4 décembre 2017

à Montagne Saint-Emilion : château BEAUSEJOUR, Pierre BERNAULT : patience d’un terroir

by Patrick Maclart

Pierre BERNAULT, 58 ans, est à la tête du domaine depuis l’acquisition en 2005… « je suis fils de paysan. Mes parents avaient une ferme dans l’Ariège. J’y travaillais avec plaisir et dès que mes pieds sont parvenus à toucher les pédales du tracteur, j’ai commencé à travailler dessus. Acheter Beauséjour, c’était un retour à la terre. C’était ça qui était essentiel » me raconte Pierre. Travaillant chez Microsoft, le patron Bill Gates bombardait (sic) ses bons éléments d’actions. Quand le cours a été favorable, il a quitté son travail tout d’abord pour élever son enfant, prenant un congé parental, puis pour élever ses vins.

Pierre a su créer la patience de son terroir. Il détient désormais la clé des émotions.

Au bout de deux ans, en pleine réflexion intense, s’interrogeant sur son avenir, il décide de se lancer dans cette aventure… « on allait en vacances à l’océan, pas si loin. La Gironde semblait être une évidence pour m’installer comme vigneron. L’accueil par mes futurs collègues a aussi bien été malveillant qu’à bras ouverts ; là il n’y a rien de particulier. Je pense que c’est toujours comme ça » me dit Pierre avec ce ton de sagesse qui le caractérise, laissant plus transparaître ses émotions que les banalités de la vie.

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8 novembre 2017

focus sur les Marsannay rouges, millésimes 2012 et 2011 !!

by Patrick Maclart

Après une réflexion intense sur la modification profonde actuelle de la Bourgogne, j’ai pris la décision de mettre un focus sur Marsannay. Cette jeune appellation est dotée de volontés fortes, et c’est l’une des raisons qui m’a poussé à écrire cet article. L’autre raison est que Marsannay reste pour l’instant l’une des dernières sources d’achats de vins de Bourgogne à prix raisonnable, tout en ayant une belle spécificité, une identité, un caractère et des vignerons ambitieux.

MARSANNAY EN QUELQUES MOTS

Située tout au nord de la côte de Nuits, à quelques encablures de Dijon, Marsannay est la première AOC au nord de cette zone, reconnue depuis 1987 seulement. Dans son histoire, Marsannay loupe souvent le train par des décisions qui au moment donné étaient les bonnes. Tout d’abord, la proximité de la ville de Dijon, capitale des Ducs de Bourgogne. Marsannay est alors en bonne posture pour livrer à la cour ses meilleurs vins. Les pressoirs monumentaux ne sont d’ailleurs pas très loin de notre village, à Chenôve, juste au nord. Lavalle parlera de vins communs, mais de qualité; on ne pouvait à l’époque meilleure définition. Par la suite, au XIXème siècle, Marsannay se lance dans la production de vins quelconques afin d’abreuver les bistrots de la grande ville; on ne peut oublier que la raison première d’un vigneron est avant tout de gagner sa vie. On trouvera notamment beaucoup de gamays plantés dans la partie basse du finage. Après la crise phylloxérique, alors que tout le monde tente de rattraper le retard sur les marchés qui ont opté pour les vins des colonies françaises, Marsannay va se lancer dans la production de vins rosés sous l’impulsion du visionnaire et hyper-actif Joseph CLAIR-DAU. Afin de sortir les vins de son village de la crise, il crée un rosé en défendant le nom de « rosé de Marsannay » qui dans les années 30 n’est pas reconnu comme une appellation. Et c’est hélas cela qui entre autres fera louper le coche des AOC au moment de leur distribution. Plus tard, après des années d’âpres combats, la production du village sera enfin reconnue à son juste titre fin des années 80.

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26 septembre 2017

en Crozes-Hermitage, le domaine MELODY, marlène DURAND, Marc ROMAK et Denis LARIVIERE : la fusion réussie.

by Patrick Maclart

C’est en dégustant « Etoile Noire », la cuvée haut de gamme, que j’ai eu envie d’aller à la rencontre de ce domaine. Souvent, ces cuvées ont trop de tout : des vins trop lourds, au fruité trop opulent, à l’alcool trop présent, au boisé trop marqué, dans une bouteille trop lourde avec un bouchon trop long et à un prix trop élevé. Là ce n’était pas le cas, tout n’était qu’ordre et beauté.

Marc ROMAK, 29 ans, et Marlène DURAND, 33 ans, sont à la tête du domaine depuis 2010; « c’étaient deux exploitations familiales viticoles qui apportaient leurs fruits à la cave coopérative de Tain. L’un appartient toujours à Marlène, l’autre appartient à Denis LARIVIERE, notre partenaire. Un expert dans la gestion d’entreprise, mais aussi une très bonne connaissance du terroir. » m’explique Marc. A voir, une fusion réussie.

Marc et Marlène, c’est la rencontre qui a fait ce domaine. Il ne manque sur la photo que Denis LARIVIERE, celui qui sera la fondation « cachée » de l’exploitation.

Marlène et Marc se sont connus durant leurs études à Orange, où ils ont obtenu tous les deux leur BTS viti-oeno… « On nous avait dit qu’on allait galérer, mais on s’en est bien sortis » me dit Marc pour qui le sourire est une nature. En 2009, nos tourtereaux partent pour l’Australie afin de réaliser leurs envies de vinifications, s’ouvrir l’esprit. Mais aussi dans un coin de leur tête reprendre le domaine familial pour le faire perdurer. De son côté, en mai 2009, Denis LARIVIERE lui se pose des questions sur l’avenir de son propre domaine. Il dîne avec les parents de Marlène dont il est l’ami, et l’idée de créer un domaine commun germe. Le projet démarre en 2010, « très rapidement, précise la silencieuse Marlène, on en a parlé en juin 2009, et la société a été créée en juin 2010″.

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6 juillet 2017

Bourgogne Wineblog déguste les vins « nature » du Piémont à Paris !

by Patrick Maclart

Il y a quelques temps, j’ai été convié à une bien jolie dégustation de vins « nature » italiens. Il est indispensable de remercier ici Florence ANDRIEU de l’agence BALPOP, ainsi que toute son équipe, pour la qualité de l’organisation et de l’accueil. Tout a été fait en toute simplicité et convivialité.

BON, UN NATURE, C’EST QUOI ?

Il y a quelques années, c’était avant tout un sujet de polémiques sur les réseaux sociaux. Quand les vins nature sont apparus, une flopée de défenseurs invétérés sont montés au créneau, créant à foison des blogs spécialisés en la matière, mais aussi autant de détracteurs hélas. Malheur à celui qui les critiquait, il risquait dans le meilleur de perdre plein « d’amis », et dans le pire des cas l’écartèlement sur place publique. J’exagère un tantinet, mais on n’en était pas loin. J’en ai fait l’amère expérience en « osant » critiquer une dégustation de vins nature du Beaujolais, estimant que les vins n’étaient pas au top. Un commentaire cinglant d’une blogueuse avait été assez net en écrivant, je cite : « si c’est comme ça, tu n’as rien à faire dans le Beaujolais, rentre chez toi ». Avouez que c’est bien épicé !

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20 juin 2017

dans le Mâconnais, à Saint-Véran, Frantz CHAGNOLEAU : écoute, réflexion

by Patrick Maclart

Frantz CHAGNOLEAU, 33 ans, a créé ce domaine ex nihilo fin 2009. Responsable de cave pendant 7 ans chez l’excellent Olivier MERLIN lui aussi vigneron dans le Mâconnais, il passe 50 % de son temps à  la vigne… « J’adore la viticulture, c’est un bien-être pour moi. C’est quasiment une psychothérapie, ça me fait sortir de l’univers clos ». C’est un sentiment qui se ressent lorsqu’on se trouve à la vigne avec lui.

de la volonté mais sans certitude, sans dogme. Voilà le portrait de ce jeune talent qui viendra bretter avec les plus grands dans quelques années, voire quelques mois.

de la volonté mais sans certitude, sans dogme. Voilà le portrait de ce jeune talent qui viendra bretter avec les plus grands dans quelques années, voire quelques mois.

Lui qui aime travailler à l’extérieur, il cherche sa voie. Ses parents l’amenaient alors qu’il était plus jeune en vacances dans le Bordelais, et cela l’avait forcément interpellé. C’est décidé, il sera vigneron. Charentais d’origine, il suivra et obtiendra son BTS viti-oeno au lycée viticole d’Angoulême. « On devait choisir un voyage d’études à la fin de nos études. C’est grâce à ce voyage que j’ai rencontré Olivier MERLIN. C’est lui avec son épouse Corinne qui m’ont appris le métier », on  ne pouvait tomber guère mieux.

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11 avril 2017

dans le Roussillon, le domaine DEPEYRE, 3 règles : le travail, le travail et le travail.

by Patrick Maclart

Serge DEPEYRE, 42 ans, et Brigitte sa compagne sont à la tête du domaine depuis 2002 créé ex nihilo. Serge n’est pas natif des Pyrénées Orientales (Brigitte oui, c’est un produit local !); il vient de l’enclave des Papes vers Orange. Il a rencontré Brigitte lors de ses études au lycée viticole à Avignon, où Serge obtiendra son BTS viti-oeno.

Brigitte & Serge DEPEYRE l'ont vite compris, être deux est une force. Et il leur en a fallu pour être là où ils sont. Du bonheur.

Brigitte & Serge DEPEYRE l’ont vite compris, être deux est une force. Et il leur en a fallu pour être là où ils sont. Du bonheur.

Ce sont suite à des avatars familiaux qu’il serait ici fastidieux et ennuyeux d’évoquer que Serge se retrouve en Roussillon en novembre 1997… « L’acclimatation s’est faite par le travail. C’est ainsi que je me suis fait respecter. Ca n’a rien à voir avec les Catalans, le milieu agricole est fait ainsi. Lors de l’achat de notre deuxième parcelle, le vigneron ne voulait pas me la vendre car je n’étais pas du pays. Mon beau-père est intervenu, heureusement »… On peut comprendre que le milieu viticole soit parfois très dur et qu’il faille s’accrocher.

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14 mars 2017

en Campanie, à la Tenuta San Francesco, chez Gaetano BOVE : le temps d’hier, d’aujourd’hui et de demain

by Patrick Maclart

Alors que je dégustais les vins de Campanie lors d’une présentation à Turin, je restais bluffé devant un grand vin rouge, profond, complexe, racinaire. Cette bouteille, c’est « E Iss » de la tenuta San Francesco. Son propriétaire m’explique alors que ce vin est élaboré avec des pieds de vignes préphylloxériques et m’invite à venir découvrir son travail là-bas en Italie. Ni une ni deux, voyage organisé, et rencontre in situ avec un domaine qu’il faudra plus que suivre. Pour voir l’article qui a été écrit sur les vins de Campanie, CLIQUEZ ICI.

La propriété existe depuis 2004, son nom venant d’un ancien monastère franciscain. Saint-François d’Assise est le patron de bien des vignes en Italie. C’est une propriété familiale depuis longtemps. La qualité des raisins était toujours indiscutable, mais les prix étaient au plus bas… « Cette vallée a toujours été réputée pour la qualité de ses raisins, on a compté ici jusque mille caves ! » me dit le propriétaire Gaetano BOVE, 58 ans, et vétérinaire de son état.L’idée de Gaetano était de créer une coopérative dans sa vallée, mais ce n’était pas simple de fédérer autant de partenaires, une vingtaine environ.

Gaetano BOVE, grâce à sa volonté et une vision juste des choses, amènera sans nul doute San Francesco au top des vins de Campanie, qu'on se le dise !

Gaetano BOVE, grâce à sa volonté et une vision juste des choses, amènera sans nul doute San Francesco au top des vins de Campanie, qu’on se le dise !

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23 février 2017

à Morey Saint-Denis, Gilles BALLORIN : sur le bon chemin de vie.

by Patrick Maclart

Gilles BALLORIN, 49 ans, a créé son domaine ex nihilo en 2005. Tour à tour vendeur, responsable export, marketing, et même directeur commercial ! « J’ai toujours fait les vendanges, j’adorais ça. Mais il fallait que je fasse mon truc (sic). Je ne savais pas tailler une vigne mais j’y suis allé. En fait, quand on travaille comme commercial, on met un costume. Eh bien voilà, je mettais un costume » dit Gilles avec cette sincérité spontanée qui le caractérise si bien.

à 45 ans, Gilles BALLORIN est dans la fleur de l'âge, mais dans le parcours de vie qu'il veut vivre. D'où cette harmonie qu'on ressent chez lui.

à 49 ans, Gilles BALLORIN est dans la fleur de l’âge, mais dans le parcours de vie qu’il veut vivre. D’où cette harmonie qu’on ressent chez lui.

Il va s’installer en 2005 donc avec seulement 30 ares de Bourgogne, au chapître de Chenove. Même si cette terre est classée simple Bourgogne, elle a quand même été reconnue au XIIème siècle comme l’une des meilleures du coin, o tempora o mores… Il trouve 3 hectares en 3 mois (belle performance) et le domaine s’étend presque 2 hectares en plus en 2006 pour arriver à la superficie actuelle.

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8 février 2017

à Vouvray, Benoît GAUTIER, au domaine de la Châtaigneraie : mouvement utile

by Patrick Maclart

Benoît GAUTIER, 55 ans, a créé son domaine ex nihilo… « je souhaitais créer mes vins, m’exprimer, que j’étais capable de faire des choses. Mais mon père n’était pas prêt de lâcher les rênes. J’ai donc fondé mon domaine et loué des vignes ». On sent la volonté dans le propos, d’être autonome, de décider. Il va donc commencer avec 3 hectares en 1981, et l’opportunité en 1984 de doubler sa superficie, en achetant 3 hectares… « c’était une vigne quasiment en friches, et n’oublions pas qu’à l’époque les taux d’intérêt étaient à 13 % ! Et j’ai reconnaissance pour mon père qui m’a gracieusement loué des terres » ajoute-t-il redevable. Il se marie en 1987, son épouse Patricia s’occupe de la comptabilité.

Benoît GAUTIER à 55 ans dispose de plus d'énergie que bien des jeunes, et de plus d'idées que bien des chercheurs. Toujours en mouvement, et pas pour brasser de l'air !

Benoît GAUTIER à 55 ans dispose de plus d’énergie que bien des jeunes, et de plus d’idées que bien des chercheurs. Toujours en mouvement, et pas pour brasser de l’air !

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31 janvier 2017

Bourgogne Wineblog déguste les Vacqueyras rouges 2011 et 2012 !

by Patrick Maclart

Les vins des Côtes-du-rhône sud ont tout pour séduire. Complets, riches sans être outranciers, d’un prix abordable, avec des terroirs parfois spectaculaires, des locomotives qui font avancer le train, ils ont tout pour séduire l’acheteur. En plus, certains vins sont de très belle tenue. Focus sur une A.O.C. qui mériterait plus de lumière.

VACQUEYRAS EN QUELQUES MOTS

Installée dans le nord-ouest du Vaucluse, Vacqueyras s’étend sur près de 1.700 hectares, mais 1.300 sont plantés. AOC depuis 1990, elle est tricolore et c’est la seule de la rive gauche du Rhône. Deux communes composent cette appellation : Vacqueyras et Sarrians.

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