible. Les prix sont accessibles.

Amateurs malins, si vous recherchez des Châteauneuf rond, souples et fins, le domaine Serguier est l’adresse. Les prix sont doux, et Daniel vous recevra avec sa gentillesse naturelle.

Domaine SERGUIER
Daniel NURY

13 Rue Alphonse DAUDET
F-84230 CHÂTEAUNEUF DU PAPE

Tél. / fax +33 4 90 83 73 42
site internet : cliquez ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci Daniel pour le temps consacré à la découverte de tes vins. Pour voir la vidéo tournée avec Daniel NURY, cliquez ICI.

Châteauneuf-du-Pape 2010 brut de foudre
grenache pur des Gallimands, au sud de l’appellation, sur des galets et de la terre sèche. Nez très cerise à l’alcool, floral (lavande), charnu. Bouche fruitée, charnue, très grenache. Jolie structure en finale.

même vin sur pièce bourguignonne de 5 vins
nez marqué par la réduction. Très épicé au nez; la bouche part sur le fût, là encore avec une belle structure. Finale tannique.

même vin sur pièce de 3 vins
nez plus serré, parfums épicés, fruits noirs. Bouche convaincante, plus épicé.

la grande qualité du domaine Serguier est l’élevage sur bois, en pièces bourguignonnes. Les vins ne sont jamais écrasés par le merrain.

assemblage 2010 « brut de fût » de 5 ans syrah-grenache, sur Piallons et Terres Blanches
couleur sombre. Nez parfumé, floral, doux. Gaz à l’attaque, bouche structurée, bien construite, gros tanin. Puissant et tonique.

assemblage 2010 grenache (90 %), cinsault et mourvèdre, sur Piallons et Terres Blanches
très vineux au nez, prune, épices, herbes aromatiques. Elevage parfait. Bouche ronde, fine, un côté beurré. Finale bien tannique.

le même vin, dégusté dans un fût de chauffe forte
nez épicé, pointe de caramel. Bouche plus stricte, bien vive en finale. Milieu peu expressif à ce stade.

Châteauneuf-du-Pape « Tradition » 2009
90 % grenache, 5 % mourvèdre, cépages divers dont cinsault). Nez fruité, parfumé, jolies élégance et complexité (mûres). Bouche à l’attaque fine, élégante, joliment fruitée. La structure boisée s’exprime en milieu de bouche et l’ensemble se retient jusqu’à la finale disciplinée. Joli rétro fruitée.

la gamme est bien habillée, les vins sont fins et élégants.

Châteauneuf-du-Pape « Tradition » 2008
nez de prune, simple. Bouche ronde, soyeuse, beaux arômes en fin de bouche. Bonne longueur.

Châteauneuf-du-Pape « Révélation » 2007
même assemblage que le « Tradition », mais issu des Piallons et des Terres Blanches, avec un élevage sur bois plus important. Nez profond, myrtille, ardoise, pointe de tabac. Bouche soyeuse, souple; la structure arrive en fin de bouche, mais avec des tanins aimables. L’impression de boisé n’arrive qu’en toute finale. Très bien élevé.

Châteauneuf-du-Pape « Tradition » 2006
nez épicé, muscade, épices, le fût est en arrière du nez. Bouche ronde, souple, fraîche, belle structure, finale harmonieuse, sans snober la puissance. Très belle longueur.

Châteauneuf-du-Pape blanc « Tradition » 2010
assemblage de grenache blanc, clairette, bourboulenc. Vendangé à la main en caisses, mis en pressoir pneumatique en grappes entières qui restent une heure avant démarrage de la pressée qui elle durera 2 heures. Débourbage entre 24 et 48 heures, selon les millésimes. Enzymage et levurage. Transfert en cuve inox thermorégulée. 6 mois d’élevage, malos bloquées. Collage bentonite pendant la vinification, filtration. Nez très floral, verger, poire. Bouche ronde, facile, fruitée, charnue. Bonne longueur.

2 Responses to “à Châteauneuf-du-Pape, au domaine SERGUIER, raisonnable et raisonnant.”

  • CHAUDOREILLE Eric

    Sa gentillesse n’est pas feinte et sa passion pour faire découvrir son mètier non plus. De trés beaux produits à des prix raisonnables.
    A mon avis le bémol sur les blancs n’est pas justifié car il est autant apprécié par les palais féminins que masculins. Ce qui est un noble but me semble t-il.

    • Eric,

      Tout d’abord je veux te remercier pour ton intervention. J’adore que mes lecteurs donnent leurs avis, quelqu’ils soient.

      Ensuite, je te rejoins sur ta première partie de commentaire. En effet Daniel est un type gentil. Ca transparaît dans son contact aux autres. Pas calculateur, pas faux, juste spontané et sincère. J’ai adoré notre rencontre. Pour le blanc, je ne crois pas au « sexe du palais ». Les femmes comme les hommes ont leur goût, et l’image de la femme aimant les vins tout fins et délicats est d’Epinal, hélas. Mon bémol vient du fait que primo je connais bien mieux dans l’appellation à prix égal, et qu’ensuite, vu les grandes qualités d’éleveur de Daniel, il peut encore faire dix fois mieux, j’en suis certain. C’est cette invitation que je veux lui remettre : avoir de l’ambition pour son blanc, comme il l’a pour ses rouges. Et il y parviendra sans souci s’il le veut.

      Merci encore de ta fidélité au blog et il m’est toujours intéressant de savoir où mes lecteurs se situent… Quelle est ta région ?
      A bientôt, gourmandes salutations.

      Patrick.

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