22 février 2018

Bourgogne Wineblog déguste les vins blancs de Ligurie !

by Patrick Maclart

Il est bien une chose que je dois reconnaître : cet article a été l’un des plus difficiles qu’il m’ait été donnés de rédiger. La raison ? L’individualisme et la très forte identité des vins de la région Ligurie fait que chaque région a elle-même une, voire des sous-régions, avec des règles qui lui sont propres. Un peu comme la Bourgogne, ce n’est pas compliqué, c’est juste complexe. Et je me suis mis ainsi dans la peau d’un journaliste se devant d’écrire son premier article sur cette dernière région. D’où souvent des faits communs plan-plan qui se répètent, car le travail pour certains s’apparente à du copié-collé.

LA LIGURIE EN QUELQUES MOTS

La nature des vins de Ligurie est bigarrée, mais il faut reconnaître que cette région gagne en crédibilité, de par la qualité des vins produits et SURTOUT de l’identité qu’ils donnent, point faible qui est aussi son point fort. Pour preuve, le nombre de domaine augmente dans cette toute petite région, mais pas de manière régulière. Là encore on est dans la complexité.

La Ligurie est une petite région viticole, la 18ème en superficie. Sa capitale est Gênes, avec Imperia, La Spezia et Savona comme autres provinces. Elle se situe à la frontière française, prolongeant la côte d’Azur au-delà de Nice. Les traces de son histoire viticole sont assez récentes. Pline l’Ancien mentionne les vins de cette région au début de notre ère, et c’est vers le XIème ou XIIème siècle que l’homme va commencer à façonner le vignoble en construisant les premières terrasses de pierre sèche. Les vins étaient étonnamment appréciés à la papauté d’Avignon. Le développement se fera surtout avec l’arrivée du chemin de fer fin du XIXème siècle, car jusqu’alors, les vins voyageaient par voie maritime, notamment par les petits ports de pêche.

C’est une région très difficile à travailler la vigne. Tout d’abord l’altitude (350 hectares se situent au-delà des 500 mètres !), des pentes vertigineuses (près de la moitié de la totalité du vignoble est plantée sur des pentes dépassant les 30 % !). Le travail y est tellement ardu que les vignerons se déplacent d’une vigne à l’autre soit en s’accrochant aux murets qu’il faut constamment entretenir ou reconstruire (il y a 7.000 kilomètres de pierres, soit plus que la muraille de Chine !), par des échelles fixées d’une vigne à l’autre, ou en empruntant une espèce de monorail sur lequel est fixé un petit tracteur; il y en a 25 environ. Enfin, la petitesse des propriétés. Certaines ne dépassent pas un hectare ( !), 20 % ont une superficie de 1 à 3 hectares. Seuls 7 % disposent d’une superficie supérieure. Une chatte aurait peine à y retrouver ses petits ! On se demande par ailleurs comment les vignerons liguriens font pour avoir des prix de vente si raisonnables.

Par contre, on est probablement sur l’un des plus beaux vignobles du monde ! Face à la mer, le dos dans des montagnes raides et bien pentues,  les vins en plus en valent vraiment le coup ! Le plus emblématique est celui de Cinque Terre, au sud de la région, près de la Toscane, où les villages accrochés aux flancs des falaises rendent cet endroit magnifique au point qu’il fut classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1997.

Pour le terroir, les informations sont très difficiles à se procurer. Comme à son habitude, les Italiens tiennent peu compte de ces infos, contrairement aux Français. En gros, il s’agit d’un sol gréseux dans lequel viennent s’intercaler des strates d’argiles et de carbonates de la période du crétacé et de l’éocène.

Le vignoble s’étend sur 5.500 hectares dont seulement 750 peuvent revendiquer la DOC (2ème niveau d’appellation en Italie). La production annuelle est d’environ 160.000 hectolitres, dont 80 % de blancs. On comprendra mieux le sens de cet article. Les sous-régions et DOC sont détaillées ci-dessous. La Ligurie dispose de près d’une centaine de cépages plantés dont certains très anciens, mais seuls quelques-uns sont autorisés en DOC.

MON RESSENTI

Des vins que j’aime. Certains arrivent à capter les saveurs, les airs, les vents de la mer. Etonnant, ils me font penser aux vins corses. Les prix sont étonnamment doux, au vu du travail à exécuter par ces funambules de la viticulture. Hélas, vu la petitesse de la production, on les trouve très difficilement sur le marché.

CONDITIONS DE LA DEGUSTATION

La lumière et la température des vins étaient parfaites. Le sommelier présent était précis, pas bavard, en tout cas pas saoûlant par des propos excessifs, répondant juste aux questions. Je profite de la présente pour ne pas remercier l’interprofession des vins de Ligurie ni l’office de tourisme de cette superbe région. Aucun organisme n’a troué bon de répondre à mes demandes de précisions ou d’informations, ni de demandes d’images d’illustration. Le système D a dû fonctionner. Carton rouge pour ces institutions bien trop payées pour la médiocrité de leur travail. L’ordre de retranscription des notes est l’ordre de la dégustation.

une envie de communiquer, certes, plein d’enthousiasme, mais un petit manque de savoir-faire, notamment sur les dotations d’images. Et différents mails n’ont hélas servi à rien.

ATTENTION : n’oublions jamais qu’une dégustation est un instantané du vin à un moment déterminé. Jamais une note ne doit être considérée comme un jugement définitif mais plutôt comme une impression qui tente à projeter le vin dans un futur.

une bien belle gamme de vins convaincante et identitaire. Des dégustations comme ça, c’est de la joie et de la découverte.

RIVIERA LIGURE DI PONENTE

Le plus vaste territoire de la région, s’étendant quasiment après la frontière française, sur les provinces d’Imperia, Savona, jusqu’aux portes de Gênes. Il existe 3 sous-appellations : Riviera dei Fiori, Finalese et Albenganese UNIQUEMENT pour les « types » pigato, rossese et vermentino.

une des rares images de cette région où on ne voit pas la mer…

La mention « Moscato » doit être à 100 % de ce cépage, que ce soit en vin tranquille, mousseux, vendanges tardives et passerillé. Ces deux derniers types nécessitent au moins 12 mois d’affinage, éventuellement en fûts. Il existe une sous-appellation de ce cépage : Taggia Moscatello. La mention « Pigato » nécessite au moins 95 % de ce cépage dans l’assemblage, que ce soit en vin sec, « qualité supérieure » (13° minimum d’alcool) et vin passerillé, avec 12 mois d’affinage, éventuellement en fûts. La mention « Vermentino » doit comprendre au moins 95 % de ce cépage. Il existe en vin sec, « qualité supérieure » (minimum 13° d’alcool), et en vin passerillé, avec 12 mois d’élevage minimum, éventuellement en fûts.

**** az. SPECCHIO DI VITAE vermentino « san Sciaratto » 2012
nez élégant, floral, fruit blanc, jolie présence. La bouche a du caractère, mais ça reste élégant, harmonieux, de magnifiques amers, jolies notes salines. Très belle longueur.

le vermentino fait partie de mes cépages préférés. Il est capable de restituer son environnement, surtout s’il est marin. Ici c’est le cas, et j’adore les amers de ce cépage. Là, une belle et bien grande bouteille, à prix très doux.

** Giovanni ARDISSONE vermentino « Cian di Previ » 2012
nez un peu bousculé, trognon de poire, impression amère mal imbriquée. La bouche est elle aussi marquée par cette sensation, peu de charme. C’est certes long mais les amers ne sont pas charmants.

**** az. FONTANACOTA vermentino 2012
très beau nez frais, floral, petites notes iodées, élégant. La bouche est clairement marine, tendue, une belle présence, c’est long. Belle intensité.

un vermentino doté d’une belle tension et d’une élégance hors pair, j’adore !

***(*) ?? Laura ASCHERO vermentino 2012
nez fermé, un peu décentré, fruit jaune et blanc, pas sous son meilleur jour. La bouche elle aussi n’est pas souriante. Il y a de très beaux éléments dans cet ensemble, dont de superbes amers et une grande longueur. Mais il se peut que le vin ait besoin de temps pour se centrer. Note (très) réservée.

***(*) az. POGGIO dei GORLERI vermentino « Vignabori » 2012
joli fruit au nez, poire juteuse, c’est gourmande. La bouche confirme, ronde, souple, agréable, avec des petites amers qu’il faut et indispensables avec ce cépage. Bonne longueur.

** az. ANFOSSI pigato 2012
nez moyen, fruits secs, pointe fruitée, impression de sueur. La bouche est plus convaincante, heureusement, mais pas de grosse longueur.

*** Laura ASCHERO pigato 2012
nez complexe, raisin blanc, noisette fraîche, végétal. La bouche est présente, fraiche, les amers sont présents, impression végétale fraîche. Long.

même si les étiquettes sont découvertes, je déguste dans des conditions « à l’aveugle », comme d’habitude. En dégustation, je n’ai ni ami ni ennemi.

***(*) coop. INGAUNI pigato superiore « Antigu » 2012
nez délicat, étonnant, bien fait, joli fruit. La bouche est bien faite, équilibrée, avec beaucoup de fraîcheur. Bonne longueur harmonieuse.

*** POGGIO dei GORLERI pigato « Cygnus » 2012
nez frais, végétal, fond olfactif de poire, herbes aromatiques. La bouche est correcte, sans vice ni vertu, longueur acceptable.

**** az. VIS AMORIS pigato « Domé » 2012
nez discret, pointe végétale, ortie, buis, bien fait. La bouche est intense, bien faite, avec une très belle expression. C’est long avec de superbes amers.

j’adore quand de beaux amers qu’on pourrait qualifier de « mûrs » encadrent un vin. C’est ici le cas. Belle bouteille salivante.

*** coop. INGAUNI pigato 2012
nez mûr, prune jaune, pointe de miel d’acacia, gourmand. La bouche est consensuelle, confortable. Mais la finale est un peu plus ambitieuse, sur des notes zestées inattendues. Bonne longueur.

** az. DURIN pigato « Braie » 2012
nez décentré, pointe d’acétate, vernis. La bouche est aromatique, mais je suis gêné par des arômes « encaustiques » sans pour autant qu’il n’y ait du gras. Long.

**(*) az. VIS AMORIS pigato « Sogno » 2011
nez végétal, impression résinée, fond salin. La bouche est certes intense et bien présente, mais le boisé apporte au vin une impression résinée malvenue. C’est long et irréprochable, sauf en arômes.

VAL POLCEVERA

Tout au long du torrent Polcevera et de ses affluents, dans la province de Gênes. Il existe une sous-appellation : Coronata.

Cépages autorisés : vermentino et/ou bianchetta genovese et/ou albarola, qu’ils soient spumante, pétillants, tranquilles ou passerillés. La mention « Bianchetta Genovese » doit comprendre 85 % minimum de ce cépage, existe en tranquille et pétillant. La mention  « Vermentino » doit comprendre 85 % minimum de ce cépage, existe en tranquille et pétillant.

*** enoteca BRUZZONE « Coronata » 2012
assemblage vermentino-bianchetta genovese-alberola. Nez discret, fruit blanc type poire. La bouche est fine, amers bien présents, petites notes « iodées » évoquant la mer. Longueur convenable.

GOLFO DEL TIGULLIO PORTOFINO ou PORTOFINO

L’appellation couvre tout le territoire des 35 communes de la province de Gênes, sur les collines entourant cette ville. Il existe une sous-appellation : Costa dei Fieschi.

source : www.avvinare.com

Cépages autorisés : vermentino et/ou bianchetta genovese (minimum 60 %), qu’ils soient tranquilles, pétillants, passerillés ou vins nouveaux. La mention « Bianchetta Genovese » doit contenir 85 % minimum de ce cépage, que ce soit en tranquille ou pétillant. La mention « Vermentino » doit comprendre minimum 85 % de ce cépage, que ce soit en tranquille ou pétillant. La mention « Moscato » doit être en cépage pur, que ce soit en tranquille ou pétillant. La mention « scimiscià » doit comprendre 85 % minimum de ce cépage, uniquement en vin sec.

*** cantine LEVANTE vermentino 2012
nez discret, petite pointe de fruit blanc, notes salines. Belle bouche fine, florale, belles longueur et fraîcheur.

COLLINE DI LEVANTO

Toute petite appellation au nord des très réputées Cinque Terre. Sur les communes de Levanto, Bonassola, Framura et Deiva Marina.

A partir des cépages vermentino (minimum 40 %), albarola (minimum 20%) et Bosco (minimum 5 %). La mention « Vermentino » doit comprendre au moins 85 % de ce cépage.

***(*) coop. VALLATA di LEVANTO vermentino 2012
beau nez intense, un peu réservé dans son expression mais présent dans son intensité. La bouche est bien faite, équilibrée, un petit creux en milieu de bouche, mais c’est light. Ça se reprend sur une longueur de bon aloi, et une très belle intensité en finale.

CINQUE TERRE & CINQUE TERRE SCIACCHETRA

Ce coin de paradis pour touristes fortunés lors des hautes saisons produit aussi des vins de belle expression, sur les collines de la province de la Spezia, et plus particulièrement sur les territoires de Riomaggiore, Vernazza, Monterosso ; mais aussi à Tramonti di Biassa et Tramonti di Campiglia.

probablement l’un des vignobles les plus impressionnants du monde.

Bosco au minimum 40 %, vermentino et/ou albarola (maximum 40 %). Il existe des sou-appellations : Costa de Sera, Costa de Campo et Costa de Posa. Pour obtenir la mention « Sciacchetrà », il faut un an d’élevage. Pour cette dernière mention, on peut trouver des vins passerillés et « vins de réserve ».

*** az. La POLENZA « Tuasso » 2013
assemblage vermentino-bosco-albarola. Nez très parfumé, floral, amande fraiche, notes zestées, amusant et expressif. La bouche est ronde, aromatique, gourmande et amusante, avec un côté « friandise » marqué. Bonne longueur. A découvrir.

***(*) TERENZUOLA « Terenzuola » 2012
assemblage bosco-vermentino-albarola. Nez sérieux, zesté, noisette, un peu réservé mais bien fait. La bouche est de bonne facture, sérieuse, tendue, belle minéralité, notes salines. C’est assez long. Belle rétro.

***(*) az. ALBANA la TORRE Cinque Terre 2012
robe jaune citron. Nez étonnant de citron jaune, surprenant. La bouche est intense, riche, citronnée, très « peau de citron », avec ça et là quelques notes de fruits secs. Bonne longueur. Vraiment étonnant.

mon duo gagnant de vins passerillés des Cinque Terre, avec une préférence pour l’étiquette jaune, plus complet, plus intense.

**** az. La POLENZA « Sciacchetra » 2009
vin passerillé. Robe ambrée. Nez miellé, encaustique, abricot sec, très joli. La bouche est bien faite, bel équilibre entre moelle et fruits secs, raisins de Corinthe. C’est long, sur des notes de de zeste séché. Tout ça sur une jolie trame acide. Beau vin.

*** az. ALBANA la TORRE « Sciacchetra » 2008
vin passerillé. Robe vieil or. Nez de caramel frais, beurre de cacahuète, complexe. La bouche est ronde, grasse, spectaculaire. C’est long et étonnant.

COLLI DI LUNI

Cette région a la particularité d’être à cheval sur deux provinces administratives, avec la Toscane. Dans la région de la Spezia et la province adjacente de Massa-Carrara.

malgré l’apparence, la mer n’est jamais loin. Et ici les montagnes non plus.

Vermentino minimum 35 %, trebbiano toscano (entre 25 et 40 %). La mention « Vermentino » doit comprendre au moins 90 % de ce cépage. Il existe une mention « Vin Supérieur ». La mention « Albarola » doit comprendre au moins 85 % de ce cépage.

*** az. Il MONTICELLO vermentino « Groppolo » 2013
nez fruité, simple mais sympa, un peu exotique, aromatique. La bouche est dans le même esprit, avec beaucoup de fraîcheur. Bonne longueur.

*** az. Ottaviano LAMBRUSCHI vermentino 2013
robe très claire. Nez un peu réservé, poire, impression tellurique. La bouche est bien faite, sans vice ni vertu, mais avec beaucoup de fraîcheur. Simple mais bien.

ce cépage est pour moi la superstar de la région, tout comme en Corse, en Sardaigne ou en Provence. Il a la propension à donner les saveurs du climat qui l’entoure. On ne s’étonnera donc pas des notes iodées ou salines retrouvées dans bien des vins.

***(*) TERENZUOLA vermentino « Vigne Basse » 2013
très beau nez frais, végétal, pomme fraîche, fond de nez sur le buis, très joli. La bouche est fraîche, tendue, un léger creux en milieu de bouche mais ça remonte sur la finale ; elle-même longue. L’ensemble évoluera positivement.

****(*) TERENZUOLA vermentino « Fosso di Corsano » 2012
très beau nez intense, expressif et profond, fruit mûr, notes salines marquées. Très belle bouche sapide, longue, de superbes amers qui encadrent bien le vin. Ca punche avec élégance et ça finit long. Beau rapport qualité-prix.

un vin sapide, complet, qui en met bien la bouche pour pas cher, je ne dirai qu’une chose : j’achète !

***(*) az. Il TORCHIO la VALLE vermentino 2012
nez mûr, poire au sirop, joli et croquant. La bouche est complexe et bien présente, de belles notes végétales et salines en milieu de bouche, accompagnées d’un petit perlant. Ça finit long et intense, sur des petites notes évoquant la cacahuète.

*** az. La BAIA del SOLE vermentino « Oro d’Isée » 2012
nez concentré, présent, l’expression est toutefois réservée. La bouche est par contre consensuelle, ronde, facile et finit confortable. Sans vice ni vertu.

***(*) az. La BAIA del SOLE vermentino « Sarticola » 2012
sélection parcellaire. Nez réservé dans son expression, mais il y a du vin. La bouche est consensuelle aussi, mais avec plus de caractère, qui conduit la finale vers des arômes étonnants de noisette, du jus de la poire et des notes salines. Belle longueur.

*** az. GIACOMELLI vermentino « Boboli » 2011
nez réservé, certaine profondeur, notes salines. La bouche présente un beau profil entre fruité (carambole, nashi) et une impression  marine. Ça finit frais.

**(*) az. Riccardo ARRIGONI vermentino « Vigna del Prefetto » 2012
nez particulier, fruits secs, genêt. La bouche est retenue et hésitante, je me demande s’il est bon d’élever le vermentino sous bois aussi marqué. Long malgré tout.

***(*) cantine LUNAE BOSONI vermentino « Cavagino » 2012
nez étonnant de bergamote, citron confit, un sacré exercice ! La bouche va vers la rose, le citron confit, c’est ample et long. Un exercice de style que certains apprécieront. Très long.

**** cantine LUNAE BOSONI vermentino « Numero Chiuso » 2009
2 ans d’élevage en barriques, 2 ans en bouteille. Encore une fois un style particulier, bergamote, thé Earl Grey, floral. La bouche est bien faite, corsée, ample, longue, le boisé ne marque pas et les amers sont conservés sans être amplifiés. Long. Bel exercice, belle maîtrise. Donner un tel profil à un vermentino élevé en barriques relève d’un travail profondément réfléchi.

deux bouteilles exceptionnelles, avec une petite préférence pour « Lunae ». Dès que je serai dans le coin, reportage in situ, ça va de soi…

**** cantine LUNAE BOSONI albarola 2013
nez étonnant, végétal, ortie, pointe de buis. La bouche est ronde, aromatique, axée sur le végétal. C’est long et intense.

HORS D.O.C.

** az. PUNTA CRENA Colline Savonesi « Vigneto reine » Mataossu 2012
nez réservé, coing, impression médicamenteuse. La bouche est sans grande présence, et courte.

10 Responses to “Bourgogne Wineblog déguste les vins blancs de Ligurie !”

  • Berghmans

    Bel article sur cette région d’Italie. Comme toujours l’article est fouillé et donne envie de decouvr L’est vins et la région.

    Merci

    Amitiés

    Marie

    • Chère Marie,

      Comme tu le sais, lorsque je vais à la découverte d’une région, je creuse. Et en plus il me faut des échantillons pour comprendre et jauger celle-ci. Une magnifique rencontre. Dommage que l’interprofession n’ait vraiment pas joué le jeu. Aucune réponse à mes sollicitations, je ne demandais que des photos pour illustrer les sous-régions, nib ! Quant à l’office du tourisme, ils devaient être en vacances. Ca mérite un carton rouge.

      Merci de ta fidélité au blog, gourmandes salutations, et je t’espère ici un de ces quatre sur la terrasse !

      Patrick

  • Très bel article, riche d’infos et de détails, il donne envie de partir à la découverte de cette région qui hélas reste un peu marginale dans l’œnologie italienne. Merci !

    • bonjour Gabriella,

      Merci de ton intérêt pour mon blog. Je connais ta personne, l’une des premières, si ce n’est la première femme oenologue de Toscane (j’y pars le mois prochain !). Grand respect.

      Sache que cet article a été l’un des plus difficiles à écrire. La raison ? D’abord beaucoup de sous-régions, des terroirs fortement influencés par les inclinaisons et les côtes, mais SURTOUT une totale indifférence, qu’on pourrait prendre pour du mépris, de l’interprofession ainsi que de l’office de Tourisme. Je n’en voudrai pas aux vignerons de cette région, mais ça me restera en travers de la gorge. J’ai attendu plus d’un an avant de le publier, espérant recevoir des photos et des précisions à ma question. Ils préféreront encore et toujours la presse papier, aussitôt lu, aussitôt oublié…

      Merci en tout cas de ton commentaire, et j’espère te revoir sur mon blog.
      Gourmandes salutations.

      Patrick

      • Merci Patrick, oui l’écart entre l’efficacité des organisations que on peut trouver dans une région comme la Toscane et la Ligurie est grande ! C’est pour ça que je suis restée heureusement étonnée de lire un article si complet, c’est vraiment rare même en italien. Les vins de la Ligurie, qui demandent une viticulture presque héroïque,restent marginaux et rarement sortent de leur région.

        • Gabriella,

          Touché, vraiment touché par ton commentaire, toi la grande oenologue approuver ainsi mon travail, bénévole de surcroît, et sans l’aide de la région, de l’interprofession voire des vignerons relève d’une gageure. Comme je l’ai écrit en introduction, c’est l’un des articles les plus difficiles que j’ai eus à écrire. Le savoir signaler par une grande professionnelle me ravit.

          Vous êtes bienvenue Madame, au plaisir de te rencontrer.
          Gourmandes salutations,
          Patrick.

  • Serge Prinderre

    Justement cet été Lorenzo Accomasso nous disait qu’il y avait de très bons vins blancs du coté d’Albenga… Il va falloir que j’aille y faire un tour un de ces 4… Merci pour encore pour ce bel article Patrick !!!

    • mon cher Serge,

      Lorenzo Accomasso, le chef de Barolo, 90 ans ou pas loin et toujours debout, grand respect. Les Piémontais ne sont pas loin de Ligurie, ils y vont en vacances. Merci en tout cas de tes compliments, ça me touche. Au plaisir autour d’un canon.

      Gourmandes salutations.
      Pat

  • Rudy

    Bel article Mr Patrick,

    Si ca vous arrive d’y retourner, se trouvent des rouge interessants dans la Mairie de Dolceacqua ( vin rossese). Des maisons comme Kà martiné en font des très interessants. Cordialement, Rudy

    • cher Rudy,

      Figure-toi que je suis en Toscane, que je pense faire un saut en Ligurie, et que je pense aller dans certains domaines dont celui que tu m’as cité… Ah qu’il est beau le monde avec des gens comme toi !

      Gourmandes salutations,
      Patrick

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