12 avril 2013

en Chianti Classico, CASTELLO di QUERCETO : la noblesse de ses racines.

by Patrick Maclart

On peut se demander pourquoi une famille vigneronne du coeur de l’Italie porte un patronyme si français. Il faut pour cela remonter dans l’histoire. Alessandro FRANCOIS représente la septième génération transalpine.

Alessandro FRANCOIS est fier d’être de souche française, mais encore plus fier d’être Toscan. Il a conscience de l’importance de ses racines, et aime à montrer avec fierté l’immense travail réalisé par son grand-père, qui avait tout compris à l’importance du climat, dans son altitude et sa nature de sol.

La famille est d’origine savoyarde. Au départ, au XVIème siècle, l’ancêtre d’Alessandro est le banquier et ministre du Duc de Lorraine, qui sera durant quelques temps le seigneur de Toscane. C’est donc naturellement qu’il s’installera dans cette région, et qui continuera d’y vivre après le transfert de domination. Les François en Toscane sont synonymes de respect et d’implication. Le grand-père d’Alessandro sera par ailleurs l’un des 33 vignerons à fonder le Consorzio des Chianti Classico. Voyant le nom de ce beau vignoble galvaudé par une extension de surfaces, et l’adjonction de cépages blancs, il redessine avec ses collègues le contour de la future DOCG.

l’imposante demeure a quand même fière allure.

C’est ce même homme qui achètera Castello di Querceto en 1897 et qui remembrera tout le domaine, il fera une cartographie complète des vignobles, et plantera ce qui lui semblera le plus judicieux. En fonction de l’altitude, de la nature du sol, les cépages seront adaptés pour arriver à la perfection, ou tout au moins à sa recherche. Cet homme a toute sa vie été considéré comme un expert du vin.

Aujourd’hui, Alessandro s’est adapté au goût du jour. Des cuvées de « super-toscans » ont été créées, afin de répondre à la demande du marché, mais aussi parce que certains sols se sont avérés vraiment adaptés à la culture de ces cépages, tels le cabernet sauvignon ou le merlot.

même si on y trouve de la barrique ,la tradition de l’élevage en foudres existe bel et bien à Castello di Querceto.

Le travail des vignes est conventionnel, et les vinifications traditionnelles, pas toujours très longues, pour protéger le fruité, la gourmandise. Toutefois, pour certains vins, ce sont des élevages de 2 ans qui seront engagés. Notons l’utilisation modérée du bois neuf, mais surtout la qualité d’un vignoble de vieilles, voire très vieilles vignes qui à ces altitudes (Querceto est l’un des plus élevés) ne donneront jamais beaucoup de raisins. La qualité de fraîcheur du sangiovese sera ainsi préservée. Pour les Riserva par exemple, un pied de vigne produira l’équivalent d’une bouteille.

Même si le chai à barriques est vaste, il n’a rien de spectaculaire. Seulement un endroit où le vin se repose avant sa brutale mise en bouteilles, pour un nouveau repos.

La presse est unanime : il s’agit là d’un grand domaine de l’appellation. Je me fie plutôt à ma dégustation, où tous les vins se sont avérés impeccables, avec tous une grandeur toute seigneuriale. Bon sang ne saurait mentir. Alessandro a su s’enrichir des racines de son passé, et a su écouter le présent pour envisager l’avenir, où sa progéniture suivra le très long chemin déjà tracé. Espérons-leur la même grandeur.

Castello di Querceto
Alessandro FRANCOIS

via Alessandro François  2
I-52020  GREVE IN CHIANTI

tél. (+39) 055 85921
site internet : CLIQUEZ ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci Alessandro pour ce moment de simplicité et de partage qui fait de certains hommes des seigneurs, bon sang ne saurait mentir. Pour voir la vidéo réalisée avec Alessandro, CLIQUEZ ICI.

Chianti classico 2009
92 % de sangiovese, colorino et canaiolo pour le solde. Nez de prune, minéral marqué, épices. Bouche à la bonne rondeur, tout ça dans une sacrée vinosité, marquée par des arômes d’olives, de noyau. Belle vigueur, c’est tonique, une bonne trame acide. Finit sur la fraîcheur, avec une rétro vineuse.

Chianti classico « Riserva » 2008
95 % sangiovese, 5 % canaiolo. Elevage de 12 mois sur fûts dont peu de neufs. Nez un peu plus réservé, fumé, prunes, girofle, pointe viandée. Bouche belle, traditionnelle, fumée, superbe tanin mêlé à l’acidité. Finale longue, intense, salivante. Rapport qualité-prix-plaisir imbattable. Du vrai, du bon sangiovese !

le Chianti Classico Riserva 2008 m’a comblé par la corbeille de fruits qu’il a dégagé tant au nez qu’en bouche. Certes si ce n’est pas le plus complexe ou le plus profond de la bande, c’est très certainement une bouteille de sincérité, de joie, et d’une grande buvabilité.

Chianti classico « Riserva – il Picchio » 2008
92 % sangiovese, 8 % canaiolo, issu d’une parcelle de vieilles vignes. Nez bien mûr, cassis, prune, mûre. Bouche tannique, assez rugueuse, fruit bien mûr, tanin bien placé. Long, mais cette petite pointe de surmaturité me fait préférer le précédent.

IGT Toscana « la Corte » 2006
100 % sangiovese, classé dans cette appellation car à l’époque les 100 % sangiovese ne pouvaient prétendre au titre de Chianti classico. Nez magnifique, frais, fruité, plus sur le fruit que les épices, un petit côté café, beaucoup d’élégance. Bouche à l’attaque fine et suave, qui développe de la finesse, de la rondeur, avec un tanin qui arrive sur la finale, pour encadrer un ensemble qui finit sur le fruit, avec une superbe vinosité et des arômes de raisins noirs qui reviennent. Quelle élégance pour un sangiovese, gros coup de coeur !

IGT Toscana « Il Querciolaia » 2006
65 % sangiovese, 35 % cabernet sauvignon, élevés entre 18 et 20 mois en fûts de chêne, dont peu de neufs. Nez de fruits noirs, fumé, cassis, café, fruits rouges en fond de nez. Bouche ronde, fruitée, au boisé légèrement marqué. Le développement est terrien, avec un tanin tonique, autoritaire, mais bien placé. Finale aujourd’hui un peu asséchante, mais qui va s’arrondir demain, j’en suis certain.

IGT Toscana « Cignale » 2006
cabernet sauvignon 90 %, merlot 10 %. Elevé en fûts de chêne durant 20 à 24 mois. Nez sérieux, minéral, terrien, raisin, fruits noirs, complexe pour un 2006. Bouche fine, élégante, un peu monolithique, très cabernet sauvignon somme toute. Malgré tout, l’ensemble est sapide et interessant. La finale part vers les épices et le raisin de Corinthe, un côté graphite arrive, avec de la rondeur qu’on espérait en bouche. Vin d’esthète.

IGT Toscana « il Sole di Alessandro » 2006
cabernet sauvignon pur, de macération longue, et d’élevage sur fûts exclusivement durant 20 à 24 mois. Nez assez complexe, fruits secs, forêt, buisson. Bouche fruitée, mûre, tanin un tantinet mordant, ça finit sur un fruité framboise, avec une rondeur qui arrive en toute finale. C’est dans l’ensemble plutôt « roman ». Le fruité acidulé en toute finale persiste longtemps.

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