3 février 2012

à Château-Chalon, le domaine BERTHET-BONDET : un type bien, tout simplement.

by Patrick Maclart

Jean BERTHET-BONDET ne se prédisposait pas forcément à un métier de vigneron. Son diplôme d’ingénieur agronome obtenu, il cherche sa voie. Mais certain, ce sera un métier où ça bouge, où ça crée, et où la reconnaissance de la profession pourra se faire.

le physique d’un bonze bouddhiste et le débit de voix calme, un moment passé avec Jean BERTHET-BONDET équivaut à des heures de yoga… Même ses vins de caractère vous poussent à la méditation des grands terroirs du Jura.

C’est curieusement un échec qui l’amènera à la vigne. Essuyant un refus à un poste de chercheur à l’INRA, il décide de devenir son patron, un peu par défi. Et la vigne s’impose. De chercheur agronome, il deviendra trouveur de nectars. « Le Château-Châlon était NOTRE grande bouteille familiale, et si la Bourgogne m’attirait au plus haut point, mon portefeuille lui m’en repoussait ! Le Jura s’est ainsi imposé. » dit Jean avec humilité et sagesse. Il arrive début 1984, après avoir travaillé chez Macle; « Il m’a donné de bonnes bases ! » s’enthousiasme gentiment Jean.

Formation DTO à Dijon, ça complétait bien. Démarrage avec 3 hectares environ, et de de suite Jean démarre la mise en bouteilles. Aujourd’hui, ce sont 12 hectares qui sont ainsi exploités par ce vigneron réfléchi, et la surface va hélas diminuer, dont une bonne partie en Château-Châlon. Un vigneron va en effet reprendre des vignes qui étaient en fermage. D’autres vignes toutefois arriveront, mais en côtes du Jura.

le site de Château-Chalon est aussi superbe que spectaculaire… L’automne lui sied à merveille.

Et l’avenir ? « Je n’ai pas d’enfant qui souhaite reprendre, et je n’arriverai pas je pense à arrêter brutalement, dit calmement Jean. L’histoire du domaine OVERNOY me plairait beaucoup de vivre. » Pour l’instant, dans le proche avenir, c’est la conversion en bio. Cela fait des années que Jean y pense, et ce depuis un choc, celui du premier candidat écologiste à la présidence. Ca lui trottait dans la tête, déjà le travail était fait en bio. Il a franchi le Rubicond et sera certifié en 2012. Les vendanges sont bien sûr manuelles et le travail au chai spécifique aux vins du Jura.

Jean BERTHET-BONDET est un type bien, c’est naturel chez lui, comme tout ce qu’il dit, qu’il vit, qu’il fait. Somme toute, c’est un homme heureux.

Domaine BERTHET-BONDET
Jean BERTHET

Rue de la Tour
F-39210 CHÂTEAU-CHALON

Tél. : 03 84 44 60 48
site internet : cliquez ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ, mais aussi au salon bio des vins du Jura « le nez dans le vert ». Merci Jean pour ce beau moment d’authenticité. Pour voir la vidéo réalisée avec Jean, cliquez ICI.

Crémant du Jura non-millésimé – 8.80 €
à grande dominante de chardonnay à 90 %, le reste en savagnin, poulsard et trousseau. Le nez est délicat de petites poires, brioche, floral en fond de nez. Si l’attaque en bouche est discrète, le développement part curieusement sur des notes florales et de lychee. Persistant, presque féminin dans sa puissance.

Côtes du Jura « Rubis » 2009 – 8.30 €
40 % poulsard, 40 % trousseau et 20 % de pinot noir. Le nez est élégant, joli petit fruit, bourgeon de cassis. Bouche fine, sympathique, sans vice ni vertu. Jean a eu l’intelligence de sortir le meilleur parti de ses raisins.

côtes du Jura chardonnay 2009 – 8.80 €
de vieilles vignes venant de 2 parcelles entre Lavigny et Pannessières. Nez bien fait, discret, tout jeune, mais bon fond de chair de fruit, encore réservé. Bouche sur les fruits, l’amande fraîche. Dense, la finale termine en fanfare, avec un côté pâte d’amande, du floral et du coing.

côtes du Jura « naturé » 2009 – 10.60 €
c’est le nom donné aux savagnins ouillés, sans la technique du voile. Nez un peu exotique, un peu ananas, mais pas trop marqué, zeste confit. Bouche ronde, agréable, intense, fruit convaincant qui revient d’autant mieux. Long, j’achète !

la production de savagnins « naturés », c’est à dire qui ne sont pas élevés en milieu oxydatif, qui ont donc subi un ouillage au niveau des fûts, est des plus convaincantes chez Jean. Ce sont d’ailleurs ces vins qui m’ont donné envie d’aller à sa rencontre.

côtes du Jura « naturé » 2010
nez net, superbe de pamplemousse, complexe, s’annonce déjà superbe. Bouche dans le même esprit d’excellence, aussi puissante que fine, belle tension, le pamplemousse revient à la charge, avec un peu de fleur d’oranger et d’abricots. Toujours aussi long, ample et personnel. Là encore j’achète !

côtes du Jura « savagnin » 2006 – 16.50 €
élevé 3 ans sous voile. Le nez est typique de ce type de vins, noix, beaucoup de fraîcheur, du floral, c’est beau et séduisant. Bouche corsée et fraîche, superbe balance. Finale « queue de paon » sur de la noix, un grillé-fumé superbe et de beaux amers. Génial.

Château-Châlon 2004 – 30.80 €
nez intense, vibrant, concentré, riche de noix, de beurre frais, semble si jeune. La bouche est concentrée, fine malgré tout. La rétro est impressionnante; de la finesse en milieu, ça fait du bien, c’est bon ! Persistant.

Ce n’est pas tous les jours qu’on a accès à de grands vins du Jura… Château-Chalon 2004 et 1992… De l’émotion, forcément.

Château-Châlon 1992 – épuisé
nez plus évolué, toujours sur la noix, noisette chaude, champignons. Bouche ronde, plaisante, élégante, fine et finit toujours sur la noisette. Complexité certaine en finale.

vin de Paille 2005 – 20.70 €
nez hyper-complexe, mandarine, pâte de fruits, touche de miel, très beau. Bouche concentrée, complexe, suave, sexy, épicée, muscade, safran. Finale pâte de coing, sans excès sur les arômes du coing. On finit sur la mandarine.

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