12 septembre 2011

en Aubance, le domaine des Deux Moulins – Daniel MACAULT : plein de bon sens et de saveurs.

by Patrick Maclart

Daniel MACAULT a repris le domaine familial en 1989. Son père ne faisait pas de bouteille, et livrait son raisin en cave coopérative Il n’avait jamais vinifié.

Daniel reçoit sobrement et gentiment. Chez lui, point de strass et de poudre aux yeux. Simplement le résultat d'un vigneron consciencieux.

Daniel reçoit sobrement et gentiment. Chez lui, point de strass et de poudre aux yeux. Simplement le résultat d’un vigneron consciencieux.

Daniel par contre avait la forte envie de faire, et l’ambition d’élaborer de grands vins. Lors de cette reprise, le premier objectif de Daniel a été d’étendre le domaine afin de le viabiliser financièrement. De 12 hectares, il l’a amené à 65, avec à la gamme des cabernets d’Anjou, des rosés d’Anjou, des Anjou rouges et blancs, et enfin des coteaux de l’Aubance.

A la vigne, les travaux sont drastiques. La taille est courte, l’enherbement de rigueur dans bien des vignes ; éclaircissement et effeuillage pratiqués si nécessaire. Daniel contrôle l’application des différents traitements de telle façon qu’ils soient adaptés parfaitement à la vigne et au millésime. Bref, rien d’extraordinaire, mais un véritable travail quotidien fait d’instinct et de respect du patrimoine végétal.

une vigne bien travaillée, raisonnablement, avec passion.

une vigne bien travaillée, raisonnablement, avec passion.

Au chai, là encore, rien d’extraordinaire, si ce n’est qu’une excellente organisation afin d’optimiser l’espace. Une partie des moûts va vers le chai à cuves, l’autre au chai à barriques.

Lorsqu’on rend visite à Daniel, aucune esbroufe. Et pourtant, le résultat dans les verres est convaincant. C’est le sobre travail d’un homme humble et simple, souhaitant « faire de son mieux ». Bref, un vrai vigneron. Allez rendre visite à cet homme souriant et doté d’un humour feutré.

domaine des Deux Moulins
Daniel MACAULT

20 route de Martigneau
F-49610 JUIGNE-SUR-LOIRE

Tél. 00 33 (0)2 41 54 65 14
Site internet : CLIQUEZ ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ, en présence du vigneron. Merci Daniel pour cette belle tranche de vie.

Anjou blanc sec 2006 – 5.50 €
100 % chenin. Malgré une toute petite pointe oxydative au nez avec des jolis parfums de poire fraîche, l’attaque en bouche est souple, aromatique, fruitée, et finit sur la rondeur. Joli vin de soif.

Anjou blanc sec « Expression de Chenin 2007 – 7.20 €
Issu d’un rendement aux alentours de 45 hectos/hectare sur terroir schisteux. Le vin a été élevé une année en barriques. D’un millésime difficile, le nez est axé sur la pomme mûre, la banane fraîche, la noisette, le tilleul et quelques touches évoquant l’anis. Moins d’ampleur en bouche que le précédent, mais plus de profondeur et d’intensité aromatique.

J'adore musarder et m'égarer dans ces chemins semblant mener nulle part. Ils ont un côté apaisant, car l'impression est qu'on arrivera toujours quelque part.

J’adore musarder et m’égarer dans ces chemins semblant mener nulle part. Ils ont un côté apaisant, car l’impression est qu’on arrivera toujours quelque part.

VDP du Jardin de la France rouge « Epicé tout » 2007 – 4.50 €
100 % grolleau égrappé et vendangé tard, vers le 3 octobre. Le nez est épicé, poivre, myrtille, aussi amusant qu’un joli carignan. Bouche poivrée, joli fruit type framboise, du pur plaisir à servir un peu frais, avec des bons copains. Cette vieille vigne de grolleau du domaine familial a été bien soignée.

Anjou rouge 2007 – 5.50 €
90 % de cabernet franc, le reste en cabernet sauvignon. Au nez, les parfums typiques du franc : framboise, terre, fraise, joli et croquant. La bouche est fruitée, et présente un bel équilibre d’ensemble, avec des notes de fraises juteuses en finale.

Anjou Brissac « le Clos au Chat » 2007 – 7.50 €
Là encore, le variétal domine, avec ces notes de « framboise terreuse » que j’adore, avec en sus des notes de prune bleue ajoutant un « je ne sais quoi » de fraîcheur. Du minéral vient jouer les seconds violons. Très belle structure, beau grain de tanin en finale. Grande digestibilité.

La gamme est élégamment habillée d’une petite étiquette, pour les vins les plus élevés de la gamme. Il existe des étiquettes plus conceptuelles pour les cuvées « épicé tout » et « rosé & tendre ».

Rosé de Loire 2008 – 5.50 €
A dominante grolleau (70 %). Nez de bonbon anglais, grenade. Bouche bien construite, agréable. Jolie longueur pour cette catégorie de vins.

Rosé d’Anjou « Rosé et tendre » 2008 – 4.50 €
100 % grolleau. Un rosé dont l’élaboration est « différente ». En macération pelliculaire totale, avec une utilisation de SO2 modérée, et vendangé tard. Le nez évoque la friandise, la pêche jaune, avec du végétal frais. La bouche est tendre, avec des sucres bien dosés. A aérer avant dégustation.

Coteaux de l’Aubance « les Ruettes » a été dégusté en 4 millésimes : (prix moyen de la bouteille : 7.50 €. Les millésimes antérieurs sont épuisés)

2004 : très beau nez de thé vert, tilleul, citron confit, coing, beau. Bonne bouche fondue, coulante. Finale exotique. A boire.

2005 : superbe nez : zeste d’agrume, meringue chaude, notes de pamplemousse. Bouche bien faite, sur la finesse et la distinction. Bonne amplitude mais se referme en fin de bouche. A revoir, lui laisser un peu de temps.

2008 : citron confit, miel d’acacia au nez. La bouche grasse est longue et large, avec des notes exotiques et de pêche jaune en fin de bouche (mangue, ananas).

2007 : nez aux notes florales, très Aubance (pamplemousse). Belle complexité, bonne bouche vineuse et équilibrée ; superbe dans sa constitution d’ensemble. A acheter sans modération !

Coteaux de l’Aubance « Exception » 2004 – 9.80 €
Tris successifs pour obtenir le maximum de botrytis. Le vin passe ensuite sur barriques. Le nez est grand : pomme tapée, coco, fruits secs, abricot. Bouche bien faite, fine et concentrée. Très belle longueur.

Après la dégustation de ces jolis Aubance, je me dis que Dieu doit exister quelque part, juste au-dessus de ces croupes calmes…

3 Responses to “en Aubance, le domaine des Deux Moulins – Daniel MACAULT : plein de bon sens et de saveurs.”

  • NUYTEN DIDIER

    Mr Macault Bonjour,
    Merci de me conseiller de mettre quels mets avec mon coteaux de l’aubance
    domaine les ruettes 2007
    je vous en serai reconnaissant
    Didier NUYTEN
    06……..

    • Bonjour Didier,

      Tout d’abord je te précise que tu n’es pas sur le site du vigneron, mais sur un blog de passionné des vins passionnants. Je vais néanmoins tenter de répondre à ta question. Ton 2007 prend de l’âge doucement, et se remplit de complexité, ce qui ne facilite pas la tâche. Il prend aussi en finesse, au profit de la vigueur de ses jeunes années. Donc, si tu prévois un repas où un vin rouge très puissant accompagne le repas, je le servirai en entrée sur un foie gras poêlé aux pommes, facile à faire. La saveur naturelle du chenin accompagnera parfaitement ce plat. Tu peux remplacer les pommes par des coings, mais attention à la cuisson, pas toujours facile à bien les cuire. Ou un beau foie gras à la compote de coings, mais on perdrait en rapport acidité-gras. Si tu veux le réserver au dessert, je partirai simplement sur une tarte Tatin servie tiède. Les sucres complexes de ton vin iront très bien avec ceux cuits de la tarte. Je pense que le mariage devrait être détonnant. Attention, pas une Tatin à l’abricot mais aux pommes, pour garder l’harmonie avec le chenin.

      J’espère avoir répondu à ta question, merci de ta fidélité au blog, gourmandes salutations.

      Patrick MACLART.

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