2 septembre 2016

en Crozes-Hermitage, le domaine HABRARD, Laurent HABRARD : un chercheur qui trouve

by Patrick Maclart

Des chercheurs qui cherchent, on en trouve, pendant qu’on cherche des chercheurs qui trouvent. Laurent HABRARD fait partie de cette deuxième catégorie, curieux de tout, jamais rassasié de savoir, sachant appliquer avec pragmatisme ses expériences, et surtout sachant aussi humble que simple. A 42 ans, il représente la cinquième génération présente au domaine. Au début, il travaillait avec son frère Emmanuel mais ce dernier a suivi une autre voie… « J’ai repris l’exploitation en 1998, on ne faisait que du vrac et du bag-in-box. Je bossais jusque le dimanche midi, et ma femme m’a bien fait comprendre qu’il lui était difficile de vivre avec quelqu’un qu’elle ne voyait pas. Il a fallu valoriser, j’ai fait de la bouteille. Ca a marché, mais au lieu d’acheter une belle BMW, j’ai pris un ouvrier » me dit Laurent avec ce bon sens que j’aime tant à trouver chez le vigneron.

à 40 ans, Laurent HABRARD arrive à une belle maturité. Sûr de rien, il cherche, expérimente, et prend ce qu'il y a de meilleur. Bref, un chercheur qui trouve.

à 40 ans, Laurent HABRARD arrive à une belle maturité. Sûr de rien, il cherche, expérimente, et prend ce qu’il y a de meilleur. Bref, un chercheur qui trouve.

Laurent a fait 2 BTS, à Avignon et Montpellier, un viti-oeno bien sûr, mais surtout le commerce du vin. A un certain moment, Laurent se pose des questions. Les traitements lui donnent mal à la tête, il fallait changer. La réflexion prend son temps, il regarde ça et là ce qui se passe, et se lance en 2008 dans la culture biologique… « c’est ma façon de m’excuser auprès de la nature. De plus, l’arrêt des insecticides a rapidement créé une concurrence naturelle dans le vignoble ! »

A la vigne donc, le travail est totalement bio, avec l’agrément obtenu en 2011. Plus de tratement, que des labours, les interceps en chenillard, tracteur ou cheval sur certaines parcelles. La pioche ou le rotofil comme désherbant, tout se fait et se réfléchit en fonction de la parcelle.

un vignoble pas facile à travailler, une forte déclivité, des échalas. Il en faut du temps et de l'énergie pour propulser ces vignes à leur summum. Laurent y réussit.

un vignoble pas facile à travailler, une forte déclivité, des échalas. Il en faut du temps et de l’énergie pour propulser ces vignes à leur summum. Laurent y réussit.

Au chai, les vendanges sont exclusivement manuelles. Les rouges sont égrappés à 95 %, encuvage, thermo-régulation, zéro sulfite durant les vinifications et ça depuis 2012. Fermentation alcoolique en cuves ciment, entonnage à 18° en fûts, mais une partie du vin restera en cuves. L’élevage durera en général un an. Pas de collage, filtration très lâche. Pour les blancs, pressurage pneumatique durant 2 heures 30. Débourbage statique à froid pendant 48 heures. Pas d’enzymage, levures indigènes. Les deux fermentations se feront totalement, élevage de 9 mois y compris l’Hermitage, sauf si le millésime en décide autrement. Elevage en fûts sans aucun bois neuf (je suis trop radin et pas assez menuisier, sic le vigneron), cuves inox pour un tiers des vins blancs.

Laurent aime l'élevage sur fûts, mais pas de bois neuf, ou très peu. Il et trop radin et pas assez menuisier, dixit notre homme.

Laurent aime l’élevage sur fûts, mais pas de bois neuf, ou très peu. Il et trop radin et pas assez menuisier, dixit notre homme.

Aujourd’hui, le domaine s’étend sur 15 hectares dont un demi-hectare en Hermitage. Il produit 70.000 bouteilles par an et exporte 65 % de sa production en Suède ! 15 % eux partent dans d’autres pays tels la Norvège, la Belgique, le Canada et les USA.

Laurent HABRARD a du bon sens et ne compte pas s’arrêter. Chercher certes, mais surtout trouver, et appliquer.

ENSEIGNE

domaine HABRARD
Laurent HABRARD

7  route des Blancs
F-26600  GERVANS

tél. +33 (0)4 75 03 30 91
site internet : CLIQUEZ ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci Laurent pour cet excellent repas partagé ensemble le midi, et merci pour ce merveilleux moment au milieu de tes vignes. Pour voir la vidéo réalisée avec Laurent, CLIQUEZ ICI.

Crozes-Hermitage blanc 2012
marsanne 100 %, vignes de 40 à 80 ans, sur loess et granit. Nez réservé, pêche blanche, jolie expression, petites notes florales et d’amande. La bouche est fine, harmonieuse, élégante, notes d’amandes, d’abricot et d’agrume mûr. Jolie longueur distinguée, ensemble persistant.

Hermitage blanc 2011
sur les Rocoules, l’un des plus célèbres sites de la colline pour les vins blancs. A côté des vignes de Chave, une parcelle qui appartenait au gendre du Général de Gaulle. Une partie des vignes est plus que centenaire. Nez très profond, complexe, floral, notes d’amandes fraiches et de menthol. Le vin présente une longueur inouïe, c’est fin, savoureux, et très long. Aucune modernité, style classique. Superbe vinosité.

un vin juste habillé de son terroir et du coup de patte de son concepteur. La simplicité au service de la perfection.

un vin juste habillé de son terroir et du coup de patte de son concepteur. La simplicité au service de la perfection.

Crozes-Hermitage rouge 2012
un tiers du vignoble vient du secteur des Châssis, le reste sur des petites parcelles morcelées, essentiellement sur granit. Très beau nez spontané, direct, cerise, poivre, aérien et beau. La bouche est d’une élégance, c’est aérien, des notes de poivre, cerise juteuse; les tanins sont présents et bien élevés. Superbe longueur.

l'ancienne et la nouvelle étiquette. Le style ne change pas, et malgré des millésimes différents, on retrouve le style, le coup de patte et le terroir.

l’ancienne et la nouvelle étiquette. Le style ne change pas, et malgré des millésimes différents, on retrouve le style, le coup de patte et le terroir.

Crozes-Hermitage rouge 2011
le nez est très semblable au précédent, avec plus d’expression due à l’évolution. La bouche est forcément plus ouverte, très cerise, notes poivrées, les tanins sont dociles mais plus de fermeté que le précédent. L’acidité est superbement imbriquée. Prometteur dans le temps, très belle finale.

Saint-Joseph 2012
nez de fruits rouges, floral marqué, profond. La bouche est compacte, tout en restant fine. La structure est intense, tellurique, une belle expression d’ensemble surtout en fond de palais. Très belle longueur, vin intense.

les vrais Saint-Joseph, ceux qui viennent du terroir originel, ont la tendance à être ombrageux dans leur jeunesse. C'est ici le cas, et on les aime ainsi.

les vrais Saint-Joseph, ceux qui viennent du terroir originel, ont la tendance à être ombrageux dans leur jeunesse. C’est ici le cas, et on les aime ainsi.

6 Responses to “en Crozes-Hermitage, le domaine HABRARD, Laurent HABRARD : un chercheur qui trouve”

  • Laurent

    Toujours pas eu l’occasion de mettre la main sur un flacon depuis 2012, pas très chercheur non plus, car ne dit on pas qui cherche trouve ? Je me dis que nous avons là une adresse incontournable pour son rapport qualité/prix/plaisir. A déguster donc ! Merci pour les notes de defustation et rendez vous au prochain article.

    • Salut mon Lolo,

      Mais Dieu que c’est facile de trouver les vins de Laurent. Le mieux c’est au domaine. Tu fais une commande « groupir » avec des amis, et en avant Guingamp ! Tu le contactes de ma part, tu lui rappelles qu’il ne m’a toujours pas accepté comme ami sur Facebook 😉

      Sans quoi, il y a un programme génial appelé « wine-searcher ». on trouve tout, y compris les spiritueux. C’est là que je fouine pour trouver mes rhums rares, un autre de mes péchés mignons.

      Bien à toi, sincères amitiés.

      Pat

  • olivier

    Bonjour Patrick,
    ça fait du bien de te lire, super article! comme d’hab’

    Olivier

    • salut Olivier,

      On peut faire court, simple, concis, et faire énormément de bien au cœur. Tu y est parvenu.
      Comme d’habitude, j’écris avec mon cœur et mon âme, avec un seul objectif : partager mes plaisirs et mes gourmandises.
      Plein d’autres choses sont à venir, d’Alsace, des Rhône nord, de Loire, d’Italie, de Bourgogne… On va encore bien voyager. Acrroche ta ceinture, ou décroche-la, si embonpoint suite à dégustation à répétition !

      Gourmandes salutations, elle est pas belle la vie ?

      Pat

  • voets

    Bonjour,

    Cela fait plaisir de revoir que votre blog est de nouveau actif ! C’est grâce à celui-ci que j’ai découvert les vins de Michel Gros, Amiot-Servelle entre autres, sans parler d’autres domaines.

    Pierre-Alexandre Voets

    • Bonsoir Pierre (on va faire simple !)

      Merci de tes encouragements, ça fait chaud au coeur. Je devais publier demain un article, mais le devoir m’appelle : reportages à Saumur-Champigny et Chinon ! Et que du beau, crois-moi.

      Les articles à venir : Vacqueyras, Chianti Classico Riserva & Gran Selezione, Santenay blancs, quelques domaines à Chablis, Roussillon, Vouvray, Gevrey, etc… Encore par monts et par vaux… Ah j’oubliais : deux beaux domaines en Veneto.

      Vu le nom tu sembles être Belge, grand respect. Que ce soit le nord ou la Belgique, il y a toujours des gens connaisseurs, mais qui savent écouter. Une qualité de dégustateurs hors pair.

      Merci de ta fidélité au blog et fais tourner, quoi que l’on soit toujours à l’entour des 37.000 lecteurs par mois !
      Gourmandes salutations.

      Patrick.

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