20 septembre 2018

à Chablis, le domaine GARNIER : Jérôme & Xavier GARNIER : la conjonction bien coordonnée

by Patrick Maclart

Jérôme GARNIER 39 ans, et Xavier son frère, 50 ans, représentent la première génération de vignerons au domaine… « Notre père avait 110 hectares de céréales. Certaines de ces parcelles pouvaient être plantées en vignes. J’avais bossé chez Roland Lavantureux. Mon calcul n’a pas été pécuniaire, je voulais être vigneron » me dit alors Xavier, plutôt sage et silencieux. On est alors en 1988, et Joseph le père continue les céréales jusque 1992. Il continuera à travailler avec son fils jusque 2000, où il prendra sa retraite et où Jérôme rejoindra le domaine. Il s’occupera donc d’administrer le domaine, les vinifications et le commerce, pendant que l’ainé lui s’occupera de la partie extrêmement importante : le vignoble. Tout sera décidé ensemble… « On est arrivé à une telle entente que nous ne nous parlons quasiment pas sur nos décisions courantes. On se fait une confiance mutuelle, c’est génial » me confie Jérôme.

Jérôme GARNIER, 37 ans, plus volubile, et Xavier, 49 ans, plus en retrait, plus dans le silence. Ces deux là ont parfaitement réussi la conjonction coordonnée.

Xavier est déjà bien dans sa vigne, et Jérôme va apporter une touche commerciale, va développer la vente en bouteilles aux dépends du vrac, et l’entreprise file son train. L’affaire de négoce elle sera créée en 2005; « une reconnaissance passe par les crus, surtout à l’export. On connaissait des gens d’un point de vue professionnel, et leur sérieux correspondait à notre niveau de qualité, tout ça sans intermédiaire » confirme Xavier. Donc, en plus de la gamme des Petits Chablis et Chablis s’ajoutèrent 2 premiers crus (Montmains et Mont de Milieu), et 2 grands crus (Vaudésir et les Clos).

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4 juillet 2018

pourquoi les Santenay blancs ??

by Patrick Maclart

Un anglais a dit un jour « la vie est trop courte pour boire du Santenay ». Probablement notre meilleur ami de la Perfide Albion ne s’était pas arrêté dans ce très beau village, peut-être s’était-il trompé d’endroit.

Ce qui est sûr, c’est qu’à Santenay on y trouve de très bons vins, mais aussi de moins bons. C’est aussi une question de goût. Depuis une trentaine d’années que je déguste les vins de ce finage, et force est de constater en effet, dans des années froides ou délicates, les équilibres ne sont pas toujours là. On en trouvera peut-être plus à Chambolle-Musigny ou Vosne-Romanée, mais les prix sont loin d’être les mêmes. On y trouve souvent des rouges plus convaincants que ceux de Chassagne voire de Meursault, et à des prix plus doux.

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31 mai 2018

en Champagne, à Mardeuil : le domaine CHARLOT-TANNEUX : artisan du terroir

by Patrick Maclart

Vincent CHARLOT, la quarantaine heureuse, est à la tête du domaine depuis 2001… « ma vie a démarré en 1992 quand j’ai fait mon premier vin. On peut parler là de ma naissance ». Il a commencé son parcours avec un BEP à Avize, puis un BTA à Rouffach. Enfin, et c’est assez rare dans le parcours d’un vigneron, un BTS technico-commercial à Montpellier… « mes parents étaient coopérateurs. J’avais envie de voir comment le vin se vendait, les marchés, et surtout comment présenter ses vins ». On peut avoir du savoir-faire, encore faut-il le faire savoir…

Vincent CHARLOT est un homme sans la moindre concession avec lui-même. Tout le monde a droit de parole avec lui, mais il garde sa ligne de conduite : le terroir, le vrai.

Bien que ses études se terminent en 1996, il commence à bricoler ses premiers vins en 1992; « c’est quand j’ai commencé à travailler sur barriques que la révélation s’est produite. C’est à ce moment précis que j’ai su ce que j’allais vraiment faire » me dit notre vigneron avec simplicité, et cette volonté calme et posée qui le caractérise, même si son côté puriste est et reste un fond de sa nature.

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12 mars 2018

dans le Roussillon, le domaine ARGUTI, Ugo ARGUTI : l’émulation faite vin.

by Patrick Maclart

Ugo ARGUTI, 62 ans, est à la tête du domaine depuis 2004, créé ex nihilo… « Il n’y avait rien. J’étais directeur au château Fombrauge à Saint-Emilion pendant 30 ans. J’y ai fait 30 millésimes. A la fin, je travaillais avec Bernard Magrez. J’ai décidé de partir en pré-retraite à 50 ans, à l’époque c’était intéressant. Mon coup de foudre pour les Fenouillèdes est arrivé alors que je venais faire du repérage de vigne pour lui. J’ai découvert cette région, tout y était possible » me dit notre homme avec cette sincérité qui le caractérise, cet homme qui aime tant les vignes, les vins que les hommes et les femmes qui le font.

Ugo ARGUTI, malgré sa soixantaine, est emprunté d’une émulation qui ferait pâlir bien des trentenaires. Vieux complice de ma vie, un bonhomme qui vit chaque jour comme le premier. L’émulation faite vin.

Il arrive dans les Pyrénées-Orientales, il découvre le terroir et le climat, et comprend très vite qu’on peut élaborer ici de grands vins, tout en se faisant plaisir, sa marotte. Et le rapport financier permettait une certaine prise de risque.

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22 février 2018

Bourgogne Wineblog déguste les vins blancs de Ligurie !

by Patrick Maclart

Il est bien une chose que je dois reconnaître : cet article a été l’un des plus difficiles qu’il m’ait été donnés de rédiger. La raison ? L’individualisme et la très forte identité des vins de la région Ligurie fait que chaque région a elle-même une, voire des sous-régions, avec des règles qui lui sont propres. Un peu comme la Bourgogne, ce n’est pas compliqué, c’est juste complexe. Et je me suis mis ainsi dans la peau d’un journaliste se devant d’écrire son premier article sur cette dernière région. D’où souvent des faits communs plan-plan qui se répètent, car le travail pour certains s’apparente à du copié-collé.

LA LIGURIE EN QUELQUES MOTS

La nature des vins de Ligurie est bigarrée, mais il faut reconnaître que cette région gagne en crédibilité, de par la qualité des vins produits et SURTOUT de l’identité qu’ils donnent, point faible qui est aussi son point fort. Pour preuve, le nombre de domaine augmente dans cette toute petite région, mais pas de manière régulière. Là encore on est dans la complexité.

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4 décembre 2017

à Montagne Saint-Emilion : château BEAUSEJOUR, Pierre BERNAULT : patience d’un terroir

by Patrick Maclart

Pierre BERNAULT, 58 ans, est à la tête du domaine depuis l’acquisition en 2005… « je suis fils de paysan. Mes parents avaient une ferme dans l’Ariège. J’y travaillais avec plaisir et dès que mes pieds sont parvenus à toucher les pédales du tracteur, j’ai commencé à travailler dessus. Acheter Beauséjour, c’était un retour à la terre. C’était ça qui était essentiel » me raconte Pierre. Travaillant chez Microsoft, le patron Bill Gates bombardait (sic) ses bons éléments d’actions. Quand le cours a été favorable, il a quitté son travail tout d’abord pour élever son enfant, prenant un congé parental, puis pour élever ses vins.

Pierre a su créer la patience de son terroir. Il détient désormais la clé des émotions.

Au bout de deux ans, en pleine réflexion intense, s’interrogeant sur son avenir, il décide de se lancer dans cette aventure… « on allait en vacances à l’océan, pas si loin. La Gironde semblait être une évidence pour m’installer comme vigneron. L’accueil par mes futurs collègues a aussi bien été malveillant qu’à bras ouverts ; là il n’y a rien de particulier. Je pense que c’est toujours comme ça » me dit Pierre avec ce ton de sagesse qui le caractérise, laissant plus transparaître ses émotions que les banalités de la vie.

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8 novembre 2017

focus sur les Marsannay rouges, millésimes 2012 et 2011 !!

by Patrick Maclart

Après une réflexion intense sur la modification profonde actuelle de la Bourgogne, j’ai pris la décision de mettre un focus sur Marsannay. Cette jeune appellation est dotée de volontés fortes, et c’est l’une des raisons qui m’a poussé à écrire cet article. L’autre raison est que Marsannay reste pour l’instant l’une des dernières sources d’achats de vins de Bourgogne à prix raisonnable, tout en ayant une belle spécificité, une identité, un caractère et des vignerons ambitieux.

MARSANNAY EN QUELQUES MOTS

Située tout au nord de la côte de Nuits, à quelques encablures de Dijon, Marsannay est la première AOC au nord de cette zone, reconnue depuis 1987 seulement. Dans son histoire, Marsannay loupe souvent le train par des décisions qui au moment donné étaient les bonnes. Tout d’abord, la proximité de la ville de Dijon, capitale des Ducs de Bourgogne. Marsannay est alors en bonne posture pour livrer à la cour ses meilleurs vins. Les pressoirs monumentaux ne sont d’ailleurs pas très loin de notre village, à Chenôve, juste au nord. Lavalle parlera de vins communs, mais de qualité; on ne pouvait à l’époque meilleure définition. Par la suite, au XIXème siècle, Marsannay se lance dans la production de vins quelconques afin d’abreuver les bistrots de la grande ville; on ne peut oublier que la raison première d’un vigneron est avant tout de gagner sa vie. On trouvera notamment beaucoup de gamays plantés dans la partie basse du finage. Après la crise phylloxérique, alors que tout le monde tente de rattraper le retard sur les marchés qui ont opté pour les vins des colonies françaises, Marsannay va se lancer dans la production de vins rosés sous l’impulsion du visionnaire et hyper-actif Joseph CLAIR-DAU. Afin de sortir les vins de son village de la crise, il crée un rosé en défendant le nom de « rosé de Marsannay » qui dans les années 30 n’est pas reconnu comme une appellation. Et c’est hélas cela qui entre autres fera louper le coche des AOC au moment de leur distribution. Plus tard, après des années d’âpres combats, la production du village sera enfin reconnue à son juste titre fin des années 80.

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26 septembre 2017

en Crozes-Hermitage, le domaine MELODY, marlène DURAND, Marc ROMAK et Denis LARIVIERE : la fusion réussie.

by Patrick Maclart

C’est en dégustant « Etoile Noire », la cuvée haut de gamme, que j’ai eu envie d’aller à la rencontre de ce domaine. Souvent, ces cuvées ont trop de tout : des vins trop lourds, au fruité trop opulent, à l’alcool trop présent, au boisé trop marqué, dans une bouteille trop lourde avec un bouchon trop long et à un prix trop élevé. Là ce n’était pas le cas, tout n’était qu’ordre et beauté.

Marc ROMAK, 29 ans, et Marlène DURAND, 33 ans, sont à la tête du domaine depuis 2010; « c’étaient deux exploitations familiales viticoles qui apportaient leurs fruits à la cave coopérative de Tain. L’un appartient toujours à Marlène, l’autre appartient à Denis LARIVIERE, notre partenaire. Un expert dans la gestion d’entreprise, mais aussi une très bonne connaissance du terroir. » m’explique Marc. A voir, une fusion réussie.

Marc et Marlène, c’est la rencontre qui a fait ce domaine. Il ne manque sur la photo que Denis LARIVIERE, celui qui sera la fondation « cachée » de l’exploitation.

Marlène et Marc se sont connus durant leurs études à Orange, où ils ont obtenu tous les deux leur BTS viti-oeno… « On nous avait dit qu’on allait galérer, mais on s’en est bien sortis » me dit Marc pour qui le sourire est une nature. En 2009, nos tourtereaux partent pour l’Australie afin de réaliser leurs envies de vinifications, s’ouvrir l’esprit. Mais aussi dans un coin de leur tête reprendre le domaine familial pour le faire perdurer. De son côté, en mai 2009, Denis LARIVIERE lui se pose des questions sur l’avenir de son propre domaine. Il dîne avec les parents de Marlène dont il est l’ami, et l’idée de créer un domaine commun germe. Le projet démarre en 2010, « très rapidement, précise la silencieuse Marlène, on en a parlé en juin 2009, et la société a été créée en juin 2010″.

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6 juillet 2017

Bourgogne Wineblog déguste les vins « nature » du Piémont à Paris !

by Patrick Maclart

Il y a quelques temps, j’ai été convié à une bien jolie dégustation de vins « nature » italiens. Il est indispensable de remercier ici Florence ANDRIEU de l’agence BALPOP, ainsi que toute son équipe, pour la qualité de l’organisation et de l’accueil. Tout a été fait en toute simplicité et convivialité.

BON, UN NATURE, C’EST QUOI ?

Il y a quelques années, c’était avant tout un sujet de polémiques sur les réseaux sociaux. Quand les vins nature sont apparus, une flopée de défenseurs invétérés sont montés au créneau, créant à foison des blogs spécialisés en la matière, mais aussi autant de détracteurs hélas. Malheur à celui qui les critiquait, il risquait dans le meilleur de perdre plein « d’amis », et dans le pire des cas l’écartèlement sur place publique. J’exagère un tantinet, mais on n’en était pas loin. J’en ai fait l’amère expérience en « osant » critiquer une dégustation de vins nature du Beaujolais, estimant que les vins n’étaient pas au top. Un commentaire cinglant d’une blogueuse avait été assez net en écrivant, je cite : « si c’est comme ça, tu n’as rien à faire dans le Beaujolais, rentre chez toi ». Avouez que c’est bien épicé !

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20 juin 2017

dans le Mâconnais, à Saint-Véran, Frantz CHAGNOLEAU : écoute, réflexion

by Patrick Maclart

Frantz CHAGNOLEAU, 33 ans, a créé ce domaine ex nihilo fin 2009. Responsable de cave pendant 7 ans chez l’excellent Olivier MERLIN lui aussi vigneron dans le Mâconnais, il passe 50 % de son temps à  la vigne… « J’adore la viticulture, c’est un bien-être pour moi. C’est quasiment une psychothérapie, ça me fait sortir de l’univers clos ». C’est un sentiment qui se ressent lorsqu’on se trouve à la vigne avec lui.

de la volonté mais sans certitude, sans dogme. Voilà le portrait de ce jeune talent qui viendra bretter avec les plus grands dans quelques années, voire quelques mois.

de la volonté mais sans certitude, sans dogme. Voilà le portrait de ce jeune talent qui viendra bretter avec les plus grands dans quelques années, voire quelques mois.

Lui qui aime travailler à l’extérieur, il cherche sa voie. Ses parents l’amenaient alors qu’il était plus jeune en vacances dans le Bordelais, et cela l’avait forcément interpellé. C’est décidé, il sera vigneron. Charentais d’origine, il suivra et obtiendra son BTS viti-oeno au lycée viticole d’Angoulême. « On devait choisir un voyage d’études à la fin de nos études. C’est grâce à ce voyage que j’ai rencontré Olivier MERLIN. C’est lui avec son épouse Corinne qui m’ont appris le métier », on  ne pouvait tomber guère mieux.

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