4 novembre 2013

à Maury, le Mas Mudigliza, Dimitri GLIPA, la précision et le partage

by Patrick Maclart

Dimitri GLIPA, 30 ans, est à la tête du domaine depuis 7 ans, créé ex nihilo. Girondin de naissance, il s’est toujours dit qu’il serait vigneron au sortir de l’adolescence; « mon père est cuisinier, il y a toujours eu l’art de vivre, la bonne table et de bonnes bouteilles à la maison ! » me raconte Dimitri avec toute la gentillesse sincère qui le caractérise. Le père est passionné de chevaux, Dimitri et son frère Donald sont des cavaliers émérites; ce dernier étant même dans l’équipe de France d’équitation.

d'une gentillesse légendaire, son sens du partage est chez lui inné. Dimitri GLIPA est un homme bien, qui a choisi sa vie.

d’une gentillesse légendaire, son sens du partage est chez lui inné. Dimitri GLIPA est un homme bien, qui a choisi sa vie.

Etre architecte-paysagiste, ça l’intéresse, mais il intègre par raison le lycée de Montagne Saint-Emilion. La vigne le passionne, le captive, le mordille, et il obtient son BTS viti-oeno. Il rencontre Christian VEYRY, oenologue, qui lui propose de travailler chez lui pendant 6 mois. Il reste et la collaboration durera 4 ans, avec de sacrées responsabilités à gérer sur 10 hectares ! Il veut toutefois vivre son ambition, faire du vin en Fronsac par exemple. Ses parents sont amis avec Ugo ARGUTI, maître de chai du château Fombrauge à Saint-Emilion, mais aussi vigneron dans le Roussillon; et les parents de Caroline BONVILLE, vignerons en Bordelais. Mais leur fille est elle vigneronne en Roussillon, tout comme Ugo… L’hypothèse d’avoir des vignes là-bas se profile de plus en plus… Et en plus ce n’est pas cher, contrairement au Fronsadais (« il faut dire ce qu’il faut dire » ajoute Dimitri avec sincérité).

Les débuts sont épiques, car Dimitri au commencement travaillait tant dans ses vignes roussillonnaises qu’à Bordeaux ! A un point tel que certaines anecdotes lui remontent en mémoire… « Il est minuit et demi, je soutirais et je nettoyais tout le chai. Mon épouse Muriel est descendue me voir et elle s’est endormie sur un carton ! Je me suis alors demandé ce que j’étais en train de faire là et j’ai chialé comme un gosse ». Et pourtant, en racontant cette historiette un peu dure, une illumination dans le regard et un sourire juste habillent alors son visage. Il va alors rencontrer, apprendre, écouter, peaufiner son style pour l’amener à une précision de ses vins inouïe, et s’installant dans le peloton de tête des vignerons de cette région.

à la vigne, Dimitri arrive à travailler avec des moyens serrés, mais regardez la propreté du travail. Il n'y a que la volonté d'un homme (et de ses bras !) pour arriver à un tel résultat.

à la vigne, Dimitri arrive à travailler avec des moyens serrés, mais regardez la propreté du travail. Il n’y a que la volonté d’un homme (et de ses bras !) pour arriver à un tel résultat.

Les méthodes de culture sont raisonnables et en rapport avec ses moyens financiers et humains : taille hyper-sévère (je l’ai constaté in situ), labours réguliers, désherbants utilisés avec parcimonie et uniquement quand ils sont nécessaires. Le labour intercep a fait son entrée au domaine. (le labour intercep consiste à utiliser une charrue un peu spéciale, et qui laboure entre les pieds de vigne, soit pour décompacter le sol, soit pour désherber)

Au chai, les vendanges sont exclusivement manuelles, en cagettes. Eraflage total, tri après éraflage (bien qu’il y en ait eu à la vigne), du foulage parfois. Les blancs sont levurés, pas les rouges. Pas de tanisage, pas d’enzymage, les fermentations alcooliques et malolactiques se font en cuves inox, sauf une partie en fûts. Entonnage jusque janvier, les vins rouges sont élevés en fûts et en cuves entre 14 et 18 mois. Les blancs aussi en fûts pour les fermentations alcooliques une fois qu’elles sontpassées. Les malos sont bloquées. Ils seront élevés 7 mois en fûts dont 20 % de neufs.

Le domaine s’étend sur 12,70 hectares pour produire entre 26 et 32.000 bouteilles. Les marchés export représentent 35 %, avec les vins qui partent vers la Belgique, la Suisse, la Grande-Bretagne.

Le « Glipa Style » ? La précision avant tout, la netteté, avec de la gourmandise mais sans excès, juste pour rappeler que la vie est belle, et qu’il faut choisir la sienne.

Casot Mas MudigliZA

Mas MUDIGLIZA
Dimitri GLIPA

20 rue de Lesquerde
F-66220  SAINT-PAUL DE FENOUILLET

tél. +33 (0)4 68 35 01 99
site internet : CLIQUEZ ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci Dimitri pour cette chaleur humaine que tu es capable de mettre dans tes relations, et le partage qui est l’une de tes qualités. Pour voir la vidéo réalisée avec Dimitri, CLIQUEZ ICI.

une bien jolie dégustation.

une bien jolie dégustation.

VDP côtes Catalanes « Caudalouis » 2009
80 % grenache gris, 20 % macabeu. Nez personnel, fumée, poire nashi, belle richesse en milieu de bouche, où on retrouve bien le grenache gris. Finale vive et riche, complète sans être excessive.

côtes du Roussillon « Carminé » 2010
80 % grenache, 20 % syrah, élevé 14 mois en fûts pour 60 %, le solde élevé en cuves. Nez de cerise, c’est rond et gourmand avec une petite pointe poivrée, très joli. La bouche est ronde à l’attaque, c’est concentré sans lourdeur, très grenache en milieu de bouche. C’est ample tout en restant frais. La finale est plus autoritaire, avec des tanins bien intégrés et de superbes amers qui appuient la longueur. A encaver, très beau.

côtes du Roussillon « Carminé » 2007
robe sombre. Nez intense, prune noire, fourrure, muscade, le fond de nez reste frais. L’attaque est sur le raisin, un petit tanin s’exprime. Ca développe sur du velours, de la chair de raisin, le tanin est maintenant de toute beauté, une pointe minérale. Ca finit long, ample, sur des notes de myrtille. Finale inouie.

côtes du Roussillon « Symbiosis » 2008
45 % carignan, 35 % syrah, le solde en grenache et mourvèdre. Elevé 16 mois en fûts de 300 litres, puis en cuve. Nez superbe, framboise, myrtille, floral, complexe. En bouche, le tanin souple type carignan avec de beaux amers et des arômes de garrigue viennent dominer la bouche avec puissance et profondeur, mais sans excès. Magnifique longueur.

un nez propre, au fruit précis et juteux, et des tanins souples tout en restant bien présents. Grande réussite.

un nez propre, au fruit précis et juteux, et des tanins souples tout en restant bien présents. Grande réussite.

côtes du Roussillon « Symbiosis » 2009
nez rond, épicé, très prune, notes de chocolat, fève de Tonka, vinosité mûre, cerise juteuse, c’est intense. La bouche est ronde, mûre, gourmande, charnue, intense, fruit noir, notes grillées. La finale est longue, les tanins arrivant en toute finale. Long et séveux.

côtes du Roussillon « Symbiosis » 2011
brut de fût. Nez très jeune, fruits rouges, cerises, c’est juteux et direct. Attaque ronde, intense, surtout en milieu de bouche, avec un tanin bien en place et une complexité à venir, mais qui ne sera pas le trait dominant de ce vin. Finale exemplaire, juteuse et fruitée, très longue.

Maury grenat vin doux naturel 2011
nez net, droit, propre, chair de cerise, corbeille de fruits, on est presque sur des fruits d’été ! La bouche est d’une perfection entre sucre et fruit, c’est variétal en milieu de bouche, mais la finale part sur la cerise noire, la muscade et des petites notes boisées. Top.

une netteté, une propreté de fruit, précisément sur le grenache, c'est top tout en restant frais et intense. Un top modèle du genre !

une netteté, une propreté de fruit, précisément sur le grenache, c’est top tout en restant frais et intense. Un top modèle du genre !

grenache gris 2012
brut de fût. Nez intense, pêche, épices, ça doit encore se faire mais c’est hyper-prometteur. La bouche est punchy à l’attaque, ça développe sur des amers et la structure du vin, avec une vinosité hors norme. De la fraîcheur en finale. Il y a du vin !

macabeu 2012
brut de fût. Nez réservé, délicat, plus floral que fruité, très complexe ce jour. La bouche est sur le raisin, avec des notes amères qui évoquent le noyau ou le pépin. La finale est convaincante.

Rivesaltes ambré 2008
brut de fût ! Nez d’abricot, fleur d’oranger, zeste d’orange, petites notes florales, plus complexe et fin que spectaculaire. La bouche est sur le fruit, avec une impression pâtissière (génoise chaude). C’est fin, long, très personnel et juteux.

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