21 mai 2013

en Corbières, Rémi JALLIET : l’homme au coeur de ses vignes.

by Patrick Maclart

Rémi JALLIET, 40 ans, né à Paris, a vécu dans le grand bassin parisien. Après le bac, il commence ses études d »économie qui vraiment ne l’intéressent pas. Ses parents eux aiment le vin. Son père, qui travaille pour un groupe d’hypermarchés, est souvent en contact avec le monde du vin. Rémi est donc en contact avec eux, le virus le mord. Il va donc commencer par un BTS viti-oeno à Tours, persuadé qu’au bout de ce parcours la magie s’y trouve, mais laquelle ? Différents stages vont meubler la vie de notre vigneron : Cahors, Nouvelle-Zélande, Maroc… Et il part même faire les vinifications dans le Piémont.

Rémi, l’homme qui vit au coeur de ses vignes. Lors de notre interview, il fermait souvent les yeux dans son vignoble… J’avais l’impression qu’il était en relation quasi-mystique avec sa terre.

Un domaine à Lagrasse cherche un régisseur. Il postule, obtient le poste. Mais élaborer un vin anonyme l’intéresse peu… « On ne va pas au bout des choses, c’est comme rouler sur l’autoroute et trouver des zones industrielles, alors que prendre les petites routes, c’est quand même bien plus excitant… » me dit Rémi avec ce détachement qui le caractérise tant. Bref, il cherche à élaborer des vins qui soient à son image, celle qu’il se forge d’une création de son imagination.

Il recherche un vignoble près de la mer, mais en altitude. Il passe une petite annonce au fournisseur du coin, contacte les vignerons locaux. Et un vigneron de Villesèque vend son domaine, il en achète 4,5 hectares en 2006. Dès le début, il travaille en bio. Il avait déjà converti le domaine où il travaillait à Lagrasse à ce mode de travail. La certification est demandée immédiatement, ou quasiment.

A la vigne donc, le travail est certifié bio depuis 2009. Les vignes sont âgées, donc peu faciles à travailler mécaniquement. Donc Rémi œuvre tout à la main, tondeuse et pioche. Sur les syrahs plus jeunes, le travail du sol et les labours interceps… Le travail mécanique est possible.

un emplacement hors norme, et des vignes superbement travaillées. Chaque rencontre me rend plus interrogatif sur le parcours de vie de ces vignerons. Rémi fait partie de ces parcours atypiques.

Au chai, les vendanges sont exclusivement manuelles, et les raisins sont récoltés à bonne maturité. Arrivant en petites caissettes de 15 kilos, la vendange sera totalement égrappée, sans foulage. Remontages quotidiens, très peu de pigeages, pas de délestage. Les températures seront sous 25° durant 4 à 5 semaines, et là il y aura alors quelques remontages pour « infuser ».

Les élevages se feront en barriques, 6 mois pour « l’Espinous », et un an pour le « Montadou », dans des fûts de 3 à 5 vins. La cuvée « l’Espinous » a une partie élevée en cuves. Le vins seront embouteillés sans collage ni filtration.

des chais tout simples, qui devaient probablement déménager.

Aujourd’hui, le domaine s’étend sur un peu plus de 6 hectares divisés en 14 parcelles, pour donner 14.000 bouteilles par an. Les marchés export sont importants car ils représentent 60 % des ventes, avec comme marchés principaux la Suisse, l’Allemagne, la Belgique…

Au final : des vins fruités, ronds, riches, complexes et longs. Une touche de fraîcheur et de charme qu’un homme qui a choisi sa trajectoire de vie peut faire, sans dogme, avec un enseignement qui lui est propre. Ses racines sont si vraies et son bonheur au coeur de ses vignes tellement authentique…

Rémi JALLIET

6  rue des Saules
F-11360  VILLESEQUE-LES-CORBIERES

tél. +33 (0)4 68 70 26 62
portable : +33 (0)6 79 50 13 07

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci Rémi pour ce moment d’une nature et d’un spontané rares. Pour voir la vidéo réalisée avec Rémi, CLIQUEZ ICI.

une petite gamme, mais complète.

Corbières « l’Espinous » 2011
40 % carignan, le solde de syrah et grenache à parts égales. Elevé 6 mois en partie en cuves, en partie en barriques de 3 à 5 vins. Très beau nez de fruits rouges et noirs, réglisse, caillou, belle profondeur, tout en restant frais. C’est séduisant et soyeux. La bouche est souple, ample, fruitée, poivrée, épicée, cacao… Le fruit revient juste avant une finale fraîche, légèrement camphrée, et d’une persistance rare. Très long.

un vin tout en fraîcheur, tout en charme et en fruit; des épices et une pointe cacaotée. Le prix est tout en fraîcheur lui aussi. Encavez !

Corbières « Montadou de la Feilho » 2010
la base est une parcelle de syrah dans un couloir froid où il y a plusieurs géologies dans la même parcelle. Les meilleurs carignans et grenaches (30 % de l’ensemble) y seront ajoutés. Nez mûr, cerise amarena, cerise noire, laurier, cacao, complexe. Bouche souple, fraîche, impression lactée, clou de girofle, c’est frais, plein, riche, sans excès. Long, l’ensemble est cependant retenu et le vin doit se centrer. Persistance aromatique rare.

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