14 septembre 2016

à Bandol, chez Jean-Pierre PIERACCI : ça roule pour lui !

by Patrick Maclart

Jean-Pierre PIERACCI, 37 ans, est vigneron selon lui depuis 2007. Il a créé le domaine ex nihilo… « j’étais au lycée et je ne branlais rien (sic), je ne voulais pas être dans un moule et je voulais apprendre. J’avais repiqué ma 2ème, je suis rentré chez moi, j’ai dit à mon père que l’école ne m’intéressait pas. Il m’a alors demandé ce que je voulais faire, j’ai dit « vigneron ». Et je suis parti au lycée viticole ». Comme quoi les destins…

Jean-Pierre PIERACCI, un modèle de sourire, de vie à vivre, et d'adaptations face aux épreuves. Un copain ? Voire plus.

Jean-Pierre PIERACCI, un modèle de sourire, de vie à vivre, et d’adaptations face aux épreuves. Un copain ? Voire plus.

Il intègre le lycée viticole d’Orange, avec des gens qui avaient déjà du bagage pour la plupart. Et puis il y a les silencieux, ceux dont les parents ne peuvent assumer seuls leur domaine, et ces jeunes qui le weekend rentrent bosser au domaine, des jeunes qui font du 7 sur 7… « à Orange, je me suis fait plein de copains, et pour la vie » me dit Jean-Pierre dont on sent l’émotion dans tout ce qu’il fait. BTS viti-oeno obtenu haut la main, notre vigneron peut s’installer. 8 hectares achetés d’un coup, il devient coopérateur et s’endette pour 25 ans; « pendant un an, je n’ai même pas pu m’acheter un  jean. Mais quand j’ai posé mon premier chèque à la banque, j’ai compris que j’étais dans le bon ». Un simple parcours de vigneron somme toute, que bien d’autres ont vécu eux aussi, et qui tout comme Jean-Pierre n’ont jamais droit aux feux de la rampe.

En 2006, Jean-Pierre est victime d’un accident de moto et perd l’usage de ses jambes; « ça a changé bien des choses. La cave de la Cadérienne m’a permis de sortir de la coopération, et j’ai commencé à faire mon propre vin, il en allait de la survie de mon exploitation ». Il faut aussi être pragmatique. En ayant été prestataire agricole de 80 hectares avec son père, Jean-Pierre a appris plein de choses, il construit une cave et son idée du vin. Son expérience lui a fait remarquer que quand le raisin est beau, le vin est beau. Donc le travail se fera à la vigne… « Quand la première benne est arrivée, j’ai dû m’adapter. Et le résultat s’est vite installé » me dit notre vigneron avec vérité. Et il continue encore, avec aux manettes un vigneron que d’aucuns diront diminué, mais qui a réussi à s’élever au-dessus de ça.

A la vigne, le travail est bio labellisé depuis 2008. Forcément plus d’intrant, un travail de la vigne parfait, pas d’autre mot. Travail du sol, si ce n’est pas beau, ça ne peut pas être bon… « et s’il y a de la maladie dans ta vigne, c’est que tu ne t’es pas levé le matin » ajoute JP.

Tout beau, tout bio le vignoble ! Des vignes plus basses, et d'autres comme celles-ci, en altitude, isolées au milieu de la garrigue, et donnant le meilleur d'elles-mêmes.

Tout beau, tout bio le vignoble ! Des vignes plus basses, et d’autres comme celles-ci, en altitude, isolées au milieu de la garrigue, et donnant le meilleur d’elles-mêmes.

Au chai, les vendanges sont manuelles pour les Bandol, mécaniques pour les côtes-de-Provence. Les rouges sont totalement éraflés. Prémacération à froid pour les côtes-de-Provence, les fermentations alcooliques se font en cuves inox et émail. Entonnage une fois les sucres finis, les élevages dureront 6 mois en barriques de plusieurs vins pour les Provence, 18 mois pour le Bandol.

Pour les blancs, pressurage pneumatique d’une heure et demi, levurage, pas d’enzymage. Malos bloquées, élevage 5 mois en cuves sur lies fines. Le rosé quant à lui est issu de pressurage direct, avec les raisins passés dans une chambre à froid durant 48 heures; « on a des raisins croquants et on évite le triturage, je suis gagnant » ajoute Jean-Pierre. Foulage, pressurage une heure et demi. Malos bloquées, élevage 5 mois en cuves inox ou résine.

au chai, rien de particulier, si ce n'est que de beaux fûts de chêne dont peu de neufs. Jean-Pierre n'aime pas le goût putassier vanillé du bois, et préfère utiliser ce contenant pour la micro-oxygénation qu'il apporte.

au chai, rien de particulier, si ce n’est que de beaux fûts de chêne dont peu de neufs. Jean-Pierre n’aime pas le goût putassier vanillé du bois, et préfère utiliser ce contenant pour la micro-oxygénation qu’il apporte.

Aujourd’hui, le domaine s’étend sur 25 hectares qui produisent 35.000 bouteilles par an; une partie est toujours livrée à la coopérative. L’export est quasi inexistant, car la consommation est à 95 % locale.

Alors que nous rentrions de la visite des vignes, nous passons en voiture devant un beau domaine dont la rumeur confirme qu’il est à vendre. Demandant à Jean-Pierre s’il s’en portait acquéreur, il me répond « ça ne m’intéresse pas, tout est fait ici, il n’y a plus rien à faire, à créer. ». Il n’y a pas de plus belle paraphrase à cet article. Tout le portrait de notre vigneron est fait ici.

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domaine PIERACCI
Jean-Pierre PIERACCI

975 chemin du Sauvet
F-83270 Saint-Cyr-sur-Mer

tél. +33 4 94 26 10 42
site internet : CLIQUEZ ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci mon JPP pour ces moments de vive émotion vécues chaque moment avec toi. Pour voir la vidéo réalisée avec Jean-Pierre, CLIQUEZ ICI.

GAMME 1

côtes-de-Provence rosé 2013
nez fin, élégant, bel équilibre d’ensemble, sur le végétal frais, notes florales. La bouche dispose d’un joli fond, une belle expression d’ensemble. Finale équilibrée et harmonieuse.

côtes-de-Provence rouge 2012
95 % syrah, le solde en grenache. Joli nez friand, fruit de buisson, sauge, très expressif. La bouche est fine, coulante, fruitée, de beaux amers là où il faut. Bonne longueur.

Bandol rosé 2013 « cuvée Spéciale »
issu de 80 % de vieux mourvèdres de sélection massale, le solde en grenache. Très beau nez, floral, herbe fraîche, intense, complexe. La bouche est intense, personnelle, très végétal, foin, du caractère.

un rosé intense, juteux, profond, racé, un Bandol quoi !

un rosé intense, juteux, profond, racé, un Bandol quoi !

Bandol rouge 2008
nez intense de fruits rouges et noirs, prune, épices, très présent, herbes aromatiques. La bouche est riche, intense, ça reste fin mais sans concession sur son origine. Très long, juteux et intense.

Jean-Pierre est un gourmand de la vie. Ce trait de caractère apparaît dans ses vins, avec certes de l'ampleur, mais aussi du racinaire, du profond, et une puissance typique du finage de Bandol. C'est beau et grand. Achetez !

Jean-Pierre est un gourmand de la vie. Ce trait de caractère apparaît dans ses vins, avec certes de l’ampleur, mais aussi du racinaire, du profond, et une puissance typique du finage de Bandol. C’est beau et grand. Achetez !

4 Responses to “à Bandol, chez Jean-Pierre PIERACCI : ça roule pour lui !”

  • Donadio annie

    Bravo JP, ca fait plaisir ce reportage. Tu vis de ta passion, yapasmieux !

    • Salut Annie,

      Merci de ton commentaire sur le blog. En effet, JP vit de sa passion. En ce qui me concerne, elle me coûte ! Mais j’adore tellement partager avec vous les vignerons auxquels je crois dur comme fer. Alors on va faire un deal : passionnée et enthousiaste comme vous êtes, buvez du Pieracci avec toute la joie que contiennent ses bouteilles, et faites donc tourner mon blog pour crier à tout le monde qu’il y a quand même des gens qui parlent d’autres vignerons à Bandol que les sempiternelles stars qu’on a marre de voir sur toutes les revues.

      Merci de ton commentaire et de ta fidélité au blog.
      Gourmandes salutations.

      Patrick.

  • Laurent

    Salut Patrick, merci encore pour ce partage. J’avoue ne pas être un habitué de l’appellation, mais cela donne envie. Je suis très curieux d’une dégustation à l’aveugle de sa cuvée spéciale face au rouge du Chateau Pibarstarlettechouette (pas de pub hein). Mêmes tarifs, mêmes assemblages = mêmes plaisirs ? En tout cas je te suis, donnons leurs lettres de noblesses à ceux qui se lèvent tôt pour leurs vignes (et pour Pierraci, pas un vain mot) et qui nous offrent de la diversité ô combien appréciable quand les stars nous ennuient (en chansons comme en vins). A te suivre, Laurent PS: et ce voyage en Italie ?

    • Salut mon Lolo,

      Pour Bandol, comparer c’est une manière d’affiner son goût. Face à Pibarschtroumpf, le choc serait là. Styles très différents, hyper-traditionnel pour l’un, plus moderne pour l’autre. Et pour moi Pibarschtroumpf ne se la pète pas, contrairement à d’autres dans l’AOC, mais j’ai aucune mémoire des noms, et on n’a jamais vendu de lait aux Boches.

      JP, c’est un pote qui fait des vins de qualité, qui a choisi le bio, et qui malgré la perte de l’usage de ses jambes, grimpe sur le tracteur et va livrer ses clients. Tout ça il ne le dit pas, mais c’est une leçon de courage et d’humilité pour nous tous. En plus, il sourit plus que toi et moi réunis. Une vraie leçon de vie. Et le mec tout en réserve face à la caméra, ça me touche.

      Pour le voyage en Italie, de retour de Sardaigne avec un petit reportage en poche, et un voyage prévu probablement à la sortie de l’hiver en Marche, pour soutenir nos amis transalpins vignerons victimes des tremblements de terre.

      Pour le reste, manque un peu de temps pour me consacrer pleinement au blog, hélas.
      Amitiés gourmandes.

      PAT

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