21 février 2011

en Bourgogne, à Chambolle-Musigny : domaine AMIOT-SERVELLE : une main de chair dans un gant de velours.

by Patrick Maclart

La bouille de père Noël gourmand, l’œil benoît, la gourmandise évidente, Christian AMIOT reçoit avec discrétion et gentillesse naturelle.

Depuis des années, je me délecte, et le mot est faible, de ses grands vins que je classe dans mon top 10 du pinot noir. Concentrés sans être lourds, profonds en restant affables, ce sont des vins qui vous parlent à votre être intérieur. D’ailleurs, il est parfois arrivé que tard le soir, autour de quelques verres, Christian et moi avions des voix intérieures qui nous parlaient…

Christian AMIOT fait partie des vignerons avec lesquels j’adore déguster. A l’écoute, tranquille, précis, l’ambiance qui se crée pousse à l’introspection.

Le domaine, de 6.5  hectares, produit entre 30 et 40.000 bouteilles par an. Les hauts rendements n’ont jamais été politique chez AMIOT-SERVELLE. Les vendanges sont manuelles, les raisins égrappés de manière variable en fonction du millésime.

Après une fermentation d’une quinzaine de jours, le vin sera entonné afin d’être élevé jusque 18 mois pour les crus. Le bois neuf entre à concurrence de 50 % pour les crus, 25 à 30 % pour les villages et Chambolle Feusselottes, et 15 % pour le Bourgogne. Pour garder leur intensité à la limite du sexy, Christian ne filtre jamais ses vins.

Depuis des années, Christian s’interroge sur le respect du végétal. Déjà, depuis des années, il réduit considérablement les produits chimiques de ses vignes. Des labours, des apports de compost après analyse des sols; tout est mis en œuvre pour respecter son sol. Mais là, il a franchi le Rubicon. La démarche bio a été effectuée en 2003, la demande en 2005 et le premier millésime certifié 2008. Suite au décès de son père, Christian récupère une parcelle de Clos de la Roche.

Le tout est un résultat suave, gourmand, profond, authentique et pur. Voilà exactement pourquoi j’aime les vins de Christian, qui n’ont guère changé depuis une dizaine d’années que je les déguste.

Une gamme de crus incroyable, où chacun trouvera un plaisir indéniable.

Découvrez des vins d’âme. Venez vous faire caresser le palais de vins de chair dans un gant de velours, par un grand terroir,celui de Chambolle-Musigny, peut-être le plus grand de la côte de Nuits, pour vous sentir terrien comme rarement vous l’avez été.

Domaine AMIOT-SERVELLE
Christian & Elisabeth AMIOT

rue du Lavoir
F-21220 CHAMBOLLE-MUSIGNY

tél. +33 (0)3 80 62 80 39
site internet : CLIQUEZ ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ, en présence de Christian, que je remercie encore de sa modestie et sa gentillesse naturelles.

Bourgogne rouge 2007
issu de parcelles près de la nationale. Les vignes ont une trentaine d’années en moyenne d’âge. Joli fruit, petit boisé bien présent.

Chambolle village 2007
Très Chambolle au nez : cerise rouge, groseille, fût marqué, parfumé, couleur de vrai pinot. Bouche bien construite, fine et complète. Superbe tanin en fin de bouche.

Chambolle «les Bas Doix» 2007
parcelle isolée depuis ce millésime. Nez plus fin, plus floral, la définition est plus subtile au nez, avec quelques notes de violette. Le boisé est moins imposant en bouche, avec pourtant un tanin bien présent qui provient probablement à même le raisin. La bouche présente un léger creux en milieu, mais c’est une phase d’évolution. Finale très jolie, belle, sur un fruit pur.

Chambolle 1er cru «les Feusselottes» 2007
petite parcelle de 17 ares, grande partie de très vieilles vignes de 70 ans. Nez fin, superbe, sur le pinot. Bouche fine, expressive, axée sur le cépage et des saveurs florales. Les tanins en finale rappellent au Bourgogne qu’il est un vin de garde. Vraiment beau.

Chambolle 1er cru «les Plantes» 2007
dans le prolongement des Charmes, sur sol peu profond, de limon et d’argile vraie, et de vignes d’une quarantaine d’années. Cette cuvée n’a jamais été ma préférée chez Christian. Le nez est plus discret, un peu fermé. La bouche est construite, tanins un peu fermes, acidité marquée.

Chambolle 1er cru «les Charmes» 2007
Nez magnifique : petites cerises, fumées, fruits rouges, motte de terre, grand terroir en vue, splendide. Bouche parfaite, étalon de Chambolle : finesse, corps en milieu de bouche, tanin qui enrobe tout. Ce vin est comme la musique de Mozart : tout s’imbrique parfaitement dans une harmonie parfaite. Ce que la Bourgogne fait de plus grand.

Chambolle 1er cru «Derrière la Grange» 2007
Parcelle côté Bonnes-Mares, de 27 ares, sur sol plus profond que les Charmes. Une très vieille vigne de 70 ans, l’autre la vingtaine. Plus réservé que l’ensemble des vins réservés. Le boisé joue pour l’instant les premiers rôles. En bouche, c’est idem, avec des notes de fruits noirs. En finale, la magnificence de ce superbe terroir revient. Tout s’exprime en finale dans une longueur infinie. Rétro incommensurable. Vins de connaisseurs, pas facile à appréhender quand on est éphèbe de dégustations burgondes.

A part quelque exception, les vins de Christian font partie de mon panthéon personnel du pinot noir. Une préférence pour les Charmes pour son côté baroque, sans la lourdeur du décorum.

Chambolle 1er cru «les Amoureuses» 2007
Sol calcaire et caillouteux, peu profond, sur la partie supérieure du climat. Nez superbe, crémeux, fruits rouges, vanille. Le boisé est superbe, chic, avec le fruit rouge (chair de cerise) en mariage. Notes de noyau. En bouche, la concentration est immense, mais sans rudesse, sans lourdeur. Le vin englobe la bouche où tout est présent, avec un fruité de cerise rouge, de grenade. Le fût est bien présent, mais ne planche en aucun cas. Les tanins et l’acidité sont d’une qualité hors norme. Long, profond, immense. Immense bouteille.

Découvrez la vidéo faite durant les vendanges 2010 au domaine AMIOT-SERVELLE en CLIQUANT ICI

14 Responses to “en Bourgogne, à Chambolle-Musigny : domaine AMIOT-SERVELLE : une main de chair dans un gant de velours.”

  • Moi aussi j’ai bien aimé le gars et ses vins. Des vins séduisants. Plus complexes, puissants et intrigants « Derrière la Grange » et « Les Amoureuses ».

    Ciao l’ami!

    Stefano

    • salut Stefano !

      Oui, chouette moment. Certains serinent toujours les mêmes domaines qu’on lit et entend partout… Et c’est loin d’être toujours justifié. Là, pour moi, Christian AMIOT est l’un des meilleurs facteurs de pinot noir. Intrigant, j’aime cet adjectif. Je trouve aussi, malgré la distinction et l’intrigue, de la gourmandise dans les vins de Christian.
      Porte-toi bien, mes amitiés à nos amis Tessinois et à leurs amies Ukrainiennes ! 😉

      Patrick MACLART.

  • bdg

    Les chinois font le choix de s’installer à Bordeaux et pas en Bourgogne pourquoi?

    • Bonjour à notre très cher mystérieux bdg (qui ne signe toujours pas ces posts…)

      Pourquoi les Chinois s’installent-ils à Bordeaux et pas en Bourgogne ?
      Parce que les Bourguignons sont bien élevés ? Bonne réponse ?
      Bon dimanche.

      Patrick MACLART.

  • BDG

    La Bourgogne, vignoble de petite taille mais de grande réputation, représente 0,07 % du vin consommé en Chine et 0,2 % des vins importés. Toutefois, ces chiffres n’incluent pas les vins de Bourgogne transitant par Hong-Kong.

    Hong-Kong est désormais une plateforme incontournable pour les vins à forte valeur ajoutée entrant sur le marché chinois, depuis l’abolition des droits d’accises sur les vins (février 2008). De plus, depuis 2010, une autre mesure gouvernementale facilite les réexportations de Hong-Kong vers la Chine Continentale (simplification administrative).

    Ce que vous ne savez pas, c’est que Le circuit de la grande distribution représente, quant à lui, 30% des ventes de vins de Bourgogne en Chine, essentiellement par le biais des enseignes d’origine étrangère. La grande distribution chinoise dispose encore de peu de vins importés, mais elle tente d’ouvrir plus largement ses linéaires aux produits
    étrangers. Ce fût un plaisir de vous renseigner
    Bdg

    • Merci BDG de ces précisions, et je vous avoue ne pas être un économiste en vins. Et mon blog n’en a pas cette destination.

      Mais pour répondre plus sérieusement à votre précédent commentaire, je pense que le vignoble bourguignon, en plus de sa petite taille, nécessite une certaine connaissance ou une certaine passion. Un cheminement est nécessaire. Et pour les Chinois, dont le phénomène vins est récent, il y a d’autres priorités de marchés.

      Merci en tout cas pour vos chiffres. Pour vous en citer d’autres, il y a environ 445 AOC en France, dont environ 25 % sont détenues par la Bourgogne… Ceci peut aussi expliquer cela.

      Merci de vos lectures.

      Patrick MACLART.

  • jean-pierre riou

    Chambolle 1er Cru « Derriere La Grange » 2007. Ephebe on ne peut l’être que de 18 a 20 ans. Novice on peut l’etre a tout age. Vos notes sont juteuses mais ici vous poussez un peu loin le bouchon!

    • Salut Jean-Pierre,

      Merci pour vos commentaires. Riou, ça me rappelle plein de souvenirs, car j’avais un bon copain de mon service militaire qui portait le même nom.

      Pousse-je le bouchon un peu loin ? Ben en général, je le tire… 😉
      Mais j’aime à retranscrire les émotions, même si parfois elles peuvent paraître un tantinet excessives. Je préfère l’excès d’émotion aux notes de dégustations purement pragmatiques et obtuses. Et j’apprécie votre propos sur mes « notes juteuses », je prend ça pour un magnifique compliment, car ça fait penser au jus, à la gourmandise, à la salive qu’on a d’envie de bonnes choses…

      Merci en tout cas de vos lectures et de votre fidélité sur mon blog. Si des idées d’articles, de dégustations vous viennent, c’est avec plaisir que je les accueille.

      Gourmandes salutations,

      Patrick MACLART.

      • jean-pierre riou

        Ah! Le service militaire. J’ai connu un Bourguignon de Pierreclos. C’était le trompette du bord, matelot Phillipon. Un joyeux drille. 35 ans déjà. Comme vous habitez sur place, si vous le croisez, donnez-lui, s’il vous plait, mon bonjour. Je viens de découvrir votre site en lisant le compte rendu 2010 « Des grands jours de Bourgogne », tirez le bouchon c’est facile, le mettre en page requiert du talent. Les voix du seigneur en vous lisant sont moins impénétrables. Merci pour la partition.

        • pétard Jean-Pierre, quels compliments, je suis touché, sincèrement. Je vais avoir certainement l’air benêt à la suite ici, mais c’est ainsi.
          Je ne connais pas de Philippon ici, mais dès que je vois un rigolo à trompette, je demande son patronyme. On ne sait jamais…

          Merci de vos compliments, mais chez moi pas de pédagogie, pas de science, mais que du partage de plaisir et d’émotions, avec des moments vrais de vie. Vos propos m’encouragent dans cette voie. Il me serait agréable de savoir dans quelle région vous habitez.

          Gourmandes salutations,

          Patrick MACLART.

  • Ugo

    Excellent domaine que j’ai découvert sur ce blog il y a maintenant quelques années, un accueil toujours aussi chaleureux et riche en enseignements de la part d’Elisabeth. Les 2014 dégustés en mai sont magnifiques et j’ai trouvé les notes attribuées par le Bettane extrêmement sévères… coup de coeur cette année pour les feusselottes qui sont absolument sublimes, un panier de fruits rouges et de la dentelle en bouche. Malheureusement bouteilles limitées par la petite production tout comme le derrière-la-grange. Ma femme a une préférence pour les plantes qui présente toujours une très belle minéralité.

    • Salut Ugo,

      Tout d’abord merci de ta fidélité au blog. Celui-ci n’étant financé par personne, ni interprofession ni qui que ce soit, je dis ce que je veux, dans le respect de mes lecteurs il va de soi, car c’est à eux que je pense.

      Je suis toujours étonné des critiques que formule Michel BETTANE envers ce domaine. Il est pour moi l’un des tous meilleurs DE TOUTE LA BOURGOGNE, et ce depuis des années. Cela fait des années que je déguste les vins de ce domaine, en commençant de mémoire depuis le millésime 1988, mais pas toutes les années. J’y trouve toujours profondeur, perfection, notes racinaires, tellement burgondes. Et Christian est tellement gentil (le courant passe moins bien avec Elisabeth, mais c’est ainsi. Je sais qu’elle est aussi charmante que sa fille qui lui ressemble comme une goutte d’eau). J’ai des préférences dans les vins de Christian, mais je les garde pour moi, car lorsque je retransmets mes notes, j’essaie d’être le plus universel possible. Si ta femme aime « les Plantes », elle aime donc les vins bien carrés et charpentés, qui ont du caractère, prépare-toi ! 😉

      Fais courir mon blog, fais-le connaître, je t’en remercie d’avance. Ca me donnera encore et toujours la volonté de continuer avec la même ferveur.
      Gourmandes salutations.

      Patrick.

  • Ugo

    Salut Patrick,

    merci pour ta réponse ! Sache que pour moi ton indépendance vis à vis des critiques « pro » est justement le point fort de ton blog. J’ai pu comme d’autres lecteurs découvrir des domaines qui sortent des sentiers battus. Attention ce n’est pas autant qu’ils sont accessibles… je pense notamment au domaine Tardy, que c’est bon mais plus de 90% d’export. Les anglos-saxons nous ont devancés même sur les jeunes pousses.

    Pour en finir avec les critiques je ne les lis plus car ils rendent (pour la plupart) une copie conforme d’année en année. Et pourtant dieu sait que j’ai gouté des vins surcôtés de domaines dont la grande réputation est si grande qu’il ne se remettent même plus en question. Ca me fait penser à une anecdote du domaine Harmand Geoffroy qui avait interchangé le contenu de deux bouteilles puis les avait faites dégustées à Parker. Le constat fut sidérant, Parker a beaucoup mieux noté le village que le premier cru… une fois la supercherie avouée Parker serait parti furieux et le domaine n’est plus apparu dans son guide.
    Pour Amiot Servelle c’est toujours des grands moments de dégustations à table ou le soir en amoureux en terrasse. Il me semble si j’ai bien compris que Christian et Prune ont abandonné le choix de la bio-dynamie pour s’orienter vers le traitement par les plantes. Des vins naturels, authentiques, qu’importe le millésime. Et on en redemande !

    Continue ce blog comme tu l’as commencé, je ferai de mon mieux pour le faire connaitre, même au delà de nos frontières.

    Ugo

    • Salut mon Ugo,

      Je crains que mon point fort comme tu le signales est aussi mon point faible. Nous en sommes arrivés à devoir cirer les pompes de toutes les interprofessions ou syndicats, ne pas dire de mal, ne pas avoir des cheveux qui dépassent… Dernièrement, j’ai vu l’écrit d’un maire d’une commune bourguignonne, d’une AOC fort connue, disant qu’il ne souhaitait plus m’avoir dans sa commune, « mes commentaires ayant froissé l’égo de certains vignerons », sic !! Suis-je là pour les flatter et dire qu’ils sont les plus beaux du monde ?

      Certes, je ne déguste qu’avec mon palais. Mais après avoir dégusté des milliers d’échantillons, je peux me faire une idée de ce qui est bon ou moins. Et ne pas hésiter à « égratigner » ces vignerons qui se retrouvent toujours dans les guides, avec des copiés-collés des années précédentes. Là encore ces fameux guides n’apprécient apparemment pas mon travail, sauf photographique, car j’ai dû en rappeler deux à l’ordre; ceux-ci ayant utilisé des photos de mon blog pour illustrer leurs articles, un comble !

      Je continuerai ainsi. Peu importe que les agences d’attachées de fesses et autres syndicats me boudent, j’irai voir les vignerons en individuel. Et il y aura TOUJOURS moyen de déguster les vins d’une appellation de quelque façon que ce soit, de gré ou de ruse… 😉

      Merci de ta fidélité au blog, et porte donc ma parole à ceux qui ont le sens vrai du vin.

      Amitiés gourmandes.

      Patrick.

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