23 avril 2012

dans les Maranges, le domaine BACHELET-MONNOT : deux frères volontaires.

by Patrick Maclart

Voilà un domaine dont j’entendais constamment parler, et où le temps, ou bien le fait que la route des Maranges ne soit jamais sur mon chemin, ne m’y avait pas encore conduit. Mon premier contact avec les deux frères, Marc 31 ans et Alexandre 28 ans, fut bon, simple, chaleureux et humble. Sans être manichéen, ce genre de contacts est souvent de bonne augure.

Marc & Alexandre BACHELET, une volonté de fer, mais leurs vins sont en chair et en finesse… Du beau boulot.

L’aîné a commencé à Grandchamp à 15 ans, véritable pépinère de grands talents de vinifications en Bourgogne. Obtention d’un BEPA à 17 ans, et il enclenche sur des études de commerce de vins et spiritueux, tout ça en alternance. Il ne s’arrête pas là : BTS viti-oeno à Beaune. Un stage à Stass Yering Station en Victoria, en Australie, et un autre au domaine PARENT, à Pommard. Alexandre a à peu près le même parcours, sauf qu’il a passé son BAC au CFPPA de Beaune.

En totale osmose, les deux frères sont partis directement sur les mêmes propos : « C’est un domaine familial, mais sans reprendre les vignes de la famille. On est partis de zéro, et grâce à plein de gens qui nous ont fait confiance, on a pu démarrer. On doit un bon coup de chapeau à Jean-Pierre CHARLOT de Volnay, qui a fait partie de ces gens-là ». Et ils ajoutent, comme l’ambition des gens simples de la terre : « Et encore, tout est à faire, tout est à construire »… On est plus dans le visionnaire que dans l’ambitieux, somme toute.

Pour le travail du sol, labours, griffages des sols plusieurs fois par an, et arrêt total des désherbants; « on travaille naturellement, en extra raisonné. On ne passe pas bio, c’est un choix », dit calmement Marc.

dans les chais, rien de spectaculaire, pas de poudre aux yeux : de l’efficace.

Les vendanges sont exclusivement manuelles. Au chai, pour les blancs, le pressurage est lent, le débourbage dure 24 heures, puis les moûts sont entonnés durant 12 mois, puis subiront un seul soutirage, pour être amenés en cuve où ils resteront 6 à 8 mois, et toujours sur leurs lies. Quelques batonnages, mais pas systématiques… « Ca dépend des années, et je bâtonne de toute façon très peu » affirme Marc. Au final, collage et filtration.

Pour les rouges, l’égrappage total est de rigueur, mais pas de foulage. Le fruit est net, c’est top. Les raisins étant frais, les fermentations partent tranquillement, sans chercher la prémacération. L’élevage durera comme les blancs 12 mois sur fûts dont 35 % de neufs, puis passeront un temps en cuves béton (pour le transfert d’oxygène). Là encore, collage et filtration. Quelques applications de type biodynamiques sont utilisées, comme le calendrier lunaire pour certains travaux, comme les soutirages ou les mises en bouteilles, « C’est flagrant la différence » assène Marc avec son crédo.

Au final : des blancs intenses, riches sans être lourds, grâce à un élevage sur lies bien mené, et ce n’est pas toujours facile, des rouges gorgés de fruits et d’une propreté d’arômes incroyable... Le succès du domaine n’est pas vain, il est mérité. De par le travail de ces deux hommes, mais aussi par l’esprit simple et ce bon sens que seuls les vrais gens de la terre ont. Au final, la sincérité parle, CQFD.

Domaine BACHELET-MONNOT
Marc & Alexandre BACHELET

Grand rue
F-71150  DEZIZE-LES-MARANGES

tél. +33 (0)3 85 91 16 82
mail : bachelet-monnot@wanadoo.fr

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci Marc pour le temps passé en ma présence.

Bourgogne blanc 2009
très beau nez, très raisin blanc, floral, aubépine, joli, croquant et craquant, petites notes anisées.Bouche fine, coulante, la structure acide arrive par la suite. Bonne finale, la rétro est superbe.

Maranges 1er cru « la Fussière » blanc 2009
cette parcelle vient des hauts du climat, avec des sols plus calcaires. Elevage de 19 mois dont 12 mois en fûts neufs à 30 % sans soutirage. Le nez est superbe, complexe, poire, mandarine. Fruit net. Bouche fine, tendue, encore discrète en milieu. La finale et la rétro sont très prometteuses, toujours sur ces petites notes de mandarine.

il y a des trésors dans les Maranges, mais il faut creuser… Ici un 1er cru blanc « la Fussière » d’une beauté phénoménale, avec des notes de mandarine marquées. Une bien belle bouteille !

Chassagne-Montrachet village blanc 2009
une vigne près du secteur de la Canière. Très beau nez profond, rare dans un village : caillou blanc, pomme reinette, acacia. Bouche ronde, pleine, charnue et charmeuse; le vin a exactement le même relief du développement jusqu’à la rétro, sans le moindre creux. Génial. Ample, généreux, séducteur.

Puligny-Montrachet village blanc 2009
plusieurs parcelles dans les Meix et les Corvées des Vignes. Nez plus discret, minéral, salin, floral, petits amers perceptibles. Bouche encore sur la réserve, mais tout est là, à revoir pour la perception des arômes. Finale immense, concentrée.

Puligny-Montrachet 1er cru « les Referts » 2009
nez discret, réservé, sur le grand chardonnay, tilleul, bergamote. Bouche réservée à ce stade, mais le développement est beau, sur une belle maturité de raisins, une trame acide au coeur d’une rondeur mûre. Finale un peu saline, rétro durable.

Puligny-Montrachet 1er cru « les Folatières » 2009
Marc annonce la couleur : ce sont les Folatières du dessus, au niveau des Chevaliers. Très beau nez floral, très acacia, zesté complexe (bergamote), en devenir. Bouche minérale, caillouteuse, très beaux amers, c’est immense. Longueur phénoménale.

les Folatières du haut toisent le Chevalier-Montrachet et à peu de choses près la même géologie. Ce n’est pas une bouteille, c’est une fusée. La longueur est phénoménale. Grand vin.

Bâtard-Montrachet Grand Cru 2009
nez réservé, terrien, profond, doit encore se définir. Bouche pleine, entière, complexe, riche, une fois de plus, Bâtard cache bien son jeu et est plus bavard en bouche qu’au nez. Il livre un vin terrien, sur un côté amande fraîche, poire juteuse et quelques épices. Superbe longueur.

Maranges 1er cru « Fussière » rouge 2009
en majorité de vieilles vignes de plus de 40 ans. Le nez est sur la chair de cerise, pierre blanche, charmeur au nez, mais on peut s’attendre malgré tout à quelque chose de serré. La bouche confirme. Tendu, austère, mais fort heureusement la vinification sur le fruit, et à froid, arrondit les angles d’un terroir très minéral et calcaire. Belle finale fruitée, avec des tanins malgré tout élégants.

Une balade dans les Maranges illumine l’oeil et les autres sens; des paysages superbes à perte de vue… Et ça et là, quelques terroirs d’exception.

Maranges 1er cru « la Boutière » rouge 2009
nez plus plein, cerise noire, terrien, charnu, épicé. Attaque vineuse, un côté « beurre », amusant; framboise, cerise. Belle longueur terrienne.

4 Responses to “dans les Maranges, le domaine BACHELET-MONNOT : deux frères volontaires.”

  • Jean-Vianney MASSIN

    Bonjour Monsieur,

    Tout d’abord, une infinité de mercis pour le moyen que vous avez trouvé d’exprimer votre passion ! Quel travail réalisez-vous ! Et surtout quel plaisir de vous lire et de découvrir cette douce et dorée région de notre pays.

    Pour ce qui motive ce message, je fais partie de ces « drogués » qui annuellement viennent en pélerinage en terre Bourguignonne pour prendre leurs doses de pinot, de chardonnay et d’aligoté pour les mois & années qui viennent.

    J’ai mes petites habitudes et coups de coeurs (Marc Colin, JM Pillot, Sarrazin, Chicotot, Pavelot à Savigny, Bart, Joseph Matrot, Alain Jeanniard…) mais chaque année ce que j’apprécie de plus en plus c’est d’essayer et de découvrir les vins d’un nouveau domaine.

    Et cette année, à vous lire, j’ai très envie presque besoin 🙂 de découvrir le domaine Rémi Jeanniard pour la marge de progression que vous décrivez et les expressions de Pinot classique qu’il fait bon retrouver.

    Pouvez-vous me donner votre ressenti sur le domaine et ses cuvées?

    D’avance merci pour votre réponse et pour le temps que vous m’accorderez,
    JV Massin

    • salut Jean-Vianney,

      Tout d’abord il faut se conformer aux règles du blog, ici on se tutoie. Le vin est partage et plaisir, et l’amitié vient vite.

      Pour Rémi Jeanniard, certes il y a de la progression, mais il y a aussi du chemin à faire. Personnellement, je m’intéresserai à ceux qui sont un peu devant lui. Tu me signales Alain Jeanniard, tu as le nez creux ! Peu connaissent cette adresse stratosphérique ! En plus un bon copain, et un conscrit.

      Pourquoi ne pas aller chez Harmand-Geoffroy ou Jean-Marc Guillon à Gevrey ? Je pense aussi à Axelle Machard de Gramont à Nuits, Michel Martin à Chorey, Agnès Paquet à Nantoux, Coffinet-Duvernay à Chassagne, David Lefort à Rully, et pour finir, mon nouveau petit chouchou : le domaine de la Verpaille à Viré. Là tu vas t’éclater ! Gros coup de cœur à venir dans mon article sur le Mâconnais… En attendant, je ne t’ai rien dit… 😉

      Allez, continue à t’éclater comme tu le fais, j’aimerai que bien d’autres aient ta passion qui est tout aussi admirable.
      Gourmandes salutations.
      Pat

      • VUILLET Alain

        Bonjour, serait-il possible d’avoir un détail sur les prix des différents vins ? Merci. Cordialement.

        • bonjour Alain,

          Tu n’écris pas sur le site du vigneron, mais sur un blog qui parle de lui. Le plus simple pour avoir de ses nouvelles est de regarder l’article avec soin. Tu trouveras le numéro de téléphone (03 85 91 16 82), et l’adresse mail (bachelet-monnot@wanadoo.fr), espérant qu’entretemps rien n’ait changé.

          Belles dégustations, elle est pas belle la vie ?

          Patrick MACLART.

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