8 février 2017

à Vouvray, Benoît GAUTIER, au domaine de la Châtaigneraie : mouvement utile

by Patrick Maclart

Benoît GAUTIER, 55 ans, a créé son domaine ex nihilo… « je souhaitais créer mes vins, m’exprimer, que j’étais capable de faire des choses. Mais mon père n’était pas prêt de lâcher les rênes. J’ai donc fondé mon domaine et loué des vignes ». On sent la volonté dans le propos, d’être autonome, de décider. Il va donc commencer avec 3 hectares en 1981, et l’opportunité en 1984 de doubler sa superficie, en achetant 3 hectares… « c’était une vigne quasiment en friches, et n’oublions pas qu’à l’époque les taux d’intérêt étaient à 13 % ! Et j’ai reconnaissance pour mon père qui m’a gracieusement loué des terres » ajoute-t-il redevable. Il se marie en 1987, son épouse Patricia s’occupe de la comptabilité.

Benoît GAUTIER à 55 ans dispose de plus d'énergie que bien des jeunes, et de plus d'idées que bien des chercheurs. Toujours en mouvement, et pas pour brasser de l'air !

Benoît GAUTIER à 55 ans dispose de plus d’énergie que bien des jeunes, et de plus d’idées que bien des chercheurs. Toujours en mouvement, et pas pour brasser de l’air !

Benoît veut être le meilleur, se situer dans le peloton de tête, il a de l’ambition… « on était toute une génération, il y avait à cette époque une émulation, partir à l’export, être sur la carte des meilleurs restaurants ! Mais après un temps, on rationalise. ». Il va apporter une vision à l’export, notamment en assurant la communication du syndicat de Vouvray dans cette branche, et insufflera de l’énergie et des idées.

A la vigne, le travail est réfléchi. Benoît ne veut que des raisins sains. Du travail des sols par ci et par là où c’est nécessaire « on n’a plus utilisé d’anti-pourriture depuis plus de 15 ans ! » me rétorque-t-il. Les engrais sont organiques. Benoît dispose de terroirs exceptionnels, dont certains sur silex… « on les sent bien quand on passe au tracteur dessus ! » rétorque-t-il amusé.

vous en voulez du silex ? Venez donc dans cette vigne à Rochecorbon, ça en regorge ! Et ça donne ce caractère si particulier aux vins.

vous en voulez du silex ? Venez donc dans cette vigne à Rochecorbon, ça en regorge ! Et ça donne ce caractère si particulier aux vins.

Au chai, les vendanges sont mécaniques à 90 %, essentiellement pour raisons administratives. Tri à la main, pressurage pneumatique (depuis 1991), généralement entre 3 heures et demi et 5 heures pour les vins tranquilles. Levures indigènes si le millésime est bon.

les tables de remuage ne sont plus là que pour le folklore, mais on aime autant la tradition que la modernité au domaine. C'est le bon sens qui prime.

les tables de remuage ne sont plus là que pour le folklore, mais on aime autant la tradition que la modernité au domaine. C’est le bon sens qui prime.

Pour les élevages en barriques, les vinifications en bois, et l’élevage durera entre 7 mois et un an. Ici l’impact du millésime est énorme, la météo influençant beaucoup la récolte.

Aujourd’hui, le domaine s’étend sur 18 hectares et produit 85.000 bouteilles, et un peu de vrac à la vente. L’export représente 90 % des vins tranquilles (!), mais seulement 10 % des effervescents. Les marchés principaux à l’étranger sont les USA, le Canada, le Benelux, et une partie non-négligeable sur l’Europe de l’est, principalement la Pologne et la Russie.

Benoît est en constant mouvement, plein d’idées la tête, et tant pis si elles sont erronées. Si on veut synthétiser le bonhomme, car c’en est un, avec de l’honneur, de la parole et de l’humour, on pourrait dire qu’il a 5 idées à la seconde, fait 5 boulots différents en une heure et se déplace environ sur 500 kilomètres par jour, y compris (et surtout) à pieds. L’homme sait se tromper, repartir, s’adapter. Ce n’est pas un Don Quichotte chassant les moulins, brassant du vent en vociférant. Non, Benoît GAUTIER, c’est le mouvement utile avec un objectif : vers l’avant.

enseigne

Domaine de la Châtaigneraie
Benoît GAUTIER

« la Cholterie »
F-37210  ROCHECORBON

tél. +33 (0)2 47 52 84 63
site internet : CLIQUEZ ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ, mais aussi à différents moments, autant festifs que studieux. Merci Benoît pour ta disponibilité et ton énergie solaire. Pour voir la vidéo réalisée avec Benoît, CLIQUEZ ICI.

panier-et-bouteilles

Vouvray brut « Bubble’s Kiss » non-millésimé
nez frais de poire, pomme, petites touches de fruits secs en fond de nez, qui encadrent le sourire du nez. La bouche est ronde, séveuse, tout en restant dans un caractère brut. C’est long, persistant, très belle effervescence. Une bulle ligérienne comme on aimerait en boire plus souvent. Rétro impressionnante.

des bulles comme celles-là, on en boirait des seaux !

des bulles comme celles-là, on en boirait des seaux !

 Vouvray « clos la Lanterne » 2009
joli nez de poire et citron, profond, complexe, notes épicées, belle générosité sincère. La bouche est une perfection harmonieuse entre présence, complexité et joie. La trame acide est présente et bien placée. C’est long, intense et généreux, finale sur la petite poire.

IDEM, millésime 2013
nez intense, explosif, stratosphérique de poire juteuse, d’épices. La puissance prend le pas sur la complexité, mais le temps inversera les choses, on sent le vin d’exploit, le vrai coureur de fond. La bouche touche au sublime : riche, intense, vibrante, explosive. On y trouve les notes du nez, avec une richesse rare, une intensité qui ne laisse pas l’émotion de côté. La finale est d’une longueur merveilleuse, intense, concentrée. Un chenin d’anthologie, qui restera autant dans les annales que dans les caves… Un vin de souffle.

grand, mais alors très grand Vouvray que ce "clos la Lanterne", parmi mes plus belles émotions en chenin. En plus, ça tient la route. Et le prix ? une misère pour une telle qualité. En flattant Benoît, il vous sortira de sa réserve quelques millésimes prêts à boire.

grand, mais alors très grand Vouvray que ce « clos la Lanterne », parmi mes plus belles émotions en chenin. En plus, ça tient la route. Et le prix ? une misère pour une telle qualité. En flattant Benoît, il vous sortira de sa réserve quelques millésimes prêts à boire.

IDEM, millésime 2012
nez très réservé, le fond de nez évoque la tarte Bourdaloue. La bouche est sur la trame acide, mais une acidité jolie. Ca part sur la finesse et l’élégance, ça va encore se centrer. Bien.

IDEM, millésime 2005
Superbe, mais alors superbe nez ! Complexe, épices, cardamome, poire, minéral, le tout très présent. La bouche est complexe, toujours sur les épices, belle amertume qui souligne la complexité. La minéralité s’exprime en finale. On sent le terroir. Très long, top !

si ça ce n'est pas un beau chenin, je n'y connais rien !

si ça ce n’est pas un beau chenin, je n’y connais rien !

Vouvray « Argilex » 2013
assemblage de diverses parcelles d’argile et de silex dits « perruches ». Elevé 7 mois en cuves sur lies fines. Nez de bonne complexité, coing, aubépine, pâte d’amandes, amers perceptibles. La bouche est tendre, agréable, équilibrée, plutôt sur la fraîcheur et la finesse. Fiable, bonne longueur.

vous avez demandé des silex... Ne quittez pas...

vous avez demandé des silex… Ne quittez pas…

IDEM, millésime 2015
nez agréable de fruits blancs (poire, pomme), jolies notes florales, tout est accessible et plaisant. La bouche est fine, jolie tension acide mûre dès l’attaque de bouche, qui fait évoluer l’ensemble vers un fruité convaincant et abordable. La finale est confortable. Un vin de plaisir qui ne crache pas sur ses racines.

un Vouvray tout en tendresse, tout en fruit, tout en sympathie... Ca fait du bien.

un Vouvray tout en tendresse, tout en fruit, tout en sympathie… Ca fait du bien.

« Vouvray de Gautier » 2005 – demi-sec
nez sur un joli fruit riche, pomme reinette, épices tendres. La bouche est riche, grasse, présente. C’est long, un vin baroque, à boire avec une odalisque…

IDEM, millésime 2015 – demi-sec
nez intense et net de nashi (poire japonaise), très complexe, jolie maturité propre et expressive. La bouche présente un bel équilibre entre sucre, amertume, structure, fruit et sucre. C’est harmonieux, plein et long. Parfait sur la cuisine thaïlandaise, pensez-y !

pourquoi ne pense aux demi-secs de Vouvray sur la cuisine thaïlandaise ou indienne ? Ce serait pour moi le mariage absolu, non ?

pourquoi ne pense aux demi-secs de Vouvray sur la cuisine thaïlandaise ou indienne ? Ce serait pour moi le mariage absolu, non ?

IDEM, millésime 2003 – tendre
nez de pamplemousse frais et mûr, petites notes de fruits secs. La bouche est superbe, juteuse, coing confit. C’est riche tout en restant juteux, opulent et terriblement équilibré, quelle réussite ! Longueur inouïe.

Vouvray moelleux « cuvée du 5 novembre » 2005
nez complexe, multidimensionnel : citron confit à la marocaine, poire tapée, épices à profusion (curcuma, grains de coriandre, et encore !). La bouche est pleine, riche, complète, excitante, sensuelle, un vrai conte des 1.001 nuits ! Finale à la Verdi, ça n’en finit plus. Bouteille d’exception, probablement le meilleur Vouvray moelleux que je n’aie dégusté.

un vin tout simplement exceptionnel, en dehors de tout superlatif. Achetez si vous pouvez, le prix est donné, mais les quantités...

un vin tout simplement exceptionnel, en dehors de tout superlatif. Achetez si vous pouvez, le prix est donné, mais les quantités…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*