14 octobre 2016

en Provence, le château BARBANAU, Sophie CERCIELLO & Didier SIMONINI : créer le vin

by Patrick Maclart

Sophie CERCIELLO et Didier SIMONINI ont créé, ou plutôt recréé Barbanau… « nous l’avons fait revivre. Le bien a toujours été là, mais nous avons créé le vin » annonce Sophie, créative, imaginative, l’esprit serein mais toujours joueur, et qui a trouvé la symbiose avec son époux qui lui est plutôt un perfectionniste, un rarement satisfait, un puriste. « Tout était planté ici avant notre arrivée, mais la vision précédente n’était que productiviste. Et après plus de 25 ans d’exploitation, on ne peut qu’apprécier le travail accompli » me dit Sophie avec cette voix riante, pendant que Didier lui est à bosser ça où là…

Ces deux là se sont trouvés ! Didier SIMONINI, perfectionniste et bosseur sans compter, à l'énergie physique débordante, et Sophie CERCIELLO, plus posée dans le fond, sachant prendre recul et relativiser, même si sa forme est olympique !

Ces deux là se sont trouvés ! Didier SIMONINI, perfectionniste et bosseur sans compter, à l’énergie physique débordante, et Sophie CERCIELLO, plus posée dans le fond, sachant prendre recul et relativiser, même si sa forme est olympique !

Le père de Sophie est moniteur de ski et décide d’acheter ce domaine et Sophie arrive avec la candeur de ses vingt ans, sans vraiment prendre conscience du boulot à accomplir, le vignoble est épuisé par des années de production intensive; « c’est comme si on avait demandé à une chienne d’enfanter 12 petits par an, c’est exactement ça » ajoute Sophie. C’était insecticides et désherbants à tout va, « on n’entendait même plus les oiseaux » précise notre vigneronne. Leur réussite ? Avoir recréé ce biotope actuel, où oiseaux et papillons virevoltent avec bonheur, sous le regard endormi des deux golden retrievers du domaine.

Au départ, Sophie découvre le métier de vigneronne, s’épanouit au contact d’autres vignerons, apprend cette vie de bons vivants. Elle attrape le virus qu’elle donnera plus tard à son époux qui rejoindra le domaine en 1996. Pour le bio, la prise de conscience se fait lors de voyages, notamment en Afrique qui est l’autre passion de Sophie, et qui là encore va transmettre le virus à Didier. C’est décidé, ils bossent bio en 1996, et la labellisation sera entérinée en 2005. Donc, à la vigne, le travail est bio, pas d’intrant, une exigence de travail du sol qui frise la perfection tant Didier est présent à sa vigne, et il continue, sans superfluité, juste de la volonté.

un bien joli vignoble, 20 hectares d'un seul tenant, sauf les 6 hectares sur Cassis. Des vignes bien travaillées par l'infatigable Didier.

un bien joli vignoble, 20 hectares d’un seul tenant, sauf les 6 hectares sur Cassis. Des vignes bien travaillées par l’infatigable Didier.

Au chai, les vendanges sont quasiment mécaniques, à 80 %, et c’est une volonté du domaine; « au départ, on ne trouvait pas de vendangeurs, les bennes restaient au soleil. On a acheté une machine et en un quart d’heure, à la fraîche, les grenaches sont rentrés et il n’y a aucune oxydation. Et il y a encore un tri derrière. Seules les très vieilles vignes sont vendangées à la main » précise Sophie. Les rosés subissent une macération pelliculaire à froid dans le pressoir pneumatique, entre 8 et 20 heures. Le pressurage durera 4 heures, débourbage à froid durant 48 heures environ sans enzymage. Encuvage avec lies fines, malos bloquées, l’élevage durera quelque semaines. Les vins blancs seront travaillés à peu près de la même méthode, sauf « Val Bruyère » qui sera élevé un an sur lies fines en cuves inox. La cuvée « Kalahari » en Cassis blanc sera élevé sur fûts avec bâtonnage.

au chai, rien de spectaculaire, mais des éléments intéressants : l'imagination et la créativité. Pour preuve, ce nouveau bébé de Barbanau. Admirez le nom et l'habillage.

au chai, rien de spectaculaire, mais des éléments intéressants : l’imagination et la créativité. Pour preuve, ce nouveau bébé de Barbanau. Admirez le nom et l’habillage.

Pour les rouges, égrappage total, prémacération à froid en cuves ouvertes, pigeages et remontages en levures indigènes, les vins seront élevés un an en fûts bourguignons de 228 litres pour « Terrasses », les autres quelques mois en cuves.

Aujourd’hui, le domaine s’étend sur 26 hectares dont 6 à Cassis, pour produire 80.000 bouteilles par an, et des bibs. L’export représente 20 % du domaine, avec pour marchés principaux la Grande-Bretagne, les USA, les Maldives et l’Ile Maurice.

Le style Barbanau ? Franc, droit, net, avec de l’intensité. Bref, si on regarde bien ceux qui ont enfanté ces vins, on trouvera bien des qualités communes. Les chiens ne font pas des chats, mais parfois ils peuvent faire des zèbres et des girafes…

ENSEIGNE

château Barbanau
Sophie CERCIELLO & Didier SIMONINI

route de Roquefort
F-13420  ROQUEFORT-LA-BEDOULE

tél. +33 (0)4 42 73 14 60
site internet : CLIQUEZ ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci Sophie et Didier de ces nombreux chouettes moments passés ensemble. Pour voir la vidéo réalisée avec Sophie, CLIQUEZ ICI

GAMME

côtes-de-Provence « l’Instant » blanc 2013
90 % rolle, clairette 10 %. Très beau nez expressif, notes salines, fruit jaune, intense. La bouche est droite, fruitée, une jolie rame acide qui rigidifie l’ensemble. Ca finit long et droit, avec un beau peps.

j'aime le rolle, un de mes cépages préférés, surtout quand il a du peps et de la salinité. Là, on y est.

j’aime le rolle, un de mes cépages préférés, surtout quand il a du peps et de la salinité. Là, on y est.

côtes-de-Provence « l’Instant » rosé 2013
syrah-cinsault-grenache à parts à peu près égales. Nez expressif, fruits frais, buisson, désaltérant. La bouche est fraîche, droite, nette, sapide, mais avec une finale surprenante de finesse et tout en longueur. Très beau rosé.

côtes-de-Provence « Et Cae Terra » rosé 2013
90 % grenache, 10 % syrah. Si le nez est discret et élégant, la bouche est superbe de présence, de chair de fruits, des notes complexes, fines épices, avec une longueur pleine et une minéralité rares. Très présent. Ca c’est du rosé.

Cassis « Kalahari » blanc 2011
clairette, sauvignon et marsanne aux trois tiers. Le nez est réservé, mais le fruit est très présent, complexe, notes de carambole. La bouche est ronde, riche, intense, des notes de fruits et fruits secs, pointe caillouteuse. Finale concentrée et intense. Beau boulot.

un provençal hors du commun, à tous les niveaux, depuis ses saveurs jusque son habillage. Un vin réfléchi et de vraie gastronomie. Bravo.

un provençal hors du commun, à tous les niveaux, depuis ses saveurs jusque son habillage. Un vin réfléchi et de vraie gastronomie. Bravo.

côtes-de-Provence « l’Instant » rouge 2012
grenache, et syrah très minoritaire. Nez frais, fin, tout en fraîcheur, framboise, poivre. La bouche est fraîche, gourmande, souple, c’est plein de sourires et de joie. Ca finit sur le fruit et des tanins juste présents pour mettre un peu d’épaules. Croquant et craquant.

côtes-de-Provence « Et Cae Terra » rouge 2011
90 % syrah, le solde en grenache. Fruits rouges et noirs, et encore bien jeune, de beaux amers qui sont associés à des tanins stricts sans excès, ça s’exprime bien en vigueur. La longueur impressionne, belle rétro sur la structure.

oh le beau Provence rouge que voilà, comme je les aime, pas caricatural, pas boisé "charpentier", pas de fruit confituré, pas de bret... Du bonheur quoi.

oh le beau Provence rouge que voilà, comme je les aime, pas caricatural, pas boisé « charpentier », pas de fruit confituré, pas de bret… Du bonheur quoi.

4 Responses to “en Provence, le château BARBANAU, Sophie CERCIELLO & Didier SIMONINI : créer le vin”

  • PLAS murielle

    Bel article! Dommage que Sophie soit rebaptisée Cécile à la fin de l’article…

    • bonjour Murielle,

      Merci de ton compliment sur mon article, ça me touche et ça me fait plaisir.

      Le fait que j’appelle Sophie « Cécile » est un mystère de la vie, une dyslexie que je n’arrive pas à expliquer. On s’est vus plusieurs fois, et je l’appelle à chaque fois Cécile. Pourtant, avec la cuvée « Girafe verte », je devrai avoir un moyen mnémotechnique ! Mais va comprendre, c’est ainsi. En tout cas, j’ai tout corrigé grâce à toi, et j’ai trouvé en plus 3 fautes de frappe, donc merci pour tout, et désolé. Et là, je vais t’appeler « Murielle » !

      Gourmandes salutations, merci de ta fidélité au blog.
      Patrick.

  • Laurent

    Bonjour Patrick,

    Reportage plus que complet sur le domaine, à découvrir, du moins tu en donnes l’envie. En plus de parfaire mes connaissances, je complète celui de mon langage, superfluité…et ça, ça ne l’est pas ! Merci encore.

    • Salut mon Lolo,

      Merci à toi d’apprécier ce que je fais. Et j’apprécie les vins de Barbanau. Ces rosés tout pâles, ces rouges qui puent les bretts, des blancs oxydés au bout de 6 mois, rien de tout ça à Barbanau. Je suis étonné qu’on s’intéresse peu à l’ouest de la Provence, pour moi la partie la plus intéressante.

      Dès qu’on est dans le coin, on y va, chiche ?
      A bientôt l’ami, merci de ta fidélité au blog et de le faire partager.

      Gourmandes salutations.
      Pat

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