30 août 2013

en Bourgogne, en côte chalonnaise, David LEFORT : la création créative.

by Patrick Maclart

David LEFORT, 33 ans, a créé ce domaine ex nihilo. Son père était menuisier à son compte, et David s’était dit qu’il ne ferait jamais comme son père ! « Il ne gagnait pas forcément bien sa vie, il élaborait des meubles ordinaires, mais c’était dans l’air du temps ».

à 32 ans, David LEFORT s'installe sans tapage comme l'une des nouvelles valeurs de la Bourgogne. Suivons-le de près.

à 32 ans, David LEFORT s’installe sans tapage comme l’une des nouvelles valeurs de la Bourgogne. Suivons-le de près.

David aime l’école; « j’aime la transmission du savoir. J’ai appris plein de choses, et je les transmets désormais à mon apprenti. On ouvre son esprit avec les études » précise David, qui présente clairement un profil différent d’un vigneron issu d’une grande lignée. Il entame donc des études de médecine, mais le concours se passe mal. Il se rabat alors sur la philosophie où il passe son agrégation mais hélas sans succès à l’examen. Ce sera donc un mastère « vignes & terroirs ». L’envie de créer un domaine le titille, mais il faut avant tout trouver du boulot. Il effectue son stage au Clos de Tart. Il aura déjà travaillé une dizaine d’années au domaine Lorenzon où Bruno s’est avéré être un bon patron… « il m’a même soutenu lors de mon installation » sait se souvenir David.

Il y avait ça et là des parcelles qui se libéraient, et là le projet pouvait prendre tout son sens. Alors démarre le parcours du combattant : montage du projet à la chambre d’agriculture, stages, contacts avec la SAFER, obstacles administratifs… « c’est un bon résumé, je ne voulais plus travailler pour un patron, et j’avais encore et toujours l’envie de créer » ajoute calmement David. 32 ares sont en vente sur le 1er cru « Champ Martin » à Mercurey, il l’achète. Mais il faut au moins un hectare pour s’installer. Se libère alors une autre parcelle en Clos l’Evêque; 1 hectare 76, le compte y est ! Le domaine voit le jour le 1 juillet 2010.

la nouvelle acquisition de David : une jolie vigne à Rully, en Chaponnières. Rouge ou blanc, nous devrons suivre le travail de notre vigneron sur ces parcelles. Un challenge moins évident qu'il n'y paraît.

la nouvelle acquisition de David : une jolie vigne à Rully, en Chaponnières. Rouge ou blanc, nous devrons suivre le travail de notre vigneron sur ces parcelles. Un challenge moins évident qu’il n’y paraît.

Son style ? La finesse, mais aussi une belle construction des vins, car David est perfectionniste. A la vigne, la conversion bio a été demandée de suite; « j’aime prendre soint de moi et des autres, je ne me voyais pas utiliser des produits de synthèse »… En sus de cette méthodologie, David va remonter son palissage de telle façon que la vigne atteigne désormais 1 mètre 40, soit une meilleure maturité des raisins due à une meilleure photosynthèse…

Au chai, les vendanges sont exclusivement manuelles, en caisses de 20 kilos. Un léger refroidissement à 10° à l’entrée de la vendange, et ce durant 5 à 7 jours. Egrappage, mais ajout de vendange entière jusqu’à concurrence de 30 %. Son Mercurey village 2012 a quant à lui été élaboré totalement en vendanges entières. Elevage de 12 mois en fûts dont 30 % de neufs. Mise en bouteilles sans collage ni filtration. Presque tous les travaux de chai sont réalisés en fonction des phases de la lune.

dans la cave, rien de spectaculaire, de l'ordre, de la propreté, et des vins qui sommeillent durant des mois sans être touchés. Une cave bourguignonne quoi.

dans la cave, rien de spectaculaire, de l’ordre, de la propreté, et des vins qui sommeillent durant des mois sans être touchés. Une cave bourguignonne quoi.

Aujourd’hui, le domaine s’étend sur 4 hectares 70 et produit entre 8 et 10.000 bouteilles. « C’est une projection, car la SAFER m’a attribué 2 hectares de Rully blanc et rouge. Jusque maintenant je ne produisais que 5.000 bouteilles ». Pas de marché à l’export à ce jour, mais ça devrait se décanter très vite.

David est aussi ébéniste et crée des meubles et des accessoires avec des douelles de fûts. Une activité créatrice qui a obtenu les lauriers de la presse spécialisée. Son domaine passera les noces de chêne sans souci, car le charme de ses vins séduit.

ENSEIGNE

David LEFORT

4  rue Neuve
F-71150  RULLY

tél. +33 (0)6 50 39 59 05
site internet : CLIQUEZ ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci David pour ton excellent accueil et pour le partage de ta passion pleinement contagieuse. Pour voir la vidéo réalisée avec David, CLIQUEZ ICI.

GAMME

Mercurey 1er cru « Castille » rouge 2010
Sélection de raisins du bas de la parcelle du Clos l’Evêque, élevés 100 % fûts neufs en chauffe légère. joli nez net, droit, vraiment axé sur le pinot noir : cerise rouge, églantier, encore bien jeune, mais c’est déjà bien expressif. La bouche est fine, élégante, les tanins veloutés s’affirment à l’évolution et en finale, avec les mêmes notes que le nez. Ca finit superbe, c’est long, avec un petit côté fraise à la rétro.

Mercurey 1er cru « Champ Martin » rouge 2010
robe claire. Le terroir est plus perceptible, c’est tellurique, framboise, rose, notes de fraise, complexe. La bouche est intense, mûre, épanouie, fruits rouges, crème chaude, le tanin arrive plus tard pour encadrer un vin qui s’ouvre doucement. C’est vibrant et long, j’adore et j’achète.

ça faisait très longtemps que je n'avais trouvé telle qualité, telle profondeur dans un Mercurey, excepté 2 ou 3 exceptions. Là, c'est de l'orfèvrerie. Sans hésiter, j'achète et j'encave.

ça faisait très longtemps que je n’avais trouvé telle qualité, telle profondeur dans un Mercurey, excepté 2 ou 3 exceptions. Là, c’est de l’orfèvrerie. Sans hésiter, j’achète et j’encave.

Mercurey 1er cru « Clos l’Evêque » rouge 2011
nez de framboise et groseille, buisson, expressif, mais ça doit un peu se centrer. La bouche est veloutée, fine, plus florale que fruitée, c’est serré en finale sur des tanins un tantinet autoritaires, mais il faut relativiser le propos. Belle longueur.

Mercurey 1er cru « Castille » rouge 2011
olfactif un peu bousculé, le fond de nez est très beau, sur la burlat, de belles notes végétales. La bouche est serrée à l’attaque, les tanins quoique disciplinés ont envie de s’exprimer vite ! C’est très réglissé, épine noire, ça finit plus expressif sur des notes de fruit net, mais qui doivent se définir, se préciser. Belle longueur, ensemble persistant.

un vin qu'il faudra selon moi apprécier sur le feu de sa jeunesse et la sincérité de son expression.

un vin qu’il faudra selon moi apprécier sur le feu de sa jeunesse et la sincérité de son expression.

Mercurey 1er cru « Champ Martin » 2011
très beau nez de fruits rouges, très jeune, ça a deux mois de bouteille et ça doit se trouver, se définir. L’attaque est fine, mais ça se développe rapidement sur des notes poivrées et épicées. Ca finit sur des tanins de qualité, avec aujourd’hui un élevage marqué. Mais ce n’est que de bonne augure. Intense et vibrant.

6 Responses to “en Bourgogne, en côte chalonnaise, David LEFORT : la création créative.”

  • Merci Patrick pour cette nouvelle découverte et ce portrait de jeune vigneron de conviction, apparemment courageux et motivé, sur des appellations en plein boom qualitatif.
    De manière plus générale, penses tu personnellement que le recours au bio ait un impact (positif) sur la qualité du vin ?

    • Salut Guillaume,

      le bio a-t-il un impact positif sur la qualité du vin ? En tout cas, il a d’autres impacts positifs.

      Tout d’abord, la vigne s’en ressent mieux. Il suffit de se balader dans le vignoble champenois où les pieds de vigne, couleur gris malade et épais comme des quéquettes anémiées tentent de survivre en apnée dans un sol qui pourrait permettre l’atterrissage d’Airbus A380. Lorsqu’on voit un vignoble qui respire et où les traitements sont dans la raison, les bois sont bruns et la vigne vigoureuse; elle fabrique du bois.

      Ensuite, ce sont les hommes (tiens, on les oublie souvent ceux-là !). Que de cancers de la vessie, de la prostate, du foie ou du pancréas pour ceux qui ont procédé aux épandages avec des protections insuffisantes… La mortalité des vignerons et autres tâcherons le prouvent. Ces produits ne sont pas innocents. Et moi-même, vivant au cœur des vignes, je ferme systématiquement toutes les fenêtres les jours de traitement.

      Donc, forcément, je crois au bio surtout qu’il est possible (la viticulture française consommerait 10 fois plus de produits phytosanitaires que n’importe quelle culture en Europe), et que les vins sont plus que convaincants.

      Amitiés, merci de ta fidélité au blog.

      Pat

  • Merci pour cet avis Patrick, vu comme ça effectivement c’est imparable.
    Pour aller dans ton sens j’ai visité récemment un domaine en bio dans le mâconnais, Dominique Cornin, un pur régal !

    • Salut Guillaume,

      Merci de ton avis. Dominique CORNIN aura probablement droit aux honneurs de BWB; j’ai des bouteilles dans ma cave, donc je te rejoins !

      Gourmandes salutations, au plaisir, et merci de ta fidélité au blog.
      Pat

  • mairaville Jean paul

    Vos tarifs m interressent merci

    • Bonjour Jean-Paul,

      Merci de ton message sur l’article de David LEFORT à Rully. Toutefois, comme beaucoup de monde, tu crois être sur la page du vigneron alors que tu es sur mon blog. Donc, pour le contacter, il suffira de retourner sur l’article de David, prendre ses coordonnées et lui demander ses tarifs. Je pense qu’il se fera une joie de te les envoyer.

      Merci de ta fidélité au blog, et au plaisir de te lire à nouveau.

      Patrick MACLART.

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