28 janvier 2012

dégustation express riesling : France – Allemagne : 1-0

by Patrick Maclart

Mon ami japonais sommelier-blogueur-passionné-vigneron Bunpei SOMEYA m’a fait le plaisir d’un court séjour chez moi, afin de se ressourcer d’air et de liquides burgondes. Pour me combler dans mes plaisirs (il a le vrai sens du partage comme moi), il m’a apporté deux vins de riesling, l’un alsacien, l’autre allemand.

Je n’ai jamais été un fanatique du riesling, mais qui est très à la mode. Combien de fois ne vois-je exploser dans des dithyrambes gutturales mes collègues journalistes ou blogueurs, s’exclamant d’une verve énergique et envolée sur ces vins à la charpente de danseuse du Bolchoï, combattant la gloire de la minéralité et de la salinité, et tous ces termes un peu galvaudés (salivant, etc…). Je respecte, mais de gustibus et coloribus, etc… J’ai des cépages blancs qui m’apportent plus de plaisir, tels le fabuleux rolle, le pinot gris seigneural, la complexe marsanne, la changeante malvoisie…

Je me suis donc attelé à créer un petit match entre Rhénan et Alsacien. Les confrontations franco-allemandes ne nous laissent pas que de bons souvenirs, loin de là. Mais là, je me suis agréablement surpris à prendre du plaisir à cette dégustation. Aucun dogme, pas de profil-type, j’ai dégusté avec un palais curieux et sincère.

un match France-Allemagne qui a tourné en notre faveur. Mais en vin, je n'ai aucun chauvinisme.

Dans le match, le riesling de Marc KREYDENWEISS prend les lauriers. Plus complet, plus complexe, plus prometteur, plus authentique, il a marqué d’une tête, une seule, le but de la victoire. La tête étant d’habitude la spécialité de nos voisins teutons. Mais le rhénan de Georg BREUER était moins apte à la défense, moins concentré, mais avec un nez complexe et amusant, doté de nombreux parfums, mais assez lisible. C’est en bouche que tout s’est joué.

Ci-dessous les notes de dégustation de ce beau match. J’aime autant l’Allemagne que les vins allemands. J’ai bien conscience qu’il est toujours difficile de comparer ce qui n’est pas exactement comparable, mais soyons clairs : c’est un match amical !

DEGUSTATION

riesling « clos du Val d’Eleon » – l’âme du Terroir 1997 – Alsace AOC
ERRATUM : qui n’est pas un riesling pur me fait savoir un lecteur du blog, mais un assemblage riesling-pinot gris. Nez minéral, très salin, complexe, notes fumées, citron à la marocaine, mais sans les épices. L’attaque est à son apogée, fine, à point. Pas de gros volume en bouche, la minéralité arrive plutôt en fin de bouche, avec un milieux plutôt vineux et assez simple. C’est en finale que le vin se révèle, étant vraiment sur la minéralité, la salinité, une structure étonnante qui laisse supposer que l’ensemble peut encore évoluer. Plein de vie et d’âme dans ce jus qui donne plein d’émotions. La longueur est phénoménale.

profond, complexe, long, intense, vibrant, un vin de terre, d'âme, qui m'a parlé.

riesling « Berg Rottland » – Georg BREUER 2004 – Rheingau
robe assez soutenue pour un riesling. Joli nez de pomme, pomelo, notes florales amusantes, guimauve, citron confit, notes pétrolées. Le nez est multidimensionnel, mais somme toute pas complexe. La bouche présente une belle attaque assez vive et tonique, avec un développement sur le minéral, des notes pétrolées bien marquées, de beaux amers en fin de bouche. Mais ça finit un peu court, ça tombe, pour remonter ensuite sur la rétro. Toutefois, ce n’est pas vibrant, ce n’est pas intense, ni très long.

une corbeille de parfums au nez, mais l'ensemble est prévisible. La bouche est un peu courte, remonte en finale pour tomber à nouveau. Non, ce riesling rhénan ne tient pas la route face au champion alsacien.

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