30 janvier 2012

à Barolo, Aldo VAIRA : la belle rencontre.

by Patrick Maclart

Aldo VAIRA est l’une des plus belles rencontres oenologiques de ma vie. Si le domaine VAIRA (vraie dénomination de la famille; « VAJRA » ne serait qu’une erreur d’un imprimeur, s’étant trompé dans le nom) existe, c’est grâce à deux évènements.

Aldo VAIRA, c’est la plus belle rencontre oenophilique de ma vie. C’est pourquoi exceptionnellement je mets cette photo de nous deux. Car c’est la magie de la rencontre qui doit illustrer cet article. Merci Aldo.

Le premier est l’oeuvre de la marquise de Barolo qui était française. Pour financer ses bienfaits sociaux, elle cède ses terres aux pauvres de Turin et aux familles défavorisées du Barolo. C’est donc ainsi que les ancêtres d’Aldo hériteront de vignes.

Le second est justement notre fameux Aldo. Tout petit, il suivait son grand-père qui, dans les caves, goûtait régulièrement son vin, si bien que sa grand-mère lui disait qu’il ne resterait décidément pas grand-chose à vendre… Les parents d’Aldo décident eux de mettre les vignes en location, au grand désespoir du petit Aldo qui silencieusement poursuivra ses études.

Arrive alors mai 68 en France, mais qui aura des conséquences au-delà des Alpes. Le souffle contestataire de cette période fait germer dans l’esprit d’Aldo l’envie de faire renaître le vin de ses ancêtres. Ses parents, voyant la carrière médicale de leur fils s’enfuir, accèdent à sa demande.

la vigne de Bricco delle Viole, en Barolo. Avec des sables superficiels, des terres profondes, il donne des Barolo certes intenses et de bonne puissance, mais de grande expression de finesse malgré tout.

Il part d’une feuille blanche et ne s’inscrit dans aucun dogme, et ça, j’adore. Encore aujourd’hui Aldo ne se fixe qu’une seule règle : la qualité. A sa quarantième vinification, Aldo a toujours des rêves, des envies.

Et il apprend  la fatigue, le risque, et le rêve ouaté d’un enfant devient réalité acerbe, « mais ne pas faire son vin en faisant la vigne, il n’y a aucune création. » me dit calmement Aldo. Sa première récolte est 1972, la seule qui ne puisse s’appeler « Barolo » depuis l’existence de l’appellation, tellement la météo avait été catastrophique. Pas facile pour démarrer sa carrière.

Aldo a forcément un respect du sol qui, s’il n’est pas dogmatique, en est presque religieux. Il examine, écoute (énormément), et s’adapte. Il y a une règle absolue : la parfaite maturité du raisin qui sera INTEGRALEMENT vendangé à la main. Jamais d’enzymage, de levurage, de bois neuf… Bref, tout ce qui est extrême. Aujourd’hui, VAIRA, c’est 50 hectares et 300.000 bouteilles, y compris BAUDANA repris par la famille avec Giuseppe le fils aux manettes. Les notes de dégustation et explications se trouvent ci-dessous.

ici, pas d’esbroufe, pas de chai aux fûts rangés au cordeau. Juste des vins qui dorment, là où leur concepteur les a placés. Un chai de vigneron, en quelque sorte…

Je pense que vous l’aurez compris, Aldo VAIRA est l’une des plus belles rencontres oenophiliques de ma vie, même plus que ça, une belle rencontre de vie. J’aime cet homme, j’aime cette famille, Milena l’épouse, qualifiée de bavarde par Aldo alors qu’elle est tellement dans l’écoute (ces deux là sont en osmose !), Francesca, Giuseppe et Isidoro, les enfants, qui sont autant d’individualités dans le groupe de famille. J’aime leurs valeurs, leur morale. Ils semblent tous guidés.

VAIRA, c’est un état d’esprit, et je suis certain que tout comme moi la rencontre avec cette famille vous bouleversera. D’autres mots seraient superflus. Merci VAIRA.

G.D. VAJRA
Aldo & Milena VAIRA

localitta Vergne – via delle Viole 25
I-25060 BAROLO

tél. +39 173 56 257

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ, en présence d’Aldo et Giuseppe, merci encore pour ce moment de partage. Merci aussi à Arnaud CAGNI, de la Grande Boutique du Vin à Beaune, qui est non seulement à l’origine de cette belle rencontre, mais aussi de la découverte des vins VAIRA. Pour voir la vidéo réalisée avec Aldo, cliquez ICI.

Langhe Bianco 2009
100 % riesling, 8 mois d’élevage en cuve inox avec remise en suspension des lies régulière. Nez variétal, mais mûr, pomme, cédrat, pointe de mimosa. Bouche tendue, belle trame acide compacte en milieu de bouche, du caractère à la finale. Bonne longueur.

dolcetto d’Alba « Coste Fossati » 2010
élevée 10 mois en cuve inox. Nez profond, un peu fermé : cerise rouge, un côté amande. Bouche intense, très corsée pour un dolcetto, du caractère, des épices, du poivre; la structure arrive en finale avec un mélange acidité-tanin très homogène et autoritaire. Finale sur la prune.

barbera d’Alba 2009
venant de sols plus calcaires, élevée 18 mois dont 70 % en fûts. Nez intense, profond, fruits rouges et noirs, prune rouge, encore un peu réservé, fumé, tabac. Bouche ronde, fruitée, trame acide qui préserve les arômes multidimensionnels. Long, intense, vibrant, j’adore !

barbera d’Alba « superiore » 2008
élevée 18 mois minimum sur fûts. Très belle couleur soutenue. Nez d’une incroyable densité, profond, racinaire, mûre, myrtille, épicé, gomme d’acacia, floral. Bouche concentrée, sans lourdeur, un équilibre parfait entre moelle et acidité; les tanins étant ce jour en retrait. Finale tendue, sur du fruit mûr, mais sans excès. Persistance rare, et finit sur le raisin.

Pour moi, la barbera « superiore » d’Aldo fait partie des toutes meilleures du Piémont, même s’il est surtout réputé pour le Barolo.

Langhe nebbiolo 2009
élevée 14 mois en cuve inox. Nez encore en devenir, cerise à l’alcool, pointe florale, fraise mûre. Bouche tendue mais malgré tout soyeuse, avec une structure assez ronde à l’attaque; un développement à la fois tannique et frais. Belle longueur, persistant.

Barolo « Albe » 2007
issu des parcelles « le Coste », « Fossatti » et « la Volta ». Nez tendu mais lisible et frais : fraises, cerises, assez simple mais c’est son style. Bouche fruitée, le caractère du nebbiolo s’exprime au milieu de bouche. Malgré le fruité, le vin dispose d’un beau caractère. Elégance dans le nebbiolo, ça existe.

Barolo « Bricco delle Viole » 2007
nez plus profond, plus ambitieux qu’Albe, prune bleue, épices, fruits rouges, doit encore se centrer. Bouche riche, noble, fine, fumée, pointe boisée. Tension, belle finale intense mais fine.

Langhe freisa « Kye » 2008
nez d’une superbe vinosité, fraise, complexe, herbes aromatiques. Bouche ronde, ample, un certain corsé. La fin de bouche est retenue, et c’est dû à une mise récente (5 semaines). La finale même retenue reste intense, il se livrera comme le 2007 goûté auparavant.

J’aime la vinosité, le fruité et l’originalité du freisa, vieux cépage qui serait peut-être le grand-père du nebbiolo… Son profil est certes rustique mais charmeur, un bad boy comme on les aime.

LUIGI BAUDANA

C’est un ancien domaine de 5 hectares à l’est de Barolo, sur la commune de Serralunga, qui a la particularité d’avoir le nom de sa vigne. Celui qui l’a cédée à Vaira est un homme simple, qui a perdu son père très tôt. Il travaillait sa vigne mais vendait le raisin. Dans les années 90, il décide de vinifier sa vigne, avec un style plutôt moderne et boisé, bien moins sur la cuvée Baudana. La reprise par la famille Vaira s’est faite en 2009 et Luigi et son épouse sont très heureux de la qualité et de la pérennité du travail, avec le jeune mais très prometteur Giuseppe VAIRA aux commandes.

BAUDANA Barolo 2006
nez corsé, plein, riche, prune, café. Bouche complète, bien faite, fleurie, pleine, séveuse. Longueur soyeuse, très longue rétro !

BAUDANA Barolo 2007
nez ample, spiritueux, prune, terrien, encore réservé. Bouche riche, intense, nerveuse, concentrée. Très belle longueur. Rétro impressionnante sur une certaine maturité de fruit.

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