5 avril 2019

à Santenay, chez Jean-Marc VINCENT : l’esprit en perpétuel mouvement.

by Patrick Maclart

Un journaliste anglais avait écrit un jour : « life is too short to drink Santenay ». Laissons à cet enfant mal élevé de la perfide Albion la totale responsabilité de ses propos. Santenay a des terroirs sublimes qu’il suffit de savoir glorifier avec talent. Après le portrait d’Antoine OLIVIER, je vous emmène auprès d’un autre immense talent de ce village du sud de la côte de Beaune.

Jean-Marc VINCENT, la quarantaine, a repris le domaine il y a 17 ans maintenant…  » le domaine était en sommeil depuis 30 ans. Je suis né quand mon grand-père prenait sa retraite. Les vignes étaient louées. C’est par affection pour mon grand-père que je suis devenu vigneron. J’aime ce côté artisan » me dit Jean-Marc avec cette émotion qui lui appartient. Dans le discours déjà, il est clair que l’affectif compte chez lui.

Anne-Marie et Jean-Marc VINCENT, un couple dédié à son domaine, où la qualité n’est ni plus ni moins que le quotidien.

Après des études classiques, Jean-Marc va se diriger vers des études d’oenologie à Dijon où il obtient son DNO à 23 ans, « j’aurai préféré commencer comme ouvrier, mais à l’époque les cols blancs, ça comptait. En fait, il n’y a pas eu trop de réflexion » introspecte notre homme sans nostalgie ni regret. Anne-Marie, son épouse, fait ce que Jean-Marc ne fait pas : l’administration et le commerce. Je dois avouer qu’elle est plutôt douée pour assurer les bonnes ventes du domaine. Elle fait partie de ces femmes qui restent dans l’ombre mais agissent avec talent, ça mérite d’être relevé.

Jean-Marc se met donc aux manettes du vignoble familial et constate que bien des vignes sont vieilles, d’autres doivent être replantées, bref il faut remettre de l’ordre et il prendra son temps, le temps qu’il faut. Après des années d’apprentissage (Jean-Marc aime à réfléchir et sait rester humble), il va prendre des mesures, progressivement : plantation à 10.000 pieds à l’hectare, puis à 14.000 pieds; rehausse du palissage depuis 2008 à un mètre quarante de hauteur, un travail proche du bio, mais sans label : « la vérité est très souvent dans le compromis » précise Jean-Marc. Utilisation du chenillard, labours y compris l’intercep, Jean-Marie s’intéresse à différentes méthodes, dont la permaculture, et le vignoble n’est amendé qu’à l’organique.

Au chai, les vendanges sont exclusivement manuelles. Les raisins rouges sont partiellement égrappés, la moitié environ est vinifié en vendanges entières. Vinification en cuves inox thermorégulées. Pigeages doux, remontages, entonnage à froid, quand c’est bien fermenté. Elevage de 12 mois en fûts 100 % Chassin (un excellent tonnelier, et la concession d’un autre semble impossible !), puis 4 à 6 mois de stabilisation en cuves. Mise en bouteilles sans collage et une filtration de sécurité. Pour les blancs, pressurage pneumatique avec pas mal de rebêches. Débourbage léger statique, pas d’enzymage. Elevage en fûts comme les rouges, et la filtration idem.

Aujourd’hui, le domaine s’étend sur 6 hectares dont 5,50 en production, et produit entre 25 et 30.000 bouteilles. Les marchés export représentent 2 tiers des vins avec pour marchés principaux le Japon, la Grande-Bretagne et les USA.

Jean-Marc VINCENT, c’est un esprit qui ne se satisfait jamais de l’acquis, qui cherche, qui cogite, qui est capable de dire qu’il s’est trompé. C’est le mouvement de l’esprit, celui qui va commander le corps et amener le tout à une perfection tellement désirée. Et le résultat est là.

domaine Jean-Marc VINCENT
Jean-Marc & Anne-Marie VINCENT

3  rue Sainte-Agathe
F-21590  SANTENAY

tél. +33 (0)3 80 20 67 37
adresse mail : vincent.j-m@wanadoo.fr

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci Jean-Marc et Anne-Marie pour ce moment de belle dégustation et de simplicité de vie.

Anne-Marie et Jean-Marc VINCENT, un couple dédié à son domaine, où la qualité n’est ni plus ni moins que le quotidien.

Santenay blanc 1er cru « Beaurepaire » 2011
très beau nez très chardonnay, notes de citron confit, un peu épicé; le boisé est bien intégré, petites notes anisées. La bouche est bien faite, belle trame acide, notes d’aubépine. Tonique et très long, superbe.

Auxey-Duresses blanc « les Hautés » 2012
nez discret, assez profond, petites notes de noisette, ça se réserve, c’est bien un 2010. La bouche est sur la pomme verte, c’est croquant, minéralité bien marquée. Belle longueur, jolie bouteille. Rétro sur la minéralité.

Santenay blanc 1er cru « Beaurepaire » 2007
très beau nez, fruit jaune, pointe de noisette, vin encore jeune. La bouche est encore vive mais harmonieuse, ça commence à s’arrondir, notes salines. Ca se resserre en finale mais la rétro est expressive. Long, sur la noisette.

bien des terroirs de Santenay conviennent mieux au chardonnay qu’au pinot noir, qu’on se le dise. Jean-Marc, à l’instar d’une poignée de bons vignerons, l’a bien compris. Ce duo de Beaurepaire est simplement délicieux.

Santenay rouge 1er cru « Beaurepaire » 2010
nez typique des Santenay, cerise rouge, nete, droit et frais. La bouche est fine, élégante, un fruit mûr et frais en milieu de bouche. La finale a la fraîcheur de la prune. Long.

Santenay rouge 1er cru « Gravières » 2015
joli nez plus plein, plus riche, plus complet, notes épicées, café. L’attaque est ronde, la vivacité arrive vite, les tanins sont vifs mais pas cassants, belle structure qui permettra de tenir l’ensemble pendant une bonne garde. Long, ça se réserve en finale, la rétro est impressionnante.

Santenay rouge 1er cru « Gravières » 2009
nez joliment fruité, cerise, framboise, souriant. La bouche est ronde, jolies notes telluriques dans un ensemble bien fruité. Sincère, net et rond en fin de bouche.

un 2009 vinifié avec intelligence, tout en chair et en sourire. Une bien belle bouteille.

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