25 septembre 2012

en Toscane, à San Gimignano : PALAGETTO : un bon soldat.

by Patrick Maclart

Sabrina NICCOLAI représente la deuxième génération du domaine PALAGETTO, qui a été acquis et développé par son père qui avait fait fortune dans la vente de camping-cars. Cet homme de crédo nous a quittés récemment, et fort heureusement sa descendance a décidé de continuer son oeuvre créée il y a une trentaine d’années. Toutefois prise par des engagements professionnels, c’est Anna CARLUCCI, responsable commerciale du domaine, qui me recevra et animera avec talent la dégustation.

la visite avec Anna CARLUCCI, responsable du domaine, a été un enchantement. Elle s’est mise en quatre, très professionnelle, et ce fut un grand moment de plaisir. Merci Anna.

Le domaine s’étend sur 44 hectares de vignes en production, et 10 qui viennent d’être plantés. Les cépages sont principalement le sangiovese, le merlot, la syrah, le cabernet sauvignon pour les rouges. Les blancs sont principalement issus de vernaccia, vermentino, sauvignon et chardonnay. Le domaine comprend aussi 20 hectares d’oliviers, et dispose de son propre moulin. L’ensemble se décline en trois entités : « Palagetto » pour San Gimignano, « podere Bellarina » à Montalcino, et « Pian de Cerri » en DOC Montecucco, au nord-est de la Toscane.

L’organisation est très simple. Si Sabrina coordonne le domaine et dirige le commerce, son époux dirige le travail de la vigne. Les vinifications sont conduites par l’oenologue Gianfrancesco PAOLETTI.

La culture de la vigne est conventionnelle, et les produits phytos utilisés avec raison. De l’enherbement, des vignes très bien exposées éloignent les maladies. Les insectes toutefois sont assez présents dans ce secteur. La visite du vignoble m’a conforté dans un travail propre, sans désherbant, avec des traces de produits de contact; c’est rassurant.

dans la vigne, les produits de contact sont privilégiés. Le travail est propre et bien fait, jusqu’au palissage. Rien à redire.

Pour les vinifications, on pourrait les qualifier de « modernes »; des élevages courts, des raisins bien mûrs, pour donner dans l’ensemble des vins ronds, fruités, dotés de tanins de raisin, et essentiellement destinées à une consommation assez rapide, quoique quelques bouteilles peuvent prétendre à une ambition de garde.

Palagetto, c’est le bon soldat de San Gimignano. Des vins fiables, goûteux, sapides, bon marché. C’est un domaine raisonnable qui n’oublie pas de saupoudrer son travail de passion et de crédo. Une bonne adresse pour découvrir les vins toscans.

PALAGETTO
Sabrina NICCOLAI

via Racciano 10
I-53037  SAN GIMIGNANO

tél. +39 0577 943090
site internet : CLIQUEZ ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci Anna du temps consacré, et des explications éclairées transmises pour la rédaction de cet article. Pour voir la vidéo réalisée avec Anna, CLIQUEZ ICI.

vernaccia di San Gimignano « classique » 2010
nez minéral, foin, pamplemousse, joli. Bouche discrète, sympathique, bien construite, sans défaut. Bonne longueur.

les superbes coteaux du domaine donnent une vue imprenable sur San Gimignano, la « Manhattan » de Toscane, surnommée ainsi grâce à ses tours. Un moment de silence, de promenade, d’intense vie…

vernaccia di San Gimignano « Santa Chiara » 2010
Les raisins sont issus d’une vigne particulière, en altitude, au-dessus du domaine. Nez toujours sur le variétal (foin, pamplemousse), mais semble plus profond, plus terrien. Bouche bien meilleure, zesté, petites notes pétrolées, amers marqués et bien imbriqués. Bonne finale. Vin apéritif, bien encadré.

IDEM 2009
nez assez similaire, mais semble issu de raisins plus mûrs, ananas, zeste. Bouche sapide, tranchante, inattendue. Amers toujours bien marqués, et toujours bien imbriqués dans l’ensemble gustatif. Tonique en finale.

vernaccia di San Gimignano « riserva » 2007
nez marqué par le bois, miel, citron confit oriental. Bouche riche, concentrée, corsée, assez marquée par le bois. Finale rude. Un style, mais détonnant pour l’appellation.

une jolie gamme variée de vernaccia, des vins pas toujours faciles à déguster pour des palais non-avertis.

Chianti colli Senesi 2008
95 % sangiovese, 5 % de cépages divers. Nez très variétal, prune, épices, cannelle, beaucoup de fraîcheur olfactive. Bouche de caractère malgré la modestie de l’appellation, très intéressante, mais qui intéressera peu le béotien en la matière, par des amers de peau de raisins typiques du cépage. Finale gentiment « terroir ». Du Chianti authentique.

Chianti colli Senesi « Riserva » 2006
90 % sangiovese, 10 % merlot, élevés 2 ans en barriques. Très beau nez terrien, pruneau frais, noyau marqué. Bouche corsée, cassis, cerise, joli tanin au grain marqué. Développement riche, épicé. Ca part là encore sur des notes de cannelle, et ça revient sur le cassis. Long, intense. Pour 10 €, on en a largement pour son argent.

j’ai trouvé la gamme des Chianti Colli Senesi convaincante, sapide, concentrée et de belle tenue. De jolis vins à déguster dès aujourd’hui.

San Gimignano rosso « Sotto Bosco » 2006
80 % sangiovese, le solde à moitié de syrah et cabernet sauvignon. 2 ans en fûts dont peu de neufs, 6 mois en bouteilles minimum avant la vente. Les cépages sont élevés séparément. Très beau nez aromatique, un côté international, cassis, prune, poivre, fruits noirs, petit boisé marqué. Bouche vineuse, tanins un tantinet asséchant et c’est dommage car l’ensemble est de qualité. C’est certes consensuel mais bien fait. Finale vineuse, un peu sèche.

brunello di Montalcino « Podere Bellarina » 2005
nez fumé, prune, cannelle, terre, épices, certaine complexité. Bouche riche, complexe, ronde, mais le millésime tendre rend le vin sympa, ce qui est un adjectif curieux pour l’appellation. Dans l’ensemble, jolie bouteille que je trouve déjà prête à boire.

« Uno de Quatro » syrah 2005
Cette démarche du domaine est très amusante. Chaque année, il choisit le meilleur des quatre cépages cultivés, et en fait une cuvée d’exception. 2005, c’est la syrah, avec celle-ci élevée en fûts durant 18 mois, peu de neufs. Le nez est intense, de moka, d’épices, prune rouge, bonbon au coquelicot. Le poivre du variétal sort après un certain temps. La bouche est encore bien jeune, corsée, moelleuse, avec un tanin encore sauvage, mais sans violence. Bien concentré, bien construit, le vin finit en concentration et avec des définitions qui doivent se clarifier. A attendre, c’est très très prometteur.

une belle bouteille de syrah. Ce n’est pas mon cépage de prédilection, mais j’ai aimé cette bouteille aux parfums de prune et de moka. Aucune lourdeur, aucune surmaturité. C’était le piège à éviter, et c’est réussi.

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