19 mars 2013

à Pouilly-Fuissé, David BIENFAIT : le bien nommé !

by Patrick Maclart

David BIENFAIT, le bien nommé, est un futur grand du vin. Retenez son nom, et vous me remercierez éternellement. Il a tout pour plaire : une gueule d’ange, une volonté du diable, et un travail d’homme.  A 25 ans, il explique cette vocation toute neuve (ses parents ne sont pas vignerons) par le voisinage de ces derniers justement… « Le voisin de mes parents était vigneron. Petit, je trainais toujours dehors, je ne pouvais faire autrement. J’allais forcément chez lui. C’est quand j’étais en 3ème, alors que je devais faire un « stage découverte » en entreprise que j’ai décidé de le faire chez lui. J’ai fait la taille de la vigne, et j’ai préparé les portes ouvertes. ». Si l’ensemble des tâches du vigneron, les détails du travail qui influeront sur le produit fini, c’est le contact avec la nature, avoir la tête dans le ciel pour travailler, c’est ça qui séduira notre jeune homme.

à peine 25 ans, et David BIENFAIT s’installe comme l’un des talents les plus prometteurs de toute la Bourgogne.

Du coup, il laisse tomber la seconde pour entrer en BEP au lycée viticole de Davayé. C’était l’illumination. Une fois diplômé, il s’engage en bac pro en côte de Beaune, puis un BTS en alternance. Pour couronner le tout, un long stage en Nouvelle-Zélande. Fin 2009, il s’installe avec 1,8 hectare de >Pouilly-Fuissé, et deux petites parcelles en Mâcon villages et Saint-Véran.

A la vigne, le traval est hyper-raisonné, « J’essaie d’abord de comprendre comment la vigne vit, et je m’adapte à elle. Pour moi, c’est le travail qu’on apportera à la vigne qui permettra à celle-ci de bien combattre les maladies. ». Et le bio alors ? « Je diminue fortement les doses de produits, pas d’antipourriture, pas d’insecticide. D’importants travaux en vert, enlèvement systématique des entre-coeurs, etc… Les raisins doivent être bien exposés, et éviter ainsi les entassements végétaux. ». Le ton décidé avec lequel ce jeune homme détermine son travail est d’une maturité qui peut rendre jaloux les plus anciens…

il faut se rendre à l’évidence : le Mâconnais dispose de magnifiques terroirs, et ils sont soutenus par des vignerons enthousiastes. Ca peut vraiment donner un chouette lieu de villégiature oenotouristique ça…

Au chai, les vendanges sont manuelles pour les Pouilly-Fuissé, ça suivra pour le reste. Pressurage pneumatique, les raisins arrivent à maturité optimale. Après 3 heures de pressurage, débourbage statique durant 2 à 3 jours, sans enzymage. Elevage sur lies fines, mise en bouteilles sans collage, mais avec filtration de sécurité.

Dans les chais, rien de particulier, peu de bois neuf, et ça me réjouit.

David démarre et ses ventes sont à créer. Ma dégustation confirme : il a tout d’un grand. Cavistes : contactez-le, allez déguster ses vins et vous me donnerez raison. Amateur : mais viendez dans le Mâconnais bon Dieu, c’est super beau ! En plus, insistez pour que David vous montre sa vigne là, au pied de la roche. Ce n’est pas très loin et vous découvrirez un panorama aussi superbe que spectaculaire. Ce beau gosse tout jeune promet, il est plein de bonnes volontés et de règles qu’il s’impose. Tout ça est bien parti.

David BIENFAIT

« les Sarazinières »
F-71960  BUSSIERES

tél. +33 (0)3 85 22 71 77
mail : davidbienfait@hotmail.fr

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ. Merci David pour ton sourire, ta spontanéité, et qu’on va retrouver dans l’ensemble de tes vins. Pour voir la vidéo réalisée avec David, CLIQUEZ ICI.

Mâcon-villages 2011
brut de cuve. Jeunes vignes élevées 6 à 7 mois en cuves sur lies fines. Très beau nez floral, aubépine, raisin, souriant. Bouche à l’attaque souple, développe sur une jolie moelle avec une très belle fraîcheur. Finale fraîche et tonique. Persistant.

Saint-Véran 2011
brut de cuve. Parcelle de jeunes vignes. Nez délicat, cédrat, floral, complexe. Bouche fraîche, tonique, dotée de beaux amers, notes d’amande fraîche. Belle complexité; finale en devenir, doit encore se faire.

Pouilly-Fuissé « les Cras » 2010
vieilles vignes d’un coteau plein sud sous la roche de Vergisson, plantées dans les années 40. Petits rendements, élevé 11 mois en fûts de 4 à 5 vins, pour 80 %. Nez délicat, fin, parfumé, floral, minéral, fleurs blanches. Gros petentiel. Bouche bien faite, bien construite, belle minéralité sur le plat de la langue, avec une moelle et un bouquet type aubépine. Belle longueur. L’ensemble pourrait être plus ambitieux encore car le fond y est, il y a du vin ! Laissons David évoluer, grandir. Le vin grandira avec lui.

Fin, délicat, floral et minéral, il faudra du temps pour que cette bouteille donne son expression finale. Immense potentiel pour un vin pas très cher… Précipitez-vous !

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