QUI SUIS-JE ?

Né en 1964 et de formation totalement autodidacte, le vin, tout comme la Bourgogne, m’a mordu sur le tard.

Enfant déjà, j’accusais dans mon petit corps replet la présence de ce péché capital qu’est la gourmandise. Selon les témoignages (hélas disparus) de mes grands-parents, je commençais dès mes premiers mois à trépigner à l’odeur de l’andouillette qui grillait dans la poële… Ca n’a pas changé, ça doit être un réflexe primal…


Toujours enfant, j’adorais regarder ma grand-mère cuisiner, j’écossais avec elle les petits pois. Mon grand-père avait un potager où la saveur pure de chaque fruit ou légume restent encore gravés dans ma mémoire comme dans du marbre… Inoubliables, l’odeur du clafoutis chaud, des fraises du jardin, des crèpes (généreusement) parfumées au rhum, du poulet rôti du dimanche… Chacun de ces parfums a été mis dans une petite fiole virtuelle, sans même comprendre (c’était latent) ce à quoi ça pourrait servir un jour…

Puis la fin de l’innocence, la vie adulte et le rude monde libéral. La curiosité du vin vint (héhé !) vers mes 21 ans, alors que j’étais chez ma grande soeur. Son concubin avait ouvert un Médoc et j’ai commencé à le sentir, le humer, à me dire qu’il y avait quelque chose là derrière, mais quoi ?

Il fallait savoir. J’ai donc acheté mon premier livre qui a été une longue série d’autres livres, et j’ai acheté ma première bouteille qui a été une longue série d’autres bouteilles…

La Bourgogne, c’était encore plus tard, en 1991. Alors que je terminais une dégustation de Bordeaux (je ne buvais que ça à l’époque, ahahahaha !), je me suis attardé sur une table où il y avait quelques bouteilles de Bourgogne, comme si elles m’appelaient telles des sirènes chantantes, mais silencieuses… Mon premier vin fut un immense coup de coeur : Corton-Vergennes 1988 du domaine CACHAT-OCQUIDANT. C’était elle qui m’avait mordu… Le deuxième vin, un Givry « clos de la Servoisine » 1990 du domaine JOBLOT avait définitivement implanté le pinot dans mon sang. Le chardonnay suivit, comme l’aligoté ou le gamay…

Aujourd’hui, je vis en Bourgogne, à Chassagne-Montrachet. C’est le choix d’une vie un peu calquée au rythme biologique de la vigne… Je me renfrogne en hiver, m’égaie au printemps et savoure l’été comme une nourriture…

Ma volonté ? Arrêter de seriner toujours les mêmes domaines, vous donner envie de découvrir d’autres vins que ceux, sempiternels et poussiéreux, qu’on retrouve dans tous les guides, comme des monuments figés et immuables… Vous donner envie de venir, d’être comme moi un pionnier de la Bourgogne comme je l’étais au début des années ’90… Vous donner envie de partager non pas mon savoir, mais mes plaisirs, mes bonheurs, mes joies, mes glouglous, mes saveurs…

Gourmandement vôtre,
Patrick MACLART.

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