21 janvier 2013

à Chablis, le 27ème concours des vins, vous saurez tout !

by Patrick Maclart

Ce samedi 12 janvier dernier avait lieu à l’Abbaye du petit-Pontigny le 27ème concours des vins de Chablis. Les dégustateurs compétents connaissent ce rendez-vous de début d’année auquel je participe moi-même depuis pas mal de temps.

l’abbaye du Petit Pontigny date du XVIIème siècle, et a été reconstruite sur les ruines de l’ancienne qui date du XIIème. Un bâtiment bien adapté à l’organisation de manifestations professionnelles, ou autres…

C’est donc sous les frimas burgondes que je me rends à ce rendez-vous incontournable, en compagnie de 71 compagnons et compagnes de fortune. En effet, depuis quelques années, on retrouve à Chablis une émulation, un frémissement, qui lèvent le niveau de qualité. A cela une explication que j’ai tenté de chercher : une génération de jeunes loups volontaires et ambitieux. Ils peuvent l’être. Chablis, c’est un terroir unique, extraordinaire, hors du commun, et il faut en avoir conscience. Car si tout n’est pas parfait en chablisien, comme à bien d’autres endroits, la volonté de valoriser le terroir et ses vins se ressent ici. Bref, une dynamique que j’espère à long terme.

Cette année, 72 jurys pointus, affutés et pertinents ont assisté l’appellation dans la remise de ses médailles.

Comme à son habitude, tous les ans, l’organisation prévoit un président de session. Cette année, c’est un type bien qui a été nommé président. Gérard MARGEON, chef sommelier des établissements DUCASSE et Bourguignon de naissance, a non seulement dégusté avec qualité (j’ai été sincèrement impressionné), mais a synthétisé avec classe et talent la dégustation et son ressenti des vignobles chablisiens. Cet homme élégant et discret a illuminé une journée déjà bien brillante, comme les vins dégustés.

Exigeant, élégant, au bel esprit de synthèse, Gérard MARGEON, chef sommelier des établissements DUCASSE aura fait scintiller un beau moment de dégustation.

L’organisation m’a installé comme jury dans les premiers crus de la rive gauche. Millésime 2011 dégusté, il a réservé bien des surprises, avec un seul vin que j’ai trouvé en-deça du niveau moyen. Au super-jury, qui décerne les médailles sur base des vins sélectionnés par les jurys en amont, j’étais en premiers crus rive droite, même millésime. Il apparaît clairement que sur le millésime 2011, c’est cette dernière rive qui gagne l’affrontement. Les vins sont plus complets, plus « classe », parfois plus réservés, mais où le potentiel semble supérieur. Une bouteille « stratosphérique » s’en est par ailleurs issue lors de la dégustation finale.

Quel niveau mes amis ! Rive droite 2011, des échantillons homogènes et de grande qualité, qu’on se le dise ! Il suffit de voir mes notes…

Je dois aussi signaler la grande qualité des jurys présents; exemple que quelques concours et autres dégustations devraient s’en inspirer.

A la fin de ce périple sympathique qui a éveillé nos sens (le Chablis s’avère être un excellent apéritif !), l’organisation a le plaisir de nous convier à un repas de qualité. Cette année, les super-jurys ont été attendus, ce qui a permis de nous mettre à table tous en même temps. Gérard MARGEON a alors proclamé les résultats que je vous donne ci-dessous.

Le sympathique repas qui suit le concours est l’occasion de revoir des amis de Chablis, de baigner dans une ambiance conviviale, mais aussi de déguster des flacons rares, qui démontrent souvent le bon potentiel de garde de cette appellation.

Merci Chablis pour cette volonté à porter haut et fort une expression du chardonnay unique, où la rencontre d’un sol à forte identité et une climatologie singulière pour élaborer des vins dont la Bourgogne peut s’enorgueillir. Et bravo pour la qualité d’une organisation que chacun se veut impeccable. La présence de nombreux vignerons pour mettre la main à la patte démontre bien une appellation qui bouge. Et que ça dure, je suis avec vous.

RESULTATS

Ne vous étonnez pas s’il manque des « couleurs » de médailles dans certaines catégories. C’est à la discrétion du super-jury de chacune des catégories de donner ou non une médaille dans une couleur. La compétence de ce jury peut estimer que par exemple, les vins sélectionnés par les jurys précédents n’ont pas le niveau d’une médaille d’or ou d’argent. Il n’existera donc pas de médaille de cette couleur. 91 domaines et entreprises ont cette année présenté 347 échantillons.

Petit Chablis 2011

Médaille d’Or

Domaine GAUTHERON  –  Fleys
Louis  MOREAU  –  Beine

Médaille d’Argent

William  FEVRE  –  Chablis  

Médaille de Bronze

Domaine SAVARY  –  Maligny
Domaine MILLET  –  Tonnerre

Chablis 2011

Médaille d’Or

Isabelle & Denis  POMMIER  –  Poinchy

Médaille d’Argent

Jean-Claude  COURTAULT  –  Lignorelles
Domaine  CHRISTOPHE – Fyé
Daniel  DAMPT  –  Milly

Médaille de Bronze

Bernard  DEFAIX  –  Milly
Domaine de la CORNASSE  –  Beine

Chablis Premier Cru 2011, rive Droite

Médaille d’Or

Jean-Paul et Benoit DROIN  –  MONTEE DE TONNERRE  –  Chablis

Médaille d’Argent

Alain  GEOFFROY  –  FOURCHAUME  –  Beine
William  FEVRE  –  MONT DE MILIEU  –  Chablis

Médaille de Bronze

Nathalie et Gilles FEVRE – VAULORENT  –  Fontenay-Près-Chablis
Domaine de LA Meulière  –  MONT DE MILIEU  –  Fleys

Chablis Premier Cru 2011, Rive Gauche

Médaille d’Or

Alain  GEOFFROY  –  VAULIGNEAU  –  Beine

Médaille de Bronze

La Chablisienne  –  BEAUROY  –  Chablis
Domaine  PINSON  –  LA FORÊT  –  Chablis

Chablis Grand Cru 2010

Médaille d’Or

GARNIER  & Fils  –  LES CLOS – Ligny-le Chatel
Domaine LONG-DEPAQUIT  –  VAUDESIR  –  Chablis

Médaille d’Argent

Domaine LONG-DEPAQUIT  –  LES CLOS  –  Chablis

15 Responses to “à Chablis, le 27ème concours des vins, vous saurez tout !”

  • Charles Brodeur

    Bonjour Patrick,

    Pourrons-nous lire tes commentaires personnels ? Tu sais que je n’achète jamais une bouteille sans que tu y aies posé ton sceau ! Haha, sérieusement, je souhaite y lire tes notes. Ta plume a certainement laissé quelques traces.

    • salut mon bon Charles,

      Merci de ton commentaire. Comme il s’agit d’un travail collectif, je respecte. Et en plus, je signale bien dans l’article la compétence des dégustateurs.
      Etant dans le super-jury « rive droite », tu en tireras les conséquences… 😎

      Gourmandes salutations à toi; je reviens du Mondial du Grenache, avec plein de reportages dans ma besace !

      Pat.

  • Merci pour ce bel article…on perçoit les arômes à travers l’écran !
    ..et du coup plein de belles adresses à visiter

  • Davy

    Bonjour Patrick,

    Une fois n’est pas coutume, mon commentaire sera plus critique qu’enthousiaste. 😉

    En effet, si la première partie de ton article est intéressante, je t’avoue que l’inventaire de médailles qui le clôt me laisse dubitatif. Pour moi, simple amateur de vins de Chablis, savoir que le château Bidule a eu la médaille de bronze et le domaine Toto celle d’argent me laisse de marbre, puisque je n’y apprends rien sur le vin. Les médailles m’apparaissent plus comme un élément de marketing permettant de vendre les vins destinés aux rayonnages des grandes surfaces qu’autre chose…

    J’ai goûté de nombreux vins médaillés : certains étaient bons, d’autres mauvais. J’y vois donc difficilement un gage de qualité. Par ailleurs, il y a tellement de concours de vins que j’en viens à me demander si un producteur produisant un vin qui ne soit pas un picrate ne finira pas, à l’usure, par obtenir la médaille qu’il recherche.

    Il ne s’agit pas, bien entendu, de remettre en cause la compétence et la sincérité des jurys de ces concours, mais je m’interroge simplement sur l’utilité de faire des concours de vins comme s’il s’agissait d’une compétition sportive. C’est en fait exactement la démarche inverse de celle de ton blog : ton blog explique, décrit, met le vin dans le contexte de l’instant de la dégustation et le rend accessible, là où la médaille porte une sorte de jugement de valeur.

    Du coup, j’apprécierais sincèrement d’avoir ton éclairage là-dessus. Pourquoi, à titre personnel, participes-tu à ces jury ? Que penses-tu qu’ils apportent, et que devraient-ils apporter ?

    amitiés,
    Davy.

    • Salut Davy,

      En voilà un commentaire construit, argumenté et sensé… Bon exemple. Je vais tâcher d’y répondre aussi bien que les formulations des questions.

      Tout d’abord, il y a concours et concours… Je fais la distinction entre la foire à la saucisse de Trifouillis-les-Oies qui organise son petit concours de vins, et d’autres plus qualitatifs. J’y participe pour deux raisons.

      La première parce que c’est l’occasion de voir ou revoir des personnalités du vin, de « prendre la température » du commerce, du millésime, et de glaner une foule d’informations que je n’aurai eues si j’étais resté chez moi. La seconde, c’est surtout déguster le maximum de vins afin de me faire une vraie opinion d’une appellation. En effet, si je ne déguste que le meilleur, comment pourrai-je comprendre les bons vignerons « moyens », voire apprécier les valeurs montantes ? Il y a quelques mois de ça, lors d’une discussion sur Facebook, alors que je parlais de Chablis, une « Parisienne » s’est empressée d’écrire (je cite) : « Chablis, ouais je connais, Dauvissat, Raveneau… ». Intelligent comme propos, non ? Sortir les deux superstars de l’appellation et dire « je connais ». Bien joué, belle manoeuvre…

      Enfin, le concours de Chablis est un peu différent. Je le qualifierai plutôt de « compétition interne ». Les jurys sont de très bon niveau, et SURTOUT les vins sont dégustés par un super-jury, dont j’ai l’honneur de faire partie. Lorsqu’un jury a un coup de coeur, et qu’il le communique par « contagion » aux autres de sa table (c’est très courant), rien de tel que d’autres pour juger de la pertinence de la chose. De plus, à l’instar des gendarmes à cheval, j’ai toujours pensé qu’il y avait plus d’idées dans deux têtes que dans une, alors quatre… (nombre des membres du super-jury).

      Je crois qu’un comité va forcément élire le vin le plus cohérent car je crois à la convergence de la qualité dans des goûts multiples.

      Pour info, il y a foule de concours auquels je REFUSE de participer, soit pour la qualité des jurys discutable, soit pour des phénomènes de « remontées de notes »… En gros, je participe au Mondial de Bruxelles (dont la session 2013 aura lieu à Bratislava, l’occasion UNIQUE de déguster une production mondiale, et de savoir où le vin en est), et celui de Chablis, pour les raisons évoquées. Je tente ça et là quelques concours, pour me faire une opinion avant de parler.

      J’espère avoir été complet. J’ai bien compris ta démarche, et il est vrai un tantinet de frustrations lorqu’on voit des classements et qu’on n’a aucune idée des composants du vin.

      Amitiés, gourmandes salutations.

      Patrick.

  • Davy

    Merci beaucoup pour ta réponse ! Ton point de vue est effectivement très cohérent. Je comprends maintenant bien mieux l’intérêt pour le dégustateur ou le journaliste de participer à ces concours, même si je ne le vois toujours que faiblement pour le simple quidam.

    Le seul point avec lequel je ne suis pas sûr d’être totalement d’accord avec toi, c’est quand tu dis : « un comité va forcément élire le vin le plus cohérent car je crois à la convergence de la qualité dans des goûts multiples ». Pour ma part, j’aurais plus tendance à faire confiance aux affinités électives, autrement dit à faire confiance au dégustateur dont on partage les coups de cœur. Les avis majoritaires ont souvent trop tendance à éliminer tout ce qui est singulier. La vérité se situe sûrement quelque part entre ces deux positions. 😉

    • Davy,

      tu as raison sur ce dernier point, encore faut-il connaître son goût, et donc connaître la personne avec qui on partage son ou ses coups de coeur…

      Et là où je te donne totalement raison, c’est que ces concours sont parfois nébuleux pour le pékin moyen… Pékin que je respecte, vu que j’écris pour lui, et non pour satisfaire mon égo, ou pour exister sur la toile… Sans quoi je m’y prendrai autrement…

      Amitiés Davy, à tout bientôt.

      Pat.

  • Giovanni Malone

    Les vins de Bourgogne ont une image de prestige, d’authenticité, de gastronomie, de qualité, de plaisir et de terroir. 98 % des consommateurs s’accordent sur le fait qu’ils sont issus d’un savoir-faire ancestral et traditionnel. Ils sont aussi perçus comme un « véritable plaisir pour les sens » et synonyme « d’art de vivre à la française » (96 %).

    • Salut Giovanni,

      Que répondre à ton message ? Bien que je suis heureux de savoir que certains tiennent des statistiques… 😉
      Je me demande qui sont les 2 & 4 % manquants… 😎

      Merci de ton post, au plaisir de te relire.
      Gourmandes salutations.

      Patrick.

  • Stef

    Bonsoir,
    Je viens de voir ce site via Dany Jaffuel et je découvre ce classement. Pour ma part j’ai bu un bon nombre de Chablis et Petit Chablis 2011 qui ne sont pas dans cette liste. Soit n’ont-ils pas été présentés ? soit jugés en dessous, possible après tout ?

    J’ai eu des retours d’un des dégustateurs ayant participé à ce concours et pour lui son coup de cœur(rive gauche) a été en PC le Vaillons domaine Romain BOUCHARD 2011. Par ailleurs le village 2011 de Pommier est or et j’ai vu des commentaires qui lui trouve manquant de certaines choses, c’est très subjectif tout cela mais j’aurai tendance à avoir plus confiance en ce concours.
    Cdt

    Stéphane

    • Bonsoir Stéphane,

      Tout d’abord merci de ton intérêt pour mon blog et prendre le temps de lire les articles en profondeur.

      Quoi de plus subjectif qu’une dégustation ? Là, je ne fais que relater les vins sortis par l’ensemble des jurys de dégustation. J’ai la chance quand je participe au super-jury (c’est jusque maintenant toujours le cas) d’avoir avec moi des dégustateurs de grande classe telle Dominique LENA-BRADFORD, caviste à Paris et vraiment fin gosier ! Dans ce cas les choses sont simples. Et il faut tenir aussi compte du moment de la dégustation car un vin aujourd’hui n’est pas forcément le même demain.

      Comme je le mets à chaque dégustation comparative : « la dégustation est un instantané du vin dont le commentaire joint tente à projeter ce vin dans l’avenir ». Dont acte.

      Merci de ton attention, gourmandes salutations.

      Pat

  • Laurent

    Salut Pat,

    S’il te plaît, dessine moi un dégustateur compétent.

    Je rejoins Davy dans ses commentaires et le tien sur la fin: on reprend les mêmes dans 1 mois, 1 an, 10 ans: même jugement ? On change de lieu, même résultat ? De dégustateurs ? Et pourquoi ne pas faire intervenir le prix (rapport qualité/prix/plaisir) ?

    Le vin s’accompagne aussi d’un mets. Pourquoi ne pas déguster avec un plat imposé pour voir si il tient les sucs et l’accord ? Bonjour les kilos et je vois bien la scène du crachat dans le seau, rires ?

    Le jugement qui fait l’unanimité, c’est celui vers le bas: http://www.youtube.com/watch?v=Wxdl8oZlcZk

    Après je dirais que ce genre de concours permet de mettre en lumière. Libre à chacun d’y être sensible ou pas.

    Enfin, c’est rive gauche qui doit faire la tête. Comme aux prochaines élections…

    Signé: un pékin moyen moyen

    • Salut Laurent,

      C’est pour cela qu’il faut être humble en dégustation. Mais il faut aussi un éclairage, et de toutes les solutions, la moins pire reste la bonne.

      Cela explique pourquoi dans certaines revues on voit toujours les mêmes stars, gravées dans le marbre. Quel que soit le challenger, la star restera au pinacle de l’appellation. Ca m’énerve ceux qui dégustent sans cerveau…

      Pour les rives, on verra, en Bourgogne, on n’en a pas, mais on a une côte… 😉

      A bientôt, gourmandes salutations.

      Pat

  • °L°

    Ciao Pat,

    Humilité en dégustation comme en tout est sagesse de l’âme.

    Pour ton deuxième commentaire, j’abonde ! C’est pour cela qu’il est intéressant et plus que plaisant de suivre d’autres chemins tels que le tien, celui que tu retranscris et partage au fil de ton blog. Cela ouvre l’esprit et aiguise son sens critique. On se sent un peu moins mouton, si ce n’est boeuf…

    Enfin, pour les rives, j’aurais dû mettre [sic] car j’ai repris les mots du maître.

    A te suivre,
    °L°

    • tu l’as dit bouffi, en tout cas pour moi le vin reste plaisir. Je reste sensible à la qualité et au sens critique (sans critique, il n’est point d’éloge flatteur, disait l’autre).

      Et on continue, le tout sans publicité et sans la moindre influence financière. Tout le monde peut-il en dire autant ? La question reste posée…

      Gourmandes salutations, bon dimanche.

      Pat

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