7 février 2011

en Bourgogne, à Meursault : Rémi JOBARD : racines…

by Patrick Maclart

Rémi JOBARD élabore parmi les Bourgogne blancs les plus excitants que je n’aie jamais dégustés dans ma vie. Souvent je le sortais à l’aveugle dans les dégustations comparatives, et j’étais énormément impressionné. Peut-être est-ce pour ça que je n’avais jamais osé le rencontrer, le considérant comme une espèce d’icône au panthéon de mes vins préférés. Mais c’est mon ami Emmanuel DELMAS, sommelier de formation, qui a organisé la rencontre.

La quarantaine faussement décontractée, il est à la tête d’un domaine à Meursault produisant seulement 50.000 bouteilles. Les hauts rendements n’ont pas place ici. L’histoire du domaine se perd dans les méandres du temps… «On ne sait pas de quand date le domaine. On retrouve des Jobard à Meursault au XVIème siècle, notamment au château de Cîteaux. Mes crus ont été achetés lors de la crise phylloxérique par un aïeul qui était régisseur au domaine Mac Mahon. », déclare Rémi.

L’air débonnaire, il ne faut pas se fier aux apparences, Rémi est un monstre de boulot.

Mais son histoire personnelle au domaine démarre en 1991 après avoir obtenu un BTAO viti à Beaune, et un BTS commerce du vin à Davayé.

La culture bio est une marque de fabrique chez les JOBARD. «Déjà, mon père a toujours labouré, mais en alternance avec des désherbants. L’arrêt total date de 1998. Je suis certifié bio depuis 2008, mais en totalité depuis 2005. Parce que moi et la paperasse…En tout cas, je suis content que nous ayons arrêté engrais et désherbants depuis longtemps, on a vraiment bien fait». Ce propos, plein de bon sens terrien, confirme la personnalité de l’homme.

A la vigne, le travail est drastique. Rémi est extrêmement exigeant dans ce domaine. Tout est bio, et la vigne conduite afin de produire les raisins de qualité ultime.

Après, les choses se précisent. Les vendanges arrivent et fermentent à l’extérieur. «J’obtiens ainsi des départs de fermentation très lents et progressifs.». Ensuite, le vin passera 12 mois en fûts exclusivement autrichiens. «C’est une rencontre. J’ai fait un essai. Ca ne marquait pas mes vins, ça ne faisait que les encadrer. C’est exactement ce que je voulais». Ensuite, les vins termineront leur élevage en cuve durant 6 mois avant mise, après collage et filtration et mise en bouteilles.

Les vins sont d’une intensité incroyable, et d’une expression de terroir rare. En effet, les vins que j’ai dégustés reprenaient les mêmes caractéristiques gustatives sur terroir identique mais de millésime différent. Ce qui est de plus en plus rare lors des dégustations de blancs de Bourgogne.

une adresse incontournable des grands vins de Bourgogne.

Toute la production est vendue à l’avance, mais il se peut que vous puissiez obtenir quelques bouteilles de votre cru favori. Ce qui est sûr, c’est qu’à la fin vous aurez la définition de vos propres racines de dégustation.

Domaine Remi JOBARD
Remi JOBARD

12 rue Sudot
F-21190 MEURSAULT

tél. & fax +33 (0)3 80 21 20 23
mail : remijobardvins@orange.fr

DEGUSTATION

Elle a eu lieu in situ en présence du vigneron. Merci encore Remi pour cet extraordinaire moment.

Bourgogne aligoté 2008
tout en cuve. Nez de pamplemousse, floral, encore discret. Bouche tendue, riche, fraîche, très belle complexité. Magnifique sur le retour. Beau.

Bourgogne blanc 2008
issu de parcelles jouxtant les appellations Meursault. Nez de pommes, foin, amande, complexe. Bouche ronde, d’une très belle amplitude.

Meursault «sous la Velle» 2008
très beau nez ample, profond, très Meursault, miel d’acacia. Bouche très bien faite, très beaux amers. Finale ample, fine, mais riche, comme se doit d’être un de ce coin là. Doit encore se faire.

Meursault «en Luraule» 2008
limitrophe des Gouttes d’Or, «mais ce n’est tout de même pas un cru, appuie Rémi». Nez plus citronné, terroir, notes minérales. Bouche bien construite, reprenant les parfums du nez. Petite touche fumée. Long, intense, émouvant.

Meursault «les Narvaux» 2008
Les Narvaux ont toujours été mon petit coup de coeur à Meursault. C’est une parcelle sise haut, près de Blagny, et bien au-dessus des Genevrières. Cette bouteille est phénoménale. Le nez est minéral, et l’impression plus austère que les deux précédents, citronné, caillou, beaux amers perceptibles. Bouche magnifique, tendue, intense, touche minérale superbe. Les mots sont ici superflus. C’est parfait.

Lorsque les vins de Rémi JOBARD rencontrent la lumière, on se prend à croire à l’existence de Dieu… En tout cas, on philosophe.

Meursault «les Chevalières» 2008
Parcelle au nord de Meursault, à la limite de Monthélie. La vigne a été plantée en 1940, date plutôt inhabituelle, et qui nous renvoie à l’histoire. Nez intense, notes d’aubépine, petites notes zestées, ensemble un peu fermé au nez. Bouche intense, beaux amers, bien tendue en finale.

Meursault 1er cru «le Poruzot Dessus» 2008
Cru limitrophe aux Genevrières-Dessus, et juste sous les Narvaux-Dessous. Le nez est profond, intense, très raisin, petites notes de fruits secs. La bouche est fine, sur la distinction. Rétro incommensurable.

Meursault 1er cru «les Genevrières» 2008
Nez plus discret, plus fermé. Bouche sur la poire, encadrée par de beaux amers. Tendu, certaine puissance, long. Rétro sur le fruit (poire).

Meursault 1er cru «les Charmes» 2008
Nez intense, petites notes de coing, floral, lamelle de champignon. Bouche ronde, riche, fraiche, longue, belle rétro. Indiscutable, mais moins d’identité que les autres crus pour moi.

Bourgogne blanc 2009 sur fûts
très caillou, rondeur, bien fait.

Meursault «sous la Velle» 2009 sur fûts
rondeur, concentration, fruits…

Meursault «en Luraule» 2009 sur fûts
fumée, fruits jaunes, zeste confit, minéral. Bouche tendue, fraîche, longue. J’adore.

Meursault «Narvaux» 2009 sur fûts
tendu, minéral, zeste. Grande bouche, minéral, puissance certaine. Intense et long, coup de coeur.

Meursault «Narvaux» 2009 dégusté sur foudre
voici un exercice inhabituel en Bourgogne. La minéralité semble plus marquée que le précédent. La bouche est élégante, mais tendue, tout comme la finale, sans concession.

L’élevage sur foudre est inhabituel en Bourgogne, et c’est un exercice différent et pointu.

Meursault «les Chevalières» 2009 sur fûts
très grand, fumée, pomme jaune. Bouche fine, élégante, donne bien. Se goûte à merveille.

Meursault 1er cru «le Poruzot Dessus» 2009 sur fûts
intense, bousculé au nez. Bouche plus lisible, fruité propre et génial. Finale de vin jeune.

Meursault 1er cru «les Genevrières» 2009 sur fûts
minélra, caillou, zeste de pamplemousse. Minéral en bouche, beaux amers marqués. Finale toute soyeuse, bien que restant intense.

Plutôt que mettre un des crus de Rémi en avant, car tous sont de très haut vol, je préfère illustrer par l’image de ses très beaux cartons.

Meursault 1er cru «les Genevrières» 2009 sur foudres
là encore un élevage inhabituel. Bousculé, un peu réduit. Bouche elle bousculée, à revoir.

Meursault 1er cru «les Charmes» 2009 sur fûts
nez tendu, petite impression de terroir. La bouche est dotée d’une certaine rondeur, de matière et de concentration. Harmonieux.

3 Responses to “en Bourgogne, à Meursault : Rémi JOBARD : racines…”

  • yves

    que je n’aie jamais dégustés

    essayez « que j’ai dégustés », ça devrait aller aussi: je dis ça parce que du Jobard j’en aurai pas non plus! la bourgogne c’est ça tu peux pas les boire sauf si ton grand père connaissait l’arrière grand père du vigneron, même les mauvais tu n’y a pas droit

    • Salut Yves !

      Heureux de vous retrouver sur le plus bourguignon des blogs. Votre propos dénote bien un caractère bien burdigalais !

      Il existe un proverbe qui dit : « en Bourgogne, il y a tout à déguster et rien à acheter… A Bordeaux, c’est le contraire ». Cet adage s’est vérifié car une visite dans un château, c’est 4 vins à la dégustation. En Bourgogne, c’est en général le démarrage de la dégustation.

      Il est vrai que les bonnes choses sont rares, mais peut-être pas autant que dans votre propos. Venez donc ici, je vous montrerai qu’on peut trouver de très beaux vins disponibles et pas si chers que ça. Ici la rareté est réelle, elle n’est pas spéculative.

      A bientôt de vous lire Yves. Gourmandes salutations.

      Patrick MACLART.

  • yves

    dites le bourgognais, je suis breton!

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