26 mai 2020

en Saumur-Champigny, la Folie Lucé, Loïc TERQUEM : aiguilleur de sa vie

by Patrick Maclart

Loïc TERQUEM, 55 ans, a un parcours étonnant, mais un vrai parcours de vie. Responsable informatique chez le leader de l’objet promotionnel, il s’ennuie, a fait le tour de son boulot. Il demande alors à son employeur d’effectuer un bilan de compétence… « toute ma vie tournait autour de la bouffe, du vin, de la terre » se rappelle-t-il. Il va faire son bilan, et une dame lui fait confiance, le met en rapport avec des vignerons du Beaujolais. Mais ce n’est pas le projet que souhaite notre futur vigneron.

Loïc TERQUEM n’est pas un doux rêveur. Il applique ce qu’il veut faire, le tout dans une logique bien « naturelle ».

« on avait une carte de France des vignobles. Raphaëlle mon épouse est très organisée. On a cherché ce qui était jouable financièrement, mais aussi viable pour la scolarité de nos enfants, et c’est ainsi qu’on a trouvé ici, en Loire ». Loïc part à Montreuil entamer un B.P.R.E.A. (brevet professionnel de responsable exploitant agricole)… « un cursus théorique, pas vraiment ce que je voulais faire. Le coup de chance, c’est aussi avoir trouvé cette maison. La malchance est de se retrouver avec un chai immense qu’on avait loué, et dont le bail a été résilié suite à l’arrêt de l’activité des locataires, donc une rentrée d’argent en moins. L’autre malchance, c’est qu’il y avait un hectare de vignes à vendanger, vinifier, alors que je ne l’avais jamais fait. Avec cerise sur le gâteau la grippe A durant cette période ! » Fort heureusement, Dionysos, dans sa grande mansuétude, s’est arrangé que tout cela se passe sur le millésime 2009, on trouve plus dégueulasse à vinifier.

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27 avril 2020

en Chianti Classico, CASALOSTE : le courage pour moteur

by Patrick Maclart

Emilia d’Orsi, de son âge vénérable, est avec son époux Giovanni Baptista sur le domaine depuis 1993. Il a été acheté en 1992… « C’est une histoire particulière; mon mari suivrait soit des études militaires, soit autre chose. Il a toujours aimé les espaces, le grand air. Il s’est donc inscrit au lycée agricole pendant 3 ans et dès la 5ème année suivre un cursus viticole ». Son épouse l’a connu alors qu’il était aux études depuis 3 ans. Et curieusement elle ne le voyait pas quitter Naples, car nos vignerons sont de Campanie ! Sa ville, sa famille, quitter tout ça malgré son goût du voyage et son attirance pour les autres cultures, tout ça a été un vrai choix de vie.

un vigneron qui a bossé 7 jours sur 7 pour façonner son vignoble, sous le regard tendre de son épouse alors enceinte, dans une maison sans eau ni électricité, ça nous change de cette vague de vignerons roulant en SUV de luxe, qui ont oublié le travail des anciens. Bravo à vous.

A la fin de ses études, Giovanni essaie de travailler dans sa région, mais rapidement il se rend compte qu’il ne sera pas possible de faire quoi que ce soit : trop de traditions, trop d’esprits fermés pour la culture qu’il vise. Il devra partir, et déjà la Toscane l’attire, il y passait des vacances en couple. Un de ses amis napolitains installé l’accueille, lui parle; la curiosité fait le reste du chemin. Un gentilhomme qui coupait les cheveux des gens du coin et qui connaissait forcément tous les potins du pays le branche sur une vigne à vendre.

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25 février 2020

dans le Roussillon, le domaine LAGUERRE, Eric LAGUERRE, la vidéo !!

by Patrick Maclart

Il faut être un peu fou pour élaborer du vin à Saint-Martin de Fenouillet. Fou à cause de l’altitude, à la limite de la culture de la vigne, fou car le village n’a plus qu’une trentaine d’âmes, qu’on est loin de tout. Mais fou aussi car le terroir est fabuleux, et il faut être idiot pour ne pas s’en rendre compte.

Des granits de toute beauté, deux coulées calcaires qui descendent de la montagne. Ce qui permet de créer des vins incroyables, et tenter des expériences telles des parcelles de pinot noir.

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18 décembre 2019

en Saumur-Champigny, le clos de la Folie Lucé, Loïc TERQUEM, la vidéo !!

by Patrick Maclart

Quand on est Parisien, qu’on vit à Paris, qu’on a une vie bien installée, un boulot rémunérateur, on croit que les choses sont immuables. Sauf si on décide d’être l’aiguilleur de sa vie.

C’est le cas de Loïc TERQUEM qui en a assez de ce travail qui ne l’enrichit pas intrinsèquement. Il va donc entamer un bilan de compétence, et se rendre compte que le boulot de vigneron l’appelle.

Il s’installe en Loire avec l’approbation de son épouse, et élabore des Saumur-Champigny de grande expression, aux saveurs justes et droites du cabernet qui se doit toujours franc, et un pet’ nat’ réussi, sapide, dont on en boirait des seaux.

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7 novembre 2019

en Champagne, à Avenay, le domaine AUGUSTIN, Marc AUGUSTIN : élémentaire.

by Patrick Maclart

Marc AUGUSTIN, 50 ans, représente la cinquième génération au domaine dont il assure le travail depuis 1991. Il reprend les rênes du domaine avec son père qui en fait partie, mais qui aujourd’hui est au repos… « mon père était un vigneron « classique » en raisonné, mais il n’a jamais utilisé de désherbant chimique. De même, il n’a jamais utilisé de gadoues de ville ». Il est certain que le père a probablement et indirectement influencé le travail de son fils.

Marc AUGUSTIN n’a pas que des amis, mais il est bon dans la vie d’avoir des ennemis. L’envie est meilleure que la pitié.

La scolarité de Marc est simple : BTA à Avize, après ça a été le service militaire. Mais la rencontre avec la biodynamie alors ? « c’est avant tout la rencontre avec mon épouse Emmanuelle. Elle s’ennuyait dans son travail et souhaitait devenir réflexologue plantaire, se diriger vers ce qui touchait à la nature. Elle soignait les pieds, et moi je me suis dit que je pouvais aussi soigner des pieds, mais des pieds de vigne ! ». Notre vigneron ne manque ni de formules ni de percussion !

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20 juin 2019

en Champagne, à Avenay, Marc AUGUSTIN : la vidéo !!

by Patrick Maclart

Marc AUGUSTIN, qui aime à s’appeler « coeur-viculteur » tellement son travail lui est viscéral, ne peut laisser indifférent. Vigneron atypique à Avenay, ayant fait de sa biodynamie une évolution, son travail créera admiration ou agacement. En tout cas, il ne laissera pas indifférent.

Pourtant, ses intentions sont plus que louables. Il veut non seulement revenir aux sources de la culture originelle, mais aussi faire progresser la viticulture sans céder aux chants des sirènes du modernisme. Tout l’intéresse, le travail des sols, de la vigne, la gemmologie, le nombre d’or, le tableau des éléments, et j’en oublie.

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7 février 2019

à Chinon, Wilfrid ROUSSE : des vins bio et bien rabelaisiens

by Patrick Maclart

Wilfrid ROUSSE, 52 ans, a créé son domaine ex-nihilo en 1987, à 22 ans… « Je voulais être vigneron, j’avais travaillé dans une plantation de kiwis. Mes parents ne sont pas de la vigne. » Le grand-père d’un copain lui laisse un hectare et demi… « ma première déclaration de récolte, je m’en souviens comme si c’était hier : 57 hectos ! » me clame-t-il avec amusement, car l’homme est un rabelaisien, et pas que de sol. Il continue amusé « et en plus, je vinifiais dans une grange ! ».

gourmand de vie, de rires, de plaisirs, de joies. Voilà Wilfrid ROUSSE. Et tout cela se ressent dans les vins, sans oublier tout le boulot qu’il préfère occulter, par pudeur.

2 hectares et demi vont se libérer en 1998, le propriétaire ayant envie d’aider un jeune qui démarrait… « c’était de la vieille vigne. Il fallait replanter un hectare, ça faisait partie du deal. Ca donne aujourd’hui ma cuvée Galuches ». Puis il a acheté le bâtiment actuel en 1994, tout en reprenant les vignes de vignerons partant à la retraite, car la plupart d’entre eux appréciaient son boulot.

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18 janvier 2019

Bourgogne Wineblog déguste les vins « nature » de Toscane à Paris !!

by Patrick Maclart

Il y a quelques temps, j’ai été convié à une bien jolie dégustation de vins « nature » italiens. Il est indispensable de remercier ici Florence ANDRIEU de l’agence BALPOP, ainsi que toute son équipe, pour la qualité de l’organisation et de l’accueil. Tout a été fait en toute simplicité et convivialité.

BON, UN NATURE, C’EST QUOI ?

Il y a quelques années, c’était avant tout un sujet de polémiques sur les réseaux sociaux. Quand les vins nature sont apparus, une flopée de défenseurs invétérés sont montés au créneau, créant à foison des blogs spécialisés en la matière, mais aussi autant de détracteurs hélas. Malheur à celui qui les critiquait, il risquait dans le meilleur de perdre plein « d’amis », et dans le pire des cas l’écartèlement sur place publique. J’exagère un tantinet, mais on n’en était pas loin. J’en ai fait l’amère expérience en « osant » critiquer une dégustation de vins nature du Beaujolais, estimant que les vins n’étaient pas au top. Un commentaire cinglant d’une blogueuse avait été assez net en écrivant, je cite : « si c’est comme ça, tu n’as rien à faire dans le Beaujolais, rentre chez toi ». Avouez que c’est bien épicé !

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4 octobre 2018

à Chinon, Wilfrid ROUSSE, la vidéo !!

by Patrick Maclart

la rencontre avec Wilfrid ROUSSE n’a pas été fortuite. C’est mon grand ami Benoît GAUTIER, vigneron émérite à Vouvray qui m’a fait découvrir les vins de ce vigneron; sa petite cuvée « les Galuches » tenant la dragée haute à l’aveugle face à Joguet, l’un des papes de l’appellation.

Ce vigneron truculent, souriant, gourmand, est aussi un sacré bosseur. Sa vigne que j’ai vue sur place est impeccable, tout ce qui manque est complanté. Tout est travaillé en bio, des essais en biodynamie et un avenir qu’il voit radieux, avec cette joie qui n’appartient qu’à la candeur des vingtenaires…

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31 mai 2018

en Champagne, à Mardeuil : le domaine CHARLOT-TANNEUX : artisan du terroir

by Patrick Maclart

Vincent CHARLOT, la quarantaine heureuse, est à la tête du domaine depuis 2001… « ma vie a démarré en 1992 quand j’ai fait mon premier vin. On peut parler là de ma naissance ». Il a commencé son parcours avec un BEP à Avize, puis un BTA à Rouffach. Enfin, et c’est assez rare dans le parcours d’un vigneron, un BTS technico-commercial à Montpellier… « mes parents étaient coopérateurs. J’avais envie de voir comment le vin se vendait, les marchés, et surtout comment présenter ses vins ». On peut avoir du savoir-faire, encore faut-il le faire savoir…

Vincent CHARLOT est un homme sans la moindre concession avec lui-même. Tout le monde a droit de parole avec lui, mais il garde sa ligne de conduite : le terroir, le vrai.

Bien que ses études se terminent en 1996, il commence à bricoler ses premiers vins en 1992; « c’est quand j’ai commencé à travailler sur barriques que la révélation s’est produite. C’est à ce moment précis que j’ai su ce que j’allais vraiment faire » me dit notre vigneron avec simplicité, et cette volonté calme et posée qui le caractérise, même si son côté puriste est et reste un fond de sa nature.

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