18 mars 2014

à Châteauneuf-du-Pape, au domaine de la Millière, Michel ARNAUD : une volonté sans cri et sans heurt

by Patrick Maclart

Michel ARNAUD, 52 ans, est à la tête du domaine depuis 1991. Il est toutefois vigneron avec son père Aimé depuis 1983. Il décide de créer son domaine avec son père pour créer la structure actuelle justement en 1991, avec les vignes qu’il avait achetées et celles de son père.

Michel ARNAUD, un homme simple et sincère, qui sourit à la vie. Sa volonté est pragmatique, un vrai sens paysan en quelque sorte.

Michel ARNAUD, un homme simple et sincère, qui sourit à la vie. Sa volonté est pragmatique, un vrai sens paysan en quelque sorte.

Il s’étend donc sur une vingtaine d’hectares. L’étymologie du nom du domaine vient des années 30. Le grand-père de Michel, Fernand, découvre en déboisant une forêt une borne « millière », ces fameuses bornes que les Romains avaient placé tous les miles sur leurs voies.

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11 mars 2014

MILLESIME BIO 2014 à Montpellier : mes gros, gros coups de coeur !

by Patrick Maclart

Il y a quelques semaines je me rendais au salon des vins biologiques appelé « Millésime Bio ». Bien que je soutienne ce mode de culture dans la vigne, je vous avoue que c’était mon premier salon et c’est quand même intimidé que je me rendais au parc des Expositions de Montpellier.

millesime bio

La philosophie de ce salon est de ne pas regrouper par nationalités ou appellations les vignerons bio. L’organisation estime en effet que le fanion fédérateur de ces producteurs est la culture biologique. C’est donc tout naturellement que ceux-ci soient tous mélangés, quel que soit le pays ou l’AOC. Cela implique des déplacements dans tous les sens, et je vous avoue que ce salon ne brille pas par un fléchage et des numérotations avenantes. Mes jambes ont travaillé autant que mes papilles…

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7 mars 2014

en Vénétie, Bonotto delle Tezze, Antonio BONOTTO : alléguer les anciens et apprécier le progrès

by Patrick Maclart

Antonio BONOTTO, 50 ans, représente 500 ans de présence sur le domaine à Tezze. A quelques coudées du fleuve Piave, il peut être fier de perpétuer la tradition viticole, tout en ajoutant les progrès nécessaires; « on tient à nos racines, et on se souvient combien notre région a souffert, notamment lors de la première guerre mondiale, où le Piave était rouge de sang » me dit Antonio avec une émotion toute contrôlée. La région a tellement été marquée par ces combats qu’Antonio a même créé une cuvée spéciale pour la mémoire de ces hommes tombés au front, sur les rives du Piave.

Antonio BONOTTO et son épouse, ils défendent une idée terrienne de leurs origines et de leurs projets.

Antonio BONOTTO et son épouse, ils défendent une idée terrienne de leurs origines et de leurs projets.

Il travaille dans le Veneto un cépage pas évident à dompter, qui a besoin de temps, d’attention, de patience : le raboso. Certes il peut donner des rosés frais, des vins pétillants ou des rouges croquants, mais pour élaborer des vins ambitieux, il faudra patienter jusqu’à la mi-novembre pour le vendanger, là où il sera à son apogée. C’est un cépage dont l’acidité peut monter en PH jusque 7. La précision est indispensable mais notre homme a du savoir-faire et crée aussi un rouge avec une partie des raisins passerillés. Les sols ici sont constitués d’argiles sablonneuses, avec des bancs de cailloux et de sable amalgamés sur une épaisseur de six mètres après la terre arable.

le raboso, un cépage où il faut instinct, intelligence et savoir-faire pour en retirer le meilleur.

le raboso, un cépage où il faut instinct, intelligence et savoir-faire pour en retirer le meilleur.

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3 mars 2014

dans le Mâconnais, à Fuissé, Marcel COUTURIER, la vidéo !!

by Patrick Maclart

« tout sourire dehors », telle pourrait être la devise de Marcel COUTURIER à Fuissé, dont le talent atteint les sommets de sa modestie. Avec ses 10 hectares, il élabore des vins gourmands, bien en bouche, concentrés et de caractère.

Il est venu de rien, ou presque. Ses parents étaient polyculteurs, et ils n’avaient qu’une toute petite vigne. Mais Marcel a des ressources, de la volonté, et un parrain qui s’appelle René PERRATON, qui est vigneron. Durant ses jeunes années, Marcel va se faire le dos, les bras, les jambes, bref le physique chez René, et apprendra en silence, en humilité.

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14 février 2014

en Campanie, à MONTEVETRANO, Silvia IMPARATO : savoir s’entourer, savoir écouter…

by Patrick Maclart

Il y a quelques mois, alors que je participais à une dégustation des vins de Campanie suite à l’invitation d’un grand guide italien (voir copie de l’article en CLIQUANT ICI), je tombais sous le charme du vin de Montevetrano. Du vin seulement, car sa charmante propriétaire était absente. Même si en effet le vin ne me semblait pas « traditionnel », j’étais séduit par sa profondeur et la suavité de ce jus. Certes on ressentait la présence de cépages bordelais, mais c’est justement la personnalité dégagée d’un vin qui aurait pu être banal qui m’a captivé.

esthète, cultivée et sensible, Silvia IMPARATO a l'inteligence de savoir autant écouter que s'entourer. Des qualités qui naviguent entre empathie et humilité.

esthète, cultivée et sensible, Silvia IMPARATO a l’inteligence de savoir autant écouter que s’entourer. Des qualités qui naviguent entre empathie et humilité.

C’est donc en me rendant « in situ » que j’allais faire connaissance autant du terroir, des vignes, que de sa propriétaire Silvia IMPARATO. L’élégance aérienne à la Claudia Cardinale, elle est d’un âge qu’il serait inconvenant de demander. Son histoire avec Montevetrano démarre alors qu’elle est enfant. C’est en effet une propriété familiale à la campagne où elle s’y amusait à venir aux vendanges, à cueillir les fruits qui sont aujourd’hui la multiplicité végétale  du domaine, qu’on parle de figues, de tomates, de raisins, de mûres ou de quoi que ce soit. Des fermiers vivaient alors sur place et géraient la propriété.

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5 février 2014

à Châteauneuf-du-Pape, le domaine de la Millière, Michel ARNAUD, la vidéo !!

by Patrick Maclart

au domaine de la Millière, Michel ARNAUD a toujours travaillé bio. Il est passé aux produits chimiques, suite à un gros mal de dos qui l’empêchait de travailler à 100 %. Au vu du résultat, il est vite revenu en arrière; mais doit-on considérer le bio comme une marche en arrière ? Bien sûr que non, là en l’occurrence je vous mets dans un temps défini…

Sur les 27 hectares du domaine, Michel élabore non seulement des Châteauneuf-du-Pape, mais aussi des côtes du Rhône, un peu de vrac.

Le style de Michel ? La fraîcheur, l’équilibre et l’harmonie, sans pour autant renoncer sur les Châteauneuf à un bon potentiel de garde, signe des grands vins de l’appellation.

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24 janvier 2014

Bourgogne Wineblog sur les routes de l’Armagnac, épisode 3

by Patrick Maclart

(voir le premier épisode des routes de l’Armagnac EN CLIQUANT ICI)
(voir le deuxième épisode des routes de l’Armagnac EN CLIQUANT ICI)

Un réveil impeccable, comme d’habitude, un petit déjeuner de circonstance, comme d’habitude, mais juste un peu plus tôt… « on a de la route », me dit notre pilote du jour, mon Cicéron de ce périple gascon; « on part dans le Haut-Armagnac ! »… De suite mon imaginaire se prend à rêver d’alpinisme, de pics à franchir, de montagnes de pierre et de routes très sinueuses… Mon imaginaire n’avait raison que sur ce dernier point.

DSC01543

le Haut-Armagnac est en fait la partie sud et est de l’appellation. C’est une région censée produire des Armagnacs de moindre finesse, de moindre expression. Mon expérience me l’a souvent appris : un peu comme la fameuse phrase que j’aime à répéter : « sans maîtrise la puissance n’est rien », je glose du coup en pensant que sans homme, le terroir n’est rien. Et parfois l’abnégation, la volonté, le travail et l’empathie de sa terre peuvent donner des résultats sans pareil. Une fois de plus, sur la route, mon cerveau ronronne de pensées, et cette ambiance cérébrale convient bien aux mamelons telluriques qui se succèdent, que nous contournons habilement par l’astuce de ceux qui auparavant bâtirent ces routes.

carte armagnac

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22 janvier 2014

Bourgogne Wineblog sur les routes de l’Armagnac, épisode 2

by Patrick Maclart

(voir le premier épisode des routes de l’Armagnac EN CLIQUANT ICI)

Le réveil est excellent, malgré les libations de la veille. Dans une ambiance paisible, entre automne et hiver, dans l’odeur et le bruit de la bûche qui crépite dans la cheminée séculaire, je me remémore malgré moi ces rencontres de la veille, ces gueules, ces personnes… Non, le pays de l’Armagnac n’est pas seulement un pays, c’est un peuple.

PHOTO ANCIENNE RUGBY

Sandra arrive équipée de son éternel sourire (voire rire sonore selon les moments), et nous voilà partis après un petit déjeuner de compétition concocté par Vincent, le patron du Moulin de Laumet, notre gîte. La route est tranquille, sur lesquelles sont posées de petits véhicules utilitaires placides, roulant à allure escargotienne. Je ne suis certes pas pressé de joindre notre première rencontre, mais je me dis dans mes moustaches qu’il y a plus lent que les Bourguignons…

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20 janvier 2014

Bourgogne Wineblog sur les routes de l’Armagnac, épisode 1

by Patrick Maclart

Lors de Vinexpo 2011 à Bordeaux, je fus invité à passer une soirée sympathique avec l’interprofession de l’Armagnac, appelée BNIA (à ne pas confondre avec un petit déjeuner chocolaté aujourd’hui désuet). Les responsables vinrent à ma rencontre, et forcément nous parlâmes Armagnac, et de mon amour pour cet esprit-de-vin, et de sa parfaite combinaison avec quelques modules havanais judicieusement sélectionnés par myself. Défi fut lancé par la sémillante personne pour aller à la découverte de ce pays aussi près que lointain pour le résident burgonde que je suis, et défi fut relevé d’aller à la découverte du pays des mousquetaires.

PORTRAIT ARMAGNAC

Après avoir fixé les dates au planning, je pris la route pour la Gascogne, pays pour lequel je n’avais en tête que des cartes postales, avec des hommes costauds et rugueux parlant avec fort accent, portant béret et ne discutant que rugby et confits…

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10 janvier 2014

à Maury, la Préceptorie de Centernac, Joseph PARCE : l’atavisme autrement.

by Patrick Maclart

Joseph PARCE, 32 ans, est vigneron depuis 5 ans. Auparavant militaire durant 7 ans, il voulait depuis longtemps créer, « parce que ces métiers là, c’est comme la potion magique, on y tombe dedans, et dès tout petit » me dit Joseph. Le ton est donné. Car ce mec, c’est une gueule, un caractère, mais aussi une intelligence qu’il préfère laisser en retrait, il préfère autant que ce soit l’esprit du sol qui s’exprime. L’atavisme est une théorie envers laquelle j’ai un doute certain, mais ici, c’est l’atavisme autrement. Le génie a certes passé la génération, mais son expression est différente, plus en relief. Joseph n’a plus rien à prouver à personne, sauf peut-être à lui-même; la grandeur de l’homme… Et c’est cette gueule autant que les vins qui m’avaient séduits lors de notre première rencontre avant ma visite en son domaine.

une gueule à la Ventura, un côté James Dean, mais les comparaisons s’arrêtent là. Car Joseph PARCE est un gestionnaire raisonnable et dans l’esprit du long terme et du respect du terroir, mais aussi un père de famille attachant. Bref, un mec bien.

Suite à différents avatars familiaux et privés qu’il serait ici ennuyeux d’évoquer, Joseph est désormais le chef d’orchestre de son domaine, comme il aime à se définir. Bon sang ne saurait mentir, il se retrouve à la tête de sa propriété, avec ses musiciens-vignerons-maître de chai, et se lance dans une qualité sans concession, dans un combat contre la médiocrité, l’uniformité. Il est clair que les vins de Joseph sont les siens, ils sont marqués de son empreinte.

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