8 novembre 2018

à Tavel, le château d’AQUERIA, Vincent de Bez : un homme et sa famille

by Patrick Maclart

Vincent DE BEZ, 61 ans, est à la tête du domaine depuis 1984… « j’ai travaillé 7 ans avec mon père. Il s’est levé un matin et m’a dit que c’était désormais moi le patron. Ca m’a étonné qu’un vigneron puisse couper les ponts ainsi. Il est resté un peu, j’allais le chercher quand j’avais besoin de lui, lui en tout cas ne s’imposait jamais » dit notre vigneron au caractère bien trempé. Il sait toutefois rester accueillant et très aimable… « je tire en tout cas à mon père un sacré coup de chapeau. Ca n’a pas dû être simple de se retirer ainsi ».

Vincent DE BEZ, un homme de volonté, de caractère, et dont toutes ses qualités se retrouvent dans ses vins.

Vincent DE BEZ, un homme de volonté, de caractère, et dont toutes ses qualités se retrouvent dans ses vins.

Pour Vincent, un homme de caractère et de challenge, c’est relever un défi, et ça lui plait. Il aime en plus l’esprit de famille. Il exaltera Aqueria avec son frère, et depuis peu avec son fils Vincent. Il n’est point de bon vaisseau sans capitaine. Même si Vincent n’est pas un despote, il sait déléguer, et chacun dans cette belle famille sait exactement ce qu’il doit faire. C’est donc une machine bien huilée qui va perdurer.

Le terroir est essentiellement constitué de sables, mais on y trouve aussi des cailloux, des galets. Mais à l’est du château, on trouvera des terres calcaires qui vont bien aux raisins blancs. Au nord-est, ce sont des terres plus lourdes, argileuses, avec des galets roulés, qui donnent des vins plus riches et plus profonds. Aquéria a la chance de pouvoir disposer d’une palette comme un peintre de ses couleurs. Et ça tombe bien : le château en élabore trois ! Si le travail à la vigne n’est pas bio, on tente de s’en approcher au plus près, avec des produits utilisés au moment opportun. Et surtout éviter la chimie pour la chimie. Si une alternative existe, elle sera utilisée.

une idée des terroirs d’Aquéria (image www.aqueria.com)

Au chai, les vendanges sont mécaniques et manuelles. Egrappage total et systématique, sauf un peu de rafle laissé pour aérer le moût. Pour les rosés et les blancs, pressurage pneumatique, levurage indigène. Les élevages se font essentiellement en cuves ciment et inox. Filtration sur terre.

dans les chais, rien d’extraordinaire, si ce n’est qu’on maintient la présence des foudres traditionnels, pour éviter le boisé « moderne ». Le ciment fait aussi son grand retour à Aqueria, comme un peu partout en France.

Pour les rouges, les vins seront élevés en cuves et pièces bourguignonnes pour à peu près 25 % de la production, uniquement sur les syrahs et mourvèdres.

Aujourd’hui le domaine s’étend sur 68 hectares pour produire 320.000 bouteilles. L’export représente 50 % avec pas moins de 21 pays représentés ! La Belgique et les USA se taillent la part du lion.

Il y a de bien belles choses à Tavel. Aqueria fait partie de ces belles choses, un style qui lui appartient, une qualité indéniable, la volonté d’un homme entouré de sa famille, et toujours l’esprit et la force qui se projettent vers l’avant, l’avenir. Ici on ne se ferme pas l’esprit, et les vins ne se fermeront jamais à vous. Longue vie à Aqueria !

domaine ACQUERIA
Vincent DE BEZ

route de Pujaut
F-30126 TAVEL

tél. +33 (0)4 66 50 04 56
site internet : CLIQUEZ ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci Vincent pour tout ce temps consacré et la belle dégustation que nous avons effectuée. Pour voir la vidéo réalisée avec Vincent, CLIQUEZ ICI.

une gamme bien faite, sapide, gourmande, et à prix raisonnable.

Lirac blanc 2013
assemblage de grenache blanc, clairette, bourboulenc, et un peu de viognier et roussanne. Elevé en cuves sur lies fines pendant 6 mois. Nez très aromatique, parfumé, floral, notes de pomme fraîche. La bouche est ronde et fraîche, et doit encore se peaufiner. Mais on admire la fraîcheur et l’acidité de l’ensemble. Très long.

Tavel 2016
grenache, syrah, mourvèdre, cinsault, clairette et bourboulenc, touche de picpoul blanc. Très beau nez aromatique, fraise, grenadine à l’ancienne, notes cendrées élégantes. La bouche est concentrée, une gourmandise certaine. L’évolution est superbe, la finale juteuse. Ensemble de grande qualité.

il sort souvent premier dans mes dégustations de Tavel, donc probablement l’un des meilleurs…. Le prix le fait ressentir.

Lirac rouge 2015
grenache pour moitié, le solde à parts égales de syrah et mourvèdre. Elevage 8 mois en cuves et pièces bourguignonnes de plusieurs vins. Le nez est net, fruit rouge compoté, tellurique. La bouche est fruitée, équilibrée, très axée sur la mûre. Finale tonique et polissée.

un Lirac bien élevé, dans tous les sens du terme !

Lirac »l’Héritage » 2014
grenache, mourvèdre et syrah en sélections parcellaires. Un élevage intelligent un an en pièces bourguignonnes. Le nez est séveux, réservé, fermé, sa jeunesse l’excuse. Les fruits rouges et noirs dominent, sur un fond d’épices et de buisson. La bouche est longue, corsée, concentrée, les tanins sont de très belle expression. C’est un ensemble riche mais élégant quand même. Long, interminable, il peut toiser bien des Châteauneuf !

une bouteille qui peut aller jouer sur la pelouse de bien des Châteauneuf tellement la qualité de facture et l’expression sont qualitatives. Une bouteille intelligente à laquelle il faudra laisser du temps, et la contempler avec patience.

Lirac « l’Héritage » 2009
grenache, mourvèdre et syrahs en sélections parcellaires. Elevé 1 an en pièces bourguignonnes. Nez profond, réservé (malgré le millésime), fruits rouges, impression de terroir, pointe de fruits noirs. La bouche est corsée, concentrée, tanins présents et riches. C’est long et intense.

Lirac blanc 1995
une surprise que me sort Vincent. Le nez est amusant, évoque la noix de muscade, le pain d’épices, avec une robe bien jaune mais sans excès. La bouche tient debout, avec des notes épicées marquées et une impression de prunelle qui surprend. Encore long malgré l’âge.

14 octobre 2016

en Provence, le château BARBANAU, Sophie CERCIELLO & Didier SIMONINI : créer le vin

by Patrick Maclart

Sophie CERCIELLO et Didier SIMONINI ont créé, ou plutôt recréé Barbanau… « nous l’avons fait revivre. Le bien a toujours été là, mais nous avons créé le vin » annonce Sophie, créative, imaginative, l’esprit serein mais toujours joueur, et qui a trouvé la symbiose avec son époux qui lui est plutôt un perfectionniste, un rarement satisfait, un puriste. « Tout était planté ici avant notre arrivée, mais la vision précédente n’était que productiviste. Et après plus de 25 ans d’exploitation, on ne peut qu’apprécier le travail accompli » me dit Sophie avec cette voix riante, pendant que Didier lui est à bosser ça où là…

Ces deux là se sont trouvés ! Didier SIMONINI, perfectionniste et bosseur sans compter, à l'énergie physique débordante, et Sophie CERCIELLO, plus posée dans le fond, sachant prendre recul et relativiser, même si sa forme est olympique !

Ces deux là se sont trouvés ! Didier SIMONINI, perfectionniste et bosseur sans compter, à l’énergie physique débordante, et Sophie CERCIELLO, plus posée dans le fond, sachant prendre recul et relativiser, même si sa forme est olympique !

Le père de Sophie est moniteur de ski et décide d’acheter ce domaine et Sophie arrive avec la candeur de ses vingt ans, sans vraiment prendre conscience du boulot à accomplir, le vignoble est épuisé par des années de production intensive; « c’est comme si on avait demandé à une chienne d’enfanter 12 petits par an, c’est exactement ça » ajoute Sophie. C’était insecticides et désherbants à tout va, « on n’entendait même plus les oiseaux » précise notre vigneronne. Leur réussite ? Avoir recréé ce biotope actuel, où oiseaux et papillons virevoltent avec bonheur, sous le regard endormi des deux golden retrievers du domaine.

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6 juin 2014

à Bandol, au domaine PIERACCI, avec Jean-Pierre PIERACCI, la vidéo !!

by Patrick Maclart

Il y a peu de domaines à Bandol, et plein qui ne sont pas connus. La raison principale est qu’une grande partie de la production est vendue localement, et cette proportion peut aller jusque 95 %. Et puis il est des hommes qui sont aussi plus discrets. C’est le cas de Jean-Pierre PIERACCI au domaine PIERACCI.

Notre rencontre date d’une bonne dizaine d’années, lors de la fête du vin au port de Bandol. Seul dans sa petite cabane, il proposait alors des vins de bonne facture, honnêtes et gourmands. Depuis, il a progressé, s’est converti à la culture biologique. Les vins ont gagné en précision, en profondeur, et ont conservé leur caractère gourmand et sincère.

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27 août 2013

Millésimes en Languedoc 2013 : dégustation des Minervois rosés 2012 et Minervois rouges 2011 !!

by Patrick Maclart

  J’étais cette année au château des Carrasses près de Saint-Chinian pour la grande manifestation annuelle « Millésimes en Languedoc ». Cette manifestation permet d’être au plus près de la réalité de la production du sud de France, avec de nombreux échantillons présentés dans des conditions optimales. Je souhaite à cet effet à remercier l’interprofession des vins du Languedoc qui met tout en oeuvre pour installer les dégustateurs dans les meilleures conditions. Bravo, on ne peut faire que du bon boulot dans ces conditions.

PORTRAIT

Cet article est consacré aux Minervois rosés 2012 et rouges 2011. J’étais franchement curieux de déguster une appellation que je connais somme toute pas très bien. J’ai certes dans ma cave quelques bouteilles dont certaines de l’excellent Clos du Marbrier d’Irène PRIOTON, mais ça s’arrêtait là. Aller tâter des vins d’un terroir qui m’avait impressionné lors de mes visites in situ m’excitait par avance, mais las…

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17 mai 2013

Bourgogne Wineblog à Saint-Chinian chez Marion PLA, la vidéo !!

by Patrick Maclart

A 27 ans, Marion PLA s’inscrit gentiment comme l’une des valeurs montantes du Languedoc. Avec l’aide de toute sa famille, car c’est avant tout une affaire de famille, elle élabore des vins de pur plaisir, gourmands, sincères, souriants et tellement juteux.

Le domaine de 22 hectares est en conversion bio, mais il a toujours été travaillé proprement. Alors que je discutais avec son père, il me répondit : « La dernière fois que j’ai mis de l’engrais, je ne sais plus quand et je ne sais plus trop ce que c’était, mais c’était de l’organique »… Tout est dit.

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2 mai 2012

VINISUD 2012 : Bourgogne Wineblog déguste l’intégralité des Tavel !!

by Patrick Maclart

VINISUD, le salon des vins de l’Europe du Sud et du bassin méditerranéen, se tient tous les deux ans à Montpellier, en alternance avec Vinexpo à Bordeaux. Les vins du sud ont bien des mots à nous dire : fruités, expansifs, épicés, riches, ils égaient nos tables printanières et estivales. Les vins plus vieux peuvent eux venir aux autres saisons.

J’aime beaucoup les vrais rosés, tels Bandol ou Tavel. Ces derniers, expressifs, riches, opulents, parfumés, de belle couleur, ont tout pour aller sur une grande table. Leur caractère nous change de ces rosés anémiques, d’une couleur absente (ma grand-mère aurait galopé chez le pharmacien pour leur donner des pilules de fer !), et d’une saveur qui rappelle à l’amnésique qu’il a tout oublié. Oui, Tavel a du corps, et n’oublions jamais que la destination d’un vin, c’est la table. Et surtout pas pour flatter le nuancier de couleur du carrossier ou du peintre.

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