3 janvier 2011

en Bourgogne : domaine DUBLERE à Savigny-les-Beaune : an American in Burgundy

by Patrick Maclart

Blair PETHEL, créateur du domaine DUBLERE, est très certainement le plus bourguignon des Américains. Son épouse Britannique n’est pas en reste et s’est elle aussi rapidement acclimatée au pays burgonde. Depuis toujours, cet élégant épicurien est titillé par la cuisine et le vin. Journaliste politique pour une chaîne de journaux américains et travaillant à Londres, il va découvrir lentement mais sûrement le vin. D’abord avec le caviste du quartier. Puis une rencontre : Patrice RION, vigneron bourguignon à Premeaux. C’est lui qui lui donnera envie de venir en Bourgogne, découvrir les vins, la gastronomie.

Elegant, souriant et intelligent. Chaque moment passé avec Blair PETHEL est forcément teinté d’optimisme et de joie de vivre.

Dès sa première visite, Blair tombe amoureux de ce pays. Il sait qu’il a quelque chose à y faire. Enfin l’escarmouche finale : un Clos-Vougeot 1978 du château de la Tour. C’est ce vin qui éveillera ses burgondes racines. C’est ce vin qu’il servira lors d’un repas très important avec ses futurs beaux-parents à Londres.

Le domaine a été créé en 2004. Il se compose de deux hectares. Le reste est de l’achat de raisins. Mais attention : la vigne est travaillée selon les exigences de Blair, et il a le pouvoir d’intervention dans celle-ci. Le domaine élabore environ 30.000 cols par an. Blair effectuera sa formation de vigneron au lycée viticole de Beaune et aura deux mentors pour parfaire sa passionnante mission : Patrice Rion et Jean-Marc PILLOT de Chassagne.

La gamme est bien établie, des vins de village jusqu’aux grands crus. Depuis cette année, Blair vinifie un Bourgogne blanc étonnant, du finage de Meursault. Ce dernier arrivé étonne par sa qualité impeccable, comme le reste de la gamme. Les vins sont gourmands, sapides, digestes et buvables. Point de tanin excessif, point d’acidité mordante, il s’agit de vins épicuriens… On y reviendra toujours !

Elegante, équilibrée et bien construite, la gamme du domaine DUBLERE est digne de son concepteur.

Blair a réussi l’adéquation, l’osmose totale, entre un pays qui devrait lui être étranger, un métier qu’il ne connaissait pas, et un parcours de vie. Il suit sa route avec enthousiasme et un grand sourire qu’il quitte rarement. Avec son épouse et ses enfants, c’est « an American in Burgundy », aussi beau à voir que « an American in Paris » de George Gershwin est beau à entendre.

Domaine DUBLERE
Blair PETHEL

2 chemin des Planchots
F-21420 SAVIGNY-LES-BEAUNE

Tél.+ 33 (0)6 86 92 00 29
Email : contact@domaine-dublere.com
Site internet : CLIQUEZ ICI

DEGUSTATION

elle a eu lieu in situ, en présence de Blair. Merci l’ami pour ta bonne humeur et ton sourire des meilleurs jours.

Bourgogne blanc « les Millerends » 2008
La dégustation démarre en fanfare ! Quel nez, sur le chardonnay, à la gueule murisaltienne, avec des notes zestées, de la fraîcheur. La bouche est au tout haut niveau de l’appellation, concentrée, fruitée, tendue. La longueur est incroyable pour cette appellation.

Savigny-les-Beaune blanc 1er cru « les Peuillets » 2008
Nez fin, délicat, amande fraîche, végétal, joli fruit en fond de nez. Bouche bien construite, à l’attaque axée sur la matière et la fraîcheur. Joli développement, moelle en milieu de bouche. Finale concentrée, beau.

Chassagne-Montrachet blanc 1er cru « les Chaumées » 2008
Nez profond, classe, chardonnay, côté terrien de Chassagne, pointe florale. Attaque souple, encore discrète, sur la pomme, le variétal. Le fût, superbement imbriqué, ne joue que les seconds violons, et c’est bien ainsi. Très belle longueur. Quelle classe, plus chic que puissant.

Corton-Charlemagne grand Cru 2008
Comme tous les ans chez Blair, Charlemagne boude au nez. Très discret, on ressent toujours cette impression de caillou typique de ce finage, sur les belles parcelles. En bouche, puissance : ça souffle ! Malgré tout, de la tension, du minéral, de la longueur. A suivre. Rétro impressionnante, immense bouteille.

La grande réussite du millésime 2008 : le Corton-Charlemagne. Bien que discret à la dégustation, ce vin a un immense potentiel, avec sa profondeur toute minérale et sa provenance. Parfois, la qualité d’un Charlemagne peut supplanter celle d’un Montrachet.

Chablis grand Cru « les Preuses » 2008
Grand nez : citron, minéral, profond. Bouche concentrée, très sur le raisin, avec des notes citronnées et minérales. Ca gueule après l’huître ! Très belle longueur. La bouche et le nez sont en parfaite conjugaison.

Savigny-les-Beaune rouge « les Planchots du Nord » 2008
Nez sur la réduction, difficile à s’exprimer. Bouche tendue, la moelle arrive tardivement.

Savigny-les-Beaune rouge 1er cru « les Talmettes » 2008
Nez plus ouvert que le précédent, typique de son finage : cerise fraîche, terre humide, fruit opulent. Bouche bien construite, quoique simple : toujours sur la cerise, de la finesse, belle acidité. Croquant et coquin. Jolie longueur.

Beaune rouge 1er cru « les Blanches Fleurs » 2008
Nez fin, encore discret. La bouche par contre est généreuse, fruitée, ronde, avec de jolies notes de terroir. Très belle longueur.

Volnay 1er cru « les Pitures » 2008
Nez axé sur les fleurs, violette, le pinot délicat, notes végétales. Bouche fruitée, souple, légère. Finit bien.

Volnay 1er cru « les Taillepieds » 2008
Nez plus terrien, profond, notes balsamiques. Bouche très Volnay, charmante, beau développement. La bouche est plus bavarde que le nez, et le velouté est baroque, sensuel, limite érotique. Précipitez-vous sur cette bouteille pour vos repas en amoureux ! Jolie touche, finale moelleuse.

Morey-St-Denis 1er cru « les Blanchards » 2008
Nez intense de fruits rouges bien mûrs, terre, notes épicées naissantes. Bouche joliment corsée, avec une moelle magnifique. Les petites épices se retrouvent en bouche. Beau caractère en finale qui est très longue.

Charmes-Chambertin grand Cru 2008
Nez un peu sur la réduction, profond, très Gevrey : fruits rouges et noirs, terroir. Bouche ronde, fruitée, plaisante. Le fond de bouche est typique de ce finage. Bonne finale, revient bien.

Chassagne-Montrachet blanc 1er cru « les Chaumées » 2007
Nez de grand vin blanc de Bourgogne, bluffant car il a une gueule évoquant le grand Cru : pomme mûre, minéral, la belle acidité se ressent au nez. La bouche est du même acabit, avec une immense finale sur l’acidité, le vin et la matière. Je le trouve immense et émouvant. Je ne m’attendais pas à une telle bouteille. Réussir un tel vin après quelques années de vinification, « hat trick » my friend ! Bravo. A réserver, s’il en reste au domaine.

Puligny village blanc 2007
nez discret, pommes vertes, minéral. La bouche est sur des notes végétales fraiches, dotée d’une certaine minéralité. Bonnefinale.

Savigny blanc 1er cru « les Peuillets » 2007
beau nez citronné, avec des noisettes fraiches, des notes rôties. La bouche est très bien faite, belle acidité en milieu de bouche. L’ensemble est sain, doté d’un très beau fruité.

Puligny blanc 1er cru « sous le Puits » 2007
nez fumé, minéral, pointes de pamplemousse et notes florales. L’ensemble fait plus cérébral que physique. Belle bouche, arômes d’aubépine. Belle acidité en finale.

Chassagne blanc 1er cru « les Chaumées » 2007
beau nez typique du finage : beurre, noisette, avec un côté terrien. Très belle bouche, fruit bien présent. Longueur et rétro fantastiques.

4 Responses to “en Bourgogne : domaine DUBLERE à Savigny-les-Beaune : an American in Burgundy”

  • naima mazeron

    Bonjour: Excellente dècouverte de ce vigneron passioné, que je ne connaissais pas, bonne lecture, reste maintenant à decouvrir ces vins qui donnent dèja envie( à Gouter. Merci

    • Bonjour Naïma,

      Merci de tes commentaires qui me font chaud au coeur. Le meilleur commentaire que je puisse avoir, c’est celui que tu as fait : donner envie ! Remettons le plaisir au centre du vin, plutôt que le considérer comme un produit élitiste, culturel ou autre. N’oublions pas la phrase d’Alexandre DUMAS « le vin est la partie intellectuelle d’un repas. Les viandes et les légumes n’en sont que la partie matérielle ». Il entendait le plaisir qu’il apporte à l’esprit. Elle est pas belle la vie ?

      • Laurent

        Salut Pat,

        Domaine Dublère, , du blair, du flair. Un petit salut pour évoquer la dégustation d’un Savigny les Talmettes 1cru du domaine Dubreuil-Cordier, du nez de sous-bois frais et humide, la cerise légère plus présente en bouche, les tanins soyeux (autrement en terre burgonde ?), belle longueur, rien d’ostentatoire, agréable, rapport qualité/prix.

        Un domaine qui te parle ?

        A peluche,
        °L°

        • salut mon Lolo,

          Le domaine ne me parle pas. Je ne suis pas un fana du finage de Savigny en général. Pourquoi ? Le manque évident d’ambitions chez les vignerons de ce village qui continuent à élaborer des « entrées de gamme ». Toutefois, certains, c’est du tout haut vol : Dublère, Jean-Marc Pavelot (le prénom est très important !), Michel Martin, Albert Morot à Beaune, et l’époustouflant Pierre Guillemot, et quelques autres qui ne me viennent pas ainsi. Mais alors que je dégustais les Savigny 2005, seuls 20 % environ obtenaient la note supérieure à 14/20, alors qu’il y avait des échantillons. Vendanges machine, vinifs aussi courtes qu’un discours de Benjamin Biollay, tout comme la bouche qui nous rappelle à la puissance de la voix de Vincent Delerm… Eh ouais, très chanson française ce matin…

          Pour le reste, je tiens ton adresse sous le coude, à bientôt amigo.

          Pat

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