17 janvier 2012

à Barbaresco, Andrea SOTTIMANO : la forza tranquilla.

by Patrick Maclart

Andrea SOTTIMANO, 36 ans, représente seulement la deuxième génération du domaine. « C’est mon père Rino qui l’a créé de toutes pièces. Quelques études d’oenologie, quelques achats de parcelles, et il s’est lancé en 1971 », me dit calmement Andrea.

Andrea SOTTIMANO peut paraître jeune aux yeux de certains. C’est un homme à la détermination réfléchie, à l’expérience riche de l’écoute des autres… C’est la forza tranquilla. Ici, la vigne de « la Cotta », au nord de l’appellation, sur argilo-calcaire blanc. Appréciez la présence d’herbes, et donc l’absence de désherbant…

Le tableau est déjà peint : c’est un domaine hors du commun où l’homme a vraiment sa place, et ça se sent. Andrea est né dans la vigne… « J’adorais aller dans la vigne dès tout petit, monter sur le tracteur avec mon père. En tout cas, mon père ne m’a jamais forcé à devenir vigneron. C’est un choix personnel que j’ai fait dès l’âge de 14 ans. J’ai pris seul cette décision ». Là encore, l’homme s’exprime et son calme tranche tant avec sa détermination.

Un diplôme d’oenologie obtenu à Alba, des stages à Bordeaux, mais l’essentiel de ses connaissances viennent de son père. Lui n’a apporté (selon lui) que quelques petits éléments qui ont fait progresser la cave. Exemple ? De la futaille « à la bourguignonne », avec la collaboration de la tonnellerie FRANCOIS, l’approche du vin avec malos naturelles, une obsession de la thermorégulation, que son père avait déjà adoptée, l’élevage sur lies… Bref des choix que le père et le fils ont faits ensemble…

Aujourd’hui, le domaine s’étend sur 15 hectares pour élaborer 70.000 bouteilles. Ici pas d’esbroufe, que du naturel, que du vrai. Le domaine n’est pas bio, mais les vignes sont travaillées sans produits pénétrants, qu’en produit de contact, qu’en fumure naturelle, pas de désherbant, pas de fongicide, pas d’anti-pourriture… Le traitement contre le mildiou ou l’oïdium ne se fait que si nécessaire, et c’est loin d’être tous les ans. Quant à Andrea, il parle de tout ça avec un calme déterminé.

l’élevage est un point important pour Andrea. Sa collaboration avec la tonnellerie François porte ses fruits, grâce à l’écoute mutuelle de chacun.

Au chai, on reste dans le même esprit. Les vendanges sont exclusivement manuelles. De toute façon, les pentes du pays empêcheraient toute velléité à la mécanique. Jamais de levurage ni d’oxygénation, ni d’azote, ni d’enzymage; bref le vin se fait, tout simplement. « Je ne suis opposé en rien, mais je n’applique pas ces techniques. Le fait de dire que je me les interdis ferait de mon travail une évangile, et aussi une diatribe à l’encontre de mes collègues. Je ne détiens aucune vérité. ». Là encore Andrea épate par sa justesse d’esprit, par cette forme de sagesse.

Les élevages sont longs, sur des bois de type bourguignon, sur lies, et mis en bouteilles sans collage ni filtration.

Le résultat ? Des vins vibrants, immenses, parlants, et qui vous laissent forcément une impression de force tranquille… C’est bien ce que je vous disais, la qualité d’Andrea et de son père a été transmise aux bouteilles, et que bien leur fasse. Ce sera à notre santé.

Azienda SOTTIMANO
Andrea SOTTIMANO

localitta Cotta
I-12057 NEIVE

tél. +39 0173 635186
site internet : cliquez ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci Andrea de tout ce temps consacré, et à ce beau moment de vie que tu as partagé avec moi. Pour voir la vidéo réalisée avec Andrea, cliquez ICI. Une vidéo où on ne s’ennuie à aucun moment.

La gamme est complète, élégante, racée et bien habillée. Du grand travail.

dolcetto d’Alba « Bric del Salto » 2010
Elevé 8 mois en cuves. Nez parfumé, tabac, prune, épices. Bouche fine, tendue, vineuse, encore très réservée, mais la finale est fruitée, la rétro sur la groseille et les épices douces. Va encore évoluer dans le bon sens.

barbera d’Alba « Pairolero » 2008
Elevé 18 mois sur fûts environ. Nez complexe : fruits noirs, floral (oeillet), un côté lacté. La bouche est extraordinaire de fruits noirs, tellurique, épices, de chair de pomme. Long, intense, de garde, indéniablement.

De la complexité, un côté tellurique, tellement « terroir », un potentiel de garde indéniable. Cette barbera sommeille dans ma cave.

Langhe Nebbiolo 2009
Elevé 15 mois en fûts. Les vignes sont plantées sur le secteur de Basarin, sur la commune de Neive, en altitude et de vignes assez jeunes (15 ans). Nez fruité, cerise, fraise, chêne. Bouche tannique, puissante, mais mesurée. Le tanin domine aujourd’hui le milieu de bouche. La finale se termine sur des notes telluriques et minérales. Vin salivant.

Barbaresco « Fausoni » 2008
Elevé 26 mois sur fûts. Fausoni provient d’un secteur d’argile sableuse, à 220 mètres d’altitude, sur le secteur de Neive, réputé pour son élégance et sa finesse. Le nez est sur la prune, les épices, la cannelle, c’est complexe à ce jour. La bouche est fine, tendue, avec un joli fruit de framboise, un tanin élégant. Finale aérienne (toute proportion gardée, bien sûr), juteuse, personnelle.

Barbaresco « Pajorè » 2008
Elevage identique au précédent, mais provenant de la commune de Treiso, d’un sol calcaire et d’argile caillouteuse, d’un sous-sol très dur. Un très beau nez fumé, une certaine bourgeoisie de parfums (prune et framboise, impression confortable). Bouche fermée, carrée, stricte, structure autoritaire, le tanin du raisin (j’insiste) fait la loi en bouche, et surtout sur le plat de la langue. Intense, la finale est très longue. Vin vraiment complexe, à ne pas mettre entre tous les palais.

Barbaresco « Cotta » 2008
Toujours le même élevage, mais sur sol argilo-calcaire blanc, typique des sols du nord de l’appellation. Nez de mûre sauvage, un côté terrien très marqué, chair de pomme. Bouche corsée, volumineuse, du cassis en milieu de bouche, avec une finale de grande complexité. C’est classe, racinaire, j’adore. Ce genre de vins entre dans mon goût personnel.

être « terroir », racinaire, parfumé de fruits noirs en ayant classe, distinction, élégance et profondeur, ce vin fait partie de ceux que j’aime, ceux que j’encave… L’une des plus jolies perles du Piémont.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*