27 mars 2012

à San Gimignano : Montenidoli, Elisabetta FAGIUOLI : ceci est mon terroir.

by Patrick Maclart

Aller chez Montenidoli, c’est une aventure, que dis-je, une épopée… Le domaine se situe à près de 4 kilomètres de piste de la célèbre ville de San Gimignano, et je n’exagère pas ! Une fois trouvée la petite route avant le commissariat de police, il vous faudra rouler deux kilomètres sur un chemin escarpé et doté de nids d’autruches. Là, une petite flèche verte vous montrant la direction à gauche, et sobrement peinte en blanc « Montenidoli ». Vous n’êtes qu’à la moitié du périple. Continuent encore des chemins qui là grimpent… Vous allez atteindre les nuages, nenni ! Vous êtes qu’à une certaine hauteur, là où se trouve le domaine. Et si vous souhaitez aller voir le terroir unique du trias, il vous faudra affronter alors un chemin que la bataille de Verdun jalouserait, avec ses nids de ptérodactyles, et où vos vertèbres seront mises à rude épreuve. Mais c’est alors que vous toucherez avec grâce et vérité à un terroir d’exception et une vigneronne du même tonneau.

derrière ce sourire qu’elle a toujours, car elle trouve que la vie est belle, il ronronne un caractère volontaire et trempé… Ne vous y fiez pas, Elisabetta EST Montenidoli.

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26 mars 2012

en Alsace : Jean WACH : un gentil domaine avec des vins sympas.

by Patrick Maclart

Raphaël WACH, le fils de Jean, a aujourd’hui 32 ans. Reprenant tranquillement le domaine relativement jeune (il n’existe que depuis 35 ans), c’est un homme discret et pragmatique. Tout comme son père par ailleurs. 

L’accueil est une marque de famille du domaine WACH.

J’ai toujours apprécié ce domaine tranquille, élaborant des vins de plaisir, à des prix très doux. Les amateurs de vins authentiques et non-fardés, qui ne veulent pas sacrifier leurs économies dans leur cave se doivent de découvrir cette adresse.

Le domaine s’étend sur 9 hectares et produit 30.000 bouteilles. Une partie de la production est toujours vendue au négoce. Le travail à la vigne est raisonné, et ici on aime son végétal. Raphaël a mis l’accent sur l’épamprage et le palissage. Ce dernier point permet une meilleure exposition des raisins, et de ce fait une excellente maturité; « Et pourtant, aucun cahier de charges bio ne prend ça en compte », déplore Raphaël. C’est en effet une grande carence qu’il me semble important de signaler ici.

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15 mars 2012

à Chablis, Jean-Claude COURTAULT : mouvement perpétuel

by Patrick Maclart

A 62 ans, Jean-Claude COURTAULT déborde d’énergie, d’enthousiasme, de crédo. Pas blasé pour deux sous, pas fatigué de vivre, c’est un vrai représentant de l’optimisme. Il arrive de Touraine en 1974 d’une famille vigneronne, mais d’une exploitation toute petite. N’ayant pas sa place, il va d’abord exercer comme conseiller à la Chambre d’Agriculture du Loir-et-Cher, puis travaillera comme régisseur au domaine DELORME durant 20 ans.

à 62 ans, Jean-Claude COURTAULT est toujours dans la dynamique, le mouvement. Cette énergie est communicative, et sa fille en dispose elle aussi.

A partir de 1984, il commence à faire ses vignes; « ma motivation, c’était de créer mon identité. J’ai eu la possibilité d’acheter une vigne. Elle s’est présentée et j’ai eu 10 minutes pour me décider ! ».

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13 mars 2012

à Barbaresco, chez Angelo GAJA : visite d’un monument.

by Patrick Maclart

Aller chez GAJA en Piémont, c’est comme aller à Lourdes quand on est catholique, ou aller sur le mont Athos quand on est orthodoxe. Quoique la visite dans cette prestigieuse propriété n’a rien de reposant. Je vous explique ci-après le pourquoi.

Bouillonnant, communiquant, talentueux, Angelo GAJA est attachant et charismatique. Après, c’est une question de goût. Son discours empreint d’un pragmatisme paysan m’a séduit.

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6 mars 2012

à Gigondas, le domaine Saint-Damien : puissance pure, maîtrise bio.

by Patrick Maclart

Joël SAUREL, 55 ans, la moustache glorieuse, est à la tête de ce domaine depuis… toujours. C’est en effet un domaine familial. Joël est le dernier d’une famille de 7 enfants. Depuis 5 générations, la relève est assurée par l’un de ses deux enfants, Romain, qui a aujourd’hui 20 ans et assurera la sixième et suivra très probablement un DNO à Montpellier. Annie, l’épouse, s’occupe de l’administration du domaine.

Joël SAUREL est un vigneron humble en paroles mais efficace en actes. Sa conversion en bio, vu son parcours et son âge, le confirme.

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13 février 2012

à Châteauneuf-du-Pape, Serge GRADASSI au domaine des Pères de l’Eglise : la partie cuve élémentaire.

by Patrick Maclart

Michel BLANC, directeur de l’interprofession des vins de Châteauneuf-du-Pape, m’avait convié lors du dernier Vinexpo à une dégustation à l’aveugle des vins rouges de cette appellation en millésime 2010, qui était en cours d’élevage. Une bouteille m’a plu par son harmonie et sa gourmandise. Un homme à côté, écoutait avec silence et attention les commentaires que je relatais alors. Lorsque je demandais « Qui a donc élaboré ce vin ? », il me répondit par l’affirmative; c’était lui. C’était mon premier contact avec Serge GRADASSI.

Serge GRADASSI, 44 ans et rugbyman à ses heures, est à la tête avec son frère Jean-Paul d’un beau domaine de 20 hectares dont 17 en Châteauneuf-du-Pape (l’essentiel des parcelles sur Coste Froide, le Moulin et Grand Pierre). Ces deux hommes tiennent les rênes depuis l’an 2000.

Serge GRADASSI est non seulement un type bien, mais il élabore avec son frère des vins sincères, gourmands, sapides. Un domaine qu'il faut impérativement connaître si on aime à être rusés dans ses achats de vins...

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8 février 2012

en Suisse, au domaine Henri CRUCHON à Echichens : un vrai esprit de famille

by Patrick Maclart

Le domaine Henri CRUCHON existe depuis la nuit des temps. Tout le monde était ici polyculteur et donc cultivait de la vigne. Mais la mise en bouteilles date elle de 1954. Le grand-père Henri (dont le nom dépend aujourd’hui) crée la première cave coopérative de la région, mais en sortira le premier pour créer sa propre cave.

Raoul est celui qui a été mordu par la biodynamie… Et sa conviction est bien terrienne, croyez-moi !

Et depuis, bien qu’on tienne ici énormément à l’esprit de famille, bien des choses ont changé. Tiens, en parlant d’esprit de famille, ouvrons une parenthèse. Ici, c’est un élément incontournable. Tout le monde travaille au domaine, le père Henri, ses fils Raoul et Michel (le premier s’occupant des vinifications, le second des travaux des vignes), ses petits-fils, les femmes, c’est une véritable force de synergie qu’on ressent dès l’entrée dans le caveau de dégustation, où les portraits de chacun apparaît, en noir et blanc, bien mis en valeur.

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30 janvier 2012

à Barolo, Aldo VAIRA : la belle rencontre.

by Patrick Maclart

Aldo VAIRA est l’une des plus belles rencontres oenologiques de ma vie. Si le domaine VAIRA (vraie dénomination de la famille; « VAJRA » ne serait qu’une erreur d’un imprimeur, s’étant trompé dans le nom) existe, c’est grâce à deux évènements.

Aldo VAIRA, c’est la plus belle rencontre oenophilique de ma vie. C’est pourquoi exceptionnellement je mets cette photo de nous deux. Car c’est la magie de la rencontre qui doit illustrer cet article. Merci Aldo.

Le premier est l’oeuvre de la marquise de Barolo qui était française. Pour financer ses bienfaits sociaux, elle cède ses terres aux pauvres de Turin et aux familles défavorisées du Barolo. C’est donc ainsi que les ancêtres d’Aldo hériteront de vignes.

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24 janvier 2012

en Alsace : Clément KLUR : la biodynamie tout sourire !

by Patrick Maclart

Clément KLUR, 50 ans, est l’un des vignerons les plus souriants que je connaisse. Séparé de son cousin Jean-Paul STOECKLE (le domaine s’appellait KLUR-STOECKLE; et ils sont restés en bons termes), afin de se lancer dans la culture bio, c’est aujourd’hui une étape supplémentaire atteinte avec la biodynamie.

souriant, commerçant et communicatif, Clément KLUR a le sens de l’accueil.

« C’est mon épouse qui m’a poussé, déclare Clément. Elle a toujours été totalement convaincue du bio, d’une autre voie de vie. Même notre maison est bio, avec des matériaux respectueux. Les gîtes que nous avons construits sont eux aussi bio. Je pense que la proximité de l’Allemagne y est pour beaucoup. Ce pays a au moins 15 ans d’avance dans ce domaine ».

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2 janvier 2012

à Châteauneuf-du-Pape, le domaine de la Roncière : loin d’être candide.

by Patrick Maclart

J’ai toujours été étonné des talentueux qui doutent. Pierre VESSIGAUD dans le Mâconnais par exemple. Geoffrey CANTO en est un autre. A 30 ans, il a du talent à revendre. Mais certainement l’humilité est le meilleur représentant de ses doutes.

La trentaine volontaire, Geoffrey CANTO attend de se sentir mûr pour évoluer. Ses visions sont candides, mais l’application reste pragmatique.

Il a repris les manettes en 2005 avec en poche un bac pro, un séjour au Chili avec la direction de 20 personnes. Mais il avait d’abord créé un domaine de 15 hectares en côtes du Rhône. La crise de cette appellation étant passée par là, il a préféré rejoindre son père. Il avait de toute façon envie de le faire… « C’est aussi qu’il avait confiance en moi, il savait que j’étais capable. ». Je confirme, ayant dîné avec le papa; ce dernier a eu l’intelligence de lui laisser les rênes, tout en ayant un oeil observateur.

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