9 mars 2012

en Asti, le domaine LA GHERSA, Massimo PASTURA : bien sous tous rapports.

by Patrick Maclart

Ma rencontre avec Massimo PASTURA restera un excellent moment. J’ai aimé chez cet homme sa fierté mesurée, sa bonne conscience et son grand professionnalisme. Il représente à 41 ans la 4ème génération de vignerons au domaine. Il a commencé à travailler dès 1989 « à l’école de la famille ! » aime à dire Massimo. En effet, son père Giulio, suite à des problèmes de santé, était en train de perdre la vue.

Massimo PASTURA fait partie des hommes que j’aime sincèrement. Une fierté justement placée, une conscience du travail bien fait, une volonté énergique… On a tout pour être de bons copains.

En Italie, on est fier de sa famille, et c’est ainsi que Massimo m’apprend que c’est son arrière-grand-père, qui maîtrisait à perfection la greffe, a été l’un des artisans de la reconstruction de la région d’Asti suite au phylloxera, en greffant la barbera sur pied américain, au sortir de la première guerre mondiale.

A la reprise du domaine, Massimo a d’abord recentré le vin sur les vignes, en arrêtant le négoce. Il a entamé la sélection parcellaire, plutôt que des assemblages gradués par qualité. « Mon père a commencé à me laisser faire avec une petite quantité de raisins, mais quand il a vu la réaction du marché, de la presse spécialisée, alors qu’on n’en avait jamais faite, il a dû me donner raison. » me dit Massimo sans orgueil aucun, ici on a le respect de ses anciens.

Le travail à la vigne est propre, sans pesticide ni herbicide, et Massimo suit la convention 214, qui limite l’impact des produits phytosanitaires dans l’environnement. Les herbes sont tondues, les sols griffés.

Au chai, Massimo n’est ni traditionnel, ni moderne. Il prend ce dont il a besoin. S’il utilise certaines levures, les enzymes sont proscrits, pas de bactérie pour les malos qui se font naturellement. De nombreux vins sont vinifiés en cuves béton qui apportent pour lui bien des qualités aux vins rouges. Il maîtrise et il applique.

Chez Massimo, c’est le vin qui commande la vinification, aucun dogme au chai. Les barriques neuves peuvent cotoyer les foudres… C’est ici le cas.

Acquérir les vins de la Ghersa, de Massimo Pastura, c’est d’une part être certain d’en avoir pour son argent, mais aussi une conviction que le summum du terroir aura été mis dans la bouteille, car Massimo ne veut qu’une chose : votre plaisir, et il y met toute son âme et son labeur. A votre bonne santé !

Cascina LA GHERSA
Massimo PASTURA

loc. Chiarina 2
I-14050 MOASCA

tél. +39 0141 856 012
Site internet : cliquez ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci Massimo pour l’heure tardive de notre dégustation, et ce fabuleux dîner qui s’en est suivi. Je me méfierai désormais quand je dirai que j’aime les fromages forts ! Pour voir la vidéo réalisée in situ avec Massimo, cliquez ICI.

une gamme variée, qualitative, authentique, où chacun trouve ce dont il a besoin. A la vôtre !

Massimo Pastura « il Poggio » Gavi 2010
100 % cortese, sur terre rocheuse. Le nez est guilleret de groseille à maquereau, poire, simple mais sympa. Bouche sympa, ronde, élégante, fruitée, avec un côté poire très marquée, avec des notes florales en finale. Jolie rétro florale un peu zestée.

« Sivoy » Monferrato 2009
assemblage timoraso, cortese, chardonnay et sauvignon. Nez charmant d’acacia, de poire, de buisson. Bouche ronde, élégante, poire et touches de noisette. Finale fine, dotée d’une belle acidité.

un vin blanc du Piémont complexe, fin et personnel… On n’en trouve pas partout. Ici, on est sur une belle bouteille gastronomique. Sivoy se doit d’être sur la carte des bons restaurants italiens.

« Timian » Colli Tortonesi 2010
100 % timorasso. Nez d’aubépine, très floral, pomme golden. Bouche ronde, fruitée, assez concentrée et charnue, un côté noisette grillée en bouche. Long, persistant, peu de rétro mais très persistant.

Monferrato chiaretto « Piage » 2010
rosé de saignée, uniquement en cépage barbera. Nez discret, raisin, mûre, notes de marasquin. Bouche coulante, gouleyante, assez facile, de bon aloi. La finale est intéressante, car c’est un rosé de caractère, avec de la vinosité et une impression tannique. Belle acidité. Vin pour accompagner la cuisine, indéniablement.

Grignolino d’Asti « Spineira » 2009
vinifié 8 mois en cuves béton. Très joli nez de framboise, de poivre, fraîcheur. Bouche à l’attaque picotante et acidulée, fruitée, cerise acide, joliment fait, acidulé en finale. Personnel, charmant, printanier, excellent ! Un vin pour séduire une belle blonde, par exemple…

Le grignolino est le poulsard du Piémont. Croustillant comme de la petite griotte, parfumé comme une jouvencelle allant à son premier bal, c’est le vin de printemps par excellence. Allez à la découverte de ce vin de sourire.

barbera d’Asti « Piage » 2010
élevé 6 mois en cuves béton. Nez de cerise chaude, d’épices, un côté pâtisserie. Bouche souple, douce, fruitée, mais de caractère et de la concentration, sans excès. Jolie finale croquante, vin parfait d’harmonie, d’équilibre et de mesure.

barbera d’Asti « Camparo » 2008
élevé 12 mois en foudres et fûts de 500 litres. Nez intense, profond, cerise noire, notes minérales. Terrien, des notes de griotte et de grenade en fond de nez. Bouche bien faite, équilibrée, savoureuse, avec un placement de l’acidité parfait. Les tanins sont soyeux, la structure est belle, ça tiendra dans le temps pour quelques années. Belle longueur. Si vous allez au domaine, Massimo vous racontera la charmante histoire de l’origine du nom de cette vigne.

barbera d’Asti superiore « Vignassa » 2007
issu de vieilles vignes d’une soixantaine d’années, et élevé 18 mois en fûts dont 25 % de fûts neufs. Nez vibrant, grand, prune, cerise, sucre roux, cannelle, belle expression. Bouche confortable dans sa puissance, veloutée mais dotée d’une belle trame acide. Belle finale en fraîcheur.

barbera d’Asti superiore « Muaschae » 2007
l’élevage est identique au vin précédent, si ce n’est que 30 % des raisins sont passerillés et vinifiés avant Noël. Le nez part sur la prune intense, la chair de prune, la muscade, le moka, des notes d’églantier. Terrien, complexe. La bouche est ici encore confortable dans son expression, mais c’est concentré et de caractère. Finale concentrée. De grande garde.

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