31 janvier 2020

à Bordeaux, St-André de Caplong, Chapelle-Bérard, Jean-Christophe MAURO : les fondamentaux

by Patrick Maclart

Jean-Christophe MAURO, 48 ans, a créé le domaine depuis 2015… « il faut préciser que ce domaine est la fusion de la propriété familiale, reprise en 1989 et qui s’étend sur 35 hectares, et mon vignoble personnel que j’avais acquis en 2001 de 12 hectares et déjà travaillé en bio. J’ai ensuite racheté des vignes pour arriver à la superficie actuelle. Tout est bio depuis 2009 » raconte Jean-Christophe, un homme qui aime à réfléchir, à trouver les meilleures solutions aux problèmes, et à appliquer.

Jean-Christophe MAURO est un homme d’une grande sensibilité, d’une grande pudeur. Pourtant, il aime autant les vins que la vie, et que ses proches. Quelqu’un à découvrir.

Étant jeune, il voulait déjà travailler dans l’agricole, mais dans la recherche. Il obtient son BTA à Montagne, mais doit rentrer au domaine. Son frère parti prématurément, c’est son père rendu aveugle par un accident qui lui donne la raison de revenir au domaine. Il sera les yeux de son père jusqu’à son décès 5 ans plus tard. Sa carrière démarre prématurément, mais l’homme s’adapte, écoute son père, apprend et applique toujours… « l’accident de mon père m’a fait réfléchir sur mon boulot. Mon père m’a appris beaucoup de choses en réfléchissant à toutes les solutions possibles face à un problème, quitte à en inventer de nouvelles, ou les imaginer, faire intervenir l’émotif s’il le faut » me dit Jean-Christophe. Pudique, il évoque ces moments en conservant ses émotions pour lui, mais elles sont palpables si on s’en donne la peine.

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17 janvier 2020

au Portugal, en Algarve, Quinta da Rosa, Jaap HONEKAMP : the dreaming Dutchman !

by Patrick Maclart

Jaap HONEKAMP, 63 ans, est à la tête du domaine depuis 20 ans… « la première fois que je suis venu en Algarve, c’était en 1984 avec mon père. Il avait acheté une maison. J’en ai ensuite acheté une à mon tour dans la même région en 1997. C’était une vraie histoire d’amour je pense ». Il était chef d’entreprise à la tête d’une agence immobilière et il a tout vendu en 2000… « durant ce temps, j’étais entre les deux entreprises, le vignoble et l’agence. Je faisais 5.000 kilomètres par semaine ! ». Tout ça sans aucun dopant, juste l’amour du vin.

Jaap HONEKAMP est un peu devenu vigneron par bravade, par défi. Il l’a relevé, avec justesse et pragmatisme. Cela ne l’empêche pas de vivre son rêve.

Car le vignoble est un peu né par hasard ou bravade. Un jour, il achète un beau terrain. Il passe une soirée chez un caviste qui lui demande ce qu’il va faire de son acquisition. Il répond un peu par candeur : « je vais y faire du vin ». Il achète donc des plants de vignes en France via une société aux Pays-Bas, son pays d’origine. « les deux premières années n’ont pas donné grand’chose. J’avais acheté un alambic. On a distillé des vins et on a élaboré des liqueurs avec les fruits des arbres fruitiers présents sur le terrain. Il y avait des orangers, des framboisiers, des figuiers. La production de liqueurs continue encore. »

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10 mai 2019

en Sardaigne, le domaine CONTINI, Mauro CONTINI : étape par étape

by Patrick Maclart

Mauro CONTINI, 41 ans, est le responsable de production du domaine. Il s’occupe de la partie technique… « c’est une entreprise familiale ici, et les décisions se prennent en famille. Mais je m’occupe de tout ce qui est vin. Chez nous, il y a une parfaite interaction entre le commercial et la production », affirme cet homme humble, qui est la qualité première de toute cette famille, comme si cette valeur était inscrite dans leurs gênes.

Mauro CONTINI est le responsable de la production. Pragmatique, aimable, il cultive tout comme sa famille la vigne, l’humilité et la qualité de l’accueil.

La propriété existe depuis 1898. C’est la plus ancienne propriété de Sardaigne. Salvatore est le fondateur, mais Attilio son fils qui est le grand-père de Mauro, est celui qui a vraiment développé le domaine.

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7 février 2019

à Chinon, Wilfrid ROUSSE : des vins bio et bien rabelaisiens

by Patrick Maclart

Wilfrid ROUSSE, 52 ans, a créé son domaine ex-nihilo en 1987, à 22 ans… « Je voulais être vigneron, j’avais travaillé dans une plantation de kiwis. Mes parents ne sont pas de la vigne. » Le grand-père d’un copain lui laisse un hectare et demi… « ma première déclaration de récolte, je m’en souviens comme si c’était hier : 57 hectos ! » me clame-t-il avec amusement, car l’homme est un rabelaisien, et pas que de sol. Il continue amusé « et en plus, je vinifiais dans une grange ! ».

gourmand de vie, de rires, de plaisirs, de joies. Voilà Wilfrid ROUSSE. Et tout cela se ressent dans les vins, sans oublier tout le boulot qu’il préfère occulter, par pudeur.

2 hectares et demi vont se libérer en 1998, le propriétaire ayant envie d’aider un jeune qui démarrait… « c’était de la vieille vigne. Il fallait replanter un hectare, ça faisait partie du deal. Ca donne aujourd’hui ma cuvée Galuches ». Puis il a acheté le bâtiment actuel en 1994, tout en reprenant les vignes de vignerons partant à la retraite, car la plupart d’entre eux appréciaient son boulot.

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18 janvier 2019

Bourgogne Wineblog déguste les vins « nature » de Toscane à Paris !!

by Patrick Maclart

Il y a quelques temps, j’ai été convié à une bien jolie dégustation de vins « nature » italiens. Il est indispensable de remercier ici Florence ANDRIEU de l’agence BALPOP, ainsi que toute son équipe, pour la qualité de l’organisation et de l’accueil. Tout a été fait en toute simplicité et convivialité.

BON, UN NATURE, C’EST QUOI ?

Il y a quelques années, c’était avant tout un sujet de polémiques sur les réseaux sociaux. Quand les vins nature sont apparus, une flopée de défenseurs invétérés sont montés au créneau, créant à foison des blogs spécialisés en la matière, mais aussi autant de détracteurs hélas. Malheur à celui qui les critiquait, il risquait dans le meilleur de perdre plein « d’amis », et dans le pire des cas l’écartèlement sur place publique. J’exagère un tantinet, mais on n’en était pas loin. J’en ai fait l’amère expérience en « osant » critiquer une dégustation de vins nature du Beaujolais, estimant que les vins n’étaient pas au top. Un commentaire cinglant d’une blogueuse avait été assez net en écrivant, je cite : « si c’est comme ça, tu n’as rien à faire dans le Beaujolais, rentre chez toi ». Avouez que c’est bien épicé !

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29 novembre 2018

à Fronsac, le château de la Rivière, Pierre REBAUD : le bon sens en action

by Patrick Maclart

Pierre REBAUD, 40 ans, est le directeur commercial du château, et ce depuis 2015, venant d’une expérience similaire d’un autre château. Une formation commerciale pure… « c’est mon père qui m’a transmis cette vraie passion du vin. Il m’a initié aux bons vins, dès tout petit. D’abord au nez, mais après ! On a habité en Bourgogne pendant 12 ans. Encore aujourd’hui mes parents habitent près de Sancerre. Donc je continue ! » C’est une grande ouverture d’esprit. Notre homme sort ainsi un peu du commun.

Pierre REBAUD, un homme de bon sens, qui aime le boulot bien fait, et qui reçoit tout sourire dehors, le coeur sur la main et la bouteille sur la table. Un exemple de gentillesse et de sincérité.

Le château la Rivière existe en tant que domaine depuis le XVIIIème siècle, c’était un petit vignoble et c’est à cette période qu’on trouve les premières traces d’une culture viticole digne de ce nom. C’était à l’origine une seigneurie qui depuis le XIIème siècle dépendait du duché de Fronsac.

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4 octobre 2018

à Chinon, Wilfrid ROUSSE, la vidéo !!

by Patrick Maclart

la rencontre avec Wilfrid ROUSSE n’a pas été fortuite. C’est mon grand ami Benoît GAUTIER, vigneron émérite à Vouvray qui m’a fait découvrir les vins de ce vigneron; sa petite cuvée « les Galuches » tenant la dragée haute à l’aveugle face à Joguet, l’un des papes de l’appellation.

Ce vigneron truculent, souriant, gourmand, est aussi un sacré bosseur. Sa vigne que j’ai vue sur place est impeccable, tout ce qui manque est complanté. Tout est travaillé en bio, des essais en biodynamie et un avenir qu’il voit radieux, avec cette joie qui n’appartient qu’à la candeur des vingtenaires…

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12 mars 2018

dans le Roussillon, le domaine ARGUTI, Ugo ARGUTI : l’émulation faite vin.

by Patrick Maclart

Ugo ARGUTI, 62 ans, est à la tête du domaine depuis 2004, créé ex nihilo… « Il n’y avait rien. J’étais directeur au château Fombrauge à Saint-Emilion pendant 30 ans. J’y ai fait 30 millésimes. A la fin, je travaillais avec Bernard Magrez. J’ai décidé de partir en pré-retraite à 50 ans, à l’époque c’était intéressant. Mon coup de foudre pour les Fenouillèdes est arrivé alors que je venais faire du repérage de vigne pour lui. J’ai découvert cette région, tout y était possible » me dit notre homme avec cette sincérité qui le caractérise, cet homme qui aime tant les vignes, les vins que les hommes et les femmes qui le font.

Ugo ARGUTI, malgré sa soixantaine, est emprunté d’une émulation qui ferait pâlir bien des trentenaires. Vieux complice de ma vie, un bonhomme qui vit chaque jour comme le premier. L’émulation faite vin.

Il arrive dans les Pyrénées-Orientales, il découvre le terroir et le climat, et comprend très vite qu’on peut élaborer ici de grands vins, tout en se faisant plaisir, sa marotte. Et le rapport financier permettait une certaine prise de risque.

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16 janvier 2018

à Vouvray, le domaine de la RACAUDERIE, Jean-Michel GAUTIER : aller jusqu’au bout du vin

by Patrick Maclart

Jean-Michel GAUTIER, 45 ans, est à la tête de son domaine depuis 1992, ex nihilo… « j’ai repris le nom du domaine de mes parents qui s’étendait alors sur 12 hectares. Il y a eu donc durant quelques mois deux domaines de la Racauderie ! Mais je savais que mon père préparait sa retraite. » Il démarre avec… 1 hectare en location ! Il était salarié de son frère et de son père, mais une folle envie de créer son vin le gratouillait. Il plante 3,5 hectares sur des terres nues à Rochecorbon… « c’était de la jeune vigne, je la destinais aux vins effervescents. J’ai même obtenu une médaille la première année ! » nous dit-il sans orgueil, mais avec la fierté du travail bien accompli.

Jean-Michel GAUTIER, un homme discret qui n’en fait pas des caisses, mais qui aime aller jusqu’au bout des choses, et notamment de ses vins.

Son père va lui transmettre des hectares de location jusqu’à sa retraite. Le domaine paternel sera réparti alors entre les frères. Il plantera encore 2 hectares sur des terres nues appartenant à son père. (suite…)

4 décembre 2017

à Montagne Saint-Emilion : château BEAUSEJOUR, Pierre BERNAULT : patience d’un terroir

by Patrick Maclart

Pierre BERNAULT, 58 ans, est à la tête du domaine depuis l’acquisition en 2005… « je suis fils de paysan. Mes parents avaient une ferme dans l’Ariège. J’y travaillais avec plaisir et dès que mes pieds sont parvenus à toucher les pédales du tracteur, j’ai commencé à travailler dessus. Acheter Beauséjour, c’était un retour à la terre. C’était ça qui était essentiel » me raconte Pierre. Travaillant chez Microsoft, le patron Bill Gates bombardait (sic) ses bons éléments d’actions. Quand le cours a été favorable, il a quitté son travail tout d’abord pour élever son enfant, prenant un congé parental, puis pour élever ses vins.

Pierre a su créer la patience de son terroir. Il détient désormais la clé des émotions.

Au bout de deux ans, en pleine réflexion intense, s’interrogeant sur son avenir, il décide de se lancer dans cette aventure… « on allait en vacances à l’océan, pas si loin. La Gironde semblait être une évidence pour m’installer comme vigneron. L’accueil par mes futurs collègues a aussi bien été malveillant qu’à bras ouverts ; là il n’y a rien de particulier. Je pense que c’est toujours comme ça » me dit Pierre avec ce ton de sagesse qui le caractérise, laissant plus transparaître ses émotions que les banalités de la vie.

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