9 octobre 2012

à Barolo, Bartolo MASCARELLO, avec Maria-Teresa : tout pour la tradition du vin.

by Patrick Maclart

Maria Teresa MASCARELLO représente la 3ème génération d’un domaine où il y a tant de choses à dire, tant de choses à raconter, tant de choses à vivre. Son grand-père était le président d’une petite cave coopérative locale. C’est son père Bartolo qui créera le domaine tel qu’il est aujourd’hui. Déjà, quand on y arrive, point d’enseigne tapateuse, point de couleur criarde. Juste, dans une rue en contrebas, une sonnette avec une petite plaque en laiton pour se faire connaître, et la mamma qui monte la garde…

Maria-Teresa MASCARELLO a reçu pour héritage l’abnégation pour l’élaboration des vins de la plus haute qualité (c’est réussi), et le respect de l’héritage d’un grand homme : son père.

« Mon père ne pouvait plus marcher. Pour s’exprimer, il a commencé à dessiner les étiquettes, sans prétention aucune, et en pensant qu’il dessinait comme un enfant ! » me raconte Maria Teresa. Ce que Bartolo ne voyait pas, c’est que son style serait une identité incroyable du domaine, que les étiquettes seraient LE visage de MASCARELLO. En plus, il personnalisait déjà des étiquettes dans les cartons de ses bons clients… C’est comme un coup de patte personnel final, rien que là l’esprit du domaine est avec vous.

Chez MASCARELLO, on affiche clairement ses opinions sur ses bouteilles !

La formation de Maria Teresa ne partait pas forcément vers le vin. Elle entre à l’université pour apprendre les langues étrangères et la littérature. Le vin la touchera sur le tard… « C’était un choix sentimental, un sens de la famille. Je ne pouvais pas interrompre l’oeuvre de mes anciens, et surtout celle de mon père, je suis fille unique. » déclame tranquillement Maria Teresa, mais sa clarté d’esprit ne peut masquer l’immense caractère et la volonté de ce petit bout de femme. Pour apprendre la vigne et le vin, Maria Teresa ira à… l’école de la Famille ! Elle apprendra sur le tas, et fera tout, de la vigne au chai. C’est peut-être la meilleure façon de savoir…

A la vigne, Maria Teresa n’aime pas les classifications type « bio » ou « biodynamique ». « Pour faire un vin de qualité, il ne doit pas seulement être bon, mais il doit aussi être sain ! » assène Maria Teresa. « Dans ma vigne, pas de chimie, du cuivre, du soufre, pas d’engrais chimique, pas de désherbant, et c’est idem à la cave. Pas de produit chimique non plus. Et pas de barrique non plus, car ici la tradition est LA valeur. Le vin doit être naturel et correct. ». Une fois ces propos tenus de sa bouche, on sait à quoi s’en tenir.

ici, pas de barrique, pas de concession : macération de 40 jours, élevage deux ans en foudres, traditio fidelis, et ce n’est pas près de changer.

Le domaine aujourd’hui s’étend sur 5 hectares et n’a pas bougé depuis sa création. 30.000 bouteilles produites, uniquement de cépages de la région, donc dolcetto, barbera, nebbiolo et un peu de freisa (ce cépage est délicieux). L’export apprécie bien les vins vu que 70 % de la production part vers l’Europe essentiellement, les USA, le Japon, l’Australie, le Canada, Hong Kong…

Pour ma part, MASCARELLO est l’un des plus grands domaines italiens. C’est l’un des rares domaines, et ce depuis que je déguste du vin de manière professionnelle, où j’ai aimé TOUS les vins. Tous m’ont plus, m’ont semblé authentiques, sincères, sapides, concentrés tout en restant fins. C’est un vrai coup de coeur. Une envie ? Y retourner bien sûr, pour m’émouvoir, pour voyager, pour m’égarer dans les méandres des parfums complexes de ces cépages terriens… Et pour m’émouvoir encore du dessin du père Bartolo en me disant que le talent est l’autre culture du domaine.

azienda Bartolo MASCARELLO
Maria Teresa MASCARELLO

15 via Romana
I-12060 BAROLO

tél. +39 0173 56125

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci mille fois Maria Teresa d’avoir retardé ton déjeuner pour mon plaisir. Pour voir la vidéo réalisée in situ avec Maria Teresa, CLIQUEZ ICI.

La gamme aujourd’hui est habillée avec des étiquettes que Bartolo avait dessinées durant son handicap… On ne peut rester insensible au regard de ces dessins.

dolcetto d’Alba 2010
nez discret, fruits noirs, cerise noire, notes florales bien marquées (églantier). Bouche équilibrée, un tanin et l’acidité magnifiquement marqués. Les arômes sont encore retenus, mais c’est prometteur. Finale sur le noyau d’olive, un petit côté tapenade à la rétro.

barbera d’Alba 2008
quel nez ! Terrien, fruits rouges, grenade, floral, très parlant. Bouche intense, vibrante, au joli fruit, c’est fin. L’acidité est parfaitement placée. Très belle finale salivante et aromatique, dans une finesse et une expression sans pareil.

Barolo 2007
la tradition en Barolo, c’est l’assemblage (la grande différence entre le Piémont et la Bourgogne). Ici, le Barolo vient de quatre parcelles : Canubi, San Lorenzo, Rue et Rocche de la Morra. Le nez est sur le variétal, tellurique, fumée, prune, épices, mais un charme certain et une finesse de parfums dans un millésime accessible et moyenne garde. L’attaque part sur une acidité et un tanin bien présents, mais très fins. Le corps est aussi fin et doté de jolis arômes, qu’on retrouve pour la plupart au nez. Finale élégante, classe, distinguée et persistante. Ma che bella !

Quoiqu’on en dise, le Barolo est un grand vin de garde. Avec le temps, il prendra ses parfums magiques de pétales de rose fanée, de cèdre… Ce que mon ami Aldo VAIRA appelle « le tiroir de grand-mère »… Ici, une immense année !

Barolo 2006
très belle couleur pour un Barolo (l’assemblage est le même que le précédent). Ici encore le variétal est facile à retrouver, avec son cortège de parfums habituels, mais avec plus d’intensité, de profondeur que le précédent. C’est l’effet millésime, et ici c’est de garde. La bouche est structurée, à l’acidité « punchy » à l’attaque, mais ça reste fin et élégant malgré tout. Si l’ensemble doit encore s’ouvrir et s’exprimer, le corps est quant à lui superbe dans sa finesse et sa puissance. C’est peut-être contradictoire, mais c’est ainsi. Finale sur de belles notes florales et de petits fruits rouges.

13 Responses to “à Barolo, Bartolo MASCARELLO, avec Maria-Teresa : tout pour la tradition du vin.”

  • Damien THOUVENEL

    Bonjour m. Maclart,

    Je vous contacte aujourd’hui, après avoir lu votre billet sur les vins du domaine Bartolo Mascarello.

    J’ai beau être jeune, j’ai goûté quelques vins, et ai très vite développé un grand attrait pour les vins piémontais, en particuliers ceux faits dans une version très classique, comme les meilleurs des Bourgognes.

    J’ai lu votre billet sur le domaine Mascarello, et cela m’a rappelle un article à leur sujet dans l’atlas des vignes du Piedmont de slow Food. Je cherche depuis désespérément les vins de ce domaine en France, mais cela semble très compliqué. Sauriez vous par hasard si des distributeurs en proposent ou livrent en France et, le cas échéant, auriez vous les coordonnées du domaine?

    En vous remerciant par avance et cordialement,
    Damien Thouvenel

    • Salut Damien,

      Merci de ton intérêt pour mon blog.

      Je ne connais pas les importateurs de ces vins exceptionnels. Je profite de cet écrit pour te dire que déguster et apprécier les vins du Piémont, il faut un palais intelligent, et qui a du recul.

      Je t’invite à te connecter sur un programme qui s’appelle « Wine-Searcher ». Normalement, lorsque tu écris le nom du domaine et le pays, tu auras les adresses des cavistes et importateurs qui vendent les vins de Maria Teresa.

      Porte-toi bien, gourmandes salutations.

      Patrick.

    • Bonjour Damien,

      Je lis à l’instant, certes tard, votre demande. Nous sommes en Alsace, et avons le privilège d’être allocataires de quelques cuvées du Domaine Mascarello.

      Si vous lisez ce message n’hésitez pas à nous contacter.
      Bien cordialement
      Nicolas SENN

      • Salut Nicolas,

        J’espère juste que ta démarche est plus dans l’échange et le partage que dans un esprit « mercantile ». En général je ne publie pas ce genre de commentaires, mais j’ai une grande dévotion pour les vins de Maria Teresa, et que quelqu’un puisse en avoir quelques bouteilles, je partage.

        En tout cas merci de ton intérêt pour le blog, qui va au-delà je l’espère de ce simple message !

        Gourmandes salutations,
        Patrick.

  • Bonjour,

    En réponse à MM. Damien Thouvenel et Patrick Maclart :
    Notre cave de vins italiens dispose de tous les vins de chez Mascarello.
    Nos coordonnées:
    Enoteca Midi
    77 rue du Cherche Midi
    75006 Paris
    Tél.: 01 45 08 45 46

    Bien cordialement,
    Mihran Karabetyan

  • Olivier

    Bonjour Patrick,
    Tout d’abord, bravo pour votre blog, dont je suis un lecteur régulier. J’apprécie spécialement votre capacité à décrire vos ressentis, humblement, sans faire preuve d’à priori, sans chauvinisme ni exaspéré ni exaspérant dont certains feraient bien de prendre de la graine!
    J’ai eu l’immense bonheur d’être reçu il y a trois semaines par Maria Teresa, dans ses chais. Un moment magique…et je voulais surtout partager avec vous le fait d’être totalement d’accord sur un point en particulier, rare effectivement…TOUS les vins sont bons, y.c. Dolcetto et Freisa, pourtant souvent difficiles d’approche, avec des tanins bien ‘anguleux’ que l’on retrouve presque toujours sur les vins piémontais dans leur prime jeunesse. Chez elle, rien de cela…et que dire du Barolo 2010, une pure merveille, dont les traditionnalistes diront probablement qu’il manque de caractère, car les tanins sont déjà polis, sans doute l’effet millésime. Mais ‘Maria Teresa’ quel bonheur…
    Cela n’a rien à voir, mais dans trois semaines, c’est les Automnales, peut-être vous y croiserai-je au contour d’une cave…pourquoi pas chez Aleth Girardin, Thierry Violot ou Aubert Lefas…trois styles très différents, mais dont j’aime beaucoup les vins, comme vous je crois savoir…
    Bien à vous

    Olivier

    • Mon Suisse ami,

      merci de tes compliments qui me vont droit au cœur. Sache que j’apprécie les vins de Maria Teresa que je classe dans le top 10 du Piémont, sans souci. C’est un privilège d’y être reçu, car le domaine n’a pas d’adresse mail, et qu’il y ait un téléphone est déjà une révolution. Il y est entré en… 1989 !! Le père de Maria Teresa avait alors dit « il y a deux murs qui se sont abattus dans le monde, l’un à Berlin, l’autre à Barolo »… Tout une philosophie ! Quant à la mère, ancienne institutrice du village de Barolo, elle n’est pas non plus des plus rigolotes, mais elle sait se faire respecter.

      Un domaine magique où je vais retourner bientôt, ça c’est sûr !
      Après une grande interruption, bientôt la reprise des programmes avec Chianti, Vacqueyras, et quelques vignerons dans le chapeau. Merci de ta fidélité. Amitiés.

      Patrick MACLART.

      • Olivier

        Bonjour Patrick,
        Quel plaisir de vous retrouver ici…que l’interruption fut longue:-). Pour info, un 2000 ouvert il y a quelques mois s’est révélé superbe. Pas pris de note – je n’en prends à vrai dire jamais afin -, mais souvenir d’un vin sans une ride, couleur claire typique du cépage, impeccable. Très beaux arômes de cerises et début d’évolution vers ces notes de pruneaux que l’on retrouve souvent dans le coin. Vraiment aucune urgence…et il m’en reste, ça tombe bien:-). Si tu passes dans mon pays à l’occasion, je partage volontiers. Et même si tu prévois d’autres régions prochainement…peut-être envisages-tu de visiter l’un ou l’autre de nos vignobles dans le futur. Il y a deux trois trucs sympas par chez nous…et pas que des Merlots Tessinois (je crois me souvenir d’un papier que tu y avais consacré). Bonne continuation. N.B. – J’ai Barbanau rosé en cave:-). Salutations, Olivier

        • salut mon Helvète ami !

          Heureux de voir les Helvètes s’intéresser aux blogs français, mais les Suisses sont de bons connaisseurs en vin. J’ai parcouru ton pays il y a quelques années alors que j’étais responsable commercial pour un grand cru classé de Bordeaux pour ton pays.

          Je partage ton avis. Mascarello est avec Vajra, Principiano, Sottimano, Rinaldi et quelques autres au panthéon des grands vins du monde, rien à dire. J’ai bu un Barolo 2001 il y a quelques semaines, pas une ride. Ces vins sont fantastiques, et prennent avec le temps, comme dit mon ami Aldo VAIRA, des parfums « de tiroirs de l’armoire à grand-mère ». Je suis tout à fait d’accord avec cette définition.

          En ce qui concerne des reportages en Helvétie, pourquoi pas ? Mais ce pays est cher, et comme mon blog fonctionne avec mes sous, je compte ! Non, en fait, ce n’est pas la Suisse qui est chère, c’est juste nous qui n’avons plus les moyens ! J’ai déjà effectué quelques reportages « in situ » au domaine la Colombe par exemple. J’en profite pour saluer mon pote Alain BRINGOLF du site http://www.boottle.ch, qui m’a bien aidé durant ces deux reportages. Un mec en or.

          Porte-toi bien, merci de ta fidélité au blog et de le faire partager autour de toi.
          Gourmandes salutations.

          Patrick.

  • Olivier

    Salut l’ami,
    Je ne peux pas en effet contester la cherté de notre pays, qui s’est renforcée avec la chute du cours de l’euro associée à l’appréciation de notre bon vieux franc. Pour nous, c’est au moins avantageux et cela nous permet d’acquérir des vins européens à des prix encore à peu près abordables. Pour compléter de manière bien inexhaustive ta fort jolie liste, j’ajouterais encore les immenses traditionalistes que sont Scarpa, Accomasso, Burlotto et G. Conterno….du super léger quoi. J’ai dégommé une bouteille d’un Barbera Cascina Francia 2011 du dernier nommé la semaine dernière…mon épouse ne s’en est pas encore remis tellement c’est déjà bon….bien qu’encore si jeune.
    Sinon tu me parlais d’un séjour prochain prévu en Toscane. Si jamais, á Monti in Gaiole se trouve juste en dessous des vignes de Ricasoli un petit domaine nommé I Sodi, aujourd’hui conduit par Andrea, un gars super sympa. Son père et le frère jumeau de ce dernier ne sont jamais loin…mythiques. Chianti Classico, une Riserva, et deux super toscans…l’un pur Sangiovese et un pur Canaiolo pour l’autre. A découvrir, même si l’élevage est un peu trop appuyé à mon goût. Un très joli vin Santo, Grappa et huile d’olive complètent l’offre. Cas échéant, tu peux faire un tour sur http://www.agrisodi.ch.

    • mon cher Olivier,

      merci de partager ta connaissance en termes de vins italiens. C’est un pays que j’affectionne. J’aime à dire que l’Italien est un Français qui oublie de tirer la tronche. De vraies perles, tout comme en France. Même chose si tu vas un jour en Toscane, allez chez Savignola Paolina te réjouira. C’est le domaine le plus haut en altitude de l’appellation « Chianti Classico », tout en bio, avec Ludovica qui se fera un plaisir de te recevoir. Tu dégusteras aussi une huile d’olives d’une fraîcheur… Mmmmhhh !!!

      Je laisse le lien, d’habitude je les supprime, car tout ce qui est lien commercial n’a pas lieu sur ce site.

      Amitiés.

      Pat

      • Olivier

        Cher Patrick,
        Merci pour le tuyau, j’apprécie beaucoup…comme l’expression que tu utilises pour décrire l’Italien:-). Pour le reste, n’aie aucune crainte pour l’aspect commercial. C’était juste une petite info à ta seule intention ou à celle des lecteurs, loin de tout intérêt personnel. C’est juste l’histoire de partager l’existence de ces mecs qui respirent le terroir et la terre de leurs ancêtres, en plein épicentre du Chianti Classico originel, étendu depuis au delà de la région de Gaiole. Mais je ferai attention à l’avenir d’éviter les liens, pour respecter pleinement la philosophie du blog.
        Amitiés, Olivier

        • salut Olivier,

          Bien reçu ton message. No soucy, si j’ai laissé le lien, c’est que j’ai bien compris qu’il n’y avait aucune démarche mercantile. Mais si tu savais le nombre de demandes de « liens » par semaine de sites marchands, tout ça pour gagner en visibilité, mais qu’ils se démerdent !! Ils me paient mes voyages quand je me déplace ? Je ne crois pas. Mais de ton côté, c’était par pure passion, c’est ainsi que je l’ai ressenti.

          N’hésite pas à me faire part de tes coups de coeur, coups de gueule. Ici un article sur le commerce des vins en France, où un sacré coup d’aspirateur devrait être fait.

          Amitiés gourmandes.
          Pat

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