24 janvier 2011

en Bourgogne : Philippe TREBIGNAUD au domaine de la Sarazinière à Bussières – Mâcon alternatif.

by Patrick Maclart

La région maconnaise connaît un succès croissant tant en France que dans le monde. Ses chardonnays mûrs, boisés et larges ne peuvent que conquérir un public de plus en plus exigeant sur la qualité de ce qu’il boit. De surcroît, dans la plupart des cas, les prix sont restés sages.

Cependant, les vins ont tendance à être stéréotypés, ils sont parfois excessifs. Les petits Mâcon, élevés brièvement dans des fûts aromatiques veulent avoir des gueules de Pouilly; et les Pouilly suivent des cours de body building. Si bien que la notion de terroir s’efface au profit de sucres, de boisé, et de maturité trop présents.

Il reste toutefois quelques briscards pour qui l’expression de leur terroir est un sacerdoce. Philippe TREBIGNAUD fait partie de cette race d’hommes. C’est le Mâcon alternatif.

Une gueule à la Lino Ventura, un coeur gros comme ça, des vins pas possibles, voici un portrait chinois de Philippe.

Installé à Bussières, discret et joli village du maconnais, il est à la tête de 6 hectares. L’ensemble du vignoble a un âge respectable, avec des vignes plantées en 1926 ! N’étant pas en bio, il est néanmoins sensible à la santé de son végétal et de son sol. Les labours sont très nombreux et évitent ainsi l’utilisation d’herbicides. Pour le reste, les traitements restent minimalistes, au strict nécessaire. Les vendanges sont manuelles.

L’ensemble de la gamme est de haut vol, avec des prix plus que raisonnables pour la qualité. 32.000 cols sont élaborés environ chaque année, dont la plupart des bouteiles partent à l’étranger (Suisse et Asie).

Ce qui est encore plus étonnant, c’est que Philippe élabore certainement les meilleurs Mâcon rouges. A base de gamay, aucune macération carbonique, tout à la bourguignonne, et de longs élevages sur fûts. Il faut un raisin impeccable pour réussir ce tour de force.

Je vous l’ai écrit, Philippe est le Mâcon alternatif, pas racoleur, pas mondain, pas tape-à-l’oeil, mais authentique. Une espèce de Lino Ventura de la vigne…

Domaine de la Sarazinière
Philippe TREBIGNAUD

F-71960  BUSSIERES

tél. +33 (0)3 85 37 76 04
site internet : CLIQUEZ ICI

DEGUSTATION

Les vins ont été dégustés « in situ ». Merci Philippe pour ce grand moment encore passé ensemble, comme tous les moments que nous avons partagés.

Aligoté « clos des Bruyères » 2008 – 7.80 €
Des notes citronnées, un côté pâtissier en bouche, jolie rondeur. Croquant, plaisant, printanier, du bonheur.

Aligoté « clos des Bruyères » 2007 – 7.80 €
Etonnant, floral, épicé. Du gras, cet aligoté élevé 18 mois sur lies ne ressemble en rien aux aligotés impersonnels et metalliques. Quel boulot, quel caractère. Gastronomique, impressionnant. Après longue aération, le variétal vient s’imposer dans la jolie conversation du vin.

Mâcon-Bussières vieilles vignes « Claude Seigneuret » 2008 – 9.50 €
en cours d’élevage et en fin de malo. Nez net de pommes vertes. Jolie bouche, impression de pêche juteuse, l’ensemble est très propre et net.

Mâcon-Bussières « le Pavillon » 2007 – 8 €
Joli nez net, de très belles notes minérales. bouche tendue, structurée, sur la pomme, impression « crayeuse », à découvrir IMPERATIVEMENT. La gueule des grands Chablis avec le soleil du Maconnais. complet, long, de caractère.

Grande bouteille que ce Mâcon-Bussières vieilles vignes « Claude Seigneuret ». la propreté du fruit en fera une bouteille de grand plaisir.

Mâcon « vieilles vignes » 2006 – 9.50 €
Elevé à 100 % sur fût, le nez est sur la prune jaune, l’amande fraîche, la noisette, la pomme golden. La bouche est complète, riche, ample, et dotée d’une très belle longueur. Joli boisé d’ensemble et rétro impressionnant.

Mâcon « vieilles vignes » 2007 – 9.50 €
Le nez est sur la noisette, l’amande. Encore tendu et discret, les notes florales (aubépine) pointent leur petit nez. Toujours du caractère, à revoir quand il se sera un peu fait.

Mâcon-Bussières rouge 2008 – 8.50 €
Elaboré à 100 % de gamay, le nez est sur le poivre, les petites cerises, avec du végétal frais, beaucoup de fraîcheur d’ensemble. La bouche est très bien faite, concentrée et fine, avec les arômes du nez qui s’y retrouvent. Rendement drastique, récolte manuelle en petites cagettes, 90 % d’égrappage, pas de prémacération à froid, macératoin bourguignonne classique, pas de soufre, voilà le secret que tout le monde peut appliquer à ses vins. Le tout est la volonté.

Mâcon-Bussières rouge 2007 – 8.50 €
Cerises rouge, aucune sécheresse, très poivré comme son petit frère, il fait le gros dos en attendant de meilleurs jours, ceux de sa maturité. Réservé et pudique comme l’adolescente, on se donne rendez-vous dans 3 à 4 ans pour déjà se revoir…

Mâcon-Bussières rouge 2001 (épuisé)
Violette, odeur confite, mordant, framboise. Etonnant. Le vin a été difficile à déguster car il présentait une forte réduction à l’ouverture, ce qui laisse bien supposer le potentiel de garde de ces Mâcon bien travaillés. Bien meilleur après petite aération. A carafer impérativement, attendre et déguster avec délectation. La modération viendra de soi. Qui est sobre boit bon.

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