26 juin 2013

à Saint-Chinian, Marion PLA : le sourire pour étandard.

by Patrick Maclart

Il était temps de rendre visite à un domaine que j’avais repéré lors de la dégustation « Millésimes en Languedoc » (cliquez ICI pour voir l’article). Marion PLA a toujours son ineffaçable sourire, et pourtant, elle n’a pas souri tous les jours. A 27 ans, elle s’installe doucement comme l’une des futures pointures du Languedoc. Elle travaille main dans la main avec son père Jean-Pierre. Coopérateur, ce dernier décide en 2006 de quitter la cave. Marion elle décide de se lancer dans l’aventure avec son père… « C’est une affaire vraiment familiale. Le nom sur l’étiquette, c’est la famille. L’empreinte digitale, c’est celle de mon frère. Je n’ai apporté que mon prénom ! » raconte Marion avec cette malice qui démontre plus une intelligence spontanée qu’une candeur signe de ses jeunes années.

il m’a été très difficile de trouver une photo de Marion PLA qui ne sourit pas. Sur l’ensemble, une seule et je la conserve, c’est collector ! Et toute la famille se nourrit de sourires, de plaisirs, et ces dernières années de galère s’estompent doucement…

Le début est difficile, très difficile. Tout est à faire, pas de cuverie, pas de pressoir, rien. Ils vont commencer par louer des cuves dans une autre cave coopérative, « je gardais 10 % du vin, et je leur laissais le reste » raconte Marion. Mais ça ne correspondait pas à l’idée du vin à réaliser, à créer. Ils n’étaient pas chez eux, ils n’avaient pas la clé du chai, et il fallait trouver autre chose. Ils trouveront une cuverie avec quelques cuves, ils bondissent sur l’occasion. L’installation actuelle est pratique, fonctionnelle, à défaut d’être spectaculaire.

La famille, y compris la maman qui est de la région parisienne, est gourmande et ouverte. Aussitôt dit, aussitôt fait, tout le monde participe à la genèse d’un futur grand domaine qui s’étend aujourd’hui sur 22 hectares, dont 17 plantés. Syrah, grenache, mourvèdre, cinsault pour les rosés, et quelques plantiers de marsanne, roussanne et grenache blanc qui donneront dans quelques temps à un Saint-Chinian blanc. Il y a aussi du merlot, et qui sait bientôt sous l’étiquette du domaine. Car 50.000 bouteilles sont vendues par an. Le solde du vin est vendu au négoce.

Il est des coins dans le vignoble de Saint-Chinian d’une époustouflante beauté. Un endroit que j’aime beaucoup.

A la vigne, le travail est perfectionniste, et en conversion bio. 2014 sera le premier millésime labellisé. Donc plus de produits pénétrants, les amendements sont quasi-inexistants… « la dernière fois que j’ai amendé, je pense que ça devait être du compost » me dit Jean-Pierre. Ca m’a fait marrer !

rien à dire sur la vigne, que du beau travail, avec un terroir intéressant.

Au chai, les vendanges sont pour l’instant mécaniques, sauf pour la cuvée « Conviction Intime ». Eraflés, les raisins sont encuvés sans foulage. Fermentations longues, quatre délestages, pigeages fréquents sur la cuvée « Conviction Intime ». Tous les vins sont élevés en cuves, entre 2 et 3 ans pour le « Tradition », un peu plus pour l’autre cuvée. Filtration légère avant mises, et les bouteilles sont tenues quelques mois avant vente. Les marchés export représentent pour l’instant que 10 %, avec la Belgique et l’Allemagne pour marchés principaux.

dans le chai, rien de spécial, des cuves, quelques pompes, des tuyaux, tout est propre, mais j’ai été intrigué par ce pressoir tout en longueur… Jamais vu ça, et j’ai eu peine à l’avoir en complet dans mon objectif !

Le style PLA ? Franchise, gourmandise, concentration sans excès, avec des tanins ronds… « on vend nos vins quand ils sont prêts à boire. Les élevages longs enrobent les tanins. Du coup, le plaisir est au rendez-vous ! » me dit Marion avec joie, malice, sourire, et conviction qui n’est pas intime, car à tout vent du sud la franchise est le maître-mot ici.

domaine Marion PLA
famille PLA

15  rue de la Savonnerie
F-34460 CESSENON-SUR-ORB

tél. +33 (0)4 67 89 54 56
site internet : cliquez ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ, mais aussi au château des Carrasses à Quarante, lors de la manifestation « Millésimes en Languedoc ». Pour voir la vidéo réalisée avec Marion, CLIQUEZ ICI.

Saint-Chinian rosé « le Petit Bonheur » 2011
50 % de cinsault, le solde à parts égales de syrah et grenache, le tout en pressurage direct s’il vous plait ! Un élevage de 6 mois en cuves acier émaillé. D’une couleur rose franc, le nez part sur les fruits rouges, la fraise des bois, la fraîcheur du framboisier. La bouche a une attaque vive, un joli fruit, une vinosité naturelle, de la moelle et de la longueur. C’est très bon.

Il est des rosés anémiques, pâles, absents, fluets, soi-disant « fins »… Ici, on a du fruit, de la moelle, du jus, du vin, de jolis parfums de fraise, et pourtant aucune lourdeur, aucun brûlant, que du bonheur… Il porte bien son nom ce sacré rosé !

Saint-Chinian « Tradition » 2009
nez réservé, qui s’ouvre après aération : prune, minéral (graphite), garrigue (léger). Bouche à l’attaque vineuse, belle expression d’ensemble avec un tanin de raisin qui va conduire la bouche jusqu’en finale. On y retrouve alors le fruit frais, mûre et myrtille, long. Plus affable que ma précédente dégustation au printemps, il se livre de mieux en mieux.

Saint-Chinian rouge « Conviction Intime » 2009
grenache et syrah à parts égales, vendangés à la main, et élevés deux ans en cuves béton. Le nez est gourmand, du fruit rouge et noir à profusion, de la mûre, du floral, de la complexité mêlée à de la gourmandise, des épices douces. La bouche est ronde, gourmande, un tanin soyeux et souple, une belle trame acide, c’est rond mais avec des angles là où il faut ! bonne longueur, du bonheur en-dessous de 9 € !

« Conviction Intime », avec son jus pur et intense, et son long élevage, n’est pas taillé pour une garde séculaire, mais pour un plaisir de demi-fond. Ca fait partie toutefois des très beaux rapports qualité-prix-plaisir du Languedoc.

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