2 février 2011

en Bourgogne à Gevrey : Alexandrine ROY du domaine Marc ROY : volonté bien réfléchie.

by Patrick Maclart

Alexandrine ROY s’occupe désormais du domaine Marc ROY à Gevrey-Chambertin en totalité depuis janvier 2010, au départ de son père à la retraite. Décidée, volontaire, les choses chez elle se font rarement dans l’impulsion. Elle prend ses décisions après réflexion, mais cette réflexion est énergique et bien ciblée. On a peine à imaginer cette femme d’une petite trentaine, toute menue, chevaucher sa Suzuki 750, et pourtant ! Ce n’est là qu’une des multiples facettes de cette femme aux talents multiples. Son expérience passée à Bandol, en Australie et en Nouvelle-Zélande lui donne aussi une vision large des choses. Aujourd’hui encore, Alexandrine s’occupe de vinifier du pinot noir en Orégon; cela lui permet vraiment d’autant mieux comprendre, chercher, savoir. La curiosité est l’un de ses moteurs.

Pleine de volonté, énergique sans esbroufe, décidée mais réfléchie, Alexandrine réserve toujours des surprises dans ce qu’elle appréhende… Une boule à facettes !

Le domaine s’étend sur 4 hectares et produit 20.000 cols par an. Ici, point de grand ou premier cru. Et pourtant on ne goûte que de grands vins. La grandeur ici n’est pas une question de noblesse, mais de travail.

A la vigne, la culture est raisonnée. L’arrêt total des désherbants est décidé depuis longtemps, et les nombreux labours ont remplacé le chimique. Des effeuillages si nécessaire, et surtout l’application du système «parapluie-parasol»; un effeuillage en deux temps, permettant aux feuilles d’assurer la protection du fruit un temps contre la pluie, un temps contre le soleil excessif. Les vendanges sont manuelles en petites cagettes.

une vigne en « la Justice », appartenant à Alexandrine. Le travail est aussi précis qu’indiscutable.

Au chai, les raisins sont égrappés, un foulage léger. Une prémacération à froid commence, mais elle est douce et naturelle. «Ma cave est fraîche et froide, ça démarre comme ça tout seul.», assure calmement Alexandrine.

L’élevage durera 12 mois sur fûts. A la mise en bouteilles, pas de collage ni filtration, «Je ne veux pas de vins austères», affirme Alexandrine.

La cave d’Alexandrine est un moment de plaisir, où l’on rit, où l’on s’émeut avec ses vins… Un endroit d’émotions.

Venez découvrir les vins de ce merveilleux domaine qui monte en Bourgogne. Si les quantités sont très limitées au domaine, n’hésitez pas à les acquérir ou de les découvrir au restaurant. Le velouté et la concentration seront à coup sûr au rendez-vous. Vous découvrirez que le métier de vigneron n’est pas sexué, et que le talent n’a pas de genre, mais que de l’esprit et de la volonté… On y revient.

Domaine Marc ROY
Alexandrine ROY

8 rue de la Gare
F-21220 GEVREY-CHAMBERTIN

 tél. +33 (0)3 80 51 81 13
mail : domainemarcroy@orange.fr

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ en présence de la vigneronne. Merci Alexandrine pour ce génial moment.

Gevrey «vieilles vignes» 2009 – sur fûts
issu de plusieurs parcelles dont certaines sises au sud, près de Morey, ce qui donne rondeur et finesse. Nez très pinot, fumée, réglisse, fraise, très beau. Bouche fruitée, fraîche, concentrée sans lourdeur. Belle longueur.

Son père est à la retraite, mais il est toujours présent, d’une manière ou d’une autre !

Gevrey «clos Prieur» 2009 – sur fûts
sous le premier cru éponyme, mais pas loin des Mazis, et ça se sent ! Nez plus tendu, impression minérale, terre, framboise. Bouche tendue, gentiment fougueuse, et malgré tout une finesse indéniable. Le fruit (toujours la framboise) vient sur le plat de la langue, pour diriger l’ensemble vers une finale longue, mais longue… Rétro impressionnante.

Gevrey «cuvée Alexandrine» 2009 – sur fûts
Sélection de très vieilles vignes aux raisins millerandés. Nez de cassis, toujours sur des notes fumées, bon finage ne saurait mentir. Grande profondeur. A ce stade, la complexité ne s’exprime pas encore. Bouche corsée, mais pas d’une puissance excessive, tout en retenue. Le tanin semble tellement naturel, et monte la garde sans aboyer. Immense.

Marsannay blanc 2009 – sur fûts
nez de noisette chaude et grillée, bouche tendue, jolies notes minérales. Bonne finale.

Gevrey «vieilles vignes» 2008
Nez élégant de fruits rouges, floral. Bouche bien enrobée de tanins qui taquinent gentiment. L’acidité assure trame et longueur fraîche à l’ensemble.

Gevrey «clos Prieur» 2008
Nez très terrien, fruits rouges, crème de framboise, minéral… La provenance est indéniable. Immense et profond, je ne peux cesser de le humer. Bouche fruitée, tendue, minérale; l’acidité est magnifique. Finale à la Verdi.

Même si la cuvée Alexandrine est d’une qualité hors norme, j’ai un faible pour le clos Prieur, avec une pointe de minéralité qui me plait énormément. La proximité des Mazis-Chambertin explique tout…

Gevrey «cuvée Alexandrine» 2008
Nez de fruits noirs, réglisse. Bouche encadrée par des tanins encore fougueux. Le fruit, comme le 2009, s’exprime sur le plat de la langue. Long. Aucune note végétale.

Marsannay blanc «Champ Perdrix» 2008
Nez de noisette et de pêche juteuse, minéral présent. Bouche tendue, notes minérales, longueur certaine.

6 Responses to “en Bourgogne à Gevrey : Alexandrine ROY du domaine Marc ROY : volonté bien réfléchie.”

  • CAGNI gérard

    Bonjour,
    je trouve votre démarche trés bonne
    peut-on venir déguster et avoir votre carte
    merci de votre réponse
    bien cordialement
    Gérard CAGNI

    • Merci Gérard de votre commentaire bien gentil.

      Sachez que je ne suis pas marchand de vins. Pour une éventuelle dégustation, il faut contacter directement le domaine; les coordonnées sont dans l’article.

      Ma carte est en cours de réalisation, mais vous pouvez me contacter par le blog.

      Merci encore de votre fidélité.

      Gourmandes salutations,

      Patrick MACLART.

  • Pénélope

    Bonjour,

    Mon compagnon m’a fait déguster la cuvée Alexandrine pour la St Valentin, hier. Un délice! Qu’est-ce que j’ai de la chance d’avoir un amoureux gentil, attentionné et respectueux.

    QUE DU BONHEUR!

    Merci Alexandrine pour votre amour du vin que vous savez si bien transmettre et partager.

    Bien à vous,

    Pénélope.

    • Bonsoir Pénélope,

      Bravo à votre chéri pour ce choix judicieux, à mon avis il a été conseillé par bourgogne-wineblog ! 😉
      Alexandrine a un talent fou, mais on s’en rend encore plus compte lorsqu’on fait une dégustation comparative, et où ses vins sortent vraiment au-dessus du lot. Bravo à ces jeunes talents.

      Et vous Pénélope, bravo pour le plaisir que vous venez de communiquer, plaisir des vins de Bourgogne. Merci de vos lectures sur mon blog.

      Patrick MACLART.

  • Pénélope

    Bonsoir Patrick,

    votre blog est une petite mine d’or! 😉

    J’ai découvert les vins de Bourgogne en travaillant au lycée Viticole de Beaune. Mon grand plaisir, c’était de reconstruire les murs en pierres sèches dans les parcelles de vignes de la Montée Rouge.

    Et un de mes élèves m’avait offert pour la naissance de mon fils, en 2003, un très très bon Vosne-Romanée…

    Mais mon plus beau souvenir, il va vers le Médoc…Une dégustation, en 2009, au Château Mouton-Rotschild avec mon cousin qui à l’époque travaillait avec le cuisinier Thierry Marx, à Cordeillan-Bages.

    Le VIN, c’est avant tout : de petites histoires.

    J’espère aller bientôt à la rencontre d’Alexandrine avec mon chéri, au domaine, cette fois.

    Merci à vous de nous communiquer votre passion pour le vin, à travers ce blog.

    Pénélope.

    • Bonjour Pénélope,

      Merci pour tous vos compliments. Le vin est aussi histoire d’émotions. Celle que vous avez vécue au château Mouton-Rotschild est compréhensible, et vous la transmettez très bien.

      En ce qui me concerne, mon amour du pinot noir a été fignolé par un homme pour lequel je garde autant admiration, que sympathie, que respect et joie de revoir : Jean RAPHET. Cet homme fait partie d’une génération hélas disparue : les vignerons hors norme.

      Jean se levait tous les matins aux aurores, partait à la vigne, où il était d’une exigence sans concession. Il rentrait car il avait « les Américains » en dégustation, il déjeunait avec eux, puis retournait à la vigne jusque 16 heures, car il avait « les Japonais ». Ensuite à 18 heures, « les Belges » avec lesquels bien souvent il suivait au restaurant. Le tout pour la promotion de ses vins, de la Bourgogne et des grands pinots.

      Déguster avec lui, ça a été de comprendre ce qu’est cette petite réduction au nez, typique des tous grands pinots, comprendre comment s’imbriquait une acidité, essayer de déchiffrer les secrets d’un Clos-Vougeot… Je lui dois beaucoup.

      C’est mon émotion… Elle a une dizaine d’années, elle est intacte.

      Portez-vous bien Pénélope, merci de vos compliments.

      Patrick MACLART.

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