4 janvier 2013

à Pouilly-Fuissé, Sophie CINIER : paysanne de la vigne.

by Patrick Maclart

Sophie CINIER est une vigneronne bourrée de talents,un talent qu’elle maîtrise, qu’elle a appris. Ce talent est une vie de travail. A 44 ans, elle est à la tête de son petit domaine fondé en 2000. Les vignes appartenaient à sa mère, qui les avait mises en métayage. Suite au retour des vignes dans le giron familial, Sophie va apprendre son nouveau métier de vigneronne… « Je vendais du vin pour une grosse maison de négoce, ça été une très riche expérience. J’ai fait plein de rencontres. Je n’ai jamais vraiment quitté le métier de la vigne » affirme Sophie avec cette douceur qui dissimule une détermination.

à 44 ans, Sophie s’éclate dans son vignoble, dans son travail, dans la création de ses vins. Elle se dit « vigneronne-paysanne », et c’est une définition on ne peut plus juste.

Elle va donc travailler chez d’autres vignerons, et avait déjà en poche un BTS viti-oeno obtenu à Davayé. Elle commencera dans la foulée à donner des cours au CFPPA en 2003.  L’essor du domaine se fait à ce moment, et l’idée de créer son vin, et cette frustration de voir partir ses raisins sans avoir créé était difficile à vivre… Cette chose qui n’appartient qu’aux vrais vignerons.

C’est en regardant la beauté des raisins du millésime 2005 que Sophie décidera de créer sa propre identité. Car ses raisins étaient alors vendus à une petite société de négoce. L’aventure démarre de zéro : pas de pressoir, pas de cuve, sauf une en fibre, et une en inox. Pas de savoir particulier, Sophie se lance dans le bain avec la ferme volonté et la candeur qui appartiennent aux talentueux, « pouvoir goûter le jus du raisin, en imaginant le vin que ça allait donner et le terroir d’où ça venait, ça évoquait tant de souvenirs d’enfance, tant d’émotions, d’avoir déterré quelque chose d’enfoui » se souvient notre vigneronne.

Premier millésime : 1.200 bouteilles. Heureusement qu’il y avait toujours l’activité de tâcheronne et de formatrice. Une parcelle de 13 ares en Pouilly-Vinzelles sera achetée, et l’histoire se crée enfin. Aujourd’hui, le domaine s’étend sur 2,08 hectares, avec depuis cette année une petite activité de négoce, surtout pour acheter des Saint-Véran. Le millésime 2011 comportera 18.000 bouteilles. « Je n’ai pas envie d’étendre mon domaine. Je veux le garder à ma taille pour qu’il soit toujours humain, et que je puisse le travailler. » me dit Sophie avec un pragmatisme si terrien, si vrai.

A la vigne, le travail sera toujours manuel, sauf labours et traitements. En tout cas, pas d’antipourriture ni insecticide… « j’aime à me dire qu’on travaille à la paysanne, en utilisant le moins de produits possible… ». Pragmatisme vous disais-je…

voici la vigne « vers Cras », en Pouilly. De l’herbe, un sol bien caillouteux, de la complantation, du bon boulot.

Au chai, les vendanges sont toujours manuelles, et ça ne changera pas. Pressurage pneumatique à l’arrivée des raisins, et ce durant 2 heures 30 environ. Débourbage statique de 24 heures sans enzymage. Pas de levurage non plus, les deux fermentations (alcoolique et malolactique) s’effectueront juste après le débourbage dans leur contenant final (cuve ou fût), selon les cuvées. Les élevages dureront un an sauf pour les Cras qui s’élèveront entre 18 et 24 mois pour les derniers millésimes. Collage et filtration, bien que les Cras et les Pouilly-Vinzelles pourrait ne plus subir cette dernière opération dans le futur.

Le chai a beau être petit, il est propre, clair et fonctionnel.

Les marchés export correspondent aujourd’hui à 20 % seulement, mais ça devrait croître : Pays-Bas, USA, Allemagne et Belgique.

Sophie CINIER se définit un peu comme une paysanne de la vigne. C’est vrai. Après ce reportage, nous avons mangé ensemble quelques pâtes à la bolognèse, sans chichi. J’ai adoré. Après, on a bu un Fitou que j’avais amené et qu’elle a aimé. Voilà qui est Sophie, une vraie paysanne de la vigne. Certains verront de la péjoration dans mon propos, ceux qui me connaissent me comprennent : c’est une grande marque de respect.

Sophie CINIER

Champ potard – rue Adrien
F-71960 FUISSE

tél. +33 (0)3 85 35 66 41
site internet : cliquez ICI

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci Sophie de ce pragmatisme, ce bon sens paysan qui anime tant de bons vignerons. Pour voir la vidéo réalisée avec Sophie, cliquez ICI.

une gamme complète et bien habillée.

Mâcon-Fuissé 2010
élevé en cuve entre 9 et 11 mois. Nez juteux, fruité et floral, pointe caillouteuse. Bouche souple, légère, facile. Le fruit arrive à l’évolution, ainsi qu’une touche florale. La finale est jolie, élégante, et rattrape une entame un peu trop souple à mon goût.

Pouilly-Fuissé 2010
très beau nez de poire fraîche, juteux, petites épices. Belle expression. Bouche fine, réservée, épicée; le fruit arrive au développement pour faire cette fois-ci la queue de paon. Ca finit sur une jolie structure, tout en restant fin. Persistant.

Pouilly-Fuissé « vers Cras » 2009
élevé 18 mois sur lies fines en fûts avec 12 % de neufs environ. Nez présent, fin, épices, doite encore se libérer. Bouche au joli boisé grillé, qui soutient une matière bien constituée. Le vin s’exprime là encore en finale, sur des notes fruitées, fines et florales. Belle rétro persistante. Le boisé doit encore se fondre, mais l’ensemble est très prometteur.

avec un boisé qui doit encore se fondre et se mêler à l’ensemble, le Pouilly-Fuissé « vers Cras » ne peut mentir sur ses origines d’un terroir haut en couleur et riche en minéralité.

Saint-Véran 2011
brut de fût. Joli nez de pamplemousse, fruit jaune, touche épicée. Bouche harmonieuse, épicée, juteuse, avec de très beaux amers qui encadrent bien le vin. La finale revient sur le pamplemousse. très beau.

Pouilly-Vinzelles « les Longeays » 2011
brut de fût. Le nez évoque l’odeur du sucre roux, sans la sucrosité mais le côté épicé de l’odeur, un petit côté pâtissier, sur un chardonnay de rondeur. Bouche ronde, structurée, terrienne, groumande et complexe, longue. Quille de grande personnalité.

Pouilly-Fuissé « les Cras » 2010
brut de fût. Nez profond, ambitieux, vanille chaude, et ça ne vient pas du bois, c’est une pièce de 6 vins ! Aubépine, terrien, belle construction gustative. Bouche concentrée, vineuse sans lourdeur ni vulgarité. C’est long, intense, avec une finale sur le chardonnay, sur le vin, c’est sincère, chapeau.

2 Responses to “à Pouilly-Fuissé, Sophie CINIER : paysanne de la vigne.”

  • Marc MIANNAY

    Je monte une dégustation de blancs de Bourgognes, quels sont les domaines que vous recommandez ?

    • bonjour Marc (j’adore commencer par « bonjour », même si j’écris à un inconnu),

      Quels vins conseiller, enfin quels domaines conseiller pour une dégustation de blancs de Bourgogne, telle est la question…

      Un conseil : branchez-vous sur « www.bourgogne-wineblog.com », un excellent blog ! Vous tapez sur l’onglet « Bourgogne » à votre droite, et vont défiler là toute une série de noms aussi intéressants qu’excitants…
      Toutefois, il n’est pas évident d’acheter ça ou là une bouteille à chaque domaine. Même si cela vous coûte un peu plus cher, vous pouvez contacter deux cavistes extrêmement sérieux, qui ont en plus du sourire et de la qualité de l’accueil une gamme de folie :

      – CPH à Beaune / http://www.vinscph.com/magasin/magasin-de-beaune.html
      – le caveau de Puligny, chez Julien WALLERAND / http://caveau-puligny.com/

      Et voilà une superbe dégustation en vue… 😉
      Merci de votre fidélité au blog, gourmandes salutations.

      Patrick.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*