2 novembre 2010

en Bourgogne, à Meursault : Sébastien MAGNIEN : la valeur n’attend pas le nombre des années.

by Patrick Maclart

A moins de 30 ans, Sébastien MAGNIEN s’installe doucement, sans heurt, sans tapage, comme l’une des valeurs montantes de Meursault.

Suite à la division d’un domaine familial dont seule la Bourgogne a le secret, Sébastien, passant son BTS viti-oeno en 2001, et son diplôme national d’oenologie en 2003, vinifie son premier millésime en 2004. Un stage en Californie, et un passage chez Olivier LEFLAIVE et au domaine ROSSIGNOL-TRAPET complèteront son cursus.

Aujourd’hui, le domaine s’étend sur 10.5 hectares qui donneront 38.000 cols environ, car une partie variable est toujours vendue au négoce.

A la vigne, la lutte est raisonnée. Beaucoup de passages dans la vigne, « C’est du travail, mais c’est la seule solution possible pour cibler au mieux les traitements adéquats. Si le bio est possible, je le fais » rétorque Sébastien. Pour lui, le mot « bio » comme « lutte raisonnée » veut tout et rien dire, et seule une écoute de son végétal est la seule solution pour revendiquer ces attributs. La biodynamie l’intéresse.

Au chai, le travail est classique, avec quelques adaptations qui démontrent la recherche de Sébastien pour trouver un style qui désormais s’inscrit dans la continuité. Les blancs subissent un très léger batonnge, et une fermentation très lente. Les Meursault s’élèvent 12 mois en fûts, dont 20 % environ de neufs, puis un passage en cuve durant 5 mois. « Cela permet au vin de terminer tranquillement son élevage, et je fais ainsi ma mise quand il fait froid ».

Pour les rouges, rien de révolutionnaire. Le pinot est totalement égrappé (bien que des essais en vendanges entières pourraient se faire, « par curiosité »), puis entonné à chaud. L’élevage durera 12 mois environ pour les Beaune, et 15 à 16 mois pour les Volnay et Pommard avec un maximum de 30 % de fûts neufs. Pas de collage (Sébastien s’y oppose formellement), et une très légère filtration, comme sur les blancs pour éviter la précipitation tartrique.

Le résultat ? Des blancs amples, profonds et riches, sans jamais être lourds. Les rouges ont des couleurs claires (mais comment est-ce possible autrement avec le pinot ?), mais des finesses d’arômes qui vous enverront directement au jardin d’Eden, sans passer par la case départ. Vous ne toucherez pas 20.000 francs, mais vous toucherez la grâce de pinots tout fins, comme de la dentelle de Calais.

Allez rendre visite à ce jeune vigneron simple, gentil, mais tellement bosseur, tellement curieux de son travail et de celui des autres. Vous constaterez indéniablement que la valeur n’attend pas le nombre des années.

Sébastien MAGNIEN

6 rue Pierre Joigneaux
F-21190 MEURSAULT

tél. +33 (0)3 80 21 28 57
mail : seb.magnien@yahoo.fr

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ, en présence du vigneron. Merci Sébastien pour ce bon moment passé ensemble.

La cave de Sébastien est un lieu d’échanges et de convivialité.

Hautes Côtes de Beaune blanc 2008
Nez de noisette fraîche, ample, simple mais beau. Bouche sur l’aubépine, ample, bien fait.

Saint-Romain blanc 2008
Nez plus fin, tendu, typique du finage. Bonne finale.

Meursault « Grands Charrons » 2007
En plein coeur du village, cette parcelle est dans le prolongement des Gouttes d’Or. Le nez est discret, fin, élégant, avec des notes de zeste d’orange, d’acacia et de fruits secs. La bouche est bien faite, dotée d’une belle acidité pour le millésime et de beaux amers. Tous les éléments sont bien en place. Belle finale.

Meursault « Meix Chavaux » 2007
Une parcelle en limite d’Auxey, pas loin des Chevalières, plus caillouteuse que les Grands Charrons, avec un sol plus superficiel. Le nez évoque la noisette, un côté terrien, de la fumée, et un joli végétal évoquant à la fois les fleurs blanches et les fruits jaunes. La bouche dispose de beaux arômes qui sont identiques au nez. C’est riche et plein, sans aucune lourdeur, ample avec une jolie longueur. La rétro est pure et vient tendre le vin. Superbe.

Le Meursault « les Meix Chavaux » est une bouteille dont tout amateur intelligent doit s’intéresser. Bien des premiers crus sont surpassés par ce vin profond et riche.

Beaune 1er cru « les Aigrots » 2007
Au sud de l’appellation, vers Pommard, et sur le haut du coteau, ce secteur ne donne jamais de vin coloré. C’est donc le cas ici, avec une robe pâle, un nez très pinot, petite cerise à noyau. La bouche est tendue, fraise, jolis petits fruits. Fin, bien fait.

Pommard « les Petits Noizons » 2007
Cette parcelle se situe tout en haut du coteau, au dessus des Charmots, et somme toute pas très loin du clos des Mouches à Beaune. Le nez évoque les cerises juteuses, la groseille et la terre humide. Ca semble simple au moment où je l’ai dégusté mais c’est très prometteur. La bouche est pleine, dotée d’une personnalité et d’un caractère rares, fruits rouges et noirs, impression de grande profondeur. Belle acidité, une main de fer dans un gant de velours.

Hautes Côtes de Beaune rouge 2008
Très fruits rouges au nez, encore un peu simple à ce stade de la dégustation. Bouche bien faite, notes poivrées qu’on retrouve souvent dans les 2008. Bonne finale.

Une gamme variée, fine, élégante, et bien habillée.

Volnay « les Echards » 2008
Nez encore bousculé par sa jeunesse. La bouche elle aussi est bousculée, malgré un fruit et une moelle présents, ainsi qu’une forte acidité. L’ensemble est persistant. A revoir.

Pommard « les Perrières » 2008
Parfumé et élégant pour un Pommard : cerise à noyau, marasquin. Bouche elle aussi élégante, axée sur la cerise. Bien fait, finale gourmande. Cette parcelle de bas de coteau a été vinifiée avec élégance et classe.

5 Responses to “en Bourgogne, à Meursault : Sébastien MAGNIEN : la valeur n’attend pas le nombre des années.”

  • Olivier Mercier

    Les « Echards » 2010 que tu m’avais fait goûter exprimait beaucoup de finesse, de soyeux.

    • tu l’as dit bouffi, c’est délicieux mais chuuuut, seules 900 bouteilles produites, et vu la grêle et les petites récoltes, c’est tombé à moins de 600. J’ai mon allocation, et j’en ai très besoin !
      Biz ma poule, au plaisir de nous revoir.

      PS : c’est toi qui m’a offert une bouteille d’arrubiu appelée « le rouge qui tâche » ?

      Pat

  • bonino

    Monsieur ; un ami m’a offert 3 bouteilles de bourgogne Hautes côtes de Beaune 2014 vielles vignes ( une véritable piquette ) connaisseur , et amateur de Bourgogne je suis profondément déçu de votre breuvage . il est très rare que je commente se genre de fait ,est il possible d’avoir une explication Cordialement M.Bonino

    • Bonjour Michel,

      tout d’abord mettons les pendules à l’heure : tu n’as pas écrit sur le site du vigneron mais sur mon blog, celui d’un passionné des vins et des vignerons créant des vins d’émotion. je comprends ta déception teintée de colère, mais je n’y suis hélas pour rien. Je pense que le mieux est de retourner sur la page de Sébastien MAGNIEN pour lui envoyer un mail en direct pour obtenir réponses à tes questions légitimes.

      2 choses que je puis te dire : 2004 est de mémoire les pires vendanges que j’ai faites, avec des vignes blindées d’oïdium (une maladie qui touche la vigne et les raisins, un champignon se déposant sur les raisins et les empêchant de mûrir, en gros), qu’il faisait très humide et que la terre était très lourde. Secundo que Sébastien est un vigneron sympa et honnête. Ca devait être dans ses premières vinifications et que peut-être celle-ci n’est pas sa plus réussie. Contacte-le et tiens-moi au courant, car on se connaît bien.

      Gourmandes salutations malgré tout, et merci de ta fidélité au blog.

      Patrick MACLART.

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