17 mars 2011

dans le Jura, Benoît BADOZ : arrogant, lui ? Mais pas du tout !

by Patrick Maclart

Lorsqu’on rencontre Benoît BADOZ pour la première fois, on a rapidement une bonne sensation, l’impression qu’on passera un bon moment. Et c’est ici le cas. Benoît fait partie des hommes qui ont le vrai sens de l’accueil, et qui aiment à recevoir du monde. Aimer les gens n’est pas l’apanage de tous.

Chaleureux, sincère, drôle, mais avec toujours cette petite partie qui doute, Benoît BADOZ est l’un de ces hommes qu’on est heureux de rencontrer, de connaître.

« Le domaine familial existe depuis bien longtemps, le premier Badoz s’est installé en 1625. Je représente la dixième génération. Pour moi, reprendre, le domaine, ça m’a semblé tout naturel » me déclare Benoît, dans une fierté toute mesurée.  Après un BTS viti-oeno à Beaune, Benoît partira en stage, à Puligny-Montrachet au domaine Carillon, en Australie et en Californie, ainsi qu’un petit saut à Pétrus, à Pomerol.

Aujourd’hui, Benoît est à la tête de 9 hectares, élabore 65.000 bouteilles par an, et dirige aussi la petite structure de négoce créée par son père. Sa première vinification date de 1999. Le domaine a été remembré par son grand-père autour de 2 terroirs bien distincts : les Roussots, au sous-sol calcaire, et les Grands Roussots qui eux recèlent les argiles rouges et bleues caractéristiques des grands terroirs du Jura.

Ces pierres bleues sont typiques du terroir du Jura, qu’on retrouve en quantité sur les Grands Roussots, magnifique terroir, où Benoît Badoz a ses vignes.

Le vignoble est géré en lutte raisonnée, mais le travail est tout aussi intense que précis. Des labours, des traitements adaptés et effectués au bon moment.

Au chai, Benoît respecte la tradition, mais a apporté un style novateur en modernisant les vinifications. C’est je trouve sur le macvin que ce style s’imprime le mieux, avec un moût maintenu à froid afin d’en exhaler les plus beaux parfums. C’est le meilleur macvin que j’aie dégusté à ce jour.

Le vignoble de Benoît est conduit en lutte raisonnée, avec de l’henherbement.

Le résultat ? Une gamme séduisante, fruitée, qui donne envie d’en boire par plaisir, et de partager le bonheur des vins du Jura.

Allez à la rencontre de ce jeune vigneron empathique, qui pense que démontrer l’existence d’un grand terroir et d’une belle facture dans le Jura peut être considéré comme arrogance. Nenni : c’est un défi lancé, par goût du challenge, et aussi par une envie indéniable de reconnaissance. Il cassera tous les préjugés que vous pouvez éventuellement avoir sur les vins du Jura. De plus, la région à l’entour est tout bonnement superbe.

Benoît BADOZ

3  avenue de la Gare
F-39800  POLIGNY

tél. +33 (0)3 84 37 11 85
site internet : CLIQUEZ ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ en présence de Benoît. Excellent moment passé ensemble, avec de bien jolis vins que je vous relate ci-après. Les prix mentionnés sont ceux qui ont été constatés lors de la dégustation.

côtes du Jura « chardonnay » 2008 – 5.60 €
Nez frais, vif, net : pomme, joli. Bouche démarrant sur une jolie trame acide, et fraîche. Finale fruitée et gaie.

côtes du Jura chardonnay « les Roussots » 2007 – 6.50 €
Vieilli en fûts de plusieurs vins durant 18 mois. Nez de pomme golden, ananas. Bouche ronde, certain gras. Milieu de bouche qui doit un peu se fixer. Belle finale, rétro sur le fruit.

côtes du Jura « Arrogance » 2007 – 10.90 €
100 % chardonnay, fermentations en fûts avec contrôle des températures. Elevage 18 mois en fûts dont 50 % de fûts neufs. Nez sur le cépage, épices douces, miel. Bouche ronde, tonique, belle acidité sur des notes fumées dues probablement à l’élevage. Belle amplitude. Finale elle aussi tonique, sur de beaux amers.

Une cuvée 100 % chardonnay élevée en fûts dont une partie en neuf. Elle peut bretter avec quelques cuvées de côte d’Or. Arrogance ? Non, plutôt « défi ».

côtes du Jura « Arrogance » 2008 – idem
Nez intense, herbes fraîches, floral, pomme jaune. Bouche harmonieuse, bel équilibre entre acidité et gras. Finale marquée et bousculée à ce stade, mais c’est très prometteur.

côtes du Jura « Victoria » 2007 – 9.10 €
100 % savagnin, élevé en cuve inox et aux malos menées. Elevage 12 mois. Nez intense, fruits secs, fraîcheur, herbe fraîche. Bouche assez carrée, mais qui part sur une tension comme il faut. Bonne finale.

côtes du Jura « Victoria » 2008
Lors de la dégustation, la mise était récente. Nez de pomme au four, fraîcheur. Bouche très bien faite, riche, concentrée. Un léger creux en fond de bouche trahit une mise toute récente, mais pas d’inquiétude à avoir. Tout se mettra en place.

on l’oublie trop souvent : le vignoble du Jura est magnifique.

chardonnay-savagnin « les Roussots » 2005 – 8.50 €
Nez très bien fait de noix, notes citronnées, fraîcheur. Bouche fine et fraîche, naturellement marquée par le savagnin. Finale ronde et plaisante, sur des notes grillées.

côtes du Jura rosé Gustave Courbet » 2008 – 6.50 €
Issu de pressurage direct. Nez de petites fraises des bois, bouche très fraîche, beau végétal, avec les notes cendrées du pinot en rosé. Souple et beau, j’aime bien.

fruité, souriant, complet, Dieu qu’il existe bien des alternatives aux rosés de Provence.

côtes du Jura « Vermeil » 2007 – 8.90 €
100 % trousseau. Nez poivré, fruits rouges. Bouche sur le végétal frais, la baie de poivre, la framboise. Bouche guillerette.

côtes du Jura « Vermeil » 2008 – 8.90 €
Poivre, caramel au beurre salé au nez. Bouche bousculée par une mise récente lors de la dégustation. A revoir mais prometteur.

côtes du Jura rouge « Dédicace » 2007 – 10.90 €
100 % pinot noir, dont 1/3 de fût neuf. Très beau nez profond, très pinot, groseilles, myrtilles. Bouche bien construite, autour de tanins encore marqués, qui doivent se fondre. A revoir, juste pour le centrage des tanins.

Vin Jaune 2003 – 23 €
Nez fumé, comme tourbé, noix fraîche. Bouche ronde, très fruitée. De beaux amers encadrent le vin. Très belle longueur. Le terroir allié à un élevage précis parlent.

2003 a aussi été particulier sur les vins jaunes, apportant beaucoup de rondeur et d’intensité.

Vin de Paille 2005 – 17.90 €
Constitué de chardonnay, savagnin et poulsard. Nez intense de pâte de coing, pêche de vigne, citron confit, multidimensionnel. Bouche équilibrée, sur la finesse, mais aux arômes amples et intenses. Finale fraîche, sur une petite acidité apportant fraîcheur à l’ensemble.

Macvin du Jura – 10 €
Nez de plaisir incroyable : raisin sec, bergamote, notes fraîches, évoquant l’agrume, la mandarine. Bouche axée sur le fruit, le raisin est plus marqué. Frais, amusant, complexe, original. Il faut préciser que dans l’élaboration, tous les mois, le marc et le moût sont remis en suspension tous les mois.

du plaisir, de la fraîcheur, une netteté des arômes de fruits… Des macvins comme ça, on en redemande !

6 Responses to “dans le Jura, Benoît BADOZ : arrogant, lui ? Mais pas du tout !”

  • BADOZ Bernard

    Je suis son Père et je découvre ce reportage. Le bougre il ne m’en avait pas parlé .
    Le jour de mes 60 ans, et sans attendre je lui ai transmis l’exploitation, je lui ai fait confiance et ne le regrette pas . Il faut faire confiance à la jeunesse.

    Ses nouvelles cuvées font un tabac, et si aux yeux de certains puristes ça choque parce qu’on n’est plus dans l’identité du Jura , en revanche ceux qui avaient des doutes sur la qualité des vins du Jura ont changé d’avis et c’est rassurant et prometteur pour l’avenir.

    • Monsieur BADOZ,

      Je suis honoré de votre réponse. Je me demande juste qui vous a mis au parfum de la mise de l’article en ligne… Et si c’est vous qui l’avez trouvé, chapeau.
      C’est justement ça qui est extra, c’est vous voir sur le net, alors que certains qui ont mon âge sont réfractaires à ce mode de communication. Et c’est ça que vous avez légué à Benoît : la vision.
      Les vins de Benoît sont certes modernes pour certains, mais je trouve que le savagnin goûte le savagnin, et ainsi de suite. Son macvin est une tuerie. Et même si certains esprits chafouins disent ou pensent le contraire, on pourra répondre cet adage « Bien faire et laisser dire »…
      Merci de votre lecture. Gourmandes salutations.

      Patrick MACLART.

  • lily

    excellent comme présentation

  • Philippe

    Excellent comme d’habitude, Patrick. Surtout merci d’afficher les prix (je suppose « du00e9part cave »); information qui nous manque trop souvent dans tes reportages. Rassurant pour ceux qui, comme nous, aiment le « bon, beaucoup et pas cher »!

    • merci Philippe,

      c’est demandé à chaque fois au vigneron, mais ceux-ci ont aussi un peu peur de gêner leur commerce, leurs cavistes, leurs restaurants…
      Donc ils ne préfèrent pas. Benoît n’a rien à cacher… Pas arrogant disai-je !
      Merci de ta fidélité mon Philippe.

      Gourmandes salutations.
      Patrick MACLART.

    • Patrick MACLART

      merci Philippe,nncu2019est demandu00e9 u00e0 chaque fois au vigneron, mais ceux-ci ont aussi un peu peur de gu00eaner leur commerce, leurs cavistes, leurs restaurantsu2026nDonc ils ne pru00e9fu00e8rent pas. Benou00eet nu2019a rien u00e0 cacheru2026 Pas arrogant disai-je !nMerci de ta fidu00e9litu00e9 mon Philippe.nnGourmandes salutations.nPatrick MACLART.nn

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*