5 juillet 2019

dans le Roussillon, au château de l’Ou, Philippe & Séverine BOURRIER : duo eurythmique

by Patrick Maclart

Le domaine viticole a été créé ex nihilo. Philippe BOURRIER, 57 ans, est agronome de formation, il travaille pour un grand groupe manufacturier de pneus au Brésil. Il s’exprime avec un certain plaisir là-bas.. « j’ai même planté du soja en culture bio. J’ai toujours cru en cette méthode culturale. Il fallait nourrir les ouvriers, on pouvait le faire, on l’a fait ». Cet homme est non seulement doté de credo, mais aussi de ressources.

en général je ne me mets jamais sur la photo qui illustre un article. Mais là, l’harmonie était tellement présente que cette photo représente pour moi ce qu’est le domaine. Harmonie d’un couple qui s’est trouvé, et le sourire pour ceux qui sont reçus. Du bonheur

Ses racines sont ce qu’elles sont, et la vigne a toujours fait partie de la culture catalane. Et la possibilité de créer son vin le démange, le titille. Il prend connaissance d’un domaine en état de désuétude, et l’achète en 1998. La vigne est en mauvais état, il va tout remettre en ordre, et surtout que celle-ci corresponde aux canons, à la volonté de notre vigneron. Dès le début, il va ordonner replantation, repalissage, arrachage des pieds malades. Mais il faudra surtout adapter l’orientation des plantations par rapport aux vents, un facteur très important dans les plaines du Roussillon… « c’est une plaie, précise Philippe. Si on plante mal, les sarments cassent et il faut tout remettre en place ». Le bio est immédiatement engagé au domaine dès 2001, car tout comme au Brésil avec le soja, c’est possible. Et le vent, s’il peut être un facteur de casse des sarments, est aussi une bénédiction pour se protéger des maladies. Les pinèdes à l’entour du domaine seront entretenues afin d’accueillir les chauves-souris, insecticide naturel et destructeur des nuisibles, dont notamment l’endémis.

le secteur de Montescot est relativement plat et surtout venteux. Choisir l’orientation et bien palisser, un boulot d’intelligence et de réflexion. C’est ici réussi.

Et la rencontre avec Séverine va couronner un travail qui aujourd’hui fait du château de l’Ou un acteur qualitatif incontournable dans le Roussillon… Elle grandit en Afrique avec ses parents, rentre en France et cherche une voie, un avenir. Elle rencontre un jour un directeur d’école de marketing qui la convainc de la rejoindre. Elle entamera des études qui l’amèneront doucement vers le vin… « quand je l’ai dit à mon père, il a failli casser sa chaise ! » raconte Séverine dans ce rire doux qui peine à cacher un caractère exigeant, inflexible, avec pour vision la qualité ultime des vins produits. La rencontre entre ce beau couple se fera tout simplement sur un salon, elle travaillant alors dans un domaine de l’Entre-Deux-Mers, ayant entre temps obtenu son BTS viti-oeno, et major de promotion siouplait ! … « ça a été le coup de foudre immédiat » disent de concert nos deux vignerons, qui malgré leurs différences ont réussi à trouver une harmonie totale. Philippe s’occupera de la partie culture, Séverine des vinifications, les créations de cuvées, les choix d’étiquettes. Mais l’un ne s’interdit pas de donner son avis sur le travail de l’autre.

Si le domaine s’étend sur 26 hectares situés dans la plaine au sud de Perpignan, Séverine va acquérir 14 hectares de magnifiques vignes dans les Fenouillèdes, sur terroir de schistes, qui eux sont au nord du Roussillon. Il faut être bien organisé au niveau des vendanges, car il peut y avoir plus de deux semaines d’écart en maturité des raisins… « avoir ces deux terroirs, c’est comprendre totalement notre région, affirme Philippe. Quand on sent un vin des Fenouillèdes, on se dit « ça c’est les Fenouillèdes », c’est évident, facile, et l’identité de ce terroir. Disposer de ces deux terroirs, c’est avoir le visage complet de notre pays ».

pour Philippe, la vigne est un crédo, une exigence de tous les jours. Pour Séverine, un confort de voir rentrer de magnifiques raisins.

A la vigne, le travail est bio certifié depuis 2001… « le travail est très différent entre Montescot où on cherche l’eau et l’ombre, et dans les Fenouillèdes où il y a la fraîcheur » ajoute Philippe, intarissable quand il faut défendre sa région. Meilleur ambassadeur, il faut chercher ! Le travail du sol est donc important : labours intercep, passages de griffes, et dans les Fenouillèdes de la surveillance. Il n’y a bien sûr aucun intrant synthétique dans la vigne.

Au chai, les vendanges sont exclusivement manuelles, fait rare dans la plaine de Perpignan. Les rouges sont totalement égrappés. Table de tri vibrante, mise en chambre froide des raisins pendant 12 heures minimum. Passage en cuve inox pour les préfermentaires, soit en foudres pour les macérations, ou en barriques ouvertes protégées par film alimentaire. En tout cas, à ce stade, pas d’utilisation de SO2, c’est le gaz carbonique qui va assurer la protection du moût. L’élevage durera entre 10 et 19 mois selon les cuvées. La mise en bouteilles se fera sans collage et filtré très lâche, à 3 microns, pour sécurité alimentaire.

Séverine a apporté sa « woman touch » en mettant ses cuves dans des jolies couleurs… « j’ai besoin de couleurs quand je travaille ». Un point qui nous rapproche.

Pour les blancs, vendanges manuelles là encore. Passage à froid, macération au pressoir avant un pressurage qui durera 1 heure 20 environ. Débourbage statique, élevage en cuves, barriques, et depuis deux ans en œufs en terra cotta venant de Toscane. La durée sera entre 4 et 8 mois.

Aujourd’hui, le domaine s’étend sur 40 hectares, tout en culture bio, et produit 100.000 bouteilles environ. L’export représente 40 % de la production, avec pour marchés principaux le Canada, le Brésil, le Japon, la Corée, la Belgique…

Séverine et Philippe BOURRIER, c’est le duo eurythmique. Une évidence, avérée malgré leurs différences qui ne s’arrêtent qu’au visuel. L’âme et l’esprit seront décidément toujours les plus forts.

Château de l’Ou
Philippe & Séverine BOURRIER

départementale 8 – route de Villeneuve
F-66220  MONTESCOT

tél. +33 (0)4 68 54 68 67
site internet : CLIQUEZ ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci Séverine et Philippe de votre invitation, malgré quelques soucis de santé qui ce jour-là avaient certes altéré ma forme, mais pas mon palais ! Nous nous reverrons, ça c’est sûr ! Pour voir la vidéo réalisée avec Philippe et Séverine, CLIQUEZ ICI.

une gamme de haut vol, où il serait très difficile d’y trouver un vin quelconque, banal. Quant aux défauts, là encore il vous faudra patience. C’est du haut vol.

assemblage grenache blanc – grenache gris – roussanne 2016
Brut de cuve. Composante générale du château de l’Ou. Nez très friand, fruits jaunes, floral, petites notes agréables de nougat, du plaisir. La bouche est complète, bien parfumée, petites notes évoquant le noyau. Finale pleine.

Tous les blancs sont convaincants, riches sans excès, de belle balance. Difficile de faire son choix…

grenache gris 2016
Nez complexe, profond, magnifique. La bouche est en devenir, très retenue, mais se lâche en finale.

le même vin en œuf en terre cuite de Toscane
Le nez est très raisin, l’impression de manger le fruit. Compliqué de trouver à dire sur quelque chose d’aussi direct, d’aussi droit et sincère. La bouche par contre est bien plus intense, longue, et dotée d’un fruit incroyable.

les détracteurs pourraient dire que ce contenant est stérile, et momifie plus le vin qu’autre chose. Il protège pour moi son fruité, et lui donne une sincérité sans pareil. Goûtez, et on en reparlera.

chardonnay 2016
La bouche est en pleine prise de bois. Mais c’est prometteur.

le même vin en barrique « fond iodé »
Un travail particulier commandé par Séverine. Le fond des barriques est immergé en mer, séché puis assemblé sur le corps des fûts. L’ensemble du vin est très complexe, bien plus parlant que le précédent. La prise de bois est en cours, et la bouche pour l’instant austère. Mais la différence est indéniable, et étonnante.

côtes du Roussillon Château de l’Ou rouge 2015
60 % syrah, 40 % mourvèdre. Nez mûr sans excès, prune, pointe florale, tabac brun. La bouche est abordable, séduisante, jolie trame acide qui dirige le vin. Moelle élégante, bonne buvabilité, long.

IGP côtes catalanes rouge « l’Ove » 2015
100 % syrah du secteur Montescot. Nez intense, poivré, fruit noir. La bouche est plus fluide et élégante. Sur la longueur, ça doit encore se centrer.

IGP côtes catalanes rouges « Infiniment » 2015
100 % syrah sur secteur Montescot. Elevage en barrique pendant un an. Superbe nez de syrah mûre à point, ni trop ni trop peu, poivre noir, épices, intense, et ça va s’ouvrir et exploser ! La bouche est compacte mais reste élégante, notes de café. Le vin n’avait qu’une semaine de bouteille, ça va donc péter ! Excellent, très long.

un tel équilibre et une telle fraîcheur sur le secteur de Montescot, c’est une performance. Un grand travail au chai. Bravo.

IGP côtes catalanes « Velours Noir » 2015
100 % syrah des Fenouillèdes élevée en barriques. Nez frais, floral, mais la maturité du raisin est perceptible, parfaite, romarin frais, menthe, poivre. Belle dimension olfactive. La bouche est superbe, traçante, élégante, au grain de tanin enrobé. Beau travail d’élevage très intelligent. Ça finit long sur la fraîcheur. Très long.

une longueur à faire pâlir une autoroute de jalousie…

IGP côtes catalanes « Secret de Schistes » 2015
Brut de fût. Elevage un an en barriques. Terroir de Saint-Paul de Fenouillet. Nez magnifique, épices, poivre, chair de cerise, typique du secteur. C’est intense et vibrant au nez. La bouche est du même acabit, ça cause dans le poste ! La bouche est quasi-parfaite, élégante, soyeuse, tout en ayant une belle structure. Très long, énorme, j’achète !!

probablement l’une des plus belles syrahs qu’il m’ait été données de déguster. Plus de mots seraient superflus.

IGP côtes catalanes « Ipso Facto » 2015
100 % syrah, sélection des quatre meilleures barriques du domaine. Nez profond, intense, riche. La bouche est compacte, ronde et ramassée, ça doit encore se faire. Un fruit très mûr en milieu de bouche. Très long mais encore ramassé.

Rivesaltes ambré 2008
Couleur ambrée, comme le veut son nom, le bien nommé ! Nez fruité, miel, pêche de vigne, charnu, net, droit et franc. La bouche est atypique, le sucre ne marque pas trop. Finale élégante et bretteuse.

8 novembre 2018

à Tavel, le château d’AQUERIA, Vincent de Bez : un homme et sa famille

by Patrick Maclart

Vincent DE BEZ, 61 ans, est à la tête du domaine depuis 1984… « j’ai travaillé 7 ans avec mon père. Il s’est levé un matin et m’a dit que c’était désormais moi le patron. Ca m’a étonné qu’un vigneron puisse couper les ponts ainsi. Il est resté un peu, j’allais le chercher quand j’avais besoin de lui, lui en tout cas ne s’imposait jamais » dit notre vigneron au caractère bien trempé. Il sait toutefois rester accueillant et très aimable… « je tire en tout cas à mon père un sacré coup de chapeau. Ca n’a pas dû être simple de se retirer ainsi ».

Vincent DE BEZ, un homme de volonté, de caractère, et dont toutes ses qualités se retrouvent dans ses vins.

Vincent DE BEZ, un homme de volonté, de caractère, et dont toutes ses qualités se retrouvent dans ses vins.

Pour Vincent, un homme de caractère et de challenge, c’est relever un défi, et ça lui plait. Il aime en plus l’esprit de famille. Il exaltera Aqueria avec son frère, et depuis peu avec son fils Vincent. Il n’est point de bon vaisseau sans capitaine. Même si Vincent n’est pas un despote, il sait déléguer, et chacun dans cette belle famille sait exactement ce qu’il doit faire. C’est donc une machine bien huilée qui va perdurer.

Le terroir est essentiellement constitué de sables, mais on y trouve aussi des cailloux, des galets. Mais à l’est du château, on trouvera des terres calcaires qui vont bien aux raisins blancs. Au nord-est, ce sont des terres plus lourdes, argileuses, avec des galets roulés, qui donnent des vins plus riches et plus profonds. Aquéria a la chance de pouvoir disposer d’une palette comme un peintre de ses couleurs. Et ça tombe bien : le château en élabore trois ! Si le travail à la vigne n’est pas bio, on tente de s’en approcher au plus près, avec des produits utilisés au moment opportun. Et surtout éviter la chimie pour la chimie. Si une alternative existe, elle sera utilisée.

une idée des terroirs d’Aquéria (image www.aqueria.com)

Au chai, les vendanges sont mécaniques et manuelles. Egrappage total et systématique, sauf un peu de rafle laissé pour aérer le moût. Pour les rosés et les blancs, pressurage pneumatique, levurage indigène. Les élevages se font essentiellement en cuves ciment et inox. Filtration sur terre.

dans les chais, rien d’extraordinaire, si ce n’est qu’on maintient la présence des foudres traditionnels, pour éviter le boisé « moderne ». Le ciment fait aussi son grand retour à Aqueria, comme un peu partout en France.

Pour les rouges, les vins seront élevés en cuves et pièces bourguignonnes pour à peu près 25 % de la production, uniquement sur les syrahs et mourvèdres.

Aujourd’hui le domaine s’étend sur 68 hectares pour produire 320.000 bouteilles. L’export représente 50 % avec pas moins de 21 pays représentés ! La Belgique et les USA se taillent la part du lion.

Il y a de bien belles choses à Tavel. Aqueria fait partie de ces belles choses, un style qui lui appartient, une qualité indéniable, la volonté d’un homme entouré de sa famille, et toujours l’esprit et la force qui se projettent vers l’avant, l’avenir. Ici on ne se ferme pas l’esprit, et les vins ne se fermeront jamais à vous. Longue vie à Aqueria !

domaine ACQUERIA
Vincent DE BEZ

route de Pujaut
F-30126 TAVEL

tél. +33 (0)4 66 50 04 56
site internet : CLIQUEZ ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci Vincent pour tout ce temps consacré et la belle dégustation que nous avons effectuée. Pour voir la vidéo réalisée avec Vincent, CLIQUEZ ICI.

une gamme bien faite, sapide, gourmande, et à prix raisonnable.

Lirac blanc 2013
assemblage de grenache blanc, clairette, bourboulenc, et un peu de viognier et roussanne. Elevé en cuves sur lies fines pendant 6 mois. Nez très aromatique, parfumé, floral, notes de pomme fraîche. La bouche est ronde et fraîche, et doit encore se peaufiner. Mais on admire la fraîcheur et l’acidité de l’ensemble. Très long.

Tavel 2016
grenache, syrah, mourvèdre, cinsault, clairette et bourboulenc, touche de picpoul blanc. Très beau nez aromatique, fraise, grenadine à l’ancienne, notes cendrées élégantes. La bouche est concentrée, une gourmandise certaine. L’évolution est superbe, la finale juteuse. Ensemble de grande qualité.

il sort souvent premier dans mes dégustations de Tavel, donc probablement l’un des meilleurs…. Le prix le fait ressentir.

Lirac rouge 2015
grenache pour moitié, le solde à parts égales de syrah et mourvèdre. Elevage 8 mois en cuves et pièces bourguignonnes de plusieurs vins. Le nez est net, fruit rouge compoté, tellurique. La bouche est fruitée, équilibrée, très axée sur la mûre. Finale tonique et polissée.

un Lirac bien élevé, dans tous les sens du terme !

Lirac »l’Héritage » 2014
grenache, mourvèdre et syrah en sélections parcellaires. Un élevage intelligent un an en pièces bourguignonnes. Le nez est séveux, réservé, fermé, sa jeunesse l’excuse. Les fruits rouges et noirs dominent, sur un fond d’épices et de buisson. La bouche est longue, corsée, concentrée, les tanins sont de très belle expression. C’est un ensemble riche mais élégant quand même. Long, interminable, il peut toiser bien des Châteauneuf !

une bouteille qui peut aller jouer sur la pelouse de bien des Châteauneuf tellement la qualité de facture et l’expression sont qualitatives. Une bouteille intelligente à laquelle il faudra laisser du temps, et la contempler avec patience.

Lirac « l’Héritage » 2009
grenache, mourvèdre et syrahs en sélections parcellaires. Elevé 1 an en pièces bourguignonnes. Nez profond, réservé (malgré le millésime), fruits rouges, impression de terroir, pointe de fruits noirs. La bouche est corsée, concentrée, tanins présents et riches. C’est long et intense.

Lirac blanc 1995
une surprise que me sort Vincent. Le nez est amusant, évoque la noix de muscade, le pain d’épices, avec une robe bien jaune mais sans excès. La bouche tient debout, avec des notes épicées marquées et une impression de prunelle qui surprend. Encore long malgré l’âge.

12 mars 2018

dans le Roussillon, le domaine ARGUTI, Ugo ARGUTI : l’émulation faite vin.

by Patrick Maclart

Ugo ARGUTI, 62 ans, est à la tête du domaine depuis 2004, créé ex nihilo… « Il n’y avait rien. J’étais directeur au château Fombrauge à Saint-Emilion pendant 30 ans. J’y ai fait 30 millésimes. A la fin, je travaillais avec Bernard Magrez. J’ai décidé de partir en pré-retraite à 50 ans, à l’époque c’était intéressant. Mon coup de foudre pour les Fenouillèdes est arrivé alors que je venais faire du repérage de vigne pour lui. J’ai découvert cette région, tout y était possible » me dit notre homme avec cette sincérité qui le caractérise, cet homme qui aime tant les vignes, les vins que les hommes et les femmes qui le font.

Ugo ARGUTI, malgré sa soixantaine, est emprunté d’une émulation qui ferait pâlir bien des trentenaires. Vieux complice de ma vie, un bonhomme qui vit chaque jour comme le premier. L’émulation faite vin.

Il arrive dans les Pyrénées-Orientales, il découvre le terroir et le climat, et comprend très vite qu’on peut élaborer ici de grands vins, tout en se faisant plaisir, sa marotte. Et le rapport financier permettait une certaine prise de risque.

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21 novembre 2017

dans le Roussillon, dans les Fenouillèdes, au domaine ARGUTI, la vidéo !!

by Patrick Maclart

Ugo, un vieux complice, un vieux copain… On se connaît mieux que personne… Il se pourrait que mon jugement soit subjectif, nenni !

Ugo a certes tâtonné lors de ses premiers millésimes. Normal. Directeur du Château Fombrauge à Saint-Emilion, sous la houlette du grand Bernard Magrez, il faut trouver ses marques, trouver ses repères, trouver sa touche. Quelques millésimes seront nécessaires pour que mon génial ami trouve son profil, son expression, sa vison de son vin.

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11 avril 2017

dans le Roussillon, le domaine DEPEYRE, 3 règles : le travail, le travail et le travail.

by Patrick Maclart

Serge DEPEYRE, 42 ans, et Brigitte sa compagne sont à la tête du domaine depuis 2002 créé ex nihilo. Serge n’est pas natif des Pyrénées Orientales (Brigitte oui, c’est un produit local !); il vient de l’enclave des Papes vers Orange. Il a rencontré Brigitte lors de ses études au lycée viticole à Avignon, où Serge obtiendra son BTS viti-oeno.

Brigitte & Serge DEPEYRE l'ont vite compris, être deux est une force. Et il leur en a fallu pour être là où ils sont. Du bonheur.

Brigitte & Serge DEPEYRE l’ont vite compris, être deux est une force. Et il leur en a fallu pour être là où ils sont. Du bonheur.

Ce sont suite à des avatars familiaux qu’il serait ici fastidieux et ennuyeux d’évoquer que Serge se retrouve en Roussillon en novembre 1997… « L’acclimatation s’est faite par le travail. C’est ainsi que je me suis fait respecter. Ca n’a rien à voir avec les Catalans, le milieu agricole est fait ainsi. Lors de l’achat de notre deuxième parcelle, le vigneron ne voulait pas me la vendre car je n’étais pas du pays. Mon beau-père est intervenu, heureusement »… On peut comprendre que le milieu viticole soit parfois très dur et qu’il faille s’accrocher.

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4 avril 2014

à Collioure, au domaine de la Tour Vieille, Christine CAMPADIEU & Vincent CANTIE : jeunesse perpétuelle.

by Patrick Maclart

Christine CAMPADIEU et Vincent CANTIE, la cinquantaine épanouie, sont les propriétaires du domaine. Vincent récupère le domaine en 1982 de ses parents. La tradition de la famille CANTIE étant le vin et la salaison d’anchois.

Il fallait que ces deux là se rencontrent ! Christine CAMPADIEU, gestionnaire mais romantique, Vincent CANTIE, bosseur mais idéaliste. Ils sont la force de leur faiblesse et la faiblesse de leur force. Les deux font la paire.

Vincent et quelques habitants de Collioure voient avec regret que la région se tourne vers le tourisme de masse. Ingénieur de formation, ils veulent tout faire pour conserver le vin dans la tradition du pays, et ne pas voir la vigne disparaître. Bref, s’installer durablement, pour l’exemple. Vincent va donc louer alors des vignes, replante, et a la ferme volonté d’élaborer des vins doux naturels… « Je bossais tellement à la vigne que j’étais totalement désorganisé pour le reste, les factures étaient envoyées 3 mois après l’enlèvement du vin ! » se souvient Vincent.

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20 novembre 2013

à Châteauneuf-du-Pape, le domaine BENEDETTI, Christian BENEDETTI : un certain bio-rythme…

by Patrick Maclart

Lors d’un de mes nombreux périples en terre châteauneuvoise, l’adresse de ce vigneron m’avait été chuchotée, me parlant d’un vigneron simple aux vins de haut niveau. Ma rencontre avec Christian m’étonnera longtemps, avec cet homme à l’esprit vif, mais capable lorsqu’il se retrouve dans son vignoble de parler à ses vignes, à ses vins, et où le silence semble tellement plus important que les paroles.

Christian BENEDETTI, 56 ans, est installé au domaine depuis 1998. Auparavant, il était licencié en droit, chef comptable, et c’est son père qui travaillait les vignes et vendait les raisins à la coopérative.

bien qu'excellent gestionnaire par sa formation, Christian BENEDETTI est aussi un paysan, bien dans sa vigne, où il écoute le vent parler...

bien qu’excellent gestionnaire par sa formation, Christian BENEDETTI est aussi un paysan, bien dans sa vigne, où il écoute le vent parler…

Mais les origines des vignes viennent du grand-père de Christian, venu d’Italie et marié à une fille Petit. Bien que travaillant à l’usine, les conduisait en même temps jusque 10 hectares ! Le courage est, je l’ai ressenti lors de ma visite au domaine, une marque de fabrique de la famille.

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4 octobre 2013

en Roussillon, à Maury, au mas Mudigliza, chez Dimitri GLIPA : la vidéo !!

by Patrick Maclart

Dimitri GLIPA au mas Mudigliza, c’est un gentil, un vrai gentil. Rien ne le prédisposait à vivre dans le Roussillon vu ses origines burdigalaises. Mais il n’est pas le seul à s’être émigré dans cet Eldorado de vignes; Ugo ARGUTI ou Caroline BONVILLE l’avaient fait en leur temps…

Installé dans les Fenouillèdes sur près de 13 hectares, Dimitri élabore des vins d’une précision inouïe, et restant gourmands dans leurs structure et expression de terroir. Il faut être d’une gentillesse extrême pour arriver à ce résultat.

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12 juillet 2013

à Maury, au Mas Karolina, avec Caroline BONVILLE : un sourire jocondien…

by Patrick Maclart

Il y a quelques mois, Yves ZIER, responsable de la communication du CIVR (interprofession du Roussillon), acceptait d’être mon cicéron à Vinisud car j’avais une folle envie de découvrir les vins doux naturels dits « grenats », soit élevés en milieu réducteur et non-oxydatifs (plus fruits rouges primaires, sans rancio, voir l’article en CLIQUANT ICI). Dans la cinquantaine de vins dégustés, quelques-uns retinrent mon attention, dont celui de cette petite frêle souris de Maury prénommée Caroline.

Caroline BONVILLE est autant bardée de diplômes que d’expériences, et elle aborde son vignoble avec écoute et douceur. Son sourire jocondien la quitte rarement.

Caroline BONVILLE, 38 ans, est installée ici depuis 2003. Née en Champagne elle a vécu une grande partie de sa vie en Gironde, car ses parents sont vignerons sur la rive droite; « J’ai toujours baigné dans le vin, même mes grands-parents, et je suis la petite cousine d’Erik de Sousa ! » raconte Caroline avec ce sourire jocondien qui ne la quitte jamais, ou rarement.

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2 mai 2013

Millésimes en Languedoc 2013 : Bourgogne Wineblog déguste L’INTEGRALITE des Languedoc blancs

by Patrick Maclart

J’étais cette année au château des Carrasses près de Saint-Chinian pour la grande manifestation annuelle « Millésimes en Languedoc ». Cette manifestation permet d’être au plus près de la réalité de la production du sud de France, avec de nombreux échantillons présentés dans des conditions optimales. Je souhaite à cet effet à remercier l’interprofession des vins du Languedoc qui met tout en oeuvre pour installer les dégustateurs dans les meilleures conditions. Bravo, on ne peut faire que du bon boulot dans ces conditions.

PORTRAIT

Cet article est consacré aux blancs du Languedoc 2011 et 2012. L’année passée la même dégustation avait lieu, mais avec les millésimes antérieurs. Force est de constater que de bien beaux échantillons furent présentés et appréciés, par rapport à l’année passée. On notera beaucoup de vins présentant un fort taux d’amers, probablement dûs à une maîtrise du pressoir discutable.

(suite…)

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