7 juillet 2020

en Guadeloupe : KARUKERA, des rhums bien élevés

by Patrick Maclart

J’avais déjà rencontré KARUKERA par le biais de son rhum « Réserve Spéciale ». Il m’avait transporté de sa finesse élégante, et pour autant non dénué de traçant et de puissance. Cette dernière contenue, maîtrisée, comme les plus beaux bolides. Comme j’entendais à peu près tout et son contraire, j’ai décidé assez rapidement d’aller à la rencontre de cette rhumerie.

Je suis reçu par Grégoire HAYOT, président-directeur-général de Marquisat Sainte-Anne, nom de la société qui exploite KARUKERA. Dire que cet homme soit passionné est un doux euphémisme. Exalté, pétri par son métier qui on le devine est une totale adoration. Certes on sent l’homme d’affaires derrière tout ça, mais on ne me la fait pas. Grégoire est juste d’une fougue, d’un emportement lorsqu’il évoque ses rhums, son métier. Pragmatique, l’homme l’est aussi.

une rencontre avec Grégoire HAYOT est un moment inoubliable. Sa passion, son exaltation, son implication, tout ça en fait un sacré bonhomme du rhum.

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22 novembre 2019

Bourgogne Wineblog déguste les syrahs du Chili, millésime 2008 !!

by Patrick Maclart

Les vins du Nouveau-Monde, comme on les appelle, peuvent intéresser l’un ou l’autre dégustateur. Pris comme des « gadgets », des curiosités, ils vont intriguer les curieux, servir de piège en dégustation. La plupart du temps, ils seront considérés comme des attractions sympathiques, mais rarement ils dégageront une impression ou une assurance d’ambition.

Lors de mes très nombreuses dégustations, j’étais intrigué par ces vins. Certes si la notion de terroir ne bondissait pas dans mon bulbe olfactif, il y avait dans quelques bouteilles de ces nouveaux pays producteurs certains potentiels. Pour d’aucuns, leur donnant que peu de valeur, la bouteille achetée sera bue et évacuée sous 48 heures. Mais il se peut que certains vont encaver ces bouteilles pendant quelques mois, quelques années. C’est dans cet esprit que m’est venue l’idée de cette dégustation.

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5 juillet 2019

dans le Roussillon, au château de l’Ou, Philippe & Séverine BOURRIER : duo eurythmique

by Patrick Maclart

Le domaine viticole a été créé ex nihilo. Philippe BOURRIER, 57 ans, est agronome de formation, il travaille pour un grand groupe manufacturier de pneus au Brésil. Il s’exprime avec un certain plaisir là-bas.. « j’ai même planté du soja en culture bio. J’ai toujours cru en cette méthode culturale. Il fallait nourrir les ouvriers, on pouvait le faire, on l’a fait ». Cet homme est non seulement doté de credo, mais aussi de ressources.

en général je ne me mets jamais sur la photo qui illustre un article. Mais là, l’harmonie était tellement présente que cette photo représente pour moi ce qu’est le domaine. Harmonie d’un couple qui s’est trouvé, et le sourire pour ceux qui sont reçus. Du bonheur

Ses racines sont ce qu’elles sont, et la vigne a toujours fait partie de la culture catalane. Et la possibilité de créer son vin le démange, le titille. Il prend connaissance d’un domaine en état de désuétude, et l’achète en 1998. La vigne est en mauvais état, il va tout remettre en ordre, et surtout que celle-ci corresponde aux canons, à la volonté de notre vigneron. Dès le début, il va ordonner replantation, repalissage, arrachage des pieds malades. Mais il faudra surtout adapter l’orientation des plantations par rapport aux vents, un facteur très important dans les plaines du Roussillon… « c’est une plaie, précise Philippe. Si on plante mal, les sarments cassent et il faut tout remettre en place ». Le bio est immédiatement engagé au domaine dès 2001, car tout comme au Brésil avec le soja, c’est possible. Et le vent, s’il peut être un facteur de casse des sarments, est aussi une bénédiction pour se protéger des maladies. Les pinèdes à l’entour du domaine seront entretenues afin d’accueillir les chauves-souris, insecticide naturel et destructeur des nuisibles, dont notamment l’endémis.

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4 juillet 2018

pourquoi les Santenay blancs ??

by Patrick Maclart

Un anglais a dit un jour « la vie est trop courte pour boire du Santenay ». Probablement notre meilleur ami de la Perfide Albion ne s’était pas arrêté dans ce très beau village, peut-être s’était-il trompé d’endroit.

Ce qui est sûr, c’est qu’à Santenay on y trouve de très bons vins, mais aussi de moins bons. C’est aussi une question de goût. Depuis une trentaine d’années que je déguste les vins de ce finage, et force est de constater en effet, dans des années froides ou délicates, les équilibres ne sont pas toujours là. On en trouvera peut-être plus à Chambolle-Musigny ou Vosne-Romanée, mais les prix sont loin d’être les mêmes. On y trouve souvent des rouges plus convaincants que ceux de Chassagne voire de Meursault, et à des prix plus doux.

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14 mai 2018

à Marie-Galante, la rhumerie BIELLE : oh la bielle vie !!

by Patrick Maclart

Aller à Marie-Galante, c’est un rêve pour certains. Tant pour les amateurs de tourisme encore « calme » que pour les amateurs de rhums. Et vous aurez vite compris que le sujet de mon article concerne plus le deuxième aspect de la chose, même si le motif premier était bien sûr les vacances.

Mais il faut aussi se rendre compte que pour aller à Marie-Galante, c’est un périple. Il faut d’abord atteindre l’aéroport, puis le port de Pointe-à-Pitre, où éviter de se faire arnaquer par les taxis locaux, balèzes en matière pour vous pigeonner au possible. Enfin prendre le bateau pour une sublime traversée idyllique sur une mer aux remous turquoise et au ciel étouffant de beauté.

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25 avril 2018

Bourgogne Wineblog à Barbaresco, chez Teobaldo RIVELLA : le temps n’y a aucun impact.

by Patrick Maclart

Teobaldo RIVELLA, 69 ans a une vigueur de jouvenceau, une forme olympique, tant physique qu’intellectuelle. La visite de son vignoble bien pentu et valloné, il l’a faite en tête ! Bien que représentant la cinquième génération, il est le premier de la lignée à mettre sa production en bouteilles.

dans sa vigne, il est chez lui, c’est une évidence. Et pas question d’y introduire des produits douteux ou malfaisants. La vigne est travaillée comme un jardin. Et les kakis poussent entre les fleurs sauvages, le tout couronné du vol des oiseaux qui s’en donnent à cœur joie. On y est bien.

Il travaille sa vigne ainsi depuis des années, et comme travaillait ses anciens… « On a essayé les produits chimiques dans les années 80, comme ça, pour voir. On a mis un désherbant et un produit mystérieux qui n’inspirait pas confiance. On a arrêté de suite » me dit Teobaldo avec ce bon sens terrien qui n’appartient qu’aux hommes de là-bas. On est dans le naturel, l’authentique, le vrai. La visite de son vignoble pentu permet de comprendre directement le travail ô combien terrien de ce terroir d’exception, orienté sud-ouest et sud-est, soit 2 parcelles avec des sarments beaux et vigoureux. Le sol souple et aéré malgré un millésime 2016 délicat et difficile; « le mildiou a été contenu cette année par des traitements au soufre et au cuivre, comme d’habitude. Je ne travaille rien d’autre » dit Teobaldo avec tellement de sincérité.

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22 mars 2018

en Chianti Classico, Villa Calcinaia, Sebastiano CAPPONI : le Comte du sangiovese

by Patrick Maclart

Ma rencontre avec Sebastiano CAPPONI, noble tant dans le sang que dans l’esprit, date de quelque années. Alors que je dégustais l’intégralité des Chianti classico au stand de Toscane à Vinexpo, je tombais en admiration devant un vin authentique, un vrai sangiovese fougueux mais malgré tout souriant. Un prototype de vrai vin des collines du Chianti. Ce vin était le chianti classico du domaine Villa Calcinaia.

Sebastiano CAPPONI, l’attitude noble, le regard d’un simple vigneron, le regard d’un homme qui veut voir loin. Une grande et belle rencontre.

L’hôtesse du stand me fait alors savoir que le propriétaire est présent. Il arrive. Il s’agit du Comte Sebastiano CAPPONI. L’allure noble, le costume clair, la voix posée, calme, mais qui ne peut cacher une volonté ferme de réussite : c’est lui. Entre nous, le courant passe de suite, et l’échange sur notre vision du sangiovese, de la culture de la vigne, tout cela semble commun, instinctif.

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22 février 2018

Bourgogne Wineblog déguste les vins blancs de Ligurie !

by Patrick Maclart

Il est bien une chose que je dois reconnaître : cet article a été l’un des plus difficiles qu’il m’ait été donnés de rédiger. La raison ? L’individualisme et la très forte identité des vins de la région Ligurie fait que chaque région a elle-même une, voire des sous-régions, avec des règles qui lui sont propres. Un peu comme la Bourgogne, ce n’est pas compliqué, c’est juste complexe. Et je me suis mis ainsi dans la peau d’un journaliste se devant d’écrire son premier article sur cette dernière région. D’où souvent des faits communs plan-plan qui se répètent, car le travail pour certains s’apparente à du copié-collé.

LA LIGURIE EN QUELQUES MOTS

La nature des vins de Ligurie est bigarrée, mais il faut reconnaître que cette région gagne en crédibilité, de par la qualité des vins produits et SURTOUT de l’identité qu’ils donnent, point faible qui est aussi son point fort. Pour preuve, le nombre de domaine augmente dans cette toute petite région, mais pas de manière régulière. Là encore on est dans la complexité.

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18 décembre 2017

à Barbaresco, Teobaldo RIVELLA, la vidéo !!

by Patrick Maclart

Une rencontre, une vraie… Celle avec un vigneron, Teobaldo RIVELLA, qui cultive son vignoble comme d’autres leur jardin. On pourrait presque croire que lorsqu’il va voir sa vigne, il lui parle, secrètement, silencieusement. J’ai eu le privilège de cette balade.

2 hectares de vieux nebbiolo dans le secteur de Montestefano, là où on élabore des Barbaresco de finesse et d’expression, sans pour autant enlever le très haut potentiel de garde de ces vins.

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5 juillet 2014

ANTEPRIMA 2014 Toscane : dégustation des syrahs de Cortona !!

by Patrick Maclart

C’est lors des Anteprima 2014 en Toscane qu’il m’a été donné l’occasion de déguster la production des syrahs de Cortona. Ces « Anteprime », signifiant « primeur », ne constituent pas comme à Bordeaux la dégustation du millésime à peine en cours, mais des millésimes plus anciens, tradition bien italienne.

PORTRAIT ANTEPRIMA 2014

J’aime bien aller en Toscane. Ici, j’ai l’impression de prendre le pouls de la production de vins en Italie. Région emblématique, pleine de raisons et de bon sens, la Toscane est un modèle de discernement et d’intelligence en matière de production de vins. De belles appellations, de bons vignerons, bref tout ce qu’il faut pour passer un bon moment. Je tiens à remercier Franco IGNESTI, directeur de l’interprofession des vins de Toscane, pour son soutien et ses diverses interventions auprès de l’organisation, ainsi que Karin MERIOT de la société ARGOS pour ses actions bénéfiques.

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