9 mars 2012

en Asti, le domaine LA GHERSA, Massimo PASTURA : bien sous tous rapports.

by Patrick Maclart

Ma rencontre avec Massimo PASTURA restera un excellent moment. J’ai aimé chez cet homme sa fierté mesurée, sa bonne conscience et son grand professionnalisme. Il représente à 41 ans la 4ème génération de vignerons au domaine. Il a commencé à travailler dès 1989 « à l’école de la famille ! » aime à dire Massimo. En effet, son père Giulio, suite à des problèmes de santé, était en train de perdre la vue.

Massimo PASTURA fait partie des hommes que j’aime sincèrement. Une fierté justement placée, une conscience du travail bien fait, une volonté énergique… On a tout pour être de bons copains.

En Italie, on est fier de sa famille, et c’est ainsi que Massimo m’apprend que c’est son arrière-grand-père, qui maîtrisait à perfection la greffe, a été l’un des artisans de la reconstruction de la région d’Asti suite au phylloxera, en greffant la barbera sur pied américain, au sortir de la première guerre mondiale.

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27 février 2012

Crozes-Hermitage : le domaine des Bruyères, David REYNAUD : des vins à l’élégance virile.

by Patrick Maclart

Il y a quelques années, lors d’une dégustation chez Alain VOGE à Cornas, ce dernier m’avait conseillé de suivre de très près ce vigneron. Quel vigneron ? David REYNAUD du domaine des Bruyères, en Crozes-Hermitage. Cet homme de 35 ans, au physique de 3ème ligne, semble toujours calme. Mais quand on le connaît, on sent la volonté qui bout dans ses artères, dans son âme.

Ma première rencontre avec David remonte à 2004. Je ne l’ai jamais connu avec le melon. Il préfère se consacrer à son travail plutôt qu’à son image. Il est vigneron depuis 2003, mais viticulteur depuis 2000. Le domaine est familial et existe depuis 4 générations. Toutefois, les vignes étaient sous contrat avec la cave de Tain l’Hermitage.

David devant ses fameuses cuves ovoïdes en ciment, dans lesquelles il élève notamment sa fameuse cuvée "Entre Ciel et Terre".

David devant ses fameuses cuves ovoïdes en ciment, dans lesquelles il élève notamment sa fameuse cuvée « Entre Ciel et Terre ».

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24 février 2012

à Chorey-les-Beaune : Michel et Chantal MARTIN : fusionnels

by Patrick Maclart

Michel et Chantal MARTIN, ce n’est pas compliqué. Ce sont les vignerons les plus gentils que je connaisse, toutes régions confondues. De plus, ils représentent pour moi ce qu’on appelle un « couple fusionnel ». Quand l’un pense, l’autre dit ou fait, et vice versa. C’en est amusant. Ils dirigent ce beau petit domaine familial depuis trois générations, et s’étendant sur 4.9 hectares. Il est issu de la scission du domaine Maurice MARTIN qui vendait sa production au négoce. Michel a donc repris en 2003.

Chantal et Michel font partie des vignerons les plus gentils que je connaisse. Sourire, coeur sur la main, esprit et humour… On ne peut que passer du bon temps avec eux. En plus ils sont beaux !

Aujourd’hui à 60 ans, Michel a n’a fait que l’école de la vigne, mais c’est la meilleure. Le domaine est en conversion bio depuis 2008, et c’est le millésime 2012 qui sera labellisé. C’est Chantal, son épouse, qui est l’impulsion bio. Sacré couple vous dis-je, si Chantal est la muse, Michel est le moteur.

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13 février 2012

à Châteauneuf-du-Pape, Serge GRADASSI au domaine des Pères de l’Eglise : la partie cuve élémentaire.

by Patrick Maclart

Michel BLANC, directeur de l’interprofession des vins de Châteauneuf-du-Pape, m’avait convié lors du dernier Vinexpo à une dégustation à l’aveugle des vins rouges de cette appellation en millésime 2010, qui était en cours d’élevage. Une bouteille m’a plu par son harmonie et sa gourmandise. Un homme à côté, écoutait avec silence et attention les commentaires que je relatais alors. Lorsque je demandais « Qui a donc élaboré ce vin ? », il me répondit par l’affirmative; c’était lui. C’était mon premier contact avec Serge GRADASSI.

Serge GRADASSI, 44 ans et rugbyman à ses heures, est à la tête avec son frère Jean-Paul d’un beau domaine de 20 hectares dont 17 en Châteauneuf-du-Pape (l’essentiel des parcelles sur Coste Froide, le Moulin et Grand Pierre). Ces deux hommes tiennent les rênes depuis l’an 2000.

Serge GRADASSI est non seulement un type bien, mais il élabore avec son frère des vins sincères, gourmands, sapides. Un domaine qu'il faut impérativement connaître si on aime à être rusés dans ses achats de vins...

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3 février 2012

à Château-Chalon, le domaine BERTHET-BONDET : un type bien, tout simplement.

by Patrick Maclart

Jean BERTHET-BONDET ne se prédisposait pas forcément à un métier de vigneron. Son diplôme d’ingénieur agronome obtenu, il cherche sa voie. Mais certain, ce sera un métier où ça bouge, où ça crée, et où la reconnaissance de la profession pourra se faire.

le physique d’un bonze bouddhiste et le débit de voix calme, un moment passé avec Jean BERTHET-BONDET équivaut à des heures de yoga… Même ses vins de caractère vous poussent à la méditation des grands terroirs du Jura.

C’est curieusement un échec qui l’amènera à la vigne. Essuyant un refus à un poste de chercheur à l’INRA, il décide de devenir son patron, un peu par défi. Et la vigne s’impose. De chercheur agronome, il deviendra trouveur de nectars. « Le Château-Châlon était NOTRE grande bouteille familiale, et si la Bourgogne m’attirait au plus haut point, mon portefeuille lui m’en repoussait ! Le Jura s’est ainsi imposé. » dit Jean avec humilité et sagesse. Il arrive début 1984, après avoir travaillé chez Macle; « Il m’a donné de bonnes bases ! » s’enthousiasme gentiment Jean.

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31 janvier 2012

à Châteauneuf-du-Pape, le domaine DURIEU, Vincent DURIEU : décontraction exigeante.

by Patrick Maclart

Ma première rencontre avec Vincent DURIEU a eu lieu quelques jours avant la dégustation en son domaine. Sa longue silhouette décontractée, son anarchie capillaire, sa barbe de quelques jours, donnaient à cet homme à la fois un côté distingué et dégingandé. De suite, j’ai perçu chez lui un naturel à fleur de peau, un travail volontaire et acharné, tout en se donnant des airs de musicien de reggae… J’ai adoré et j’adore toujours sa personnalité. A 30 ans, il est aux manettes d’un grand domaine qui s’étend sur 115 hectares dont 37 en Châteauneuf-du-Pape. Le reste est sur Plan de Dieu (40 hectares), en Ventoux, en Côtes-du-Rhône et en vin de table.

Vincent DURIEU, la trentaine décontractée, semble mener son domaine et sa carrière avec nonchalance. Nenni, cette décontraction n’est qu’apparence. Derrière ce vernis, que vous arriverez à gratter, se cache un homme exigeant, volontaire et sans concession. Une vraie amitié d’hommes nait entre nous.

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23 janvier 2012

à Chablis, le 26ème concours des vins : tout, tout, tout, vous saurez tout !

by Patrick Maclart

Le syndicat de Chablis s’est réuni pour la 26ème fois, ce samedi 21 janvier, afin de procéder à leur fameux concours. 26 éditions, c’est déjà beau gage de maturité et, il faut le dire, ce concours est non seulement bien organisé, mais il permet de voir tout le chemin accompli par les Chablisiens.

Comme à son habitude, c’est à l’Abbaye du Petit Pontigny, siège du BIVB local, qu’auront lieu les joutes dégustatoires…

l’abbaye du Petit Pontigny date du XVIIème siècle, et a été reconstruite sur les ruines de l’ancienne qui date du XIIème. Un bâtiment bien adapté à l’organisation de manifestations professionnelles, ou autres…

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20 janvier 2012

à Rully, le domaine NINOT : douce harmonie

by Patrick Maclart

Erell et son frère Flavien dirigent tranquillement le domaine NINOT. Réparti sur 13 hectares, ils élaborent 50.000 bouteilles par an, car un peu de moût est vendu au négoce.

Ces deux personnalités sont somme toute complémentaires, et il règne lorsqu’ils sont ensemble une douce harmonie. Le frère Flavien, 25 ans, avec un parcours étonnant. Un CAP de tonnellerie et un stage à la tonnellerie de Mercurey, mais aussi chez l’un des meilleurs tonneliers de Bourgogne, Chassin. Il entame alors un parcours complexe : celui de Compagnon du Devoir. Mais pourquoi alors être rentré au domaine ? « Parce que ma soeur m’a demandé de rentrer ! » répond avec malice Flavien. Sa soeur en rit, on sent bien la complicité entre ces deux-là.

deux tempéraments, deux caractères, mais chacun arrive à exprimer ses qualités pour le bien du domaine. Flavien et Erell NINOT ont réussi cette alchimie.

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16 janvier 2012

à Châteauneuf-du-Pape : le domaine la Barroche, Julien BARROT : talents.

by Patrick Maclart

Julien BARROT, 31 ans, est à la tête du domaine la Barroche, bien que son père soit toujours là et que ce fils talentueux aime à sentir près de lui. « C’est une famille installée dans le pays châteauneuvois depuis 14 générations, et même depuis le XIVème siècle par ma mère ! » dit fièrement Julien. En effet, ce jeune homme est doué. Doué pour la facture de ses vins, très doué pour en parler, et très certainement encore plus doué pour les vendre. En voilà un qui a eu bien des fées autour de son berceau de bébé… Et c’est un compliment sincère que je lui fais. L’amour du mourvèdre est un autre point commun que nous partageons.

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22 novembre 2011

GEVREY-CHAMBERTIN millésime 2010 : humeurs et analyses

by Patrick Maclart

Le syndicat de Gevrey-Chambertin est non seulement courageux ou audacieux, il est aussi intransigeant. Les récents travaux de la maison BOISSET sur le clos Prieur a fait réagir cette autorité. Elle n’y est pas allée par quatre chemins, en menaçant (on va plutôt parler de promesses vu leur détermination) de retirer l’AOC premier cru à la maison de négoce.

Pareil pour la dégustation « primeur » du millésime 2010. Il y a quelques mois, à l’unanimité des voix, les défenseurs de l’appellation pronaient la dégustation primeur en novembre au lieu de l’habituel mois de mars; une fois les malos finies et la prise de bois digérée. Non seulement Bourgogne Wineblog et votre serviteur étaient le premier média mondial à vous le relater, mais prenaient aussi clairement position dans ce sens.

C’est donc tout naturellement que je me rendais à la dégustation des Gevrey 2010. Le syndicat ne nous avait pas pris pour des saucisses, et avait choisi le cadre prestigieux de l’Hôtel de la Poste à Beaune. Organiser cette manifestation dans la « capitale » des vins de Bourgogne (fortement contestée par Dijon et Nuits saint-Georges), et voir des Nuitons à Beaune, ce n’est pas courant, en tout cas pour une dégustation.

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