8 novembre 2017

focus sur les Marsannay rouges, millésimes 2012 et 2011 !!

by Patrick Maclart

Après une réflexion intense sur la modification profonde actuelle de la Bourgogne, j’ai pris la décision de mettre un focus sur Marsannay. Cette jeune appellation est dotée de volontés fortes, et c’est l’une des raisons qui m’a poussé à écrire cet article. L’autre raison est que Marsannay reste pour l’instant l’une des dernières sources d’achats de vins de Bourgogne à prix raisonnable, tout en ayant une belle spécificité, une identité, un caractère et des vignerons ambitieux.

MARSANNAY EN QUELQUES MOTS

Située tout au nord de la côte de Nuits, à quelques encablures de Dijon, Marsannay est la première AOC au nord de cette zone, reconnue depuis 1987 seulement. Dans son histoire, Marsannay loupe souvent le train par des décisions qui au moment donné étaient les bonnes. Tout d’abord, la proximité de la ville de Dijon, capitale des Ducs de Bourgogne. Marsannay est alors en bonne posture pour livrer à la cour ses meilleurs vins. Les pressoirs monumentaux ne sont d’ailleurs pas très loin de notre village, à Chenôve, juste au nord. Lavalle parlera de vins communs, mais de qualité; on ne pouvait à l’époque meilleure définition. Par la suite, au XIXème siècle, Marsannay se lance dans la production de vins quelconques afin d’abreuver les bistrots de la grande ville; on ne peut oublier que la raison première d’un vigneron est avant tout de gagner sa vie. On trouvera notamment beaucoup de gamays plantés dans la partie basse du finage. Après la crise phylloxérique, alors que tout le monde tente de rattraper le retard sur les marchés qui ont opté pour les vins des colonies françaises, Marsannay va se lancer dans la production de vins rosés sous l’impulsion du visionnaire et hyper-actif Joseph CLAIR-DAU. Afin de sortir les vins de son village de la crise, il crée un rosé en défendant le nom de « rosé de Marsannay » qui dans les années 30 n’est pas reconnu comme une appellation. Et c’est hélas cela qui entre autres fera louper le coche des AOC au moment de leur distribution. Plus tard, après des années d’âpres combats, la production du village sera enfin reconnue à son juste titre fin des années 80.

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20 juin 2017

dans le Mâconnais, à Saint-Véran, Frantz CHAGNOLEAU : écoute, réflexion

by Patrick Maclart

Frantz CHAGNOLEAU, 33 ans, a créé ce domaine ex nihilo fin 2009. Responsable de cave pendant 7 ans chez l’excellent Olivier MERLIN lui aussi vigneron dans le Mâconnais, il passe 50 % de son temps à  la vigne… « J’adore la viticulture, c’est un bien-être pour moi. C’est quasiment une psychothérapie, ça me fait sortir de l’univers clos ». C’est un sentiment qui se ressent lorsqu’on se trouve à la vigne avec lui.

de la volonté mais sans certitude, sans dogme. Voilà le portrait de ce jeune talent qui viendra bretter avec les plus grands dans quelques années, voire quelques mois.

de la volonté mais sans certitude, sans dogme. Voilà le portrait de ce jeune talent qui viendra bretter avec les plus grands dans quelques années, voire quelques mois.

Lui qui aime travailler à l’extérieur, il cherche sa voie. Ses parents l’amenaient alors qu’il était plus jeune en vacances dans le Bordelais, et cela l’avait forcément interpellé. C’est décidé, il sera vigneron. Charentais d’origine, il suivra et obtiendra son BTS viti-oeno au lycée viticole d’Angoulême. « On devait choisir un voyage d’études à la fin de nos études. C’est grâce à ce voyage que j’ai rencontré Olivier MERLIN. C’est lui avec son épouse Corinne qui m’ont appris le métier », on  ne pouvait tomber guère mieux.

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25 avril 2017

dans le Mâconnais, à Saint-Véran, avec Frantz CHAGNOLEAU, la vidéo !!

by Patrick Maclart

Voilà un futur très grand. On parlera demain de lui comme on parle aujourd’hui des Merlin et autres Vessigaud ou Saumaize.

Etabli sur un bon 6 hectares, formé par Olivier MERLIN, le tempétueux mais avec tellement de talents, Frantz, natif de Charente, va vite apprendre, écouter et appliquer. Aujourd’hui, tous ses vins sont bons, vibrants, profonds, intenses. Tout est en bio, avec un travail spontanément réfléchi.

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23 février 2017

à Morey Saint-Denis, Gilles BALLORIN : sur le bon chemin de vie.

by Patrick Maclart

Gilles BALLORIN, 49 ans, a créé son domaine ex nihilo en 2005. Tour à tour vendeur, responsable export, marketing, et même directeur commercial ! « J’ai toujours fait les vendanges, j’adorais ça. Mais il fallait que je fasse mon truc (sic). Je ne savais pas tailler une vigne mais j’y suis allé. En fait, quand on travaille comme commercial, on met un costume. Eh bien voilà, je mettais un costume » dit Gilles avec cette sincérité spontanée qui le caractérise si bien.

à 45 ans, Gilles BALLORIN est dans la fleur de l'âge, mais dans le parcours de vie qu'il veut vivre. D'où cette harmonie qu'on ressent chez lui.

à 49 ans, Gilles BALLORIN est dans la fleur de l’âge, mais dans le parcours de vie qu’il veut vivre. D’où cette harmonie qu’on ressent chez lui.

Il va s’installer en 2005 donc avec seulement 30 ares de Bourgogne, au chapître de Chenove. Même si cette terre est classée simple Bourgogne, elle a quand même été reconnue au XIIème siècle comme l’une des meilleures du coin, o tempora o mores… Il trouve 3 hectares en 3 mois (belle performance) et le domaine s’étend presque 2 hectares en plus en 2006 pour arriver à la superficie actuelle.

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13 décembre 2016

en Italie, en Veneto, LOREDAN GASPARINI : la transmission

by Patrick Maclart

Quand un Italien faisait fortune, il achetait dès qu’il le pouvait une affaire, souvent agricole, pour assurer un avenir à sa descendance, et puis la terre, voyez-vous, ça ne bouge pas. C’est un peu ainsi que démarre l’histoire actuelle de Loredan Gasparini, vieille propriété tombée en désuétude et gérée par un comte un tantinet valétudinaire.

Le domaine est désormais dans la famille PALLA depuis 1972. C’est le père de Lorenzo, l’actuel gérant,  qui a acheté cette propriété par pure passion, car il a toujours été un amoureux du vin. Ayant fait fortune dans la confection textile, il se dirige vers ce métier par amour; « ça n’a pas été simple d’acheter cette propriété très convoitée, raconte Lorenzo, c’est le Comte Gasparini qui a choisi mon père ».

Lorenzo PALLA, 46 ans, sait qu'il faut certes s'occuper du vignoble, mais penser aussi à vendre son vin. La production est convaincante.

Lorenzo PALLA, 48 ans, sait qu’il faut certes s’occuper du vignoble, mais penser aussi à vendre son vin. La production est convaincante.

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29 novembre 2016

à Morey Saint-Denis, Gilles BALLORIN, la vidéo !!

by Patrick Maclart

On en écrit des choses sur Gilles BALLORIN, j’ai même entendu des sornettes concernant cet homme riche de volontés : doux rêveur, poète, idéaliste… Peu importe. En ce qui me concerne, je le qualifie de grand talent.

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Gilles, c’est un homme qui a eu le courage de choisir sa vie, pendant que d’autres la subissent. Une belle place comme directeur commercial, mais le costume qu’il portait était tant sur son dos que dans sa tête. L’appel de la terre, de la vigne était là. Il a eu l’ouverture d’âme pour l’écouter et suivre ce chemin, à notre grand bonheur.

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13 mai 2014

Bourgogne Wineblog déguste les vins de l’état de New York !!

by Patrick Maclart

Lors du dernier salon MEGAVINO à Bruxelles, il m’a été donné la possibilité très rare de déguster et apprécier la production de l’état de New York. Cet état où l’on trouve la ville emblématique des Etats-Unis est, on l’ignore souvent, grand comme deux tiers de la France. Fortement influencé par l’océan, son climat frais en fait un endroit intéressant pour la culture de la vigne.

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L’ETAT DE NEW YORK EN QUELQUES MOTS

Il y a environ 400 ans, les premiers colons, essentiellement des Hollandais, découvrirent cet endroit boisé et jalonné de collines (qui au départ s’appelait Nouvelle-Amsterdam) et virent que la vigne poussait naturellement. Ils en plantèrent et commencèrent à élaborer le vin. Il y a presque 200 ans, la première « winery » s’installe dans l’état, et d’autres suivront plus à l’ouest, là où on retrouve les collines et les Finger Lakes, dont je vous parlerai ci-après. Le développement est considérable, après la prohibition, la seconde guerre mondiale, l’état comptait 19 wineries il y a 35 ans. Elles sont désormais 335.

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28 avril 2014

à Chablis, le domaine SEGUINOT-BORDET, Jean-François BORDET : comme un parfum d’idéal

by Patrick Maclart

Jean-François BORDET, 38 ans, est à la tête du domaine depuis 1998. Il a repris l’affaire de son grand-père; « ça a sauté une génération. Le domaine provient du côté maternel de mon père qui était maçon pour le compte de l’armée. Il aidait certes mon grand-père mais ce n’était pas sa vocation d’être vigneron. Il adore le boulot mais son destin n’était pas d’être vigneron ». Le grand-père amenait déjà Jean-François à la vigne alors qu’il était tout petit, et qui était heureux de vivre ces moments là, partage de la terre et de la plante.

Jean-François BORDET est sur le bon chemin de vie. Son travail est autant sa vie que sa famille. Un mec bien.

Jean-François BORDET est sur le bon chemin de vie. Son travail est autant sa vie que sa famille. Un mec bien.

Ces moments là sont imprimés dans le destin de Jean-François, il sera vigneron. Diplômé d’un BTA à Beaune, Jean-François obtient un BTS viti-oeno dans la même ville. Un stage de 6 mois dans le Michigan; « il faut savoir ouvrir son esprit aux autres cultures, et voir autre chose, être curieux » me dit notre vigneron dans son flot de paroles tellement naturel, sincère. Son patrimoine viticole est très beau, et Jean-François va pouvoir travailler. Il va apporter d’avantage de finesse aux vins, son style, son coup de patte, et va ensuite adapter la cuverie aux élevages sur lies, un autre de ses crédos. Tout est passé en cuves basses et horizontales dont certaines sont équipées d’un système de pigeage. Ces cuves permettent un contact de 75 % des jus avec les lies, autant dire de l’efficacité.

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9 avril 2014

dans le Mâconnais, Marcel COUTURIER : une sensibilité drapée de sourire.

by Patrick Maclart

Marcel COUTURIER, c’est un regard toujours bleu empli de malice, et un sourire franc et spontané. A 48 ans, il a créé le domaine de rien, avec même pas un hectare de vignes… « Il n’y avait rien ici, à la place de la cave c’était une friche. Mes parents ont toujours eu peu de vignes, mais ils avaient surtout des vaches et des céréales » dit Marcel avec justesse et bon sens, qualités qui sont chez lui nature.

un éternel sourire sincère boulonné sur son visage, Marcel COUTURIER est on ne peut plus authentique.

un éternel sourire sincère boulonné sur son visage, Marcel COUTURIER est on ne peut plus authentique.

On se demande alors ce qui va amener notre vigneron à la vigne. C’est simple, son oncle René PERRATON a un domaine et Marcel y travaillait, faisait les vendanges. A l’installation, il sera au départ coopérateur et en sortira en 2005, bien qu’il livre encore quelques raisins; « j’ai commis des erreurs à mes débuts, mais j’apprends vite, et longtemps » dit notre homme en toute simplicité.

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31 mars 2014

Grands Jours de Bourgogne 2014 : focus sur les vins de l’Auxerrois

by Patrick Maclart

Traditionnellement, l’ouverture des Grands Jours de Bourgogne commence toujours par le nord de notre région, à savoir le chablisien et l’auxerrois; dégustation qui porte le très joli nom de « porte d’Or de la Bourgogne ». Cette année, je donne priorité aux vins de l’auxerrois, Chablis ne sera pas dégusté cette année.

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Non pas que je boude la belle appellation de Chablis, mais l’occasion m’est souvent donnée de déguster les vins en fort progrès de cette AOC ces dernières années. J’ai donc préféré aller tâter de la production auxerroise. Ces vins ne sont par ailleurs pas toujours simples à comprendre.

Souffrant de l’ombre de leur prestigieux voisin, l’auxerrois a parfois peine à trouver la lumière médiatique. Et pourtant, leur différence, leur originalité, leur authenticité, en font des vins à part. Les pinots partent souvent sur des notes de noyau de griotte vraiment typiques, mâtinées de notes cendrées. Quant au chardonnay, il arrive à avoir une gueule à lui, que ce soit à Vézelay, secteur en plein développement et qu’il faut désormais suivre à la loupe, ou ailleurs, avec des tensions et de la vivacité qui plaisent tant aujourd’hui. On trouve aussi dans cette région deux cépages bien exclusifs : le césar, parfois austère, mais qui ne manque ni de structure et de tanins, et le sauvignon, planté à Saint-Bris, qui donne des résultats aujourd’hui jamais atteints.

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